• Fatalité

    René Leclerc

    « Je m´imaginais être victime d´une force mystérieuse qui me poussait à accomplir, sans raison, des actions insolites et bizarres que je ne pouvais expliquer. Parfois, j´avais l´impression que ma vie ne m´appartenait pas. J´étais, en somme, un genre de girouette qui tournait selon le caprice des vents sans pouvoir réagir ou redresser l´orientation qui m´était imposée. »

  • Entre Marcelle et Marie, il y a plus qu´un océan. Les croyances, les niveaux de vie, les préoccupations de chacune ne peuvent a priori être identiques, puisque l´une grandit dans un confortable Canada chrétien, alors que l´autre survit dans un Sénégal musulman frappé par la misère et la sécheresse. Et pourtant, malgré tous ces déséquilibres, les deux adolescentes nouent une amitié épistolaire qui va permettre à Marcelle d´aider sa correspondante confrontée à d´importants problèmes familiaux... Toutefois, le malheur n´a pas de terre privilégiée, et c´est bientôt cette même Marcelle qui voit son avenir remis en question suite à un accident, attirant à elle l´amour de ses proches, mais aussi la compassion de son amie sénégalaise... Sur fond de cheminement spirituel, avec tous les cahots que celui-ci suppose, "Échange" suit une décennie d´amitiés entre une Canadienne et une Sénégalaise qui, par-delà les distances, se soutiennent, s´épaulent, s´encouragent, s´inspirent réciproquement, renforçant constamment les liens qui les unissent. À travers les mots et les interrogations qui se croisent et se répondent au sein de cette oeuvre polyphonique, René Leclerc dresse les portraits de jeunes filles puis de femmes qui cherchent leurs voies au milieu des embûches posées par l´existence. Un texte qui vibre de charité, d´humanisme, d´espoir.

  • Dans le Québec des années 1930, Mélanie vit une enfance heureuse, partageant la passion de ses parents pour les chevaux mais, suite au décès accidentel de sa mère, elle se retrouve seule avec un père qui se révèle taciturne, autoritaire et manipulateur. Sa seule lueur d'espoir et de bonheur dans cette vie de plus en plus sombre est son amitié avec Thérèse, amitié si intense qu'elle suscite une défiance et une incompréhension telles qu'elle s'achèvera de façon tragique. À la suite de ce nouveau traumatisme, Mélanie ne trouve plus la force de résister à son père qui peut enfin commettre l'indicible, impunément. Dans un sursaut de lucidité et par instinct de survie, elle fuit la maison familiale et tente de se construire auprès de son ami d'enfance, Manuel. Pourtant, malgré sa foi en Dieu, en la vie et en l'amour, elle sent se nouer un drame qui la dépasse et qui ira jusqu'à l'explosion finale.

  • « Il cherche en vain à contrôler son affolement. Il gagne le petit ruisseau "des cèdres" qui sillonne les deux terres. Il se jette aveuglément dans la fontaine creusée de main d'homme. Il tente d'effacer toute trace de sang sur ses vêtements. Épuisé. Il s'affaisse dans le champ de foin en bordure du ruisseau. D'horribles cauchemars assaillent son esprit. Il se voit jugé, condamné et pendu. » C'est une maison hantée par les souvenirs et la mort que visite un narrateur d'abord intrigué, puis happé par le passé. Une bâtisse laissée à l'abandon, mais habitée à jamais par l'histoire tragique d'une famille... Des années cinquante à nos jours, René Leclerc orchestre un puzzle troublant tissé de flash-back et de voix épistolaires. Un récit pénétrant et habilement construit.

  • « Procéder, en somme, à une réhabilitation en profondeur de son être et restaurer une harmonie entre son corps et son esprit qui s'est brisée au fil du temps en raison des contraintes qui leur avaient été imposées. Voilà donc le but premier de cette étude : redécouvrir mon moi, le vrai, l'authentique, l'original, celui-là même qui n'a connu aucune des contraintes de l'existence, celui qui a vécu librement sans masque, sans artifice, celui qui a goûté sans remords aux plaisirs simples et qui s'est vautré dans le ressac des mers enchantées ! » Au cours de sa vie, René aura porté bien des masques, emprunté bien des chemins, souvent tortueux, qu'il n'avait pas choisis et qui ne débouchaient sur rien. Pourquoi ? Comment remettre en perspective un destin, saisir une personnalité, comprendre enfin ? D'une jeunesse douloureuse à sa difficile lutte contre un accident lombaire, l'auteur se confie et se révèle, en même temps qu'il amène chacun à réfléchir au sens à donner à l'existence, à la quête de soi, à la fin de vie. Un témoignage éclairant qui ne peut laisser indifférent.

  • « Marcher Marcher sans s'arrêter Dans la voie de la vérité, malgré les obstacles qui balisent notre route et qui semblent, à nos yeux, insurmontables. C'est vraiment à ce prix que nous remporterons la Grande Victoire, la victoire sur la vie. » Pendant une année, de mois en mois, René Leclerc s'est livré à une introspection approfondie de lui-même. Au fil des saisons, il décortique les moindres étapes de sa vie, attentif à tout ce qui exerce une influence bénéfique ou néfaste sur son équilibre physique et psychique. Sa progression sur le chemin sinueux de l'existence est guidée par une série d'aphorismes qui l'aident à affronter l'inconnu avec sérénité. Nourri par sa foi et les sages préceptes de grandes figures spirituelles, il appelle son prochain à faire un plein usage de son libre arbitre pour s'épanouir en harmonie avec le monde.

  • « J'ai tué l'instant Pour vivre Les temps morts Un temps d'arrêt L'ennui qui ne passe pas J'ai remonté L'échelle du vertige Agrippé les ailes du vent Fouillé la mémoire des âges Et mes illusions d'enfant Je l'ai pris sous mon bras J'ai laissé Couler l'éternité Il m'a souri J'ai pleuré » Quelque part entre poèmes et aphorismes, vague à l'âme et billets d'humeur, se dessine « L'Étoile du philosophe ». Réflexions, souvenirs et rêveries s'entremêlent pour offrir avec élégance une certaine vision du monde, lucide, généreuse et acide à la fois. La plume ciselée de René Leclerc fait mouche et emporte le lecteur avec une aisance déconcertante.

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