Fayard

  • Comment peut-on écrire l'histoire d'un peuple dépourvu si longtemps d'assise territoriale, de langue commune et de pouvoir centraloe et pourtant, il n'y a pas de doute que, en dépit de leur dispersion, se sont tissés et maintenus entre des communautés établies sur l'ensemble de la planète, au coeur des nations et des empires dans toutes les aires de civilisation, de solides liens. cette unité a engendré des structures collectives et des institutions d'une fermeté et d'une souplesse qui ont défié le temps et les épreuves: les conflits, les schismes, les tensions propres à toute vie sociale, les persécutions n'en sont jamais venus à bout. le " peuple du livre " a en effet inventé un système où la parole délivrée au sinaï à moïse s'est accommodée de situations d'une extrême variété.

    C'est à travers une histoire non plus événementielle _ qui a été faite souvent _ mais plutôt sociale, culturelle et institutionnelle, confiée à des spécialistes venus de disciplines multiples et originaires de trois continents que l'honnête homme d'aujourd'hui trouvera un chemin dans les arcanes d'un monde à la fois familier et largement méconnu. au long de quatre volumes d'une richesse et d'une diversité inégalées, soixante auteurs composent une fresque grandiose qui éclaire trente siècles d'une histoire à nulle autre pareille.

    Le tome second (les liens de l'alliance) traite des cadres institutionnels (le droit, le pouvoir, l'espace, la famille...) dans lesquels s'est déployée la vie des communautés juives; l'alliance en constitue le modèle le plus fort.

    Maître de conférences de sociologie à l'université de paris-x, shmuel trigano, a créé la revue pardès et dirige le collège des études juives de l'alliance israélite universelle. il a publié plusieurs essais parmi lesquels la nouvelle question juive (1979) et philosophie de la loi (1992).

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  • Si tout le monde sait que la France et l'Allemagne sont les deux principaux partenaires de la construction européenne, on sait moins qu'à différentes reprises, une fois surmonté l'échec de la CED, elles ont, aussi bien sous la IVe République qu'avec de Gaulle ou Mitterrand, sérieusement envisagé d'établir entre elles une véritable communauté militaire et stratégique face à la menace soviétique. Elles n'y sont jamais parvenues, à cause du poids de leurs arrière-pensées réciproques, à cause aussi des réticences, voire de l'opposition de leurs partenaires européens, des Etats-Unis et en son temps de l'URSS. Néanmoins, leur dialogue n'a jamais cessé depuis 1954 et a connu une remarquable continuité, conduisant en particulier au traité de l'Elysée puis au traité de Maastricht, lequel comporte un important volet stratégique: il sera peut-être l'un des éléments essentiels de cette politique extérieure et de sécurité commune que la conférence intergouvernementale de Turin essaie en ce moment même de mettre sur pied dans un contexte international transformé par la fin de la Guerre froide. Ce dialogue reste au coeur de l'avenir de l'Europe qui doit choisir entre développer sa personnalité ou bien se fondre dans l'univers atlantique.

    Ce livre relate également l'histoire de la dimension stratégique de la construction européenne qui permet de repérer certaines structures permanentes de la politique extérieure de la France comme de la RFA et de leurs rapports, notamment le poids des questions nucléaires, les problèmes de l'Alliance atlantique, ceux d'une défense européenne, et de souligner les arrière-pensées divergentes de Bonn et de Paris. C'est une mise à plat décapante qui est ici offerte et qui permet de comprendre pourquoi l'alliance franco-allemande, si logique et nécessaire soit-elle, est restée une " alliance incertaine ".

    Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Paris-Sorbonne, spécialiste des relations internationales, Georges-Henri Soutou est l'auteur de nombreux travaux. Il a notamment publié L'Or et le Sang Les buts de la guerre économique de la Première Guerre mondiale (Fayard, 1989).

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