Religion & Esotérisme

  • Les trois premiers siècles chrétiens s'intéressèrent peu aux lieux saints. Ce n'est qu'au ive siècle que l'on commence à les mettre en valeur. Une « géographie sacrée » se dessine alors. Les circuits se modèlent progressivement sur ceux de l'empire. Les pèlerins y sont pris en charge, instruits et dirigés vers les sanctuaires. L'inventaire et l'invention des lieux de théophanies bibliques répondent à la quête et à la fascination de ces lieux. Le culte des reliques ouvre l'accès à la présence des saints. Le salut de l'âme est négocié, thésaurisé ou distribué en aumône. Aujourd'hui, graffitis et ex-voto attestent des voeux individuels et collectifs. Commençant par le Proche-Orient, cet ouvrage présente quelque cinq cents lieux saints comme un guide, en suivant les itinéraires anciens.

  • De très nombreuses « Passions » de martyrs des trois premiers siècles nous sont parvenues, en grec, en latin, dans des langues orientales. Si nombre d'entre elles, qui ont pour seul but de glorifier le martyr, se soucient peu de vraisemblance historique, il en existe cependant de fiables, écrites peu après les événements qu'elles relatent ou d'après des témoignages contemporains. Celles qu'on intitule « Actes » ont utilisé les procès-verbaux de l'interrogatoire des martyrs et les reproduisent, au moins en partie. D'autres ont été rédigées par des témoins oculaires, ou sur le témoignage de proches de l'événement ; il en est aussi qui s'inspirent de textes rédigés par les martyrs eux-mêmes avant leur exécution : ce sont celles qu'on appelle les « Passions » historiques.

    Ces textes sont certes écrits pour édifier leurs lecteurs, et leur intention première n'est pas de faire de l'histoire, mais de donner l'image du témoignage parfait, celui du martyre. Mais tous ont conservé des données historiques authentiques, qui permettent de se rendre compte de la réalité des persécutions subies par les chrétiens des premiers siècles et de la manière dont leurs communautés les ont vécues et ressenties.

    C'est un choix de ces textes, « Actes » ou « Passions » historiques, qui est présenté dans ce volume en traduction annotée. Ce choix est assez éclectique : à côté des « Passions » réputées les plus anciennes et les plus sûres (« Martyre de Polycarpe », « Lettre sur les martyrs de Lyon », etc.), ont été retenus certains textes d'authenticité plus discutée, ainsi qu'une « Passion » composite qui comprend des récits légendaires. On a eu du moins le souci d'illustrer les phases diverses des persécutions antichrétiennes des premiers siècles, en divers lieux de l'empire.

    À cette anthologie de « Passions » individuelles, il a paru opportun d'ajouter les « Martyrs de Palestine » d'Eusèbe de Césarée, qui n'avaient pas été retenus dans l'édition en un volume de son « Histoire ecclésiastique » parue dans cette collection.

  • Pierre Maraval réalise dans ce livre la synthèse de plusieurs histoires : celle des lieux saints (leur genèse et leur développement) ; celle des pèlerins (leurs motivations, leurs itinéraires, leur condition) ; celle des pèlerinages (leur origine et leur signification spirituelle).
    Les trois premiers siècles chrétiens s'intéressèrent peu aux lieux saints ; le IVe siècle les redécouvre et les met en valeur. L'intérêt ira croissant. La conquête arabe modifiera les conditions de cette passion. Une " géographie sacrée " se dessine par les itinéraires et les haltes ; routes de voyageurs et de migrations, de marchands et de mendiants, d'échanges et d'errances. Les circuits se modèlent progressivement sur ceux de l'empire.
    Les pèlerins y sont pris en charge, instruits et dirigés vers les sanctuaires à histoires, reliques et miracles. Liturgies et architectures spéciales accueillent la curiosité et la piété. L'inventaire et l'invention des lieux de théophanies bibliques répondent à la quête et à la fascination des ipsissima loca. Le culte des reliques ouvre l'accès à la présence des saints, en une culture du voir et du toucher.
    Le salut de l'âme est négocié, thésaurisé ou distribué en aumône. Graffitis et ex-voto attestent aujourd'hui des voeux individuels et collectifs. Un dictionnaire ou répertoire systématique décrit chacun des lieux saints et en donne tous les éléments connus dans les textes. Commençant par le Proche-Orient, ce dictionnaire présente quelque cinq cents lieux saints comme un guide, en suivant les itinéraires anciens.

  • "Cet ouvrage est le premier d'une publication qui en comprendra deux. Il présente les conciles oecuméniques du 1er millénaire, de Nicée I, en 325 à Constantinople IV, en 869-870 ; un second tome traitera du IIe millénaire. (Le concile Vatican II fera l'objet d'un ouvrage à part).

    Le titre d'oecuménique, « universel », se rencontre pour la première fois au concile de Chalcédoine (451), appliqué à ce dernier ainsi qu'au « grand et saint concile de Nicée ». Par la suite, les conciles se définiront toujours comme « le grand et saint concile oecuménique ».

    Pendant le premier millénaire, les conciles oecuméniques se sont réunis en Orient, sur l'initiative des empereurs, Constantin le premier, et indépendamment de l'évêque de Rome. La participation des Pères orientaux y fut forte et la représentation de l'Occident faible. La présence des légats du pape garantissait le caractère oecuménique ou « universel » de ces conciles, réunis d'abord pour résoudre des difficultés ou problèmes doctrinaux et définir ou proclamer la Foi de l'Église. En dernière analyse, l'autorité du concile dépendait de la ratification romaine.


    À une époque de la vie de l'Église où le mot « concile» et l'adjectif « conciliaire » occupent une place exceptionnelle, ce parcours historique et doctrinal sera des plus précieux. "

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