• Qui d'autre que Patrick Delon pouvait écrire une biographie aussi érudite et exhaustive, objective et passionnée, pertinente et personnelle, sur mon grand-père ? Il est mort il y a un peu plus de soixante ans et les personnes qui l'ont rencontré personnellement deviennent rares...
    Son fils Éric, mon père, admirait l'écrivain, et nous le racontait avec mélancolie en évoquant les petits animaux de son Arche de Noé, l'histoire de Roudoudou que son père lui écrivait chaque semaine dans les lettres adressées à l'École des Roches pour rompre l'éloignement. Il aimait le décrire marchant dans les allées du parc avec sa grande cape et ses cannes qu'il changeait en fonction de son humeur ; il évoquait aussi avec humour l'arrivée de son père dans l'église de Chamblac, quelquefois en retard, contraignant le père Montgomery à reprendre sa messe depuis le début. Papa nous racontait aussi la déception de son père à l'annonce de ma naissance, je n'étais qu'une fille ! puis son enthousiasme à la naissance de mon frère Hugues.
    Ma mère, aussi, parlait de ses rapports avec son beau-père qui l'emmenait sur les routes du pays d'Ouche en Citröen noire pour aller chez les antiquaires avec l'expression : « Allez ma bru, on va se trimbalmucher ! » Aujourd'hui, je vis dans sa maison, son décor, ses meubles, mais il me manque charnellement. Son fantôme hante encore les couloirs de la maison. Et sa présence est tellement forte qu'il m'arrive de lui demander conseil. Je sais qu'il me protège.
    Charles-Édouard, qui m'aide à maintenir la propriété, a soif d'histoires personnelles liées à La Varende, d'anecdotes pour l'incarner dans sa maison, que la lecture des romans, des contes, et des biographies de mon grand-père n'étanche pas complètement. Il trouvera assurément dans cet ouvrage méticuleux et complet l'incarnation du héros de Bonneville.
    Princesse Charles-Édouard de Broglie, née La Varende

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  • La Varende

    Patrick Delon

    Jean de La Varende (1887-1959) : «C'est un lieu commun de dire que le nivellement se fait par en bas. On le répète sur tous les tons et la sottise universelle est si grande qu'on croit y faire preuve de finesse. S'il y a abaissement, il y a exhaussement, et il faut constater que l'amélioration du plus grand nombre compense la diminution de quelques-uns.» La Normandie a donné le jour à des savants, des artistes, des historiens, mais aussi à de grands écrivains comme Malherbe, les deux Corneille, Barbey d'Aurevilly, Flaubert et Maupassant, sans oublier La Varende qui, doit-on le dire, avait cinquante pour cent de sang breton par sa mère. Après des études aux écoles des beaux-arts de Rennes et de Paris, La Varende a donné libre cours à toute sa créativité artistique en pratiquant avec un égal bonheur la critique d'art, la peinture, la construction de maquettes de bateau et, enfin, la littérature. L'auteur de Nez-de-Cuir fut un fabuleux et captivant conteur. N'oublions pas ses biographies, ses hagiographies, ses études littéraires et historiques, car il a réalisé une oeuvre abondante et variée (près de cent volumes en vingt-cinq ans). La Varende fut le chantre du terroir et de la forêt, de la mer et des marins, de la chasse et du cheval. De ses récits se dégagent une joie de vivre et un idéal de bonheur que chacun d'entre nous recherche pour combler la solitude du monde actuel. Sa vie a été celle d'un parfait honnête homme, croyant en Dieu et en l'Homme, curieux du passé, aimant la vie et attaché aux valeurs que sont la fidélité, l'honneur et la tradition. Dans son oeuvre, ses personnages, chacun à sa place, sont pleins de bon sens; ils sont universels tout en étant si proches de nous. Voilà un grand écrivain à redécouvrir et, pour certains, à découvrir tout simplement.

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