• Cet ouvrage aborde la question clé du poids de Robespierre et de ses amis dans la Révolution française. Pourquoi, comment, l'"Incorruptible" se retrouve-t-il au coeur des débats politiques déclenchés à partir de l'été 1794, en pleine "sortie de la terreur" ? Des députés, des pamphlétaires et autres journalistes, ont-ils raison de stigmatiser la "queue de Robespierre" et les "terroristes", quitte à négliger leurs propres responsabilités dans les violences répressives des années 1793-1794 ? Comment dissimule-t-on des règlements de comptes politiques derrière un humour corrosif ?

    Les réponses apportées dans cet ouvrage éclairant et accessible nous permettent de mieux cerner les enjeux d'une France en pleine mutation politique à la veille du Directoire.

  • La Révolution française, passé et présent.
    La Révolution française a-t-elle été provoquée par les idées des philosophes ? La faute à Voltaire, à Rousseau ? Quelle y fut la place des paysans, des femmes, des soldats, des nobles ? Le séisme de 1789 a-t-il profité à la création artistique, aux sciences, à l'enseignement ? En quoi notre démocratie est-elle encore largement redevable de cette période, via les élections, la sociabilité politique, la presse, le langage ?
    Loin des idées reçues, cet ouvrage apporte des réponses ambitieuses à ces questions toujours actuelles. Centralisation jacobine, sociétés politiques, robespierrisme, contre-révolution, guerre en Europe, féodalités et privilèges, question coloniale : par la multiplicité des thèmes abordés et le croisement des approches, les études réunies dans ce volume proposent une nouvelle lecture de l'épisode révolutionnaire, loin des postures partisanes qui altèrent trop souvent la compréhension de cette histoire toujours brûlante.

    Sur commande
  • Dès le printemps 1793, des dizaines de membres de la Convention sont envoyés comme « représentants du peuple en mission » dans toute la France : en ces temps troublés, l'État entend renforcer son contrôle sur l'espace national. Jusqu'à l'automne 1795, des centaines de missionnaires de la République s'emploient donc à mobiliser leurs concitoyens dans un vaste e ort de guerre.
    Véritables hommes-orchestre, ils furent aussi les agents d'une révolution culturelle, di usant activement idéaux, symboles et pratiques révolutionnaires. En cette période de Terreur, certains furent enfi n, à l'instar d'Albitte, Collot d'Herbois, Fouché et Laporte à Lyon, ou Carrier à Nantes, à endosser la responsabilité de sanglantes répressions de masse.

    Sur commande
  • Les premiers à comparaître au tribunal de Lucifer furent les corps décapités de juillet 1789. À partir de ce moment, et tout au long de la Révolution française, les enfers ne désempliront pas... C'est du moins ce que racontent les pamphlets, journaux et images de l'époque qui mirent en scène l'au-delà, sans discontinuer, jusqu'en 1795. Y apparaissent les rives du Tartare et les Champs Élysées, les rencontres de Mirabeau ou Robespierre avec Pluton, Belzébuth ou Cerbère, les galeries des supplices, les sarabandes de démons et autres créatures inquiétantes. Cet imaginaire apocalyptique, qui semble tout droit sorti d'un tableau de Jérôme Bosch, ce fut celui des Français durant ces années dominées par le spectre de la guillotine. C'était une façon d'accorder aux morts une seconde vie, mais aussi d'exorciser l'horreur par le rire. Et d'accéder, ce faisant, à une forme de résilience collective, face à cette violence terrible exercée tout à la fois contre des puissants et des anonymes. Les documents de l'époque en disent long sur les peurs et les traumatismes de ce temps, hanté par la fragilité de la destinée et la précarité des situations les mieux établies...

    Sur commande
  • Terreur et Révolution française

    Michel Biard

    • Uppr
    • 12 Décembre 2016

    Depuis nombre d'années, un débat agite les historiens sur l'origine et la nature des rapports qu'ont entretenu la Révolution française et la Terreur. De nombreux amalgames et approximations historiques, du reste, vont jusqu'à confondre la "terreur" et les terrorismes actuels. Peut-on réduire la période à ses violences ? Y aurait-il une "politique" et donc un "système" organisé dite "de la Terreur" ? Et quel fut alors le rôle des émotions collectives ? A l'occasion d'analyses particulièrement fines et de rappels historiques précis, Michel Biard développe une réflexion ambitieuse pour faire le point sur ces questions, au-delà de tout parti pris idéologique : à cette condition seulement peut-on essayer de comprendre comment, à une époque, la France a pu être en même temps fraternelle et fratricide.
    Un ouvrage magistral et décisif sur un thème fondamental de notre histoire et propre à éclairer notre tragique actualité.

    Sur commande
  • Dans ce numéro des Cahiers du GRHis est évoquée l'émergence, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, d'une notion appelée à un avenir durable : l'" homme politique ".
    En s'appuyant sur le principe, issu de 1789, de la légitimation du pouvoir par l'acte de voter-élire, des protagonistes de la politique développent désormais de véritables carrières, cependant que d'autres vivent la politique intensément mais sans en faire leur principale occupation. Portraits au noir qui transforment certains en " monstres " à écarter de la Cité, tel Carrier, portraits embellis qui participent de la stratégie de carrière pour des hommes soucieux de s'agréger à une " classe politique " en formation, portraits des anonymes qui s'engagent au quotidien dans la vie politique, portraits des " citoyennes sans citoyenneté ", ce sont autant de représentations de l'" homme politique " qui sont ici proposées.

    Sur commande
  • Entre 1792 et 1795, 86 membres de la Convention nationale ont eu une mort non naturelle. Comment sont décédés ces hommes dont la devise était « La Liberté ou la mort »?? Sous le couperet de la guillotine?? Assassinés?? Suicidés?? En prison, en mission ou en déportation?? Pendant deux siècles, l'historiographie s'est emparée de cette question politiquement sensible, avec des visions partisanes?: ici favorables aux Girondins, là aux Montagnards, parfois hostiles aux deux. Fondé sur des archives inédites, l'ouvrage présente les rouages juridiques qui ont permis ces éliminations politiques. Le Peletier et Marat sont aussi deux cas célèbres, assassinés en 1793, puis entrés au Panthéon. Mais qui connaît tous les autres itinéraires particuliers?? Plus complexes, ils sont révélés par les sources policières, judiciaires et médicales, et donnent chair au récit. Au fil des chapitres, Michel Biard s'interroge sur les origines et les conséquences de ces morts brutales. Il offre une vision neuve des luttes politiques et des épurations successives de la Convention au temps de la « Terreur ».

    Sur commande
  • Acteur copieusement conspué, auteur tout juste digne d'être élevé au rang de "Rousseau des ruisseaux", alcoolique notoire, terroriste sanguinaire, qui adule Robespierre avant de lâchement le trahir...
    Telle est la vulgate communément admise à propos de Collot d'Herbois, après deux siècles d'écriture historique. Passé écrit, voire réécrit par les vainqueurs ? Sans doute, et Collot d'Herbois, au-delà de la vie, y a perdu son âme, L'opprobre qui pèse encore sur lui l'a banni de la mémoire collective des citoyens français, alors même qu'il fut l'un des personnages majeurs de l'an II. Pourtant, en dépit d'une légende noire tenace, les archives dispersées, oubliées, parfois délibérément passées sous silence, permettent aujourd'hui de tracer un portrait singulièrement différent de celui qui écrivait en l'an III, à l'heure de ses derniers combats politiques : "C'est à la fin de la Révolution, morts ou vivants, que nous serons tous jugés, et cette fin ce sera, malgré vous, la République démocratique : n'en doutez pas." Il est temps de comprendre le personnage, de lui redonner la place qui fut la sienne dans le "monde des ombres" du XVIIIe siècle comme dans l'instant révolutionnaire.

    Sur commande
  • Cet ouvrage interroge la notion d'« extrême » depuis son apparition dans le débat révolutionnaire jusqu'à ses plus récentes manifestations, en France ou en Italie par exemple, où une gauche radicale a pu se manifester et continue d'exister sous différentes formes. Qu'en est-il des acteurs de cette radicalité de gauche ? Qu'en est-il des systèmes de représentations qui, depuis plus de deux cents ans, tentent de la marginaliser au nom d'une politique du bon sens ? « Extrême » devient alors un stigmate qui permet de ranger sous un même mot le terroriste, le partageux, la pétroleuse ou le militant syndical trop actif.

    Sur commande
  • En 1789-1790, l'Assemble constituante dcide d'un dcoupage de l'espace national qui fait natre, d'une part, des subdivisions territoriales nouvelles, d'autre part, des autorits locales charges de les administrer et d'assurer le maintien d'un fil conducteur entre la capitale et les diffrents espaces ainsi crs.

  • - "Mon petit doigt m'a dit...", "être au bout du rouleau", "avoir gardé les moutons ensemble"... Ces nombreuses expressions populaires, qui semblent relever du langage quotidien de toute éternité, ont pourtant une histoire -- et des plus nobles : elles se retrouvent sous la plume du célèbre journaliste révolutionnaire Hébert, dans son journal Le Père Duchesne qui parut de 1790 à 1794Michel Biard les recense et retrace de façon désopilante l'histoire cocasse et incongrue de ces jurons, de ces métaphores osées, de ces comparaisons improbables qui firent les délices du peuple parisien au plus fort de la Révolution française.Un dictionnaire inattendu, où l'humoutr se mêle à l'érudition pour faire ressurgir l'ébullition et la ferveur des années révolutionnaires.

  • Mise à l'écart brutale des opposants, répression sauvage des révoltes, atrocités sans nom des crimes contre les civils, brutalités des armées, le déchaînement de la violence par les États est une triste constante de l'histoire. Face cette violence, les hommes de plume sont souvent parmi les premiers à prendre parti, notamment lorsque leurs écrits antérieurs les ont plutôt amenés vers des positions de tolérance, voire d'humanisme. N'en restent pas moins les faits et l'explication de ceux-ci présentée par les gouvernants. Au nom de la défense de la religion, au nom du salut public, au nom de la défense nationale, au nom de toutes les explications à leur disposition, ils s'empressent de justifier la violence par eux déchaînée et espèrent trouver des relais à leurs justifications chez les hommes de plume. Certains finissent par adhérer à cette thèse des « circonstances » qui explique tout et rend la violence d'État sinon juste, à tout le moins tolérable. D'autres, au contraire, participent de ce que Peter Weiss nommait « l'esthétique de la résistance », et utilisent leur plume pour dire ce qui paraît indicible, pour témoigner au nom de l'humanité brisée.
    Le présent numéro des Cahiers du GRHis entend croiser des portraits de ces hommes de plume face à la violence déchaînée par certains États. Cette réflexion à plusieurs voix, portant sur des thèmes allant de la première modernité au 20e siècle, nous permet de mieux appréhender l'une des facettes de l'identité de l'homme de plume, qu'il soit écrivain ou journaliste : un témoin face à la violence, comme ont pu l'être par leurs oeuvres un Callot ou un Goya.

    Sur commande
  • " c'est mon petit doigt qui me l'a dit ", " manger la laine sur le dos ", " tirer les vers du nez ", " prendre la balle au bond ", " il n'y a plus à tortiller " , " s'en foutre comme de l'an quarante ", " être au bout du rouleau ", " manger de la vache enragée ".
    Qui d'entre nous n'a manié ou entendu, ne serait-ce qu'une fois, l'une ou l'autre de ces expressions ? ces tournures, reflets de la langue populaire du xviiie siècle, émaillent les pages du père duchesne, le célèbre journal de jacques rené hébert, paru de 1790 à 1794. journaliste de génie, à l'avant-garde du combat révolutionnaire, hébert se fit, à l'apogée de son influence politique, l'écho et le porte-parole des sans-culottes parisiens.
    A coups de métaphores familières, de jurons désopilants, de situations improbables, il savait faire mouche et mettre les rieurs de son côté, qu'il s'agisse de railler le " daron " (louis xvi), l'" architigresse " (marie-antoinette) ou le " général blondinet " (la fayette). son héros, le père duchesne, toujours heureux de " s'en foutre une pile " en " étouffant des enfants de choeur " à la santé de la nation, voulait " dépapiser rome ", " foutre à la lanterne " les aristocrates et faire monter dans la " voiture à trente-six portières " (la charrette des condamnés) les adversaires de la révolution.
    Hébert lui-même allait périr en mars 1794, victime de la " cravate du docteur guillotin ". les mots du père duchesne traduisent, parfois avec outrance, souvent avec justesse, la culture de la rue, le climat politique d'une époque, et sa radicalisation entre 1790 et l'an ii. plus encore, ils témoignent de la richesse d'une langue, de ses évolutions et de ses survivances dans le parler quotidien et 1'" argot " de notre siècle.

  • dans la comédie humaine, balzac pourfend à diverses reprises un modèle français incarné par ceux qui dans chaque département représentent le pouvoir central : les préfets.
    a ses yeux, la nation tout entière serait comme prisonnière de " fils lilliputiens " maniés par les représentants d'un etat " centralisateur ". brocardés par toute une littérature au xixe siècle, ces mêmes préfets ont souvent été perçus, depuis tocqueville, comme les héritiers naturels des intendants. si cette idée d'une continuité entre les efforts " centralisateurs " de la monarchie dès l'ancien régime et l'influence du " jacobinisme " sur la france a été remise en cause par les historiens, force est de constater qu'elle imprègne aujourd'hui encore l'historiographie et le " grand public ".
    il est vrai que certaines continuités existent entre les hommes que l'autorité centrale a tour à tour choisis comme représentants dans les provinces, car le contrôle et la connaissance du territoire national restent fondamentaux pour tout pouvoir. différents personnages se sont ainsi succédé au fil des temps et ont matérialisé en france la présence concrète d'un etat par nature abstrait. en supprimant les intendants en 1789, la révolution a pourtant voulu faire disparaître tout intermédiaire entre pouvoir central et pouvoirs locaux.
    mais, face à ce vide, sitôt que le pays est entré dans une crise multiforme, elle a dû se résoudre à innover dans l'urgence. avec force hésitations, la recherche de solutions nouvelles a ainsi fait naître successivement les représentants du peuple en mission, les commissaires centraux du directoire, puis les préfets. tous ces personnages ont été l'objet d'appréciations sévères, voire de légendes noires pérennes, tant il est vrai que la critique de l'etat et de son poids est presque devenue une sorte de sport national.
    alors que la france est entrée depuis 1982 dans une phase dite de " décentralisation " et que fleurit un discours capable de vanter les vertus du " global village " mondial autant que les mérites d'une politique de " proximité ", le présent ouvrage entend rappeler ce qu'ont été les hommes du pouvoir dans les provinces françaises du xviie siècle à 1800, avec leurs similitudes aussi bien qu'avec leurs profondes différences.
    le lecteur y trouvera matière à réflexion sur notre modèle national de res publica, sur ses racines ainsi que sur nombre d'idées reçues.

    Sur commande
  • Les chapitres : ils forment un récit, reprenant les grands thèmes et les chronologies (démographie, production, institutions, culture.).
    L'atelier de l'historien : le lecteur découvre la manière de travailler de l'historien. Cet atelier met en lumière les sources historiques et les débats d'historiens que la période a engendrés. Un atout majeur.
    Les annexes : indispensables pour comprendre le travail de l'historien, elles reprennent les repères chronologiques, les notices biographiques, la bibliographie par chapitre, la table des références iconographiques, les sources des textes, cartes et graphiques et l'index.

  • Personnage froid et calculateur, monstre dénué de tout sentiment allant jusqu'à sacrifier ses amis d'hier, dictateur aux pleins pouvoirs, voire précurseur « des totalitarismes » du XXe siècle... où bien l'un des plus grands hommes d'État de l'histoire de France, protagoniste majeur de la Révolution, « Incorruptible », héros maltraité par deux siècles d'une légende noire tenace ?
    Maximilien Robespierre ne laisse point indifférent, loin s'en faut, et les querelles historiographiques sont légion à son propos, si prégnantes que l'historien Marc Bloch eut ce mot : « Robespierristes, antirobespierristes, nous vous crions grâce ; par pitié, dites-nous simplement : quel fut Robespierre ? ».
    Mais comment dire simplement ce qui, par nature, se compose d'évolutions, de contradictions, de tensions, de combats ? Comment autrement qu'en réinterrogeant en permanence l'homme et l'oeuvre pour mieux les appréhender, à la lumière tant des archives que de l'historiographie ?
    Loin du panégyrique tout autant que du rejet brutal, le présent ouvrage propose aux lecteurs des réflexions synthétiques, consacrées à quinze thèmes essentiels, qui aideront chacune et chacun à construire, enrichir ou nuancer son opinion.

  • La Révolution française est ici revisitée à la lumière des recherches novatrices qui ont vu le jour depuis vingt ans. L'ouvrage est ordonné selon un plan qui, tout en respectant le récit chronologique, insiste sur certains aspects thématiques. Deux approches ont été particulièrement privilégiées : d'une part, la Révolution est saisie comme une rupture politique majeure, fondamentale pour la construction de la démocratie en France ; d'autre part, elle est replacée dans son environnement international à travers ses singularités et ses influences dans le monde de la fin du XVIIIe siècle.
    Cet ouvrage, panorama clair et complet, donne à voir et à comprendre l'un des événements majeurs de l'histoire universelle.

  • Au coeur de la réflexion sur la Révolution française, la « terreur » constitue une véritable énigme.
    Comment cette révolution, qui promeut les Droits de l'Homme, entend réformer la justice au nom des Lumières et convaincre ses opposants par la seule force de la Raison, en vient-elle à mettre en oeuvre une terrible répression contre ses adversaires ? La guillotine, initialement conçue pour être un symbole d'humanisation de la peine capitale, devient ainsi un redoutable instrument d'élimination politique et marque en profondeur l'image de la Révolution, mais aussi celle de la France dans le monde.
    Fruit d'un prétendu « système » inventé par les vainqueurs de Robespierre, la Terreur est ici saisie dans toute sa complexité, notamment dans ses liens avec l'état d'exception et le Gouvernement révolutionnaire. Cet ouvrage a pour ambition de livrer des éléments factuels et des réflexions qui permettront de comprendre comment ce phénomène de la « terreur » a pu aussi durablement ternir l'image et le souvenir de la Révolution française.

  • A l'automne 1793, la Convention nationale décrète que le gouvernement de la République sera "révolutionnaire jusqu'à la paix", c'est-à-dire "extraordinaire". Alors que la République est assiégée de toutes parts, des institutions "révolutionnaires" lui permettent de triompher de ses adversaires. En Thermidor, la coalition qui a éliminé Robespierre invente l'idée d'un "système de terreur" ou d'une "politique de terreur" désormais caducs avec la mort du "tyran".
    Elle assimile ainsi la notion de "terreur" à un mode de gouvernement, là où les mesures répressives n'étaient qu'un des leviers actionnés par le gouvernement révolutionnaire. L'historiographie devait faire le reste, avec cet usage d'un article défini et d'une majuscule pour évoquer la Terreur. Avec cet exemple, les révolutionnaires des XIXe et XXe siècles ont été amenés à réfléchir sur la notion de "salut public" et sur l'usage de la "dictature".
    Ils ont dû eux aussi penser l'exception politique, prendre position sur le recours à la violence, inventer des politiques qui leur permettraient de faire triompher leurs idées. Ils ont également été conduits à réfléchir sur l'association entre révolution et guerre. L'exception politique a ensuite nourri de nombreuses réflexions fondées sur ces deux processus historiques, notamment depuis les années 1970, autour par exemple des théories du philosophe italien Giorgio Agamben.
    Ce volume entend interroger les diverses manières par lesquelles les modèles révolutionnaires ont circulé entre la Révolution française et celle de 1917 en Russie. Il ne s'agit évidemment pas de juxtaposer des récits révolutionnaires, mais d'étudier comment des cas concrets ont donné à penser, mais aussi à mettre en pratique l'exception politique en révolution

    Sur commande
  • « La République nous appelle,/Sachons vaincre ou sachons périr ! » Ces paroles du « Chant du départ » révolutionnaire pourraient, un siècle plus tard, être reprises par les Poilus de 1914. Car les troupes qui se sont fait décimer dans les tranchées de Verdun avaient hérité de 1789 une profonde culture du sacrifice.
    Agonisants encourageant leurs camarades à continuer le combat, enfants invités à devenir des héros... Une véritable propagande d'État, nourrie de récits légendaires, de cérémonies commémoratives et de toute une imagerie d'Epinal, a vu le jour dès les premiers combats de la République, en 1792. Elle a durablement façonné l'imaginaire national, dans un culte de la souffrance qui s'est perpétué en 1914-1918, et dont les monuments aux morts témoignent avec une force pathétique.

    Sur commande
  • Période fondamentale pour comprendre la France d'aujourd'hui, la Révolution est aussi l'une des plus troublée de l'histoire. Les institutions, les grands textes législatifs, les principes de la démocratie reposent sur les innovations de la période révolutionnaire et du Directoire. Laboratoire politique, moment de liesses collectives mais aussi politique de la Terreur, cette période reste exceptionnelle.
    En prenant en compte l'intégralité de la décennie 1789-1799, l'ouvrage montre comment la Révolution a tenté de fabriquer une société et un homme nouveaux, comment elle a redessiné une carte politique, administrative et religieuse du pays, comment aussi la guerre civile et extérieure fut une préoccupation majeure. Une part importante est également faite aux résistances et à la Contre-Révolution, au Directoire, qui fut une époque plus active qu'on l'imagine.
    Cet ouvrage reprend les chapitres parus dans Révolution. Consulat. Empire, « Histoire de France », Belin, 2009.

    Sur commande
empty