• Un obscur petit fonctionnaire, sur les conseils d'un curieux marchand de biens franco-chinois, se lance dans l'achat et la rénovation d'appartements.
    Au fil de ses acquisitions, surfant sur la bulle immobilière de la capitale, accompagné d'un fidèle homme à tout faire qui réhabilite à la perfection ses logements, le jeune homme se retrouve rapidement à la tête d'une véritable fortune.
    Gérer un tel jackpot va s'avérer délicat... D'autant que la mort accidentelle d'une ex-employée envoie les deux hommes à la prison de la Santé.
    Depuis leur cellule, qu'ils retapent de fond en comble, le duo entreprend de déradicaliser les détenus. Le succès de cette dernière entreprise remonte jusqu'à l'Élysée. Le gouvernement engage alors ces drôles de missionnaires à exporter leur méthode explosive jusqu'en Indonésie...

    Une fresque insolente et iconoclaste sur le monde actuel et ses contradictions. Mondialisation, islamisation, manipulation sont les maîtres-mots de cette fantaisie littéraire politiquement très incorrecte.

  • L'exuvie

    Stéphane Boudy

    Laurent, la trentaine, bien, «con» dans sa vie, part à la recherche de son ami Nicolas, disparu un jour en Indonésie. Il en profite pour découvrir. Finalement tout découvrir, un pays entre torpeur et nonchalance, couleur et rigueur, un ami et peut-être un peu lui... Un voyage insolite sans cliché, une recherche sans à tout prix, mais avec des craintes, des angoisses, des libertés provisoires, conditionnelles, des espaces emprisonnés. Stéphane Boudy décrit la vie sans l´enfermer. On suit l´observateur subtil et plein d´humour qu´il est. « L´année s´était bien passée, de la Sorbonne jusqu´aux abords d´une rivière, le lycée à quelques pas, dans une bourgade aux arcades généreuses, avec une place du marché et un monument aux morts. Petit café du matin, avec les artisans du coin, les ouvriers, juste avant d´embaucher. Profil de l´enseignant de campagne proche du peuple, partageant ses soucis : les inondations, le loto sportif ou la fête de quartier. Il s´y croyait, fier, la cigarette étudiée, le manteau noir d´artisan à col forgeron. A la gloire de mon père, ou à un truc comme ça. Ça sentait la République, l´instruction, la culture venue de la ville par le train. Dans les brumes, il y avait dehors des écoliers, proche d´un passage à niveau, le train s´arrêtait. La troupe partait dans le brouillard, les moyens avec les plus petits, avec leur cartable, leurs plusieurs couleurs, leurs petits cris, un chahut de garçonnets et une bousculade. Toute cette marche matinale pour s´éduquer, un mouvement presque militaire vers ce qu´il y a de plus inutile, vers l´envie de se retrouver. Une certaine poésie animait tous ces petits pieds, ces tennis crottées, ces écharpes vives. Ils partaient apprendre, cette marche allait vers cela. Il était tôt, leurs parents travaillaient et acceptaient alors comme ça de les laisser faire la route ensemble. »

  • Voilà, je suis L'Homme du Transsibérien. J'ai pris neuf fois ce train. Hormis les contrôleurs je suppose que personne ne connaît ce train comme moi. Arrivé au bout du monde. A Hanoï. Il faut aller jusque-là. Dans la ville verte. L'eau verte de ses lacs reflète le vert entier sur les façades des immeubles modernes et des maisons coloniales. Et puis la brume dans sa confusion renforce encore plus ces reflets plaqués par les nuages bas. Enfin, il y a ce vert « mythique », un vert dans l'imaginaire de chacun. Ce mot qui ne quittera jamais la ville quelque soit sa couleur...
    Vous me rencontrerez peut-être à 2h00 du matin dans le couloir d'un wagon. Vous chercherez une bière fraîche ou une discussion pour vous rassurer, calmer votre peur, ces idées en boucle à l'intérieur de vous et l'immensité dehors, défiante et qui menace de ne pas en terminer. Vous voudrez parler. Je pourrais aller vous chercher une bière fraîche car les contrôleurs chinois en cachent dans les ventilations. Pour eux et pour en vendre aux touristes. On en boira une. On leur paiera demain.
    Et si vous ne me rencontrez pas ce sera encore mieux. Vous ferez ainsi le voyage seul, seulement en vous-mêmes. Vous saurez si cet endroit est bien lavé, pas trop torturé, si votre vie pèse en bonheur ? Vous ne pourrez pas éviter de le savoir. 150 heures de train dressent les états des lieux d'entrée et de sortie: L'état du local. Chez certains, c'est un bon endroit.
    Stéphane Boudy nous a enlevés sur le quai, de notre vie qui passe, pour nous emmener avec lui dans le Transsibérien. La force de son écriture nous a happés et transportés par-delà le temps et l'espace. L'Asie, le passé, le présent puis le passé, le présent, l'Asie,... Morceaux de vie que nous lui abandonnons ou lui prenons, avec la seule certitude que nous ne reviendrons pas intacts. Ce voyage intérieur et extérieur nous chamboule. Malgré les codes « comme des pactes » que nous a donnés Stéphane, au départ, le transsibérien « bringuebale la vérité et la tendresse » sur des rails inexorablement parallèles aux autres. En dehors ou en plein coeur d'autres paysages, d'autres pays, nous ne nous éloignons jamais (assez) de la mort...
    Au hasard des rencontres, un photographe dont « les yeux avaient l'allure d'une plaque vierge, telle la pellicule » et surtout un auteur qui chausse des « lunettes sociologiques» car même s'il s'en défend, elles lui vont plutôt bien...lorsqu'au travers d'elles, il déplore « notre lourdeur, notre façon d'insister à se connaître, reconnaître ».
    Autant dire à quel point ce roman de Stéphane Boudy transcende, transgresse, transmet, sans transfuge... Transsibérien oblige !

  • « Transsibérien », nouveau roman de Stéphane Boudy après « ?L´exuvie », « les figurants ? », «? l´avion musique ». Stéphane est un auteur, un écrivain, un homme qui «? rôde » dans la vie comme dans les phrases pour ne pas en appesantir le sens ni la forme. Dans cet ouvrage on le ressent encore plus que dans les autres. Il raconte, décrit l´Asie bien-sûr. Avec lui ça coule de source on prend le Transsibérien et on part. Puis on voit comme lui, on pense comme lui. C´est une évidence, c´est son talent à Stéphane. Il effleure, il égratigne avec l´art de nous faire regretter notre superficialité et en même temps nous y réfugiant vite fait. « ?Certains Blancs pouvaient aller loin dans la volonté d'isolement. Dans un départ il y a toujours ce que le voyageur de longue durée appelle les raisons négatives. Il y a ce pour quoi on est là mais aussi ce pour quoi on n'est pas ailleurs. Homosexualité, divorce, absence de famille, précarité dans le pays d'origine... les raisons des Blancs ne sont pas si variées. Le pays d'accueil permet d'oublier ou de mieux vivre ce que l'on est. Lui, je ne sais pas comment il s'appelle, appelons-le John, je ne sais pas s'il s'ennuyait en Angleterre mais le cas échéant, venir ici, n'est pas ce qu'il a fait de mieux. »

  • Les figurants

    Stéphane Boudy

    Troisième ouvrage de Stéphane Boudy, des nouvelles pour « ? pointer du doigt le déséquilibre, trouver la vérité ? : immense plaisir de l´homme à quelques bières du coucher ? ». Pour le lecteur, plaisir encore plus grand, suivre avec lui l´humain dans la vie, acteur et spectateur tragicomiques. Mine de rien, avec insolence, humour, talent, un soupçon de détachement, Stéphane raconte le bal, un grand bal, celui du temps. Le seul où les figurants regardent et dansent aussi avec la même légèreté impassible, éternelle. L´air apparemment dégagé, Stéphane ou ses personnages cherchent l´absolu. « ? Les passants se succèdent à la queue leu leu. Impossible de marcher l´un à côté de l´autre. Je vois dans ce signe certain, l´oeuvre d´une volonté non pas municipale, mais encore une fois, cinématographique : Le héros selon le mythe est généralement seul et sans famille. Seul, parce qu´il est « assez » fort, seul. Sans famille puisque avoir été mis au monde est sans aucun doute une forme de faiblesse. Lui, le héros, il s´est créé lui-même, ex nihilo, à partir de rien, selon le principe bien connu de la génération spontanée. Il suffit de laisser une semaine sa vaisselle reposer. Ce temps échu, on verra un certain nombre de particules, voire de petits animaux, naître effectivement de rien, au fond de l´évier. D´ailleurs le héros naît peut-être comme ça, tout seul, d´un coup, de rien, et du fond d´un évier. ? »

  • Dans ce... roman « Les appartements d´Indochine » Stéphane Boudy raconte pourquoi et surtout comment il se lance dans l´acquisition de plusieurs appartements dans le but de les relouer. Visites immobilières, balades rue des banques au cours desquelles son esprit, lui, son âme même sont en Indochine, en guerre avec ses hommes, ses héros, ses victimes. Improbables parallèles qui rendent ce récit insolite, vivant comme la vie, des « coq à l´âne », des situations cocasses, anodines, des songes, des souvenirs sur des phrases construites comme elle, Grand Magasin du bricolage, de la débrouille et avec au milieu de ce paysage connu, presque quotidien, presque banal, des sourires, des insolences, des hommages, champs de bataille, stèles... Avec Stéphane on ne sait toujours pas ce qui est futile, ordinaire et on ne sait pas non plus si ce n´est pas cela le plus lourd. On accepte son invitation sans réserve, on veut bien faire le passe-muraille, traverser les appartements d´Indochine, le temps, les mémoires et enfin comprendre ce qui sans doute ne veut pas rien dire.

  • Après «?l´Exuvie?» et «?Les Figurants?», Stéphane revient en force d´un voyage à travers le temps et les hommes. Sans cesse curieux, il veut tout apprendre alors il prend avidement et restitue avec reconnaissance. Le ton toujours particulièrement primesautier est le ton de celui qui est heureux de comprendre l´autre. «?L´avion musique?» se pose, Stéphane est à bord, chamboulé, bouleversé mais joyeux et comme fier de relater sa guerre d´Indochine avec ces autres qu´il aime tant. Un récit «?boudyesque?»,  synonymes : rieur mais grave, optimiste mais lucide, sentimental mais pas pleurnichard, fidèle à l´histoire mais pas ennuyeux. A dissocier absolument «?Boudy?» et «?Rocambole?». A rapprocher plutôt «?d´Ubu?». «?... Hô Chi Minh avait plus de trente ans de clandestinité derrière lui, avait endoctriné village après village, région par région, appris à lire et à écrire aux gens partout où il était passé. Et aujourd´hui, c´était le lieutenant Merlin et ses trois hommes qui allaient réduire à néant ces années d´efforts, cette attention minutieuse et lente à éduquer. Près de 70000 combattants et villageois ont gravi les montagnes autour de Diên Biên Phu, des canons de plusieurs centaines de kilos ont été montés dans la jungle à l´aide de vélos français de marque Peugeot, de même pour les armes, la nourriture ou les munitions. Pour tout effort du riz, du riz mangé à chaque repas, souvent seul et cuit sur place. Avec ce riz, la baguette, l´autorité des chefs, et sous cette baguette, un idéal. Voilà ce contre quoi Merlin et ses hommes vont lutter avec quelques bouts de papiers traduits en vietnamien. Heureusement, il y aura aussi de la musique. Ils prendront «?l´avion musique?» que les Américains leur ont cédé et qu´en bons Français ils ont nommé ainsi. Un avion avec des haut-parleurs sous le ventre afin de rallier les Viêts à la cause coloniale, des voix et de la musique en bande sonore. Voilà, harassé, sans sommeil ce que Merlin s´apprêtait à faire?: la guerre psychologique.?»

  • Stéphane Boudy nous propose son nouvel ouvrage, « Des nouvelles des morts », titre surprenant s'agissant de Stéphane Boudy. Cet auteur voyageur nous ayant plutôt habitués à le suivre dans des pays lointains comme l'Asie en laissant un peu traîner le passé comme un sac trop lourd pour marcher, avec toujours l'idée en bandoulière que partir le plus loin possible peut donner la liberté de bluffer les souvenirs, éloigner le passé du présent, et exalter l'avenir, voir l'immortalité. Dans ces nouvelles, la route défile encore, certes, mais le voyage est différent.
    Stéphane ne braque pas l'éclairage sur les nouveaux paysages mais sur les voyageurs. L'objectif est de mettre en lumière leurs âmes ainsi que la sienne, en faisant d'eux des passagers de l'intérieur, de la vie à la mort en passant par l'enfance. « Etre à Tataouine », oui, mais dans les ombres du passé, celle de la mort, de ses morts, plus précisément.
    Chacune de ces expéditions, chacune de ces aventures, aussi lointaines soient-elles, nous rapprochent au plus près de nous-mêmes et de l'auteur qui dévoile pour la première fois ses interrogations. Il nous invite à poser « son immense soi », mettre son coeur à nu, l'accepter fragile et amer devant la mort, dernière destination, inéluctable, pour soi et surtout pour ceux qui nous sont chers.
    Même s'il ne le cherche pas à tout prix Stéphane Boudy nous émeut, tout en nous témoignant de son humour, toujours. Avec un petit sourire aux lèvres, nous sommes encore prêts à le suivre, ici dans les pays de l'Est, inouïs, mais surtout, prêts à cultiver notre jardin... Eternel. Exact que le « bonheur c'est dedans » mais exact aussi que quelque chose... quelqu'un y apporte irrémédiablement le malheur, la mort.
    Le style adroit et bienveillant fait toujours mouche, Stéphane Boudy est un pêcheur passionné à l'hameçon efficace et aux lignes bien lancées qui ne se joue plus du temps... qui passe.

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