• Rien n'est plus frappant que la parole transgressive, truculente et torrentielle de Mo Yan. Depuis plus de trente ans, cette parole est inséparable d'un lieu : le canton du Nord-Est de Gaomi, dans le Shangdong, où est né Mo Yan.
    Yinde Zhang étudie ici le travail de l'écrivain à travers ce " lieu de la fiction ", territoire réinventé qui engendre une verve irréductible à toute instrumentalisation et à toute simplification. Cette création verbale originale, enracinée dans la culture locale tout en manifestant sa portée universelle, est le lieu d'où s'expriment la révolte, la dérision, la violence ordinaire des hommes, l'amour et le rire. Lieu de la parole, matrice du style, de la langue et de la création que l'on compare bien souvent au Macondo de Garcia Marquez ou au Yoknapathawpha de Faulkner.
    En proposant une lecture globale de l'oeuvre, Yinde Zhang questionne d'abord ce positionnement de l'auteur entre culture populaire, terroir, langue parlée et littérature universelle sous l'angle de l'ironie et du grotesque. Mo Yan casse les règles, les subvertit et crée un monde propre où dieux, animaux et plantes forcent les frontières de la pensée et du sentiment.
    S'arrêtant ensuite sur les romans les plus significatifs et les plus retentissants de Mo Yan, Yinde Zhang dévoile la logique évolutive de son écriture. Bien loin de la littérature de terroir, son oeuvre s'articule nettement autour des questions posées par la modernité (violence intrinsèque au matérialisme triomphant, écologie, bioéthique).
    En conclusion, Yinde Zhang dresse une analyse très éclairante de la position de Mo Yan, " engagé littéraire ", face à la Chine et au monde, telle qu'elle a pu être discutée lors de l'obtention du prix Nobel.

  • Ce recueil d'études consacrées aux échanges entre les cultures chinoise et française émane d'une tentative comparatiste encline à un entre-deux : ni binarisme figé, ni "juste milieu" entre la synthèse improbable et l'étrangeté essentielle, mais mise en rapport et relations voyageuses propres à capter l'imaginaire social et la dimension de l'étranger de ces littératures.

  • La littérature chinoise se caractérise par son ampleur et sa continuité.
    Le présent ouvrage propose quelques balisages fondamentaux par une description chronologique, générique et monographique essentielle. ii cherche à donner un aperçu de la richesse, l'originalité et la dynamique de cette littérature à travers deux volets liés et différents : les longues périodes classiques, avec l'évolution des genres depuis l'antiquité, et le xxe siècle, avec de nouvelles configurations nées au contact de l'extérieur, et cela, jusqu'aujourd'hui et dans l'extension des littératures sinophones.
    Ii vise ainsi à faciliter l'accès à cet univers littéraire ancien et vivant, lointain et proche.

  • Actes du colloque international Paris-Aix-en-Provence.

    Le volume réunit les actes issus des deux volets consécutifs et complémentaires de cette manifestation scientifique, organisée par trois équipes de recherche spécialisées (universités Paris 7-Diderot, Paris 3-Sorbonne Nouvelle et Aix-Marseille). Au-delà de son succès, l'oeuvre de Mo Yan appelle des réflexions universitaires, en raison de sa profonde originalité, à la confluence du local et de l'universel.
    Le royaume littéraire fondé sur son pays natal de Gaomi, irréductible à une portion de l'espace, constitue un moyen privilégié d'interroger les dynamiques de l'Histoire et de la mémoire. La superposition de différentes strates temporelles, mythiques, légendaires et historiques, transfigurée par un discours narratif carnavalesque, montre l'ambivalence d'un lieu aussi incontournable qu'inappropriable.
    Ce processus de déterritorialisation déjoue la vérité de l'identité pour s'ouvrir à un nouveau mode d'appartenance. C'est ce caractère de l'Ouvert que le colloque s'est proposé de débattre, en réunissant sinologues, comparatistes, traducteurs français et internationaux, (Chine, des Etats-Unis, d'Italie, des Pays-bas, de Suède...) dans la résonance du célèbre aphorisme formulé par Miguel Torga :" L'universel, c'est le local moins les murs".

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