• Peuples et sociétés sont dépossédés de leurs moyens d'existence à travers le monde par la destruction de leur environnement. Face à cet écocide, comment repenser les droits de l'homme ?
    L'écocide (fait de détruire la « maison Terre ») n'est pas un crime de plus, s'ajoutant à toutes les autres atteintes aux droits humains. Il est désormais le crime premier, celui qui ruine les conditions mêmes d'habitabilité de la Terre. D'ores et déjà, les dérèglements en cours attisent injustices et tensions géopolitiques tandis que les saccageurs de la planète restent impunis.
    Aussi est-il urgent de revendiquer de nouvelles formes de responsabilité et de solidarité. Urgent de redéfinir un nouveau sens et de nouveaux cadres à l'action humaine au sein des limites planétaires. Le droit international doit se métamorphoser et s'universaliser autour d'une nouvelle valeur pivot, l'écosystème Terre, en reconnaissant un cinquième crime international, le « crime d'écocide ».

  • Longtemps, nous avons prospéré comme une espèce parmi beaucoup d'autres, grâce à des conditions cli- matiques favorables et à des milieux de vie fertiles et foisonnants de biodiversité. Mais, depuis les révo- lutions industrielles du xix e et du xx e siècle, nous n'avons cessé de nous éloigner de nos environne- ments naturels. Aujourd'hui, nous avons rompu le lien avec nos racines, et notre monde est entré dans une spirale destructrice.
    Pourtant, nous ne pourrons pas survivre isolés du reste du vivant, comme hors sol, car nous dépen- dons des fonctions vitales de la Terre. Il nous faut donc réapprendre à nous considérer comme une par- tie de l'écosystème Terre, dont nous ne sommes que des gardiens. Nous devons remettre en question nos modes d'exploitation des ressources naturelles, nos modes de consommation et notre conception de la propriété, et nous inspirer des peuples premiers pour retrouver une vie en harmonie avec la nature.
    Il est surtout essentiel de réfléchir à nos modes de gouvernance aujourd'hui, dominés par la souverai- neté des États, et de modifier le droit international, en privilégiant une gouvernance communautaire et une justice universelle, seules capables de protéger la nature (ses fleuves, ses océans, sa végétation, son atmosphère) en la considérant comme une personne.

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