• Les choses, même inanimées, sont porteuses de rapports et de conflits sociaux. Qu'il s'agisse des objets de désirs ou des propriétés garanties par le droit des sociétés modernes, les objets cristallisent des enjeux dont nous oublions la teneur. Les individus ne forment pas un « corps social » par un rapport direct entre leurs affects et la société comme tout, représentée par un chef. Il y faut la médiation des choses. D'ailleurs la société est-elle un tout ? Les choses produites et les choses échangées, celles qu'on adore ou qu'on transmet ont l'air de se taire mais elles contiennent, à tous les sens du terme, le réel des rapports sociaux. C'est ce qu'ont bien aperçu Hegel et Marx. Mais en proposant le modèle de rapports sociaux transparents, qui ne seraient pas rendus illusoires par le droit abstrait ou par le fétichisme de la marchandise, ils ne nous ont pas dit comment organiser politiquement l'opacité des choses.

  • La psychanalyse s'est développée à la faveur de ses interactions avec la philosophie pas seulement comme un instrument critique, mais aussi comme une pratique qui bouleverse les critères du normal et du pathologique, et la pensée elle-même.
    Néanmoins, la psychanalyse doit reconnaître que ses concepts exigent d'être mis à l'épreuve philosophiquement, qu'elle peut être interrogée sur sa spécificité et sur ce qu'elle invite à concevoir autrement : la sexualité, l'exercice de la pensée, les relations nouées entre les hommes dans le registre de la vie commune et des pouvoirs. Ce double mouvement est analysé ici selon deux axes principaux : qu'est-ce qui fait l'originalité de la conception freudienne de la sexualité ? Quel regard neuf la psychanalyse apporte-t-elle sur les rapports entre le réel et la pensée ?

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  • "En conjuguant avec rigueur l'analyse des désirs dans les rêves et la lecture des textes philosophiques sur la faculté de désirer, l'auteur invite à porter un nouveau regard sur le travail de la pensée. De Kant à Sade et à Lacan, les constructions conceptuelles les plus rigoureuses se nouent à des phantasmes qui ne demandent qu'à sortir du statut de lettres mortes. Ce n'est pas pour autant la ruine de la raison, mais plutôt une chance : l'image du travail de la pensée devient plus vraie.
    Cet ouvrage fut tout d'abord publié en 1997 dans la collection « Pratiques théoriques ». " Monique David-Ménard est philosophe et psychanalyste. Elle a fait paraître aux Puf Deleuze et la psychanalyse (« Science histoire et société », 2005).

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  • La vie sexuelle est faite de rencontres, mais toutes ne font pas événement. Lorsque l'une d'entre elles est décisive, elle comporte une part d'imprévisible qui constitue le ressort même de sa puissance : pouvoir transformer une vie n'est pas donné à toute rencontre.
    Le bouleversement qu'apporte le désir d'une personne qui semble détenir le pouvoir de nous faire exister en nous faisant jouir, est un processus complexe : ou bien on déclare qu'il est irrationnel car immaîtrisable, ou bien on s'efforce de le penser en s'intéressant aux conditions de la vie amoureuse - importance disproportionnée accordée à certains détails, dissymétrie des attentes des partenaires, non-congruence du désir sexuel et de l'amour.
    Or, le dispositif qu'a instauré la psychanalyse fait mieux comprendre en quoi cette contingence est positive. La manière dont la vie sexuelle est transposée par ce qu'on appelle le transfert privilégie tout ce qui, dans l'amour sexué, est inadéquation, dissymétrie. Cependant, l'analyste est un inconnu sur un mode différent du partenaire amoureux, et cette transposition dégage pour eux-mêmes ces facteurs de disproportion, et rend efficaces et par là créateurs les facteurs contingents d'une rencontre.
    Par cette approche originale du contingent dans la vie sexuelle, la psychanalyse est un champ d'expérience précieux pour une philosophie de l'événement. C'est pourquoi elle a un terrain commun avec certaines pensées contemporaines - qu'elles s'accordent ou s'opposent à la psychanalyse - comme celles de Deleuze ou de Foucault. Comment la contingence peut-elle être, grâce au fait qu'elle survient dans des situations déterminées, un levier de transformation ? L'important pour un événement, est-ce la rupture qu'il instaure ou la nouveauté qu'il produit ? Et, dans la contingence de la sexuation, l'écart par rapport au nécessaire relève-t-il d'une logique comme le pensait Lacan ?
    La vie sexuelle, telle que la situation analytique la convoque, est le laboratoire d'une contingence nouvelle.

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  • Comment pierre fédida a-t-il su faire se croiser les disciplines aussi disparates que la psychanalyse, la philosophie, la biologie, l'art, le droit...
    Pour construire des analyses sur les problèmes de notre temps ? psychanalyste et professeur de psychopathologie à l'université paris vii - denis diderot, pierre fédida avait réussi à y créer un laboratoire de psychopathologie fondamentale et psychanalyse, première approche universitaire de la psychanalyse en france, et également un centre de recherches dénommé centre d'études du vivant, qui proposait, pour la première fois encore dans une enceinte universitaire, des activités menées aussi bien par des professeurs de sciences humaines que par des professeurs de sciences dites dures.
    Cet ouvrage rassemble les travaux de ceux qui travaillèrent avec lui et poursuivent dans son sillage cette confrontation féconde des problématiques concernant le vivant.

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  • Ce qui fait de chaque être humain un individu singulier, à nul autre pareil, c'est l'histoire de ses plaisirs et de ses souffrances.

    Par cette découverte, Freud ouvre un chemin qui est à la fois une révolution de l'existence et une aventure de la pensée.

    Le plaisir, parce qu'il tend vers l'excès, a toujours semblé échapper à toute approche rationnelle, et faire obstacle à tout projet de maîtrise de soit n'est-il pas alors un danger pour la pensée et la conduite humaines ? La nouveauté de la psychanalyse tient précisément à l'attention qu'elle porte au plaisir, en éclairant le paradoxe qui l'anime : le plaisir semble irrationnel et pourtant il est ce qu'il y a de plus signifiant en nous ; le plaisir se soustrait à notre maîtrise et pourtant il nous constitue essentiellement.

    Ce qui est propre à l'être humain se décide dans une expérience qui lui échappe : il faut passer par un autre pour avoir accès à soi. C'est grâce à cette aliénation, et non pas malgré elle, que chaque singularité est déterminable. Et elle est déterminée par ce qui peut susciter son plaisir, et sa souffrance. C'est ce qui constitue la relation amoureuse, et ce que révèle le transfert en psychanalyse.

    L'identité humaine se joue, pour chacun, dans le destin de ses plaisirs. Freud inaugure notre modernité.



    Monique David-Ménard propose une lecture de la psychanalyse accessible à tous. Des exemples fort bien mis en scène accroissent la valeur pédagogique de ce livre et renforcent la rigueur et la pertinence de son propos.


    L'auteur, Psychanalyste et philosophe, enseigne en khâgne à Paris, elle est également Directeur de recherche à l'université Paris VII-Denis Diderot.

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  • Gilles deleuze et félix guattari ont connu une célébrité éclatante après la publication de leur ouvrage, l'anti-å'dipe.
    Capitalisme et schizophrénie i (1972). ce livre marqua pourtant le début d'un long malentendu : les philosophes deleuziens considérèrent cette polémique avec la psychanalyse comme la fin de la relation des deux auteurs avec la pratique freudienne, dans l'abord de la folie comme dans la politique. en france, notamment, choqués par l'attaque virulente de la psychanalyse qui dénonçait sa collusion avec des forces réactionnaires, les psychanalystes cessèrent de lire deleuze.
    En fait, deleuze travaillait avec et contre freud depuis longtemps. en 1967, déjà, sa présentation de sacher masoch interrogeait avec génie la théorie et la pratique de la psychanalyse : le masochiste sait que l'important, dans le désir, ce n'est pas l'objet qui satisferait les pulsions mais le dispositif que le désir invente, et c'est par là que les agencements de concepts peuvent se former à la manière des agencements de désirs.
    La philosophie de l'immanence vaut donc aussi bien pour les machines que construisent nos existences que pour les problèmes que dessinent nos pensées. ce qui suppose une continuité entre la psychanalyse et la philosophie. il est temps que les psychanalystes lisent ou relisent deleuze et que les philosophes se détournent moins de l'une des sources de son oeuvre. ce livre les y invite.

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