Louis Vuitton

  • Dick n'avait aucun goût pour le voyage, au sens concret du mot. Il ne sortit que très rarement de sa Californie natale, si ce n'est pour se rendre, parfois, à des conventions de SF : une fois au Canada, où il se comporte étrangement ; une autre fois à Metz, où il prononce un discours mémorable et délirant. On retrouvera ces épisodes, transposés et magnifiés, dans son oeuvre. Quand Dick voyage, souvent sous l'effet de l'herbe, du LSD, des amphétamines, il écrit. Et quand il écrit, les aventures cosmiques dans lesquelles il entraîne son lecteur se passent essentiellement dans la galaxie des neurones. Dick est un grand dynamiteur de frontières... du sens commun. Avec lui, le doute s'installe : plus rien n'est stable, ni le temps, ni l'espace, ni le moi. Le réel se décompose en configurations de réalité. Le passé se modifie sournoisement, plusieurs présents se superposent, on se rencontre soi-même dans des univers parallèles. Ainsi le voyageur dickien se trouve-t-il emporté dans une spirale vertigineuse où l'impossible n'est jamais que du possible inexploré. Dépossédé de son ego, il gagne une disponibilité affolante.

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