• L'oeuvre toute entière de Gaetano Benedetti est donc consacrée à la fois à l'exploration des modalités d'existence psychotiques et à la recherche, à la découverte et à la description des processus thérapeutiques. Ceux-ci, s'ils sont multiples et en grande partie produits par les relations qui se tissent entre les inconscients du patient et du thérapeute, sont d'autant plus difficiles à manier qu'ils supposent, du côté du thérapeute, à la fois un mouvement d'identification au patient et le maintien d'une certaine distance, d'une certaine réserve, nécessaire pour la relation thérapeutique. Cette position clinique complexe et risquée est, selon Gaetano Benedetti, le prix à payer pour tenter de rejoindre ces existences en détresse.

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  • roger gentis (né en 1928) est l'un des psychiatres les plus représentatifs de sa génération, cette génération qui s'est élevée contre l'enfermement asilaire et une pratique psychiatrique aussi pauvre que répressive, cette génération qui, bénéficiant de l'ouverture qu'offrait la psychanalyse et de l'effervescence de la pensée qui s'ensuivit, a expérimenté et mis en oeuvre dans le cadre de la psychiatrie publique, de nouvelles pratiques de soin (psychothérapie institutionnelle notamment), et a contribué à une nouvelle considération de l'homme souffrant.
    la rencontre avec ce psychiatre inventif, brillant pamphlétaire et homme d'écriture, permet non seulement d'avoir une vision précise des enjeux de la psychiatrie contemporaine mais aussi d'entendre que la clinique n'est pas concevable sans un extrême souci de l'autre.

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  • Comment comprendre qu'un individu puisse, dans sa quotidienneté la plus ordinaire jusque dans les moments les plus atroces de l'Histoire, librement consentir à - voire mettre en oeuvre, exécuter - de petites lâchetés ou des crimes de masse, alors que la conscience morale, dont parfois il s'honore, ne peut que les réprouver ou les condamner ?
    Comment un « homme de bien » peut-il, sans qu'un doute n'affecte sa conscience, se laisser glisser toujours plus vers cette part d'ombre où une part d'humanité semble se dissoudre ? Et comment se fait- il que sous les pressions conjuguées de la menace et de la suggestion, « un homme se scinde en deux hommes », comme l'écrivait Karl Jaspers, se soumettant volontairement à ce qui le contraint, acquiesçant ainsi à ce qu'il condamne ou le condamne ?
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    1/3 Revue Accusant les douloureuses secousses que l'actualité nous inflige, nombre d'auteurs, du sein de leur propre discipline (écrivains, historiens, médecins, philosophes, psychiatres, psychanalystes, sociologues) ont accepté de faire face à ce difficile questionnement et de figurer au sommaire de ce numéro (M. Aisenstein, A. Badiou, E. Bogaert, P. Bruno, JC Coffin, C. Chaperot, J. Chapoutot, C. Dal Bon, F. Davoine, J. Durand, P. Faugeras, T. Faugeras, R. Ferreri, F. Gros, F.
    Hofstein, D. Huez, P. J. Laffitte, G. Laval, D. Linhart, A. Lippi, B. Ogilvie, M. Plon, L. Pigozzi, G.Sias).

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  • Cet ouvrage est une suite de récits qui retracent autant d'itinéraires singuliers, dans le champ de la clinique psychiatrique, que la rencontre avec François Tosquelles a parfois profondément infléchis. Hormis leur passion pour la psychiatrie, ou plus exactement leur respect pour la personne souffrant psychiquement, les personnes ici interviewées ont aussi en commun une liberté de penser et de pratiquer la psychiatrie. Comme si, pour chacun, cette rencontre avait été l'occasion d'une ouverture à un libre cheminement. Patrick Faugeras est psychanalyste à Alès.

  • Alors que Roger Gentis et Jean Oury nous ont maintenant quittés, Patrick Faugeras a redécouvert le texte d'une rencontre qui les a rassemblés à La Borde en 2005. Leur objectif de départ était de dialoguer sur la naissance du mouvement de psychothérapie institutionnelle, son importance quant au traitement des pathologies mentales dans un cadre institutionnel mais aussi de revenir sur la nature d'une pensée et d'une clinique qui, au-delà des particularités et dissemblances générées ici et là selon les contextes, font encore communauté.
    Assez tôt, cet échange prit l'allure d'un vagabondage où chacun sut mêler et entrelacer ses souvenirs personnels avec l'histoire d'un mouvement qui produisit une véritable révolution dans le champ de la psychiatrie.
    Tout au long de cet entretien, ces acteurs de premier plan d'une psychiatrie qui se voulait profondément à l'écoute d'êtres en souffrance psychique soulignent à l'usage des générations à venir combien l'engagement dans cette clinique ne peut se concevoir sans le souci de la singularité du sujet et un certain sens du collectif soignant. Leurs témoignages prennent, dans le contexte actuel, des allures de manifeste pour une « psychiatrie à visage humain ».

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  • Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques. Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique. Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury fournit au lecteur les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution, en lui donnant accès à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité.

    « La question fondamentale, à toujours se poser, dit Jean Oury - "Qu'est-ce que je fous là ?" - n'attend pas une réponse qui serait uniquement circonstancielle, conjoncturelle, mais touche à des dimensions existentielle et ontologique. En s'exposant ainsi à ce travail permanent de reconstruction, de création, Jean Oury nous indique une voie à suivre afin, cliniquement, de pouvoir se tenir, au sens fort du terme, à côté de ces existences que la psychose a défaites.
    Des concepts ou des notions reviennent avec insistance dans ses propos et constituent ce qu'il appelle sa boîte à outils. Ceux-ci et les problématiques qui les enserrent, dans leur précision et quelquefois leur tranchant, ont pour fonction de protéger, de maintenir, de défendre la condition de possibilité de la pensée contre toute tentative d'arraisonnement. En leur découvrant une profondeur inattendue ou une parenté encore inavouée, parfois même insoupçonnable, Jean Oury les rend à leur fraîcheur initiale, avant même que ne s'use leur fil sur le banc des écoles ou qu'ils ne soient soumis au seul règne de l'utile. » Patrick Faugeras

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