• Elles sont aujourd'hui 15 % dans l'armée française, 19 % dans la Police nationale. Le phénomène est international : on les a vues nombreuses dans les troupes américaines en Irak, elles constituent une grande partie des troupes de l'armée d'Israël, et ce depuis la création du pays, il existe aussi des policières en Afghanistan ou au Soudan ainsi que des soldates au Yémen, en Colombie ou en Inde. Partout l'évolution des sociétés a suivi la même direction. Les femmes prennent de plus en plus part à d'autres formes de violence, illégale cette fois. Les guérillas comptent un fort pourcentage de femmes dans leurs rangs (jusqu'à 40 % en Colombie ou au Sri Lanka) et le terrorisme, de la Russie à l'Irak, attire de plus en plus de femmes qui n'hésitent pas à s'investir, parfois jusqu'à la mort. Plus près de chez nous, les femmes participent à des révoltes et des luttes en tout genre, tandis que les rings de boxe ou les salles de sports de combat leur ont ouvert leurs portes.
    Que se passe-t-il donc pour que les femmes fassent ainsi preuve d'une agressivité, d'une colère et d'un engagement physique auquel nous ne sommes pas accoutumés ?
    "Guerrières" : un mot qui fait peur. Si la politique ou le militantisme ont depuis longtemps adopté sans problème un langage guerrier qui irrigue notre quotidien - ne parle-t-on pas couramment d'un adversaire qu'il faut battre, de combats à gagner, de lutte à mener et de victoires à obtenir ? -, il est encore rare d'y associer l'image de la femme. En remontant le cours de l'histoire, Moïra Sauvage démontre que les champs de bataille n'étaient pas inconnus des plus intrépides, que les reines guerrières furent nombreuses et non moins héroïques que leurs homologues masculins. Mais ces guerrières n'ont pu échapper à la norme que grâce au fait qu'on avait besoin d'elles - durant des périodes très particulières. Elles ont ensuite, sauf quelques exceptions emblématiques, été oubliées par les auteurs de la "grande histoire", celle des rois et des grands de ce monde. Quant aux autres, les émeutières des quartiers pauvres, les révolutionnaires dont la ferveur était considérée comme utile, les militantes pour le droit de vote, elles ont souvent été reléguées par la mémoire populaire dans un oubli volontaire. En s'opposant à l'ordre établi, en luttant pour changer la société, elles ne correspondaient pas à l'image que l'on voulait retenir du sexe dit "faible".
    Pour mieux comprendre le phénomène, l'auteur est ensuite allée à la rencontre des femmes guerrières d'aujourd'hui, de celles qui prennent les armes, que ce soit de façon légale ou illégale, mais aussi de celles qui luttent par d'autres moyens et font de leur vie un combat, ces militantes qui veulent changer le monde.
    Leurs histoires et leurs témoignages dressent le portrait d'un sexe féminin que l'on a trop souvent tendance à considérer comme victime alors qu'il a fait preuve, aujourd'hui comme hier, d'une force indéniable.
    D'autres questions naîtront de ces rencontres : en ce début de millénaire, les changements de mentalité qu'apportent ces nouvelles guerrières permettront-ils de redéfinir les normes sexuelles de nos sociétés ?

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  • Ce livre est le récit de l'une des plus belles histoires de notre Histoire. En 1996 dans une petite salle du bas de Manhattan à New York, une comédienne activiste présentait une pièce intitulée : Les Monologues du vagin. Eve Ensler y disait les mots qu'elle avait recueillis auprès de femmes qui évoquaient le plus intime de leur féminité, le plus mystérieux de leur sexualité mais aussi le plus violent de leur condition. Chaque représentation provoquait d'autres témoignages parmi les femmes du public. Le plaisir et la violence, le rire et les larmes. Aujourd'hui Les Monologues du vagin ont été joués dans 120 pays, traduits dans 45 langues, devenant l'une des pièces, si ce n'est la pièce contemporaine, la plus jouée au monde. Mais surtout elle a donné naissance à un mouvement -le V-Day- dont on célèbre le dixième anniversaire en 2008, qui a réuni 50 millions de dollars pour venir en aide aux femmes victimes de violences domestiques, de viols, d'excision, de crimes d'honneur.
    Moïra Sauvage raconte la naissance de la pièce d'Eve Ensler, son développement, sa réussite. Elle a pour cela eu accès aux archives du mouvement, rencontré la créatrice de la pièce et celles qui l'entourent, de Jane Fonda aux femmes bosniaques, haïtiennes, irakiennes mais aussi bretonnes, languedociennes, etc

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