Fantasy & Science-fiction

  • Ce premier tome de notre Intégrale regroupe les nouvelles qu'Edgar Allan Poe (1809-1849) écrivit avant ses trente ans. Luttant pour survivre et être publié, faisant ses débuts de critique et de journaliste, il commet plusieurs chefs-d'oeuvre : le « Manuscrit trouvé dans une bouteille », « Bérénice », « Le diable dans le beffroi », « L'histoire à nulle autre pareilled'un certain Hans Pfaal », et bien sûr « William Wilson » ou la très célèbre « Chute de la Maison Usher ».
    Présentée de manière chronologique, fruit d'un travail érudit et passionné, cette nouvelle traduc-tion des nouvelles intégrales d'Edgar Allan Poe par Christian Garcin et Thierry Gillyboeuf est augmentée de nombreuses notes, d'une préface des traducteurs, ainsi que d'une série d'illustrations originales réalisées par Sophie Potié.

  • Ces lettres révèlent la folie d'un homme à la fois exalté et terrifié par le sentiment qui le consume. Certaines figurent même parmi les plus stupéfiantes de ce qui a pu s'écrire en matière de lettres d'amour. Poète, romancier, nouvelliste, Edgar Allan Poe est l'une des principales figures du romantisme américain. Traduit en français par Baudelaire ou Mallarmé, Poe continue de fasciner puisque David Bowie et Lou Reed avaient interprété « Hop Frog » en son hommage.

  • La tempête était encore dans toute sa rage quand je franchissais la vieille avenue. Tout d´un coup, une lumière étrange se projeta sur la route, et je me retournai pour voir d´où pouvait jaillir une lueur si singulière, car je n´avais derrière moi que le vaste château avec toutes ses ombres.

  • Ce livre a pour particularité de rassembler de façon comparative, les nouvelles extraordinaires de ces deux auteurs (l'un français, l'autre américain) qui fascinent les lecteurs par des histoires prodigieusement narrées pour susciter émotions et réflexions ... C'est le livre qui révèle toutes les similitudes entre ces deux grands écrivains de la littérature, regroupant par catégories leurs nouvelles fantastiques et émouvantes

  • Qui donc n'aurait pas lu Le chat noir, demande Baudelaire ?

    Un de ces textes qui le décideront à se faire le traducteur d'Edgar Poe, et ont assuré l'immense célébrité de l'Américain.

    Célébrité évidememment due à l'impacable cheminement de la nouvelle vers sa fin horrifique.

    Le coeur révélateur fait partie de ces histoires où Poe joue délibérément avec le crime, l'horreur, le macabre - et en rit, sardoniquement.

    Dans Le masque de la mort rouge, on rit moins.

    Mais des trois, on se souvient longtemps.

    FB

  • Le plus grand livre non terminé de toutes les aventures de mer : mais attention, c'est le manuscrit d'Arthur Gordon Pym, qui n'est pas terminé, et pour cause... La scénographie qu'en fait Edgar Poe, présent tout au début et à la toute fin, pour expliquer la disparition de Pym, est magistrale.

    Comme magistral le premier constat : oui, bien sûr, un grand récit de mer. On y retrouve, comme dans les grands films de genre des grandes périodes de l'âge classique, le naufrage, la tempête, la mutinerie, des cadavres et des fantômes, des requins (qui avalent l'ami d'enfance, celui par qui toute l'aventure a commencé), puis le cannibalisme, tout quoi.

    Et pourtant, dès les premiers chapitres, on le sait: on est chez Edgar Poe et pas un autre. Tout est vu comme dans un rêve, tout est vu comme dans un livre. Hallucinant récit du narrateur caché dans la cale de la goélette, dans une caisse pas plus grande qu'un cercueil, mais équipée de livres, d'encre, plume et papier - tout le livre alors aurait pu naître de cette cachette imaginée, dans le fond d'une goélette partie de Nantucket et dont vous ne savez rien, pas plus qu'eux ne savent votre présence ?

    Et puis la fascination de l'auteur de "Eureka" pour la science... On sait le mystrère de son "Manuscrit trouvé dans une bouteille", où les vagues et les hommes grandissent à mesure que le bateau fonce vers le Pôle Sud, et que le temps se ralentit (le temps du narrateur n'est pas le même que celui du capitaine, lequel est lui-même en train d'écrire le journal de son aventure)... L'Antarctique n'a pas été découverte par des marins : mais bien par les physiciens et astronomes, pour des déductions liées à la masse de la terre.

    Et c'est bien vers le Pôle Sud, donc voyage sans possible fin, que Pym et Poe, Poe et Pym nous emportent - avec des îles mystérieuses, des géants et cavernes, et un labyrinthe qui fera que le livre se termine par un vertige : l'écriture même, l'écriture mais inconnue.

    Alors on imagine le régal de Baudelaire, habitué aux proses courtes d'Edgar Poe, et se confrontant à un voyage en mer qui doit lui rappeler le sien. Mots anciens, figures prises à la Tempête de Rabelais, l'impression qu'il s'amuse. La recréation des "Aventures d'Arthur Gordon Pym" comme rêve de Baudelaire est probablement ce qui, à jamais, conditionne le nôtre...

    FB

  • Je raconterai l´une de ces aventures, en matière d´introduction à un récit plus long et plus important. Un soir, il y avait du monde chez M. Barnard, et à la fin de la soirée, Auguste et moi, nous étions passablement gris. Comme je faisais d´ordinaire en pareil cas, au lieu de retourner chez moi, je préférai partager son lit. Il s´endormit fort tranquillement, je le crus du moins (il était à peu près une heure du matin quand la société se sépara), et sans dire un mot sur son sujet favori. Il pouvait bien s´être écoulé une demi-heure depuis que nous étions au lit, et j´allais justement m´assoupir, quand il se réveilla soudainement et jura, avec un terrible juron, qu´il ne consentirait pas à dormir, pour tous les Arthur Pym de la chrétienté, quand soufflait une si belle brise du sud-ouest. Jamais de ma vie je ne fus si étonné, ne sachant pas ce qu´il voulait dire, et pensant que les vins et les liqueurs qu´il avait absorbés l´avaient mis absolument hors de lui. Il se mit néanmoins à causer très tranquillement, disant qu´il savait bien que je le croyais ivre, mais qu´au contraire il n´avait jamais de sa vie été plus calme.

  • L'homme des foules

    Edgar Allan Poe

    Nous percevons le monde par les villes que nous habitons. Notre expérience, notre chemin, nous le mesurons par les villes. Et encore par les villes notre découverte du monde lointain.
    Cela a une histoire, et elle naît sur la côte Est des États-Unis. Mais elle naît de la ville-emblème du XIXe siècle, la tentatculaire Londres, telle que Dickens aujourd'hui nous la fait voir. Souvenir d'enfance d'un jeune orphelin américain, qui en rapporte ces images de multitude et labyrinthe ?
    Ou bien démarche consciente d'un géant de la littérature, cherchant dans l'héritage européen de la littérature de quoi faire rêver ses lecteurs du nouveau monde ?
    Mais dans la re-création qu'en fait Baudelaire, c'est tout un travail fin de figures, de silhouettes, de mouvement. C'est qu'il y a une idée forte : avec l'électricité, avec les besoins du commerce et de l'industrie, et par la seule masse critique du nombre d'habitants, peut vivre 24 eures sur 24. Cela change quoi au rapport de chacun à ses angoisses, à sa filie, à ses rêves ?
    L'Homme des foules a fait basculer la littérature moderne - allez voir chez Walter Benjamin, ce qu'il en dit. Et il a fait naître Baudelaire à lui-même.
    C'est la dernière phrase, où l'homme et la ville se confondent : l'homme est un livre, mais un livre qui ne se laisse pas lire. Qui a lu une fois L'Homme des foules le relira toute sa vie.

    FB

  • Metzengerstein

    Edgar Allan Poe

    "Jamais je n'oublierai les sensations d'effroi, d'horreur et d'admiration que j'éprouvai en jetant les yeux autour de moi." Pourquoi les histoires qui nous font aussi peur nous fascinent-elles autant ?
    Tout Edgar Poe découle de cette fascination pour l'étrange, le frisson - qu'il a poussée à sa pleine dimension esthétique. Quelquefois avec des textes violents, et d'autres fois avec la sombre lumière, mais tenue, de l'énigme, presque du surnaturel.  Dans son oeuvre, trois récits incarnent pour moi au plus haut cette dimension presque abstraite de l'horreur, là où Poe nous emmène le plus loin dans notre propre imaginaire. Ces trois histoires, Le puits et le pendule, Dans le Maelstrom, Metzengerstein, les voici. Et même si vous avez un souvenir vif de Le puits et le pendule (qui l'a lu une fois s'en souvient toujours), reprenez-le dans le confort de l'iPad ou d'une liseuse. Notre lecture change, elle aussi. Relisez-le donc seulement pour ce mouvement d'enchaînement des séquences abstraites.  Et baser toute une histoire sur la variation de la gravité lorsqu'elle passe à un repère vertical ? Dans le Maesltrom, le monde devient provisoirement un énorme cylindre sans fond, où tout bascule, la nuit et le jour, et les hommes bien sûr, dans l'infini tourbillonnement, allégorie provisoire, et destin bien réel de l'homme qui nous en fait récit, de là-haut sur la falaise, dans la belle tradition romantique.
    Rien que du plaisir - mais pas neutre, mais pas béat. Plutôt le contraire.

    FB      

  • Au printemps 2014, les éditions Luciférines sortaient leur première anthologie. Pour lancer une maison consacrée aux littératures fantastique, quoi de mieux que proposer des réécritures d'Edgar Allan Poe ? Après avoir démarché des auteurs comme Morgane Caussarieu et Pierre Brulhet, lancé un appel à texte pour en attirer d'autres, l'anthologie Nouvelles Peaux était née. Depuis plus d'un an, nous continuons de défendre ce titre avec le même plaisir auprès d'un public séduit par la démarche de revenir à un fantastique plus traditionnel. Ici, pas vraiment de monstres venus d'un autre temps, surtout des hommes victimes d'hallucinations, de délire ou d'un phénomène surnaturel difficile à prouver. Chacun s'est prêté au jeu. Maladies personnifiées, manifestations d'outre-tombe, inquiétantes résurrections, filles fantômes, et autres thèmes chers au maître sont là. Il manquait cependant une chose que nous souhaitons ajouter grâce à ce document numérique : les originaux. Beaucoup de lecteurs se sont laissés tenter par Nouvelles Peaux sans connaître précisément Edgar Poe. Nous souhaitons les accompagner dans cette découverte, mais aussi permettre à tous ceux qui nous rejoindrons de prendre connaissance de notre sélection. À la fin de chaque texte, les auteurs de Nouvelles Peaux s'expliquent sur leur choix et leur démarche de réécriture. Et comme nous aimons aussi illustrer nos publications, nous avons décidé de vous offrir par la même occasion un voyage pictural en compagnie d'artistes du XIXe siècle.


  • Keats est mort d'une critique. Qui donc mourut de l'Andromaque ? Ames pusillanimes ! De l'Omelette mourut d'un ortolan. L'histoire en est brève. Assiste-moi, Esprit d'Apicius !
    Une cage d'or apporta le petit vagabond ailé, indolent, languissant, enamouré, du lointain Pérou, sa demeure, à la Chaussée d'Antin. De la part de sa royale maîtresse la Bellissima, six Pairs de l'Empire apportèrent au duc de l'Omelette l'heureux oiseau.
    Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.

  • Derniers contes
    Allan Edgar Poe
    Texte intégral. Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire.
    Cet ouvrage comporte les nouvelles suivantes :
    - Le duc de l'omelette
    - Le aille et deuxième conte de Schéhérazade
    - Mellonta Tauta
    - Comment s'écrit un article à la Blackwood
    - La filouterie considérée comme science exacte
    - L'homme d'affaires
    - L'ensevelissement prématuré
    - Bon-Bon
    - La Cryptographie
    - Du principe poétique
    - Quelques secrets de la prison du magazine
    Retrouvez l'ensemble de nos collections sur http://www.culturecommune.com/

  • Un savant raconte ce qui s'est passé lors d'une expérience magnétique un peu troublante. Voulant faire cette expérience sur un humain, il contacte un ami qui est en train de mourir.

  • Edgar Poe n'est pas un auteur rare. On en trouve des versions numérisées depuis le début de l'Internet littéraire.

    Ce qui est rare, c'est son statut dans notre bibliothèque, dans nos dettes de lecteur.

    Ainsi, Le scarabée d'or est le premier titre d'Edgar Poe que j'ai lu, je devais avoir 10 ou 11 ans, minuscule petit livre relié (je crois que c'est d'abord le format qui m'a paru mystérieux) dans l'armoire vitrée de mon grand-père maternel.

    Et puis, lu d'une traite, cette impression, récurrente avec Poe, qu'on n'a jamais rien lu de tel. À cause de la traduction de Baudelaire, ses curieuses harmoniques, ses amplifications discrètes, ou sa propre dévotion, ou sa simple magie du rythme ? Ça doit probablement compter.

    Mais tout simplement parce que c'est Poe. Ce format bref, destiné à la publication magazine, et son propre goût pour le bizarre.

    Et qu'on s'y reconnaît de suite : ce sont les codes et canevas des récits d'aventure, des récits fantastiques, des enquêtes de détective, ou des livres de voyage. Seulement, à un moment donné, discrètement, le code est mis en cause : on ne parle plus que d'un seul thème, le cerveau, et ses possibles dérèglements, et ce en quoi alors, en retour, cela affecte la perception du monde et même - c'est là le fantastique singulier de Poe, la réalité même.

    Le scarabée d'or ne propose pas les mêmes chamboulements théoriques qu'on peut tirer de Usher, Le puits et le pendue, Descente dans le maelström, Metzengerstein ou Manuscrit trouvé dans une bouteille. Mais c'est un récit plus long que les autres, presque un premier élan vers le grand récit de navigation vers l'Antarctique rêvée, Arthur Gordon Pym. Mais c'est aussi un peu permanent avec le langage, l'art épistolaire, les énigmes codées, et le célèbre manuscrit à déchiffrer.

    Peut-être un des plus beaux exemples de pure littérature.

    FB

  • Comment expliquer qu'une oeuvre restreinte comme celle de Poe puisse nous être à nous tous océan ?
    Parce que, via la réinvention Baudelaire, elle se saisit de nos rêves via l'inconscient de notre propre langue, et cette épiphanie de mystères qui de toute façon d'avance nous cernent ? La soeur, le portrait sur le mur, l'eau devant la maison, la nuit et la ruine, puis la morte enfin qui revient. Et les livres, les instruments de musique, l'enferment où est Roderick Usher : immense poésie de la langue seule, mais Lovecraft ne serait pas d'accord - il y a trop pris lui aussi.
    Et bien sûr, dans la suite restreinte de l'oeuvre Edgar Poe, des noyaux plus volcaniques. Des densités de nuit, des fulgurances. Roderick Usher surgit blême en avant de l'oeuvre et nous appelle.
    Il y a Metzengerstein, Le Scarabée d'or et d'autres: mais La chute de la maison Usher est probablement le centre le plus absolu de la grammaire Edgar Poe.
    Faites comme tout le monde, apprenez par coeur la première page, et le mot fuligineuse. Ou relisez-la, trois fois.
    D'aller au bout, à vous de savoir si vous prenez le risque: on garde longtemps sur soi le trouble. Cela s'appelle littérature. C'est beau comme un jazz. Tant pis.

    FB

  • Combien sommes-nous à avoir découvert Edgar Poe par Double assassinat dans la rue Morgue et La lettre volée ? Normal, ce sont les deux nouvelles qui ouvrent le premier recueil des traductions de Baudelaire, Histoires qui évidemment ont beaucoup contribué à conférer à Poe sa réputation sulfureuse, et déjà traduites deux fois avant Baudelaire. Et on sait leur étonnant destin, à commencer par Poe lui-même et la suite qu'il leur donne avec Le Mystère de Marie Roget, transformant en triptyque les deux récits rassemblés sous le titre Les facultés divinatoires d'Auguste Dupin, I et II. Alors Sherlock Holmes et tous les autres ne sont pas loin, le roman policier est inventé.
    Pour autant, c'est la vieille aventure littéraire qui reste le jardin d'aventure - Lacan ne s'y est pas trompé. Et même Marie Roget commencera sous une exergue prise à Novalis.
    C'est peut-être ça le nouveau régal à venir relire ces histoires que tous nous avons déjà traversées : laisser se développer la rhétorique, voir Poe au travail, voir se construire et s'agence un récit où chaque phrase va apporter sa nuance, suite de digressions qui vont en nuage, appellent à la mystique, font de Dupin un inventeur du fantastique - et où s'écrit au fond la ville moderne.  C'est l'écriture aux prises avec la description du monde, et susceptible, en s'organisant elle-même, de changer le tableau contemporain du monde. Sinon, Poe ne nous fascinerait pas tant, même sous les ors de Baudelaire.  FB

  • Nous percevons le monde par les villes que nous habitons. Notre expérience, notre chemin, nous le mesurons par les villes. Et encore par les villes notre découverte du monde lointain.
    Cela a une histoire, et elle naît sur la côte Est des États-Unis. Mais elle naît de la ville-emblème du XIXe siècle, la tentatculaire Londres, telle que Dickens aujourd'hui nous la fait voir. Souvenir d'enfance d'un jeune orphelin américain, qui en rapporte ces images de multitude et labyrinthe ?
    Ou bien démarche consciente d'un géant de la littérature, cherchant dans l'héritage européen de la littérature de quoi faire rêver ses lecteurs du nouveau monde ?
    Mais dans la re-création qu'en fait Baudelaire, c'est tout un travail fin de figures, de silhouettes, de mouvement. C'est qu'il y a une idée forte : avec l'électricité, avec les besoins du commerce et de l'industrie, et par la seule masse critique du nombre d'habitants, peut vivre 24 eures sur 24. Cela change quoi au rapport de chacun à ses angoisses, à sa filie, à ses rêves ?
    L'Homme des foules a fait basculer la littérature moderne - allez voir chez Walter Benjamin, ce qu'il en dit. Et il a fait naître Baudelaire à lui-même.
    C'est la dernière phrase, où l'homme et la ville se confondent : l'homme est un livre, mais un livre qui ne se laisse pas lire. Qui a lu une fois L'Homme des foules le relira toute sa vie.

    FB

  • "Jamais je n'oublierai les sensations d'effroi, d'horreur et d'admiration que j'éprouvai en jetant les yeux autour de moi." Pourquoi les histoires qui nous font aussi peur nous fascinent-elles autant ?
    Tout Edgar Poe découle de cette fascination pour l'étrange, le frisson - qu'il a poussée à sa pleine dimension esthétique. Quelquefois avec des textes violents, et d'autres fois avec la sombre lumière, mais tenue, de l'énigme, presque du surnaturel.  Dans son oeuvre, trois récits incarnent pour moi au plus haut cette dimension presque abstraite de l'horreur, là où Poe nous emmène le plus loin dans notre propre imaginaire. Ces trois histoires, Le puits et le pendule, Dans le Maelstrom, Metzengerstein, les voici. Et même si vous avez un souvenir vif de Le puits et le pendule (qui l'a lu une fois s'en souvient toujours), reprenez-le dans le confort de l'iPad ou d'une liseuse. Notre lecture change, elle aussi. Relisez-le donc seulement pour ce mouvement d'enchaînement des séquences abstraites.  Et baser toute une histoire sur la variation de la gravité lorsqu'elle passe à un repère vertical ? Dans le Maesltrom, le monde devient provisoirement un énorme cylindre sans fond, où tout bascule, la nuit et le jour, et les hommes bien sûr, dans l'infini tourbillonnement, allégorie provisoire, et destin bien réel de l'homme qui nous en fait récit, de là-haut sur la falaise, dans la belle tradition romantique.
    Rien que du plaisir - mais pas neutre, mais pas béat. Plutôt le contraire.

    FB      

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