Éditions de la Sorbonne

  • Alliées et rivales, entre entente et mésentente, la France et la Grande- Bretagne ont, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, une perception différente des principes de la mise en oeuvre d'une politique de sécurité commune en Europe. De l'immédiat après-guerre à l'arrivée du général de Gaulle en 1958, cet ouvrage explique les divergences du couple franco-britannique sur la question de la défense de l'Europe occidentale. Tandis que la France se situe dans un contexte de construction européenne, la Grande- Bretagne, prenant progressivement conscience de l'effritement de son statut de grande puissance, privilégie la mise en oeuvre de cette défense européenne dans un cadre de plus en plus atlantique. L'analyse des archives diplomatiques françaises et britanniques éclaire d'un jour nouveau la part de la responsabilité britannique dans l'échec de la Communauté européenne de défense, et les priorités divergentes de la Grande-Bretagne et de son voisin français. Du lendemain de la guerre aux nouvelles donnes stratégiques européennes apparues après la dissolution du bloc soviétique, les relations franco-britanniques ont traversé plusieurs décennies d'incompréhension mutuelle. Période charnière au cours de laquelle se dégagent les priorités en matière de défense européenne, les années 1945-1958 offrent un champ de recherche permettant d'identifier et d'analyser les racines de cette incompréhension.

  • 1973, l'« Année de l'Europe ». 1983, l'« Année des euromissiles ». Les deux dates délimitent une décennie cruciale pour l'Alliance atlanti­que. En 1973, elle tente de s'adapter aux changements profonds inter­venus depuis sa création. Mais doit-elle le taire selon la vision de Henry Kissinger ou celle de Michel Jobert ? Le débat est à peine entamé que le premier « choc » pétrolier détourne les démocraties vers d'autres prio­rités. Renforcée par l'esquisse d'une coopération trilatérale, leur solida­rité n'en est pas moins ébranlée par le retour des problèmes militaires et par leurs divergences sur la détente. Aussi, loin de les rapprocher, l'invasion de l'Afghanistan tend-elle plutôt à les diviser. En 1983, les grandes querelles se sont un peu apaisées et les Pershing-II et les mis­siles de croisière américaine ont pu être déployés. Mais rien n'est vrai­ment réglé. Et l'histoire de l'Occident est encore dominée par toutes sor­tes d'incertitudes (sur le leadership d'une Amérique en déclin relatif, sur la place de l'Allemagne, sur la stratégie atomique) apparues ou renfor­cées au cours de ces dix années. Fondé sur le dépouillement des principales sources disponibles et sur plusieurs dizaines d'interviews (dont une grande partie réalisée lors d'un séjour, en juillet 1983, au Wilson Center de Washington), cet ouvrage recourt à une approche historique pour éclairer l'actualité.

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