• La tourmente

    Vladimir Sorokine

    • Verdier
    • 22 Septembre 2011

    Tirée par cinquante mini-chevaux, une trottinette des neiges emporte vers un village frappé par une épidémie un médecin qui rappelle fortement le Boulgakov des Carnets d'un jeune médecin.
    Elle est conduite par le "Graillonneux", livreur de pain de son état, incarnation touchante et presque caricaturale du moujik. Le couple classique de la littérature russe - le peuple et son élite, la seconde voulant éternellement faire le bonheur du premier et faisant son éternel malheur - se trouve à nouveau réuni, fonçant à travers l'espace et le temps dans ce curieux véhicule, version sorokinienne de la célèbre troïka de Gogol.
    "Russie, où cours-tu donc?" demandait l'auteur des Ames mortes au début du XIXe siècle. Vladimir Sorokine pose à son tour la question des destinées d'une Russie lancée à fond de train sur un chemin qui semble s'étirer par-delà l'horizon. Mais cette fois, la route est presque inexistante, invisible, effacée par la tourmente qui se déchaîne.

  • Moscou, 2028. Une oligarchie sanguinaire exerce sur la Russie un contrôle totalitaire. Euipés de moyens technologiques ultra-sophistiqués, les nouveaux maîtres - des opritchniks à l'image des gardes d'Ivan le Terrible - plongent le pays dans un sanglant féodalisme. Parmi eux, Komiaga, dont une journée ordinaire est rythmée par ses missions (liquidation d'un aristocrate, détournement de fonds à la frontièe chinoise, enquête sur un poème calomniant le gendre du souverain...) et ses rituels, alternant séances de prières et orgies.

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  • Manaraga

    Vladimir Sorokine

    Un monde très proche du nôtre dans le temps et dans son évolution. Le progrès technique fait des ravages, les hommes ont des « puces » électroniques qui leur permettent de tout connaître sans effort. L'ère de l'écrit est révolue. Les livres papiers ont disparu, à l'exception de premières éditions, clonées à la demande, en un lieu secret situé dans les profondeurs du mont Manaraga (qui existe réellement, dans l'Oural). Ces premières éditions n'intéressent plus que des esthètes, prêts à mettre un argent fou pour les « consommer », au sens propre du terme ou presque. De jeunes gens ingénieux l'ont bien compris, qui ouvrent des book'n'grill, où l'on peut manger une succulente viande grillée au feu de pages de Tolstoï, Cervantès et autres.

  • La glace

    Vladimir Sorokine

    Peut-on vraiment sonder le coeur des hommes ? Une secte moscovite étrange invente une méthode radicale : donner des coups de marteau frénétiques dans le sternum. Et gare à ceux dont la poitrine sonne creux... De la Russie stalinienne à l'Occident contemporain, une fable déjantée et provocante, critique fiévreuse d'un monde désacralisé.

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  • Telluria

    Vladimir Sorokine

    Avec Tellurie, roman dystopique, Vladimir Sorokine, au sens propre du mot, anticipe... pour décrire de façon époustouflante, complètement déjantée, un futur annoncé, alors que le pouvoir actuel en Russie fait de la construction d'un empire eurasiatique centralisé sa doxa.

  • Roman

    Vladimir Sorokine

    Le roman de Vladimir Sorokine s'ouvre sur des pages marquées au coin de la grande littérature russe du XIXe siècle.
    Au fil du récit et de l'action, l'auteur revisite, tour à tour, Pouchkine, Tolstoï, Tourgueniev et bien d'autres. La Russie des profondeurs, intemporelle, apparaît riche, chaleureuse, drôle, émouvante, aimant le bon boire et le bien manger. La maestria de Sorokine est ici éblouissante. Mais imperceptiblement le tableau se déconstruit et emporte brutalement le héros vers un destin contemporain et un dénouement stupéfiant qui laisse le lecteur effaré.
    Connu dans les milieux non-conformistes depuis la fin des années soixante-dix, Vladimir Sorokine devient un écrivain russe majeur après l'effondrement de l'Union soviétique. Ses romans, nouvelles, récits et pièces de théâtre sont de véritables événements, suscitant louanges, critiques acerbes, contestations, indignation. Ecrit dans les années 1985-1989, Roman est un des chefs-d'oeuvre de l'auteur.

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  • L'histoire commence en 1980, dans une atmosphère typique de l'Union Soviétique, et s'achève alors que la Russie est devenue un pays capitaliste où la mafia occupe une place considérable.Olia, jeune étudiante au conservatoire, rencontre dans le train un individu bizarre qui la supplie de lui permettre de la fixer du regard pendant qu'elle mange. Il la paie et lui propose de la rencontrer une fois par mois, pour accomplir le même rituel...Parallèlement à ces rencontres, Olia mène une vie normale. Jusqu'au jour où toute nourriture devient pour elle une masse morte et effrayante.De quoi ce roman se fait-il l'écho? D'une folie individuelle, celle d'une jeune femme sombrant peu à peu dans l'hystérie? Du parcours d'un homme, ex-détenu devenu mafieux, au cynisme impitoyable?De part et d'autre de "l'assiette" se joue une confrontation cruelle et destructrice, une façon d'évoquer pour Sorokine - qui a souvent recours au symbolique - la mainmise de la mafia sur la société russe. Soupe de Cheval est un récit d'hitchcockien où l'extraordinaire le dispute à l'angoisse.

  • La voie de Bro

    Vladimir Sorokine

    Le 30 juin 1908 la météorite de la Toungouska tombe en Sibérie. Au même moment, naît Bro. Son enfance dorée est vite écourtée : la guerre, la désorganisation de la société, la révolution, provoquent la fuite puis l'anéantissement des siens. Le jeune garçon se retrouve seul à errer à travers la Russie durant quatre ans. Mais dans le chaos général, il bénéficie d'une mystérieuse protection et devient grand maître de la Confrérie de la lumière originelle.

  • Le " lard bleu " est une matière utilisée comme source d'énergie ou comme drogue, dont personne ne connaît le secret de fabrication, à part quelques scientifiques russes, retirés en 2068 dans un centre de recherches en Sibérie.
    Ces chercheurs ont mis au point un système de clonage, réservé à sept célébrités de la littérature - Tolstoï, Tchekhov, Nabokov, Pasternak, Dostoïevski, Akhmatova et Platonov -, et de production de " lard bleu " à partir de leur corps. Au cours d'un cocktail, la précieuse substance est volée puis transportée grâce à une machine à remonter le temps à Moscou en 1954. Staline, Khrouchtchev, Hitler deviennent alors les protagonistes d'une extravagante intrigue érotico-politique.
    Roman " carnavalesque ", ce livre a valu à son auteur d'être poursuivi en justice pour pornographie et persécuté par le régime de Poutine. Au-delà des polémiques qu'il continue de provoquer, Le Lard bleu est un des nombreux signes du réveil de l'imaginaire russe, après plus d'un demi-siècle de stalinisme. Vladimir Sorokine y règle ses comptes avec la " grande " littérature russe - à moins qu'il ne règle son compte à la littérature elle-même, avec une sorte de jubilation froide.

  • L'empire du malUn lilliputien qui joue les " fous du roi " au Kremlin rentre dans son appartement où il est servi par un robot avec lequel il joue et s'enivre dans la tristesse.Interrogatoire : grâce à une piqûre, le prisonnier se transforme en cristal et le policier menace de le briser en mille morceaux avec un tisonnier s'il ne parle pas !Des forçats construisent dans une région désertique une partie de la fameuse Grande muraille de Russie. C'est le moment du repas. Vision digne du Goulag. Les hommes réduits en esclavage pour satisfaire la volonté du pouvoir qui leur rend visite en hélicoptère au moment du déjeuner...Dans ce nouveau livre de Sorokine les tableaux se succèdent, qui présentent chacun un des aspects de la Russie de 2028, sans liens les uns avec les autres, sauf qu'ils baignent dans une même ambiance. Le seul lien, en fait, est le " Kremlin en sucre ", qui sert de cadeau, de friandise, que l'on offre et que l'on garde précieusement.Le Kremlin en sucre est dans la droite ligne de Journée d'un opritchnik, avec le même mélange paradoxal d'archaïsme et de science fiction, mais ici l'archaïsme l'emporte nettement sur les innovations technologiques. On est en plein dans le " retour du refoulé ". Ecrit avec la virtuosité propre à Sorokine, son imagination délirante et sa totale absence de censure, ce livre se lit comme une encyclopédie de l'âme russe, " un mélange de vodka, de neige et de sang - avec six cuillérées de sucre ".

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  • Si 23 000 peut se lire de manière totalement indépendante, voici donc le dernier volume de la Trilogie de La Glace.La Confrérie de la Lumière a maintenant étendu son pouvoir dans le monde entier et organisé un business autour des marteaux de glace. Proche du but de sa quête, cette secte capture le petit garçon apparu à la fin de La Glace, l'un des derniers « 23 000 » membres qui doivent former le cercle qui se dissoudra pour retrouver « la Lumière originelle ». De Moscou à New York, passant par Israël ou Hongkong, ce roman au suspens remarquable alterne les moments d'action dignes des meilleurs romans policiers et des plages mystiques empreintes d'un grand souffle poétique.Avec une grande liberté de ton, Vladimir Sorokine réaffirme dans 23000 sa vision iconoclaste de l'histoire de son pays et du pouvoir actuel, en exposant la naissance des régimes totalitaires au XXeme siècle. « En écrivant La Glace, je pensais que ce serait le premier et dernier livre sur ce sujet. Une fois terminé, j'ai pensé que le thème n'était pas épuisé. Toutes mes tentatives pour l'oublier sont restées vaines. Et n'ont fait que renforcer ma conviction de réfléchir à ce sujet et de comprendre ce qu'il signifiait. (...) J'ai donc écrit La Voie de Bro. Et là encore, j'ai compris qu'il fallait une trilogie pour en arriver au point final. On peut l'expliquer de diverses façons, mais le plus simple serait de dire que c'est une façon différente de raconter l'histoire du XXe siècle vue par des yeux qui ne sont pas tout à fait ceux d'un humain. La Glace, ce n'est qu'une partie du XXe siècle. Les deux autres romans permettent de le couvrir complètement. Tout commence en 1908, et se termine avec la fin des années 1990. » (Vladimir Sorokine)

  • Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka, du Joyce ?...
    Du Tolstoï, il dit. C'est quoi, je demande. De la bombe, il me dit. J'en prends. D'abord, rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens, ou du Flaubert avec du Thackeray, et puis... bon... bon... vraiment du bon, un kif vraiment fort, large, une putain de puissance, mais alors après... après, vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace). Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï.
    (...)

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