• René Borrat, nombreux sont ceux qui disent qu'il représente la mémoire de Céret. Il est vrai que ses souvenirs sont innombrables et qu'il peut parler pendant des heures de notre ville quand les voitures y étaient peu nombreuses, pour ne pas dire inexistantes, quand on y faisait des espadrilles, des bouchons, quand le bois de nos forêts était utilisé par d'habiles tonneliers. C'est d'ailleurs cette profession qu'il exerça longtemps auprès de son père et son grand-père et c'est une première conférence sur ce sujet qui trouva la salle de l'Union trop petite pour recevoir les nombreux amis qui étaient venus l'écouter.

    Pour faire vivre ses souvenirs, René Borrat a des dons de conteur extraordinaire. Il saura nous expliquer la tauromachie, la cueillette des cerises, les chemins et les aventures des contrebandiers ainsi que les 400 pas des Trabucaïres. Correspondant photographe d'un journal local, sa collection de photographies est unique et nous donne une image de notre ville quand Picasso, Soutine et tous ceux qui l'ont rendue célèbre s'asseyaient autour des tables des cafés des boulevards. Ses dons de conteur, il vous permet d'en prendre connaissance en écrivant des livres sur les sujets précédents.
    Mais au-delà de toutes ces qualités, René Borrat est surtout un grand humaniste : il adore sa ville, Céret, il adore ses habitants même si parfois la vie moderne le surprend, il adore de manière générale les gens simples, ceux qui sont attachés à notre terre.
    C'est pour cela que quand on parle, chez nous, de René Borrat, en particulier près des bancs à côté de la Mairie, ces bancs que l'on dit des sénateurs, où il est écouté avec attention, on sent qu'il suscite du respect et de l'admiration et surtout beaucoup d'amitié et d'affection.
    Alain Torrent, Maire de Céret.

  • Céret avec trois t à la fin, tant l'accent de René Borrat est fort et chantant. Céret avec trois ponts à l'entrée, l'arche principale en a été supervisée par le diable en personne : vous y êtes. Céret, bourgade coincée entre le Tech, l'Espagne et les massifs du Canigou ; comme une cale de douelle, encore appelée le diable (je ne l'ai pas inventé) pour une construction harmonieuse, ramassée et solide. Entrez dans ce livre/cité avec les chemins, anecdotes et leçons de vie de René. On y parle des Romains, de la cueillette des cerises, des marchés ; des fêtes qui ont un sens, tant la vie y est âpre et le labeur des ouvriers harassant... On y croise des compagnons formateurs, des instituteurs imbibés de Jules Ferry, les amis disparus, le maquis 44, des aviateurs, des Trabucayres, des toreros... On y ressent les odeurs, l'eau du canal qui court dans les ruelles, le côté « hors piste » de certains habitants. Chaque paragraphe très documenté, chaque anecdote est teintée d'une leçon de vie, d'une amertume et surtout d'un espoir, d'un optimisme dans l'autre. Ce n'est pas un inventaire à la « Prévert », les acteurs sont en symbiose avec les ondes que dégage cette cité ; la période « Mecque du Cubisme » et ses artistes sont au balcon tant les Cérétans occupent les premières loges ; c'est vous dire... Ce livre est une transmission, un monde disparu sans retour, un regard attendri et annoté, une strate de plus dans l'élaboration de la mémoire. Entrez dans cette respiration, dans cet accent, dans cette bonté, dans ces couleurs, dans cette description de l'autre sans jamais en médire, entrez y en pleine confiance car le souffle pour puissant et riche qu'il est, est toujours trop court.
    Jean Pierre Mau, un "aficionado" de René

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