Edilivre

  • Le Banc

    Pierre Yborra

    Un homme, maintenant disparu, n'eut au cours de sa vie qu'un seul confident, un ami plus jeune que lui de vingt ans qui lui prêtait son oreille. C'est assis près de lui, sur un banc, devant un court de tennis, où ils se retrouvaient souvent, que notre personnage à énigmes va se raconter par bribes. Sa trajectoire pourrait être banale. Pourtant, très vite, nous sommes pris dans un suspens qui entoure la vie de cet homme singulier et fidèle à lui-même. Qui fût-il ? Un irréductible solitaire, un misanthrope, un séducteur... Un homme sûrement blessé dans son enfance qui se retranche dans sa seule passion dévorante, le tennis. Son existence s'articulera autour de ce sport et de ces clubs aux décors sulfureux et élitistes de l'époque. Grâce à ce sport et aux personnes féminines qu'il côtoie, toutes les portes sociales s'ouvrent à lui avec une facilité déconcertante. L'auteur nous promène d'une plume allègre, dans l'Algérie des années 40, dans le débarquement de l'armée d'Afrique en Provence. C'est dans le Maroc superbe et mondain des années 50 mais en pleine mutation que nait sa baraka infernale. Elle le suivra très longtemps jusque dans la Mère Patrie, jusqu'à ce que les lois du temps qui passe aient raison de notre héros.

  • Le pain perdu

    Pierre Yborra

    Après nous avoir fait découvrir l'Algérie de son enfance dans son premier livre, Le pain de mon père, l'auteur nous emmène pour une suite rocambolesque dans sa découverte de la France métropolitaine, le service militaire, les premiers émois et conquêtes amoureuses, puis l'intégration en Vendée où il se fixe.
    Dans une sorte « d'éducation sentimentale » où le rire est privilégié, on suit sa vie au gré des personnages et des anecdotes sans jamais s'ennuyer, grâce à un langage imagé et des portraits ciselés à l'humour, à la gaîté permanente, à la tendresse ; interminable fresque colorée d'une vie pleine, dense, impatiente, jonchée d'impromptus hilarants.
    Il capte et il filme au plus près, avec son regard amusé et malicieux, parce que la première leçon du Pain Perdu est avant tout une leçon de vie dans ce qu'elle a de plus précieux : la générosité.

  • 1962 : Pierre, poussé par l'histoire, quitte Guyotville le village d'Algérie où il est né. Jeune conscrit, il largue les amarres d'une vie heureuse et insouciante. Il part à la conquête de la métropole, avide de découvrir la France qui hante ses rêves. Sa deuxième vie sera là, où il assouvira sa passion de cultures et de rencontres.
    2006 : Appel irrépressible, Pierre fait le chemin à l'envers et revient sur les traces de sa jeunesse avec deux amis de son village. Commence alors une épopée haletante, tout ce passé enfoui rejaillit. C'est un déferlement de retrouvailles chaleureuses, émaillées d'anecdotes truculentes, hilarantes, picaresques, tendres et émouvantes. On est bouleversé par l'accueil enflammé des amis retrouvés. On n'a rien oublié de l'enfant turbulent et frondeur « faisant partie de la famille » du fils du boulanger. Pierre, l'humour en bandoulière, nous fait aimer ce coin d'Algérie, niché entre soleil et mer, exhumé de sa mémoire miraculeusement intacte.
    Le pain de mon père est un hymne enthousiaste, joyeux et espiègle à l'amitié, à l'enfance retrouvée par la puissance du souvenir gravée sur fond de bonheurs tendres.

  • « Je ne peux pas dire, quand je suis arrivé en ce mois de Février 1942, le deux pour être précis : s'il faisait beau, s'il pleuvait, neigeait, tombait des hallebardes. Je ne me suis pas renseigné sur le climat de ce jour. Je sais, par contre, que c'était le jour de la Chandeleur : la fête des crêpes. Je sais aussi que ma mère a perdu ses "eaux" à 17 heures, derrière son comptoir, au milieu des corbeilles de pain.

    Il a fallu faire fissa et je n'ai pas fait de "résistance" pour me pointer. J'avais envie de collaborer. Il paraît que j'étais pressé de dégringoler. Ça doit venir de ce jour, j'ai passé ma vie à être pressé. Vous me direz, il y a pire que moi : certains n'ont pas attendu les neuf mois, d'autres sont arrivés : pas finis. Dans mon cas, il n'en fut pas ainsi. (...) J'étais sensé arriver dans le baluchon d'une cigogne. En ces temps lointains, il fallait être précautionneux, les cigognes ne voulaient pas être vues par les autres enfants. » Aquarelle de Jean-Claude Fauché

  • C'est bien par effraction qu'il est entré dans ma vie. C'était sûrement une période où j'étais bon à prendre... Je le connaissais un peu, à peine un peu. Nous ne nous étions jamais parlé avant cette rencontre. Il était depuis quelques mois le mari d'une amie de Laurence mon épouse, amies depuis la maternelle, et dans le cas d'amitié féminine, on n'a pas le choix, on a beau ne pas vouloir... on se fait toujours le mari de la copine. J'étais marié depuis presque trois ans et déjà je ronronnais dans mon couple. J'avais tout ce qu'il fallait pour bourdonner dans le bonheur : une belle télé Pathé Marconi flambant neuve, du papier peint à gros ramages orange sur les murs de mon séjour. Une salle de bain rose dragée, une banquette salon en similicuir noir sur les accoudoirs et les bords, avec comme repose cul, des coussins acryliques rouges, façon poils de chimpanzé. Et le reste à l'avenant, dans un bel appartement, au sixième étage d'un immeuble HLM avec vue imprenable sur le cimetière...

  • « A travers Au 4 de la rue Rapide , Pierre Yborra nous raconte des histoires de jeunesse, ses amitiés, quelquefois intéressées ! Le « covoiturage » était de rigueur, bien peu de jeunes ayant une voiture? Bals du samedi soir, bals populaires « sur parquet » ou bals de noces, invités par le hasard? Au culot, ils y allaient, sans méchanceté, sans autre désir que celui de s?amuser, être entre copains, copines, la drague étant une activité de fin de semaine « obligatoire ». Normal, comment faire pour les rencontres autrement ? C?était le seul moyen? Une résistante, Nelly, compagne de toutes les sorties, joue sur le fil de l?amitié, de la drague, de l?amour ! Un jeu, elle seule en connait les raisons? Elle intrigue Jean, elle n?est pas comme les autres. Une énigme? Et puis un coup de téléphone, un soir de Noël. Ils s?étaient connus en 1963 ! Se retrouveront-ils ? Oseront-ils ? Elle le pousse à la rencontre, lui, qui n?aime pas les vieux ni les vieilles? C?est croustillant, les personnages comme dans un film, leur vie au fil des anecdotes, des souvenirs. Ce sont aussi les nôtres qui reviennent, au gré de leurs histoires de vie.

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