• Mouvement par la fin

    Philippe Rahmy

    • Cheyne
    • 15 Mars 2005
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  • Dans ce deuxième livre, Philippe Rahmy reste fidèle à son entreprise d'écrivain : questionner son corps malade dont l'aventure, loin d'être close sur elle-même, n'est pas sans lien avec les tumultes du monde. Apre et cruel, son " chant d'exécration ", qui renonce à toute espèce de compassion comme aussi bien à toute complaisance à souffrir, atteint ici, tant la parole dit juste depuis sa violence même, à une densité poétique qui bouleverse et comble le lecteur. Lisant ce livre, on se dit que si la littérature était toujours aussi libre, autant détachée du souci de paraître, il y aurait moins de raison de désespérer de l'homme et de sa souffrance. J.-M. B.

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  • Béton armé

    Philippe Rahmy

    «Me voici à Shanghai. Une valse lente s'engage entre ce géant et moi. Tout se passe comme si nous étions coulés dans le même moule, un grand vide dans une enveloppe de béton armé. Il existe peut-être un lieu qui détruit les histoires. Il existe surtout des histoires qui choisissent d'investir les lieux les plus improbables.» «En notre siècle de vitesse et de facilité, Rahmy nous restitue un attribut qui fut longtemps propre au voyage : la difficulté. Il est plus près, à sa manière contemporaine, d'un Marco Polo que de nous.» Jean-Christophe Rufin.

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  • Elle s'appelle Dengé. En brassière léopard et baskets Hello Kitty, elle ramasse, pour trois fois rien, des tomates bourrées de pesticides dans les champs brûlants de Flo- ride où elle va laisser sa vie. Il se nomme Tony Jay. Ac- cusé à tort d'un double meurtre, il a passé trente ans derrière les barreaux avant d'être innocenté, et tente de renouer avec la liberté. Engeli, quant à lui, arpente sans fin les couloirs d'un hôpital psychiatrique, hanté par les bombes au phosphore déversées sur Falloujah, prison- nier à jamais de la guerre d'Irak.
    Philippe Rahmy est mort le 1 er octobre 2017. En rési- dence d'écriture à la Fondation Jan Michalski, il y tra- vaillait sans relâche à son nouveau livre, Pardon pour l'Amérique. Fruit d'un voyage de plusieurs mois dans le sud des États-Unis, celui-ci s'ouvre sur l'élection de Do- nald Trump et se referme avec l'ouragan Irma. Prisonnier de la maladie qui l'avait condamné au fauteuil roulant, Philippe Rahmy a voulu s'y confronter à d'autres formes d'enfermement : le travail clandestin, l'incarcération, l'aliénation mentale.
    Par la force du langage, ce langage qui lui tenait lieu de squelette, il rend aussi bien le tangible que l'im- palpable : l'immensité des Everglades, un scarabée sur le bord d'une fenêtre. Son road trip fiévreux, violent et tendre abolit les frontières entre récit, roman, poésie et essai politique. Pardon pour l'Amérique déborde de son cadre, étoffé par les digressions, enrichi par l'imprévu.
    Les personnages, rencontrés ou imaginés, s'expriment à vif, dans un style percutant comme un corps-à-corps.

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  • Orsque l'Association des écrivains de Shanghai l'invite en résidence, à l'automne 2011, Philippe Rahmy saisit cette chance, synonyme de péril. Fragilisé par la maladie, il se lance dans l'inconnu. Son corps-à-corps intense avec la mégapole chinoise, « couteau en équilibre sur sa pointe », « ville de folle espérance et d'immense résignation » donne naissance à un texte de rires et de larmes, souvent critique, toujours tendre, mêlant souvenirs d'enfance, rêves et fantasmes à la réalité. Bien plus qu'un récit de voyage, Béton armé est un flot d'images et de pensées que seule l'écriture a le pouvoir de contenir et de restituer.
    « La vision qu'il nous livre de Shanghai est celle d'un homme pour qui cette ville représente non pas un lieu parmi d'autres, mais un nouveau monde. C'est qu'il lui en a coûté pour l'atteindre ! En notre siècle de vitesse et de facilité, Rahmy nous restitue un attribut qui fut longtemps propre au voyage : la difficulté. Il est plus près, à sa manière contemporaine, d'un Marco Polo que de nous. Les dangers que Rahmy a dû affronter ne sont pas les mêmes, mais ils sont aussi nombreux. Il en résulte un appétit de voir multiplié par le long jeûne de l'immobilité. » Extrait de la préface de Jean-Christophe Rufin, de l'Académie française.

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  • Allegra

    Philippe Rahmy

    Londres, été 2012. Tandis que les Jeux olympiques se préparent dans l'effervescence, Abel erre à travers la ville, un carton sous le bras. Jeune trader plein d'avenir, père attentionné, il vient de tout perdre. Lizzie, sa compagne, l'a chassé de leur appartement et Firouz, son ami, son mentor, l'a viré de la banque où il l'avait fait embaucher. Échoué dans un hôtel au milieu d'autres laissés-pour-compte, migrants et réfugiés, Abel décide de remettre de l'ordre dans sa vie. Il se heurte à l'hostilité de Lizzie, qui refuse de le laisser voir Allegra, leur petite fille, et au chantage odieux que Firouz exerce sur lui. Quel prix devra-t-il payer pour redevenir celui qu'il était?
    Dans ce roman sous haute tension, Philippe Rahmy brosse le portrait d'un homme consumé à la fois par le désir et le déni.

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  • Monarques

    Philippe Rahmy

    À l'automne 1983, je quitte ma campagne au pied du Jura, pour suivre des cours à l'école du Louvre. Em- bauché à la brasserie Le Conti pour payer mes études, occupant une mansarde rue Mazarine, voisine de celle où Champollion déchiffra les hiéroglyphes, ébloui par les lumières de la ville, je découvre Saint-Germain-des- Prés, ses librairies, ses éditeurs, ses cafés, ses cabarets.
    Mais en Suisse, à la ferme, mon père est malade. J'ap- prends qu'il est à l'agonie le jour où je croise le nom d'Herschel Grynszpan, un adolescent juif ayant fui l'Al- lemagne nazie en 1936, et cherché refuge à Paris.
    Pour des raisons profondément enfouies, que je recon- nais aujourd'hui, il m'a fallu trente ans pour raconter son histoire en explorant celle de ma propre famille.
    Mon enquête à travers l'espace et le temps a porté sur deux continents et sur trois générations. J'ai frappé à de nombreuses portes, y compris celles des tombeaux.
    Certaines se sont ouvertes, produisant les rencontres et les amitiés qui ont nourri ce livre. J'ignore quelle au- rait été ma vie sans la littérature, mais je sais que tous mes chemins mènent au sud de la Méditerranée, qu'ils relèvent du rêve impossible de l'aventurier, ou qu'ils aient été arpentés un stylo à la main.
    J'ai voyagé en carriole aux côtés de ma grand-mère Gertrud, de ma mère et de mes deux oncles fuyant Berlin sous les bombardements alliés. Du jour au lendemain, j'ai quitté Heilbronn, dans le sud de l'Al- lemagne, pour gagner Tel-Aviv en compagnie de ma grand-tante Charlotte, poursuivie par les nazis. Je me suis embarqué pour Alexandrie sur L'Étoile matutine en compagnie d'Yvonne et d'Ali, mes grands-parents paternels, et j'ai assisté à la naissance de mon père dans une maison blanche au bord du désert. Un père dont j'ai tenu la main sur son lit de mort, avant de dé- couvrir son secret.
    Herschel a cheminé à mes côtés durant mes périples, autant que j'ai cherché à retrouver sa trace. Mon voyage en compagnie de ce fantôme m'a mené bien au-delà de ce que j'avais imaginé. Ensemble, nous avons traversé de nombreuses frontières, jusqu'à celle du pardon.

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  • Fin programmée de l'ordre néo-libéral, je signale l'informatique, puissance effective au bénéfice de tous, comme outil d'émancipation, et les informaticiens, architectes des infrastructures financières et industrielles, et de l'écosystème social en toutes ses catégories, en tant que nouvelle classe sociale. Comme l'ont été le prolétariat et la bourgeoisie, les informaticiens, dont le groupe se distingue de la profession homonyme, incluant mathématiciens, médiamaticiens, maîtres d'ouvrage, physiciens, codeurs, ingénieurs, techniciens, administrateurs, développeurs, modeleurs, rédacteurs, intégrateurs, ouvriers de production et de maintenance, usagers des outils et réseaux informatiques assurant aujourd'hui la pérennité et, demain, la chute du système néo-libéral, chacun selon son savoir et ses capacités d'action, répondent à la définition de classe sociale, malgré l'hétérogénéité idéologique, générique et fonctionnelle de cette classe, reflet du monde contemporain en ses porosités. Comme le prolétariat et la bourgeoisie hier, ils y répondent parce qu'ils rassemblent le seul groupe humain assez large et fort pour renverser le pouvoir en place et pour porter la prochaine révolution. Outrepassant la technique dont cette nouvelle classe se servira pour parvenir à ses fins libératrices, une telle révolution implique un idéal de justice, orientant les moyens informatiques, à défaut de quoi les informaticiens demeureront les idiots utiles du pouvoir. Pour la première fois dans l'Histoire, grâce à des outils informatiques favorables aux pauvres et contraignants pour les riches, conçus selon une compréhension égalitaire de l'accès au capital, au sens large, dont personne, ni les États, ni les banques, ni les marchés, ne pourront davantage se passer demain qu'ils ne s'en passent aujourd'hui pour accaparer les richesses naturelles et produites et tirer profit de la spéculation, les acteurs actuels du néo-libéralisme oeuvreront au bien commun, redistribuant, malgré eux, une large part de cette immense fortune au développement constant de l'humanité. Les riches seront toujours aussi riches, mais ils travailleront à éradiquer la pauvreté. Les termes et les modalités d'une telle redistribution seront définis et gérés par un Code numérique de l'égalité, régissant les flux financiers, mais aussi la juste répartition des ressources, des savoirs et des chances, à l'échelle planétaire. Ce code couronnera les textes de loi, décrets et déclarations existants, hérités des précédentes révolutions et réformes. Sa portée sera universelle. Il signera l'abolition des frontières, la fin des nations, l'avènement de la société humaine.

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  • Corps au miroir

    Philippe Rahmy

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