Omnibus

  • Substance reve

    Philip K. Dick

    • Omnibus
    • 28 Mai 1993

    Hitler a gagné la guerre.
    L'allemagne et le japon se sont partagé les etats-unis. au fond de l'afrique, la solution finale au problème noir est lancée. entre les vainqueurs, l'entente ne dure pas : le japon est menacé, l'empire nazi s'apprête à recouvrir le monde. a nous le totalitarisme tranquille !
    Cette histoire ne tient pas debout. on peut entrevoir un autre univers. les alliés ont gagné la guerre. l'amérique et la russie se sont partagé l'allemagne.
    Un peu partout, la solution finale au problème des nationalités est lancée. entre les vainqueurs, l'entente ne dure pas : la course aux armements va bon train, la russie ne peut pas suivre et l'empire américain s'apprête à recouvrir le monde. le mal se banalise.
    Cette histoire ne tient pas plus que la précédente. le maître du haut château, dans sa retraite des rocheuses, parle d'un troisième univers où la guerre s'est terminée autrement.
    Et cet univers-là est le seul réel. le seul où il y ait de la compassion et de l'espoir.
    Nous sommes cernés par les faux-semblants. le monde où règnent les simulacres peut bien s'effondrer : les solitaires survivront. tel manfred ne parle pas, il ne nous voit même pas, mais il voit l'abîme qui nous attend et il saura, le moment venu, par le seul pouvoir de l'esprit, déclencher un glissement de temps sur mars.
    Dans une éternité truquée, il est vivant et humain.

  • Vous croyez être chez vous.
    Et vous vous réveillez dans une chambre sordide. nul ne vous connaît plus. vous êtes passé dans un univers parallèle et vous ne vous êtes même pas vu partir.
    Vous croyez être vous. attention, êtes-vous bien sûr d'être seul dans votre cerveau ? il faut vous protéger contre les intrusions psychiques !
    Vous croyez être en vie. mais sentez-vous cette odeur de pourri ? voyez-vous les objets vieillir sous vos yeux ? j'ose à peine le dire, mais vous n'avez plus qu'une étincelle de vie et on est en train de vous la bouffer.

    Vous croyez être un homme. allons, regardez-vous. vous êtes perfectionné, c'est vrai ; on pourrait s'y tromper ; vous-même, vous tombez dans le piège. mais tout à l'heure, vous découvrirez qu'en réalité vous êtes un androïde et vous pousserez un cri d'horreur. toujours le même, je l'ai entendu bien des fois. car je suis votre blade runner et je vais vous tuer.
    Je sais, vous me prenez pour une machine à haïr.
    Mais j'ai un fond d'empathie pour vous. et, tout à l'heure, le cri d'horreur, c'est peut-être moi qui le pousserai.
    Vraiment, je voudrais vous sauver. prenez ubik et les objets cesseront de régresser. sauf si le remède a déjà régressé lui-même, devenant une potion inefficace.
    En fait, je devrais sévir. vos papiers d'identité n'ont aucun sens. vous êtes potentiellement dangereux. mais il y a cette empathie.
    Coulez mes larmes ! et repartez vers un univers oú il y aura un peu plus de liberté.

  • La porte obscure tome 4

    Philip K. Dick

    • Omnibus
    • 4 Novembre 1994

    Oú sera le petit bonhomme vert demain ?
    Tous les jours, le quotidien local pose la même question.
    Ragle gumm poste le bulletin-réponse. et il gagne le concours. ça ne rate jamais. les gens pensent qu'il a un pouvoir. lui-même commence à s'inquiéter quand il voit disparaître une buvette, remplacée par une étiquette portant le mot buvette. il y a un malaise dans l'air. et il se pourrait que cette petite ville toute simple, oú ragle gumm a toujours vécu, ait un secret. pris au piège du temps désarticulé, il n'a plus qu'à franchir la porte obscure.

    Dans les collines de virginie, au bout de la route, il y a une autre petite ville, encaissée entre ses montagnes. rien de bien passionnant, sauf pour ted barton, qui est né là vingt-sept ans auparavant. mais quand il revoit sa ville. , il ne la reconnaît plus : tout est changé. il retrouve sur les registres son nom, sa date de naissance, et aussi celle de sa mort. a l'âge de huit ans! c'est fait : il a franchi la porte obscure et il est condamné à errer dans les ténèbres avec tous les pantins cosmiques.

    Quand on franchit cette porte-là, inutile de semer des petits cailloux blancs : on est voué à entrer dans ses rêves. et à en rester prisonnier. a moins d'être aspiré par les rêves d'autrui. ça, c'est le pire : vous vous retrouvez perdu dans un univers oú vos désirs n'ont aucun sens, en attendant que l'oeil dans le ciel vous fasse basculer dans un troisième univers, puis un quatrième. et vous finissez par vous dire que l'éternité, c'est un peu long !
    Philip k.
    Dick (1928-1982) occupe une place à part dans l'univers de la s. f. au seuil de la nuit des rêves, il a ouvert toute grande la porte obscure, projetant sur les ténèbres une lumière crue et surnaturelle qui dénude les recoins les plus opaques du coeur humain et fait chanceler le monde sur ses bases.

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