• Comment le socialisme doit-il articuler les deux exigences qui l'ont toujours défini: « à chacun selon ses besoins » et « à chacun selon ses mérites »? Aujourd'hui où l'objectif d'un calcul rigoureux des mérites, rebaptisé égalité des chances ou équité, est devenu non seulement la valeur dominante mais parfois la valeur unique d'un socialisme à l'agonie, il peut être opportun d'effectuer un voyage dans le temps. Et ainsi, d'observer des situations où ces deux exigences, besoin et mérite, étaient articulées bien différemment et nourrissaient alors des espoirs et des savoirs émancipateurs plus audacieux.Ce court essai propose un retour aux origines. Dans l'une de ses belles formulations, Pierre Leroux écrivait, « le socialisme paraît, et l'aube du jour c'est 1830 ». Procédant ici de quelques portraits, ceux notamment de Louis Blanc et Constantin Pecqueur, de François-Vincent Raspail et de George Sand, cet essai signale comment en cette période de genèse, qui inventa même le terme de « socialisme », l'exigence du besoin fut considérée comme rectrice. Loin d'être toutefois niée, l'exigence du mérite demeurait néanmoins auxiliaire de l'exigence du besoin.En ces temps déjà de premières déferlantes libérales, cette articulation originelle permit alors au socialisme de s'identifier d'abord, de résister ensuite et de créer enfin, tant dans le domaine des idées que dans celui des expérimentations, des voies nouvelles à l'émancipation et au progrès social, économique et politique. Cette option consistant à résolument situer le pari du socialisme au-delà de la seule égalité des chances, aussi rigoureusement définie soit-elle, mérite dès lors d'être rappelée et ruminée aujourd'hui.

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  • « En retrait, alignés tous les quatre sous cette vilaine pluie, nous l'observons légèrement de biais, lui, notre père, seul, maintenant figé. Benjamin, Camille, Émile, Xavier, les quatre frères, soudés, nous assistons en réalité à son enterrement à lui, François-Vincent Raspail. Alors même qu'en ce 17 décembre 1876 au Père-Lachaise nous menons pourtant en terre notre soeur, Marie. C'est la partie tragique de l'histoire des Raspail, de notre petite République des Raspail. Et moi, Benjamin, je vais tenter d'en raconter toute l'histoire.
    Car, de cette histoire, j'en ai été sans doute le plus attentif témoin, en ai vécu tous les épisodes, en ai recueilli patiemment toutes les traces, glané tous les souvenirs, noté toutes les péripéties. J'en ferai donc ici le roman, mais un roman vrai. »

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  • Au lendemain de la révolution de 1830, les canuts de Lyon créent un organe original, l'hebdomadaire L'Écho de la fabrique. Durant une cinquantaine de mois, semaine après semaine, les chefs d'atelier et les ouvriers de l'industrie de la soie vont s'entendre, s'informer, débattre. Leur but : tenter d'adapter la Grande Fabrique, organisée sur le modèle de la manufacture dispersée, à l'évolution industrielle en cours. C'est là, pour eux, la seule façon de préserver leur autonomie et leur liberté.
    Face aux canuts, les «?experts?» du temps soutiennent, sous couvert de concurrence internationale et d'essor technologique, que les expériences de régulation démocratique mises en oeuvre jusque-là dans la Grande Fabrique sont désormais obsolètes. Évolution de l'économie oblige, ouvriers et chefs d'atelier seront délocalisés dans les campagnes et rassemblés au sein de manufactures concentrées, où leur travail sera rythmé par un triple impératif industriel : spécialisation, concentration, hiérarchisation.
    C'est contre cette expertise que se lèvent les canuts. Les armes à la main, lors des révoltes tragiques de 1831 et 1834, scandées par le mot d'ordre : «?Vivre en travaillant, mourir en combattant.?» Mais aussi, voie méconnue de la contestation, en défendant dans leurs journaux les solutions imaginées dans le cadre de l'économie d'atelier, à leurs yeux aussi politiquement cruciales qu'économiquement efficaces. C'est cette prise de parole, éclipsée par les insurrections, que redécouvre ce livre.

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  • Quel lien établir entre économie et démocratie ? L'Américain John Kenneth Galbraith contribue à nourrir la réflexion sur cette équation, à chercher un développement raisonnable pour fournir à la collectivité les outils susceptibles de lui donner la maîtrise de son fonctionnement et de ses relations avec son environnement, tant naturel que social.
    Ses travaux dessinent une solution alternative au débat libéralisme/marxisme et invitent à réfléchir aux conditions d'un système économique raisonnable. Professeur à la Harvard University, grand économiste mais aussi acteur engagé, Galbraith devient la référence de la nouvelle gauche américaine quand il publie Le Nouvel Etat industriel, en 1968. Ses propositions recoupent alors certaines des préoccupations contemporaines de la recherche économique, tout particulièrement en matière de justice sociale.
    Son effort peut s'interpréter comme une contribution à la réflexion de ce que le prix Nobel d'économie indien, Amartya Sen, baptisait récemment la " question de la possibilité du choix raisonnable ".

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  • « Le socialisme donc paraît, et l'aube du jour c'est 1830. » Ces mots de Pierre Leroux ont guidé le projet de cet ambitieux ouvrage collectif : cartographier les grandes figures, idées et controverses du premier socialisme français, aujourd'hui largement méconnu et pourtant incroyablement inventif et actuel. Dans les années qui suivent les Trois Glorieuses de Juillet, le mot « socialisme » est forgé et sert graduellement de bannière à toute une génération née aux lendemains de 1789 et qui ne peut se résumer aux seuls noms d'Étienne Cabet, Pierre-Joseph Proudhon ou Louis Blanc. Observant une « société en poussière », tous ces socialistes ambitionnent alors de développer une nouvelle connaissance du lien, de la solidarité et de l'union, et cette connaissance prendra la forme indistincte d'une science, d'une philosophie et d'une religion. Tous revendiquent également un droit à l'action et à l'expérience pour fonder cette nouvelle association des hommes. Tous s'opposent à un présent libéral qui a consacré le règne des « satisfaits » et des grands notables, que résument les mots (apocryphes) de Guizot, « Enrichissez-vous ! ».
    Pour la période allant de la toute fin de la Restauration à l'installation du Second Empire, la littérature concernée est immense - livres, pamphlets, brochures, journaux. Elle couvre tous les champs du savoir et de la culture. Comment redonner un accès à cet océan de textes et à cette foultitude d'expériences, d'échanges et d'événements ? Comment brosser un tableau, certes forcément incomplet, subjectif, sélectif, mais livrant une image et une interprétation d'ensemble ? Quels traits adopter et quel fil directeur suivre ? Cet ouvrage a choisi de privilégier une entrée originale : la presse socialiste. Il montre ainsi, au fil de textes consacrés aux grandes figures et aux journaux qu'ils ont créés, à quel point ceux-ci furent un vecteur bouillonnant et indispensable des idées révolutionnaires de ce temps.

  • "C'est à Lyon, entre octobre 1831 et mai 1834, que parut le premier journal ouvrier pérenne publié en France. Là, aux temps des insurrections, les canuts créèrent leur propre organe, un hebdomadaire de huit pages sur deux colonnes, L'Écho de la fabrique. Durant une cinquantaine de mois, les chefs d'ateliers et ouvriers en soie allaient s'entendre, s'informer, débattre, prendre voix dans leur journal, semaines après semaines, pour tenter d'adapter le régime complexe de la fabrique lyonnaise à l'évolution industrielle en cours, de manière à préserver leur autonomie et leur liberté. Pour cela, Antoine Vidal, Joachim Falconnet, Marius Chastaing, Joseph Bouvery, Jacques Rivière Cadet, Michel- Marie Derrion, César Bernard, mais aussi une multitude de correspondants locaux ont débattu dans les pages de L'Écho de " l'association industrielle " et de " l'enseignement mutuel " ; ils ont tenu la chronique des séances du conseil des prud'hommes, se sont informés des nouvelles panacées saint-simoniennes, républicaines ou fouriéristes ; ils ont développé leurs réflexions sur l'économie sociale, présenté leurs poèmes, chansons et charades, ou encore multiplié les conseils pratiques, dans le domaine de l'hygiène aussi bien que dans celui de la " jurisprudence usuelle ". Proposant des " lectures prolétaires ", ils ont croisé le fer avec les journaux rivaux, notamment le Courrier de Lyon, organe de la préfecture. Le présent ouvrage est issu de journées d'études organisées à Lyon en septembre 2007 et consacrées à la naissance de cette petite presse ouvrière des années 1831-1834. Ces journées réunirent historiens, sociologues, littéraires, linguistes, politistes, philosophes et économistes, tous s'étant proposés de traverser le corpus de L'Écho de la fabrique selon leurs propres curiosités et interrogations. Les perspectives disciplinaires mises en oeuvre révèlent la richesse de ce journal ouvrier, apportent des éclairages stimulants tout en suscitant de nouvelles réflexions." Économiste, Ludovic Frobert est aujourd'hui directeur de recherches au CNRS (section économie et gestion) ; il travaille depuis une quinzaine d'années dans le domaine de l'histoire des idées économiques et politiques.

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  • Au lendemain de la révolution de 1830, les canuts de Lyon créent un organe original, l'hebdomadaire L'Écho de la fabrique. Durant une cinquantaine de mois, semaine après semaine, les chefs d'atelier et les ouvriers de l'industrie de la soie vont s'entendre, s'informer, débattre. Leur but : tenter d'adapter la Grande Fabrique, organisée sur le modèle de la manufacture dispersée, à l'évolution industrielle en cours. C'est là, pour eux, la seule façon de préserver leur autonomie et leur liberté. Face aux canuts, les « experts » du temps soutiennent, sous couvert de concurrence internationale et d'essor technologique, que les expériences de régulation démocratique mises en oeuvre jusque-là dans la Grande Fabrique sont désormais obsolètes. Évolution de l'économie oblige, ouvriers et chefs d'atelier seront délocalisés dans les campagnes et rassemblés au sein de manufactures concentrées, où leur travail sera rythmé par un triple impératif industriel : spécialisation, concentration, hiérarchisation. C'est contre cette expertise que se lèvent les canuts. Les armes à la main, lors des révoltes tragiques de 1834, scandées par le mot d'ordre : « Vivre en travaillant, mourir en combattant. » Mais aussi, voie méconnue de la contestation, en défendant dans leurs journaux les solutions imaginées dans le cadre de l'économie d'atelier, à leurs yeux aussi politiquement cruciales qu'économiquement efficaces. C'est cette prise de parole, éclipsée par les insurrections, que redécouvre ce livre.

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  • En 1983, paraît dans le très sérieux Journal of Economic Literature un article au ton pour le moins iconoclaste. Signé par un auteur jusqu´alors reconnu pour ses travaux classiques dans le domaine de l´histoire économique quantitative, ce papier traite de la rhétorique des économistes. D. N. McCloskey y assène, entre autres, que l´étude des textes économiques relève avant tout de la critique littéraire ; que les modèles mathématiques, tant prisés par les économistes, sont essentiellement métaphoriques et composent un véritable domaine poétique original ; que l´économiste de profession est, au minimum, en retard d´une révolution épistémologique par rapport à ses contemporains lorsqu´il prétend assurer son autorité scientifique sur sa capacité réelle à faire des prédictions.Un fort courant de réflexion sur la rhétorique des sciences économiques va prendre sa source dans cette bravade contre le positivisme et le scientisme ambiants. En précisant le point de départ de McCloskey, en consolidant les intuitions fécondes contenues dans son attaque en règle contre le « modernisme », en prenant parfois leurs distances vis-à-vis des aspects trop clinquants de son manifeste de 1983, quelques auteurs - dont notamment RoyWeintraub, Robert Heilbroner, Albert Hirschman - vont explorer alors plus avant les conséquences de la révolution rhétoricienne en économie. « La Rhétorique des sciences économiques » est proposé ici pour la première fois en traduction française.

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  • Albert Otto Hirschman (1915-2012) s'est distingué par ses recherches en sciences sociales au sens large, à la croisée de l'économie, de la sociologie, de la science politique, de l'histoire et de la philosophie. Ses livres sont presque tous devenus des classiques : Défection et prise de parole, Les Passions et les intérêts, Bonheur privé, action publique, Deux Siècles de rhétorique réactionnaire. Cette partie de son oeuvre, la plus reconnue, ne doit pas masquer son apport à l'économie du développement.
    Hirschman a choisi de mettre l'accent, en la valorisant, sur l'étonnante capacité d'adaptation des collectivités humaines. Son oeuvre le rattache à la tradition qui, dans les sciences sociales, se préoccupe moins de la rationalité ou de l'irrationalité des conduites humaines que de leur part de créativité.
    Ce livre est une invitation à découvrir ou à relire ce grand auteur, dont l'engagement personnel fut exemplaire. Une référence majeure pour quiconque croit en la fécondité des sciences sociales lorsqu'elles s'affranchissent des frontières disciplinaires.

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  • La collection est dirigée par Sylvain Auroux, directeur de recherche au CNRS, directeur de l'École normale de Fontenay - Saint-Cloud. La philosophie est une tradition occidentale largement dépendante de la mémoire de quelques grands textes. On doit souhaiter que les pratiques intellectuelles ou philosophiques issues de cette tradition ne soient pas restreintes à une méditation sur le passé mais au contraire pratiquent une ouverture nécessaire à d'autres traditions de pensée.

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