• L'il y a du rapport sexuel

    Nancy J L

    • Galilee
    • 19 Septembre 2001

    La phrase de lacan " il n'y a pas de rapport sexuel " a acquis la notoriété que méritait son caractère provocateur.
    Mais que signifie cette provocation en tant que telle ? une invitation à dissocier entièrement le rapport effectif d'une " impasse " fondamentale dans l'ordre symbolique - ou bien une incitation à penser plus radicalement ce " non-être ", non-savoir et non-rapport par lequel le rapport s'ouvre proprement, dans l'effectivité autant que dans le symbolique et dans l'imaginaire ? a une logique du " manque " constitutif on oppose ou plutôt on appose ici une éthique de la " brûlure du sens " (celan).
    Il ne s'agit pas de " libération sexuelle ", mais de sexuation de la liberté, de l'égalité et de l'être-avec : comment l'amour, le désir et la finitude, le rapport en général, sont noués ensemble.

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  • La communaute affrontee

    Nancy J L

    • Galilee
    • 21 Novembre 2001

    La question de la " communauté " est en travail depuis vingt ans (ouverte par la " fin du communisme ").
    Aujourd'hui, elle nous est à nouveau adressée sous la forme la plus dure : le monde se déchire (que fait-il d'autre depuis vingt ans ?). Ce n'est pas une guerre entre civilisations, c'est la guerre civile d'une improbable communauté mondiale, traduite dans l'appel à une communauté suressentielle contre le commun du commerce et de la communication. Des deux manières, suressence et suréchange, on évite la difficulté véritable de l'être-en-commun, voire son impossibilité, à partir desquelles seulement on pourrait commencer à comprendre ce que c'est qu'être-avec et comment l'être ou ne pas l'être.
    Prendre en compte cette difficulté, c'est ce qui doit rouvrir le chantier d'une question en vérité jamais disparue. Ce n'est pas seulement affaire de " géopolitique " ni d'" économie ", et ce n'est pas seulement affaire de " religion " ni de " culture ". L'événement engage le tout de la forme de vie et de pensée qui se " mondialise ". Il engage et il ébranle le schème général de toutes nos métaphysiques, de toutes nos ontologies et théologies, de toutes nos éthiques, de toutes nos politiques ou esthétiques.
    L'événement est aujourd'hui immédiatement philosophique.

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  • Ces fragments, arrachés par la stupéfaction : l'État dont je suis citoyen lance un débat national sur l'identité nationale.
    Serait-elle perdue ? serait-elle devenue décidément trop indécise ? serait-elle en danger ? Mais l'État n'est jamais que l'instrument de la nation : ce n'est pas à lui d'en définir, encore moins d'en constituer l'identité. Comme, de plus, cette initiative ne vise qu'à resserrer les rangs de tous ceux qui craignent pour l'identité de ladite identité - la couleur de sa peau, son accent, sa langue, sa religion - et qu'il s'agit à la fois de les conforter et de prévenir les candidats à la nationalité qu'ils seront homologués par cette identité, l'opération tourne en rond.
    L'identité nationale tournerait-elle mal ? Mais sait-on seulement de quoi on parle ? De là venait la stupeur première : que des termes aussi chargés que " identité " et " nation ", lestés par un demi-siècle - au moins - de questionnements philosophiques, psychanalytiques, ethnologiques, sociologiques et politiques, se trouvent allègrement propulsés en objets de " débat ". Se sont donc détachés ces quelques fragments, à la hâte.
    Ils peuvent se lire aussi comme quelques préalables indispensables à toute prise en compte des mouvements tectoniques et des métamorphoses que connaissent désormais les supposées " identités nationales ", ici comme ailleurs.

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  • L'adoration

    Nancy J L

    • Galilee
    • 11 Mars 2010

    Ce livre constitue le second volume de Déconstruction du christianisme dont le premier s'intitulait La Déclosion. Si ce dernier mot voulait indiquer la nécessité d'ouvrir la raison à une dimension non pas "religieuse", mais transcendant la raison elle-même telle que nous avons trop pris l'habitude de la comprendre, l'"adoration" essaie maintenant de nommer le geste de cette raison déclose. Ce mot qui semble relever exclusivement de la religion ou de l'amour - sinon du jargon mondain ! - dit la parole adressée à ce qui dépasse la signification. Cette adresse, qui n'est pas plus philosophique qu'elle n'est religieuse, qui ne se range ni sous le concept ni sous le culte, peut se signaler, sans doute, par la poésie et par l'art, mais ne s'y limite pas non plus. Ce qu'on essaie de penser ici - tout au moins d'entrouvrir à la pensée -, c'est une façon, une allure de l'esprit pour notre temps où le "spirituel" semble devenu si absent, si sec, ou si frelaté.

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  • " La création du monde ou la mondialisation " : la conjonction doit être comprise simultanément et alternativement dans ses valeurs disjonctive, substitutive ou conjonctive.

    Selon la première : la création du monde ou la mondialisation, il faut choisir, l'une signifie l'exclusion de l'autre.
    Selon la deuxième : la création du monde, autrement dit la mondialisation, celle-ci doit être comprise comme celle-là.
    Selon la troisième : la création du monde ou la mondialisation, indifféremment, nous conduisent à un même résultat (qui reste à déterminer).
    La combinatoire de ces trois valeurs revient à moduler une même question : ce qu'on nomme la mondialisation, cela peut-il donner naissance à un monde, ou bien à son contraire ?
    Et puisqu'il ne s'agit pas de prophétiser ni de maîtriser l'avenir comment nous donner (nous ouvrir), pour regarder devant nous, là où rien n'est visible, des yeux guidés par ces deux termes dont le sens nous échappe - la " création " (jusqu'ici réservée au mystère théologique), la " mondialisation " (jusqu'ici réservée à l'évidence économique et technique, autrement dénommée " globalisation ") ?.

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  • Pontormo a peint une Visitation célèbre pour son caractère très singulier, où ce qu'on a parfois nommé le " maniérisme " semble emporter le sujet religieux du tableau dans un pur jeu de couleurs et de drapés.
    Jean-Luc Nancy analyse cette oeuvre pour montrer comment elle métamorphose le mystère impliqué dans la scène (la présence cachée du divin) en une révélation de la peinture elle-même : " chrétienne ", elle l'est moins ici par son thème explicite que par sa manière de toucher à un essentiel retrait de la présence. Ce livre constitue, dans le parcours de l'auteur, une étape conjointe du travail sur l'art et de celui sur la " déconstruction du christianisme ".

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  • Tombe de sommeil

    Nancy J L


    le sommeil n'intéresse guère la philosophie que comme une négativité sans emploi, sans autre usage que le repos du corps ou bien la production de signes d'une nuit de l'âme.
    " le sommeil de la raison engendre des monstres" est une sentence des lumières qu'il ne s'agit pas de mettre en doute. mais il convient aussi de se demander s'il n'existe pas quelque chose comme une raison du sommeil, une raison à l'oeuvre dans la forme ou dans la modalité du sommeil. c'est-à-dire dans un être-en-soi qui n'est pas un " soi ", dans une absence d'égoïté, d'apparaître et d'intention, dans un abandon grâce auquel se creuse un non-lieu partagé par tous.
    s'y atteste quelque chose comme une égalité de tous dans le rythme du monde. avec elle, une victoire toujours renouvelée
    sur la peur de la nuit. une confiance dans le retour du jour, dans le retour à soi, à nous - chaque jour différents, imprévus, non doués de significations préalables. car c'est de trouver à nouveau le sens qu'il s'agit dans cette supposée perte de sens, de conscience et de contrôle.
    non pas retrouver du sens qui serait déjà prêt, comme celui des philosophies, des religions, des progressismes ou des intégrismes (de
    tous les -ismes, dont la démolition n'est jamais assez farouche), mais ouvrir à nouveau la source qui n'est pas celle d'un sens, mais qui fait la plus propre nature du sens, sa vérité : l'ouverture, le jaillissement, l'infini.
    sommeil comme ressource du commencement, du recommencement.
    veille d'un lendemain auquel on ne demande rien que de venir. confiance sans promesse à travers la nuit que traverse en ce moment la terre difficile aux hommes. (à l'aube, les bêtes viennent lécher les sueurs, les humeurs ou les pleurs de la nuit. ).

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  • L intrus

    Nancy J L

    • Galilee
    • 3 Février 2000
  • Chroniques philosophiques

    Nancy J L

    • Galilee
    • 15 Janvier 2004

    Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet.
    Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets " formels " - " vêtements " ou " voiles " du discours - " institutionnels ", " politiques ", " pulsionnels ", etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet. Déterminer la spécificité de l'après- coup philosophique - le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres " discours ", " savoirs ", " pratiques ", " histoires ", etc.) assignés à résidence régionale délimiter la philosophie en effet.
    Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet. L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistante d'une essence.
    Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet.

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  • C'est à la politique en elle-même et au capitalisme en lui-même que s'adressait le mouvement profond de 68. C'est à la démocratie gestionnaire que s'en prenait sa véhémence et, plus avant encore, c'est une interrogation sur la vérité de la démocratie qui s'y ébauchait. La vérité de la démocratie est celle-ci : elle n'est pas une forme politique parmi d'autres, à la différence de ce qu'elle fut pour les Anciens. Elle n'est pas une forme politique du tout, ou bien et à tout le moins n'est-elle pas d'abord une forme politique. " Démocratie " est d'abord le nom d'un régime de sens dont la vérité ne peut être subsumée sous aucune instance ordonnatrice ou gouvernante mais qui engage entièrement 1'" homme" en tant que risque et chance de " lui-même ". Ce premier sens n'emprunte un nom politique que de manière accidentelle et provisoire. Ensuite, " démocratie " dit le devoir d'inventer la politique non pas comme ordre des fins mais des moyens d'ouvrir et de garder des espaces pour les inventer. Cette distinction des fins et des moyens n'est pas donnée, pas plus que la distribution des "espaces" possibles. Il s'agit de les trouver, voire d'inventer comment ne même pas prétendre les trouver. Cette politique doit être tenue distincte de l'ordre des fins - même si la justice sociale constitue d'évidence un moyen nécessaire à toutes fins possibles.

  • Le partage des voix

    Nancy J L

    • Galilee
    • 14 Octobre 1982
  • Une pensee finie

    Nancy J L

    • Galilee
    • 15 Janvier 1991
  • Les muses

    Nancy J L

    • Galilee
    • 14 Septembre 1994
  • Le regard du portrait

    Nancy J L

    • Galilee
    • 21 Janvier 2000
  • Le sens du monde ned

    Nancy J L

    • Galilee
    • 31 Juillet 2001
  • A l ecoute

    Nancy J L

    • Galilee
    • 9 Octobre 2002

    - Ecoute ! Qu'est-ce qui résonne ? - C'est un corps sonore.
    - Mais lequel ? Une corde, un cuivre, ou bien mon propre corps ? - Ecoute : c'est une peau tendue sur une chambre d'écho, et qu'un autre frappe ou pince, te faisant résonner, selon ton timbre et à son rythme.

  • Au fond des images

    Nancy J L

    • Galilee
    • 23 Janvier 2003

    Les images font l'objet d'une déconsidération permanente et aussi intense que leur prolifération polymorphe.
    C'est une vieille affaire de l'occident : méfiance pour les apparences, les reflets, les " idoles ", le " spectacle " et l'" illustration ", confiance dans le logos, le verbe, le sérieux du sens contre le brillant du chromo ou le plasma de l'écran. mais cette rage iconoclaste, qu'affectionnent ou qu'affectent souvent les " intellectuels ", a son secret revers iconodoule. car, avec la superficialité de l'image, on dénonce aussi son pouvoir abusif : belle contradiction qu'on enjambe avec insouciance.
    D'oú l'image tire-t-elle la puissance que sa surface irradie ? d'un fond inimaginable : de ce fond d'absence à jamais retirée dont l'imago des morts romains formait la présence imposante et vénérable. toujours, du fond des images, la mort nous dévisage ; la mort, c'est-à-dire notre immortalité. cela nous dévisage, sans voir nul visage et, nous dévisageant, ouvre nos yeux sur ce que les images ne cessent d'imager, ou d'imaginer en un sens éblouissant : " ressemblance qui n'a rien à quoi ressembler " (maurice blanchot) - ou bien ressemblance du très distinctement et absolument dissemblable de tout.

  • La declosion

    Nancy J L

    • Galilee
    • 17 Mars 2005


    " le sens du monde est hors du monde ", écrit wittgenstein.
    mais il faut ajouter que ce " dehors " est enveloppé au-dedans du monde. il l'ouvre en lui-même. il l'ouvre à ce qui ne se laisse pas capter comme " sens " et qui pourtant fait signe - signal, clin d'oeil, wink, invite - vers ceci précisément que, dans la vérité, le sens s'échappe. " ceci " a longtemps reçu un nom divin. on ne propose pourtant ici aucun retour à la religion. on souligne au contraire que la raison exige à toute force et toutes affaires cessantes ce que kant nommait l'inconditionné et que le nom divin masquait en le nommant pourtant en le dé-nommant.
    on indique ainsi que la " clôture de la métaphysique ", dont le christianisme est censé avoir formé le plus lourd verrouillage, n'est pas aussi hermétiquement close qu'elle le paraît, et qu'il importe d'en entamer la déclosion. déclore l'une envers l'autre philosophie et foi, l'une et l'autre outrepassant la religion désormais plus que close : éteinte malgré ses cendres réchauffées. exiger que les lumières soient menées plus loin jusqu'au point oú l'obscur luit de sa clarté propre.
    sous un christianisme démonté de fond en comble, tenter de repérer la trace de l'énergie qui en est venue à manquer à la raison.

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