• Au-delà des théories classiques dont il retrace l'histoire en remontant à Platon ou à Vitruve, cet essai novateur propose une philosophie politique - et non pas simplement esthétique ou symbolique - de l'architecture.
    Partant du constat que la Révolution française s'est déroulée dans des rues et sur des places qui avaient été construites moins d'un siècle auparavant, et que les masses révolutionnaires n'auraient pas pu se rassembler si ces nouveaux espaces publics n'avaient pas existé, il s'interroge sur les conditions architecturales de la démocratie : quels types d'espaces rendent possibles ou impossibles certains types d'actes ou d'événements ? Où l'on apprend que le cours de l'histoire dépend de la construction de l'espace...
    Là où Michel Foucault avait étudié l'architecture en tant que technologie de pouvoir, Ludger Schwarte tente de cerner son rôle dans les mouvements d'émancipation. Si l'on conçoit les espaces publics comme des théâtres de l'action collective, alors la question est de savoir si leur configuration permet des interactions événementielles, des expérimentations créatrices. En ce sens, tout espace public authentique est fondamentalement anarchique.

  • En tant que projet idéologique, l'art contemporain se caractérise par sa croyance en l'incorruptibilité du présent. Une « contemporanéité » qui engendre immobilisme et impasses, selon le philosophe Ludger Schwarte qui propose dans cet essai en cinq actes de penser un art à la temporalité renouvelée, un art de la futurité à la recherche des commencements et des possibles.

    L'art moderne a cédé sa place à l'art contemporain. Dans ce passage, il n'en va pas simplement d'un changement d'époque, mais d'une mise à l'épreuve de ce que le mot art peut bien vouloir dire, et notamment d'une transformation radicale de sa fonction sociale. Impossible de parler de l'art contemporain sans s'interroger sur ce qui soutient ce système de l'art contemporain, ce qui conditionne son engagement et ses orientations et ce qui génère ses effets. Cette tendance qu'à l'art contemporain de s'occuper avant tout de lui-même lui a valu le reproche d'être complaisant et autoréférentiel. Le temps est venu de réinventer notre façon de concevoir l'art, et cela passe tout d'abord par une prise en considération du sens de cette « contemporanéité ».
    Sortir l'art de ses impasses, et notamment de la « contemporanéité », c'est lui frayer de nouvelles voies vers le futur. L'art contemporain s'est installé dans un temps qui ne peut envisager le futur que sur le mode du ressouvenir, de la répétition et de la différenciation, or, il s'agit d'inaugurer à nouveau d'autres horizons du possible. Aussi longtemps que l'avenir se pense à partir du donné, rien ne pourra réellement advenir ; impossible de rendre compte de l'initialité du futur et de sa discontinuité radicale. Penser l'art qui vient, c'est penser les façons dont celui-ci constitue une césure avec son propre temps, donc penser un art de la futurité.

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