• Dès le XIIIe siècle, une rumeur persistante affirmait qu'un texte accusant Moïse, Jésus-Christ et Mahomet d'imposture circulait secrètement à travers l'Europe. Au fil des ans, on attribua ce texte à Frédéric H, Boccace, Pomponazzi, Machiavel, Michel Servet, Giordano Bruno, Spinoza, entre autres ; bref à des hommes considérés comme blasphémateurs ou hérétiques.
    Le thème des trois imposteurs fut remis en vogue dans l'Europe des Lumières, où plusieurs livres nommés Traité des trois imposteurs furent publiés et circulèrent clandestinement. L'un d'eux, rédigé en français, est plus connu sous le nom de La Vie et l'esprit de M Benoit Spinoza ou l'Esprit de Spinoza. Le mythique Tractatus de tribus impostoribus médiéval devenait enfin une réalité. Il fut réédité de nombreuses fois avec des variantes plus ou moins importantes et arbitrairement attribué à différents auteurs. Une version, due à son éditeur, le baron d'Holbach, fut publiée en 1777.

  • Truculent et comique, ce pamphlet donne les clefs du succès à tous les flagorneurs et courtisans à l'échine souple. Car le geste de l'hypocrite et du flatteur est bel et bien un art à part entière... Retrouvées dans la correspondance de l'auteur, parues à titre posthume en 1790, ces quelques pages d'une modernité surprenante nous rappellent que des courtisans d'hier à ceux d'aujourd'hui, il n'y a qu'une courbette.
    Dans les textes qui suivent, La Bruyère, Saint-Simon, La Fontaine, le cardinal de Retz, Chamfort et Machiavel nous invitent à leur tour à découvrir les coulisses du pouvoir. Portraits, anecdotes, chroniques et aphorismes font défiler les puissants et ceux qui les courtisent.

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  • " Tout système religieux fondé sur un dieu si jaloux de ses droits qu'il s'offense des actions et des pensées des hommes, un dieu vindicatif qui veut qu'on défende sa cause, une telle religion, dis-je, doit rendre ses sectateurs inquiets, turbulents, inhumains, méchants par principes et implacables par devoir.
    Elle doit porter le trouble sur la Terre, toujours remplie de spéculateurs dont les idées sur la divinité ne s'accorderont jamais, elle doit appeler les peuples au combat toutes les fois qu'on leur dira que l'intérêt du Ciel l'exige. Mais Dieu ne parle jamais aux mortels que par des interprètes, et ceux-ci ne le font parler que suivant leurs propres intérêts ; et ces intérêts sont toujours très opposés à ceux de la société.
    Le vulgaire imbécile ne distinguera jamais son prêtre de son dieu. Dupe de sa confiance aveugle, il n'examinera point ses ordres, il marchera tête baissée contre ses ennemis, et sans s'informer jamais du sujet de la querelle (qu'il serait d'ailleurs incapable d'entendre), il égorgera sans scrupule ou s'exposera à mourir pour la défense d'une cause dont il n'est point instruit. Sa fureur se proportionnera néanmoins, à la grandeur du dieu qu'il croit intéressé dans la querelle.
    Et comme il sait que ce dieu est tout-puissant et que tout lui est permis, il ne mettra point de bornes à sa propre haine, à sa férocité : il les regardera comme des effets légitimes du zèle que son dieu doit exciter dans ses adorateurs. Voilà pourquoi les guerres de religion sont les plus cruelles de toutes. En un mot, toute âme en qui le fanatisme religieux n'a point éteint les sentiments de l'humanité, est brûlée d'indignation et déchirée de pitié à la vue des barbaries, des perfidies et des tourments recherchés que la fureur religieuse a fait inventer aux hommes.
    Ce fut communément au nom de Dieu et pour venger sa gloire que les plus grands forfaits se sont commis sur la Terre. Si je parcours la Terre en demandant à chacun de ses habitants ce qu'il pense de la bonté, de la justice, de la douceur, de la sociabilité, de l'humanité, de la bonne foi, de la sincérité, de la fidélité de ses engagements, de la reconnaissance, de la pitié filiale, etc, sa réponse ne sera point équivoque : chacun approuvera ces qualités, il les jugera nécessaires, il en parlera avec éloge.
    Mais si je lui demande, ce qu'enseignent les prêtres, ce que disent les lois et ses souverains, ce que ses usages demandent de lui : jamais nous ne pourrons nous entendre, jamais nous ne tomberons d'accord sur rien. " D'Holbach (1723-1789) (La contagion sacrée).

  • Réimpression de l`édition originale type A de cet ouvrage dont l`athéisme radical sema la discorde dans les rangs du parti des philosophes et qui fit l`objet de condamnation du trône et de l`autel. Cette édition de "Londres MDCCLXX" contient un discours préliminaire fort rare qui serait de Naigeon, et dont on pourra trouver une édition critique dans l`ourage de J. Vercruysse: Bicentenaire du Système de la nature.

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  • Ces deux livres publiés anonymement en 1768 et 1770 sont consacrés à la critique de la religion judaïque telle qu'elle est rapportée dans l'Ancien Testament.
    D'Holbach en examine les fondements, qu'il analyse comme étant caractéristiques de la théocratie, dont les dangers les plus redoutables résident dans la soumission du peuple juif à ses prêtres et son aveuglement, victime de l'observance de rites ridicules et de superstitions absurdes. Pour D'Holbach, le christianisme conserve l'essentiel du judaïsme, de sa théologie et de ses égarements, devenant lui-même outil plus puissant, à vocation universelle, d'asservissement et d'obscurantisme.
    Pour lui, comme il l'écrit, " les chrétiens sont des Juifs incirconcis ". Parfaitement complémentaires, ces deux ouvrages peuvent constituer, dans l'oeuvre du baron D'Holbach, une Histoire critique de l'Ancien Testament.

  • " Tant que l'éducation sera négligée, la raison persécutée, la vertu méprisée, il na faut pas s'attendre à voir les hommes ni meilleurs, ni plus heureux.
    " " Les hommes ne sont pas dégénérés : leur raison n'a pas encore été suffisamment développée. Leur nature ne s'est pas dégradée : elle n'a point été convenablement cultivée. " " Un des grands inconvénients du commerce du monde est d'exposer les personnes occupées à devenir les victimes d'une foule d'importuns, de fainéants, d'ennuyeux, qui viennent périodiquement leur apprendre qu'ils n'ont rien à leur dire.
    " " Les nations pauvres ne sont-elles pas à portée de supplanter les nations les plus riches dans leur commerce ? L'étranger s'adressera toujours au peuple qui lui fournit les marchandises à meilleur compte. Une nation trop riche périt de son embonpoint et deviendra la proie des nations les plus pauvres, qui n'auront point d'argent mais du fer pour la conquérir. " " Ainsi que tous les excès, le commerce trop étendu finit par se punir lui-même.
    En augmentant dans un pays la masse des richesses, il augmente nécessairement le prix de toutes les denrées, par conséquent celui de la min d'oeuvre ou le salaire de l'ouvrier. Dès lors, les manufactures nationales perdent la concurrence avec celles des peuples moins riches qui travaillent à meilleur marché. " " Que dans un coin de l'Asie un imposteur tel que Mahomet parvienne à persuader une centaine d'Arabes imbéciles et à leur faire croire qu'il est un grand prophète, cette erreur paraît d'abord de très peu de conséquence.
    Cependant on trouve qu'au bout de d'un siècle cette erreur a fait inonder de sang et l'Asie et l'Afrique, et qu'elle est la cause fatale de l'engourdissement stupide dans lequel nous voyons encore gémir les malheureux habitants des plus belles contrées du monde, sur lesquelles un despotisme affreux exerce son empire destructeur. " " La liberté entre les mains d'un être sans culture et sans vertu est une arme tranchante entre les mains d'un enfant.
    " " On est homme avant que d'avoir une religion, et quelque religion qu'on adopte, sa morale doit être la même que celle de la Nature prescrit à tous les hommes, sans quoi elle serait destructrice pour la société. Rien de plus injuste, de plus inhumain, de plus extravagant, de plus contraire au repos de la société, que de haïr et de persécuter ses semblables pour des opinions. Les opinions ne sont dangereuses que lorsqu'on veut les faire adopter par force à d'autres.
    Le crime est toujours du côté de celui qui le premier emploie la violence. Rien n'est plus propre à rendre les hommes insociables que le défaut d'indulgence an matière d'opinions. Si quelqu'un méritait d'être privé des droits de l'humanité, ce serait évidemment celui qui voudrait que l'on égorgeât sans pitié tous ceux qui ne penseraient pas comme lui. " " Tout homme qui n'est point alarmé d'une injustice fait au plus obscur de ses concitoyens est un imbécile qui ne mérite lui-même que des fers.
    " " Aimez, pour être aimé. Voilà le précepte simple auquel peut se réduire la morale universelle. "

  • Parue clandestinement en 1768, la théologie portative est un petit dictionnaire attribué officiellement de façon malicieuse à l'abbé bernier, dans lequel d'holbach brocarde avec humour et causticité la religion chrétienne, sorte de " dictionnaire des idées reçues a composé par " le premier philosophe ouvertement athée de l'histoire de la philosophie française ", comme l'écrit michel onfray.
    D'holbach, et probablement son secrétaire naigeon, y manient avec vigueur l'arme voltairienne par excellence : l'ironie. feignant de défendre le christianisme, ils le raillent avec mordant et dévoilent avec vigueur et drôlerie les ridicules de la superstition religieuse. cependant, sous l'aspect frondeur et les brocards, sous l'humour et l'ironie, c'est le bon sens, l'intelligence et la raison qui sont à l'oeuvre, revendiquant tolérance, mesure et liberté de penser.
    Ce petit ouvrage décapant représente un moment savoureux de la " révolution avant la révolution ", annonçant la libération alors prochaine de la dictature religieuse. est-il besoin d'ajouter que cette libération est toujours à l'ordre du jour ? amour - passion maudite que la nature inspire à un sexe pour l'autre, depuis qu'elle s'est corrompue. le dieu des chrétiens n'est point galant, il n'entend point raillerie sur le fait de l'amour.
    Sans le péché originel les hommes se seraient multipliés sans amour et les femmes seraient accouchées par l'oreille. carcasse - voyez sorbonne. doctrine - c'est ce que tout bon chrétien doit croire sous peine d'être brûlé, soit dans ce monde soit dans l'autre. les dogmes de la religion sont des décrets immuables de dieu, qui ne peut changer d'avis que quand l'eglise en change. education chrétienne - elle consiste à faire contracter dès l'enfance aux petits chrétiens l'habitude salutaire de déraisonner, de croire tout ce qu'on leur dit, de haïr tous ceux qui ne croient pas ce qu'ils croient.
    Le tout pour former à l'etat des citoyens biens sensés, bien raisonnables, bien tranquilles et surtout bien soumis au clergé. immatériel - c'est ce qui n'est point matériel, ou ce qui est spirituel. si vous voulez quelque chose de plus, adressez-vous à votre curé, qui vous prouvera que dieu est immatériel, que votre âme est immatérielle. si votre esprit trop matériel n'y comprend rien, attendez que la foi vous vienne, ou craignez que votre esprit bouché ne soit un jour matériellement ou spirituellement grillé pour avoir été trop matériel.
    Vérité - il y en a de deux espèces : l'une est humaine, et l'autre est théologique ou divine. la première ne convient point au clergé, par conséquent elle est fausse ; la seconde lui est utile, par conséquent elle est vraie. la vérité utile et vraie est toujours celle qui convient à nos prêtres.

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