• Quand je me considère, je me désole, Quand je me compare je me console. Victor Sabardin, dans ces deux lignes empruntées à la Bible et dissimulées à l'intérieur de cet ouvrage, se confie, se confesse. Il n'est pas le mégalo qu'il prétend, il n'est pas le con qu'il affiche. Entre apparitions psychopompes et conversations avec un psychagogue, il évoque la camarade. La mort annoncée d'une Guadeloupe malade, qui ne se soigne pas. Lui, il se tue à son chevet et parle aux fantômes : " Le temps des effets de manche, le temps des grandes gueules, le temps des manoeuvres assassines, mensongères destinées à accabler l'ennemi, ce temps doit finir. Notre pays a besoin de sagesse de propreté morale, d'écologie, certes, mais aussi de développement spirituel. Notre pays a besoin de nous, besoin de nous pour nos enfants, pour les enfants de nos enfants, pour le repos futur de nos âmes. Il faut sauver le soldat Gwada ! Je demande humblement à mon apparition psychopompe de me per mettre un peu de repos ; elle sait avoir sollicité assez ardemment mes fragiles neurones. Elle sait que, profondément ancré en moi, se trouve l'humaniste, comme le voulait notre Créateur. Que ton âme repose en paix, mon ami, si tu permets que je t'appelle ainsi. " " C'est en caressant la crasse humaine que l'impur se trouve des raisons d'exister. " Ce n'est pas parole biblique, mais une pensée de Sabardin qui en dit long sur nous. Ce livre est un texte à clefs. C'est un texte à plusieurs entrées entre confessions, révélations, illuminations et... dénonciations.

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  • Super buzz intello-interactif-polémiste, je suis toujours émerveillé de la créativité du génie des tropiques, à manipuler les outils et les paradigmes les plus avant-gardistes. Voila du journalisme moderne, instructif, interactif, intriquant, pédagogique, enfin bref franchement génial. Moi qui connaissais à peine M. Sabardin, voila que je le redécouvre et plus vivant que jamais, ici, l'interactivité crée la proximité. Quant à la polémique avec Confiant, c'est top merchandising pour la sortie de son dernier ouvrage. De plus, les débats d'idées contradictoires sans cougnamanman  ajoutés, rien de tel pour la pédagogie et la formation au dialogue social. Autre personnage fort intéressant que ce Bruno G, en ces temps agités de remous identitaires et de tectonique des castes. A point nommé pour nous rappeler, qu'être béké c'est aussi être esclave de son histoire, et ce même pour les esprits progressistes.

    D'un point de vue littéraire, l'onanisme intellectuel qui anime l'oeuvre de Confiant semble basé sur la transgression stylisée du phantasme juvénile, tandis que le « vulgaire de Sabardin » est habité par une félicité blasphématoire. Autodidacte, il positionne son oeuvre en marge des «formés à l'académie du bon français, français » et ce pour mieux en extraire la divine substance, nature originelle, à préserver de la corruption du cogito.

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