Seuil

  • La musique peut nous émouvoir jusqu'au tréfonds de notre être, nous arracher à la dépression, nous inciter à danser, ou nous rendre triste et nostalgique. Quand on est un neurologue aussi compétent qu'Oliver Sacks, et ouvert, comme lui, à bien d'autres disciplines, comment peut-on comprendre et décrire ce pouvoir ? Plus d'aires cérébrales sont affectées au traitement de la musique qu'à celui du langage : l'homme est donc véritablement une espèce musicale.Bien des exemples le montrent, évoqués par Sacks avec la force et le talent qu'on lui connaît (voir L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau), depuis ce chirurgien frappé par un éclair qui devient soudain pianiste à l'âge de quarante-deux ans jusqu'au frère manchot de Wittgenstein, en passant par les familiers de la synesthésie ou les arriérés mentaux mélomanes.La musique est souvent médicalement bienfaisante : elle anime les parkinsoniens incapables de se mouvoir, améliore l'élocution des victimes d'accidents vasculaires, apaise les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou restitue des souvenirs à certains amnésiques.L'homme a donc une véritable dimension musicale. Oliver Sacks la décrit dans toute son étendue, d'un point de vue scientifique, philosophique, et spirituel.

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  • Oliver Sacks explore ici l'univers des hallucinations, connues (audition de voix, drogue, psychose, migraine) ou moins connues (maladie de Parkinson, illusion du membre fantôme, images ou phrases qui apparaissent quand on s'endort, hallucinations d'odeurs ou de goûts, vision d'un double, etc.). Il alterne l'évocation de cas et la description scientifique. Il se demande ce qui unifie tous ces phénomènes et si l'explication est plutôt d'ordre psychologique ou neurologique.

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  • « Sacks ira loin s'il cesse d'aller trop loin », avait noté un professeur perpicace aux environs du douzième anniversaire d'Oliver Sacks, et tout montre en effet que ce dernier est toujours allé de l'avant. Depuis les premières pages de ce livre, consacrées à sa jeunesse obsédée par les motos et la vitesse, jusqu'à sa dernière ligne, l'inépuisable énergie de cet auteur imprègne la totalité de son autobiographie : quand il raconte ses expériences du début des années 1960 - où le jeune neurologue qu'il était découvrit dans un hôpital new-yorkais une maladie oubliée aussi bien qu'un groupe de patients qui allait profondément le marquer -, son ardent désir d'engagement, toutes sortes de rencontres et de voyages inattendus.
    Avec l'humour débridé qui le caractérise, Sacks nous révèleque l'énergie qui alimente ses passions physiques - son goût du culturisme, de l'haltérophilie et de la natation - est également à l'origine de ses passions cérébrales. Ses amours, à la fois romantiques et intellectuelles, sa culpabilité de s'être éloigné de sa famille pour s'établir aux États-Unis, son affection pour son frère schizophène, voilà ce qu'il dépeint dans cet ouvrage, tout en parlant en outre des écrivains et des scientifiques qui, tels A. R. Luria, W. H. Auden, Gerald M. Edelman et Francis Crick, l'ont influencé.
    En mouvement est l'histoire d'un médecin, d'un auteur et d'un homme aussi brillant qu'original : grâce à lui, on sait mieux comment notre cerveau nous rend humains.

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  • Après avoir étudié l'ouïe dans Musicophilia, Sacks explore ici la vision. La méthode est la même : une série de petites nouvelles neurologiques, récit de cas étonnants : la musicienne qui ne sait plus déchiffrer la musique (et bientôt ne reconnaît plus les objets), le romancier qui ne peut plus lire (mais étrangement arrive toujours à écrire), sa propre difficulté, à lui, Sacks, de reconnaître les visages, etc. Il ne s'agit pas de décrire les mécanismes de la perception visuelle en eux-mêmes mais (en explorant ces étonnantes pathologies) de comprendre comment, à partir de la perception, le cerveau organise et construit une " vision " cohérente et intelligible.Le lire tresse l'évocation et le récit (car pour Sacks les patients sont toujours des compagnons, auxquels il rend visite, qu'il accompagne souvent pendant des années), les analyses d'autres cas (à travers des livres), les explications scientifiques (toujours claires, jamais lourdes), et enfin l'autobiographie : un long chapitre raconte comment Sacks lui-même a été victime d'une tumeur cancéreuse à l'un des deux yeux, le traitement par irradiation, et les symptômes étranges (trou dans la vision, perte de la stéréoscopie, etc.). Il y a donc beaucoup de scènes concrètes et frappantes : une course dans un supermarché avec quelqu'un qui ne reconnaît plus les objets, etc.Enfin, Sacks tente de comprendre le travail de l'esprit lui-même, notamment chez les aveugles : Qu'est-ce qu'une image intérieure ? Est-ce cela, la pensée ? Ou peut-on penser autrement ?

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  • Deux semaines avant de mourir, Oliver Sacks a décrit le contenu de l'ouvrage qu'il prévoyait de publier, Le Fleuve de la conscience. Ses indications ont été scrupuleusement suivies.

    Sacks montre dans ce livre qu'il n'est pas seulement un neurologue exceptionnel. Son interrogation s'étend ici à presque tous les domaines du vivant, qui le passionnent et l'intriguent. Mais, fidèle à sa manière personnelle, il les aborde par ce qu'ils ont de surprenant ou d'inattendu. Comment une plante « apprend »-elle ? Les souvenirs que nous tenons pour vrais le sont-ils forcément ? La conscience est-elle un flux continu ou une succession d'instantanés ? La science elle-même se montre sous un jour nouveau : Darwin s'avère être un botaniste original, Freud un neurologue novateur. Pourquoi tant de découvertes, que l'on qualifiera de prématurées, ont-elles été négligées ? Que se serait-il passé si on les avait acceptées en leur temps ? On s'aperçoit que le rôle du hasard est essentiel, et que la science, dans son développement, est contingente... comme la vie elle-même.

    Oliver Sacks a créé une nouvelle façon d'exposer et d'expliquer et d'interroger les découvertes scientifiques. On trouvera ici ce mixte de développement théoriques - toujours clairs -, de récits étonnants, et d'éléments biographiques qui fait le charme de son oeuvre, où s'allient avec éclat la rigueur, la curiosité d'esprit, et le goût de l'exploration.

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  • Oncle Tungstène

    Oliver Sacks

    • Seuil
    • 5 Février 2003

    Oliver Sacks a toujours exploré la richesse inédite de l'expérience humaine à travers des récits de cas.
    C'est avec la même curiosité et le même désir de comprendre qu'il se penche dans ce livre sur l'enfant qu'il a été, et la passion qu'il a éprouvée pour la chimie. Il évoque son enfance dans l'Angleterre de la guerre, au sein d'une famille de scientifiques, et sa fascination précoce pour les métaux. Puis ce sont les années de pensionnat, sans bonheur, mais où se développe le goût de l'exploration intellectuelle qui devait marquer sa vie entière.
    Enfin le retour à Londres, où l'enfant, privé d'affection, trouvera un réconfort dans le jardin secret de la chimie, qui lui parle des métaux, des gaz, des éléments, de la matière et de l'ordre caché des choses. Oncle Tungstène raconte l'histoire d'un enchantement et la façon dont il a façonné une vie : la science est unie à l'enfance par un lieu essentiel - elle en tire sa profondeur humaine et sa poésie.

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  • Sur une jambe

    Oliver Sacks

    • Seuil
    • 1 Avril 1987
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  • Fasciné par les îles depuis son enfance, Oliver Sacks part en exploration dans le Pacifique à la recherche de l'île des achromates : à Pingelap, comme à Pohnpei, une communauté d'insulaires ne perçoivent absolument aucune couleur, vivent dans un monde en noir et blanc, ne différenciant les objets que par leur luminosité. Quelles causes assigner à ce trouble ? Ainsi qu'à la paralysie totale dont est atteinte une large partie des habitants de l'île de Guam depuis des générations sans qu'on en connaisse la cause ? Parcourant la jungle, où poussent les cycas, ces plantes poisons venues de la nuit des temps, Sacks tente de percer le mystère de ces îles et de leurs maladies endémiques. Chaque personne rencontrée, aveugle aux couleurs ou atteinte de Parkinson, est un monde que la maladie ne détruit pas mais construit, révélant une façon d'être humain inédite, surprenante et émouvante.

    A la fois carnet de voyage et detective story neurologique, ce livre s'interroge sur le mystère de ces îles et l'insolite complexité de la personne humaine : les unes ne sont-elles pas la métaphore de l'autre ?

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