• Héros de nos manuels scolaires, modèle de nos grands hommes - de Charles-Quint à Napoléon Bonaparte, en passant par Louis XIV -, Jules César est une grande figure de l'histoire politique européenne.
    Mais quel homme fut-il exactement ? Dictateur, Jules César chercha toujours à asseoir son autorité sur un peuple qui l'admirait. Propagateur de la culture romaine chez les populations celtes d'Europe, il fut également l'impitoyable guerrier de la campagne des Gaules, dont on relèvera le caractère génocidaire à l'époque moderne. Enfin, au faîte de sa puissance, César fut assassiné dans des circonstances qui comptent parmi les grandes énigmes politiques et psychologiques de l'histoire.
    Dans cette biographie qui repose sur une connaissance exhaustive des sources historiographiques anciennes, Luciano Canfora brosse le portrait étonnamment précis d'une personnalité complexe, dont l'entreprise de « romanisation » est à l'origine de l'Europe moderne.

  • 1914

    Luciano Canfora

    Et si l'on concevait la tâche de l'historien comme l'enquête d'un Sherlock Holmes ? Si la guerre pouvait être assimilée à un crime, les coupables se dissimulant, des alibis étant invoqués, des innocents désignés du doigt ?
    Dans cet ouvrage - ni « livre édifiant » ni « commémoration » -, Luciano Canfora aborde la guerre non comme un monument, mais comme un événement vivant qu'il s'agirait de retourner dans tous les sens pour comprendre « ce qui s'est vraiment passé ».
    L'enquête menée au fil de ces pages - puisqu'il s'agit bien d'une enquête - se déroule en une vingtaine de courts chapitres, tirés de conférences à la radio publique italienne, à lire d'une traite comme autant de petites histoires. Les idées reçues - surtout celles qui ont cours dans les pays vainqueurs - ne survivent pas à l'examen. La fin ne nous livre pas un unique coupable, mais nous laisse vaccinés contre les reconstructions apologétiques.
    C'est le livre que doit lire qui veut se faire en quelques pages une idée de la multiplicité des causes et des conjonctures qui ont conduit à la Première Guerre mondiale.

  • « La belle mécanique n'a pas fonctionné comme prévu. Le suffrage universel, finalement conquis (plus ou moins tard selon les pays et en Italie presqu'en dernier), a déçu trop souvent ceux qui s'étaient battus pour lui et n'a pas produit les effets espérés. Au contraire, les urnes ont servi à légitimer des équilibres, des classes, un personnel politique presque immuable - et peu importe si ce dernier est diversifié et divisé.

    Et si le vrai pouvoir était ailleurs?

    C'est ce dont il sera question, cher lecteur, dans les pages qui suivent. »

    Canfora insinue bien plus que de vagues soupçons sur les déguisements du pouvoir: cette domination de quelques-uns - elle n'est d'un seul qu'en apparence - qui ne peut cependant se maintenir qu'à condition de s'assurer un large consensus. Tout en restant, bien entendu, au sens plein de ce mot, une domination.

    Luciano Canfora, est un philologue classique, un historien et l'un des plus grands spécialistes italiens de l'Antiquité. Il est actuellement professeur de philologie grecque et latine à l'Université de Bari et directeur scientifique de l'École supérieure d'Études historiques de San-Marin.

  • Les conquêtes d'Alexandre répandirent le grec jusqu'aux confins de l'Ancien Monde. Outre les Hellènes, des Égyptiens, des Syriens, des Hébreux, des Romains même allaient commercer, composer, chanter, philosopher et dogmatiser dans la langue nouvelle. Cette carrière universelle qui s'ouvrait à la culture née jadis en Hellade inaugura un nouvel âge, cette époque dite « hellénistique » qui allait assister au si au bouleversement de l'ordre politique du monde : les cités-États de l'âge classique s'effacèrent devant les grandes monarchies des successeur d'Alexandre, lesquelles à leur tour durent se fondre dans la domination romaine.
    C'est l'histoire de cette révolution culturelle que retrace le présent ouvrage, suite de l'Histoire de la littérature grecque d'Homère à Aristote publiée dans la même collection. Il évoque notamment toutes les formes nouvelles de culture qui, surgissant au cours de cet âge nouveau, en font le père de la modernité : la chronique se transforme avec Polybe en histoire universelle, elle-même charpentée par la première philosophie de l'histoire, d'inspiration stoïcienne ; Plutarque invente la réflexion historique, cependant que les lettres voient naître le roman, la poésie bucolique, la comédie de moeurs, la vogue de la satire et de la parodie. La science, avec Archimède et Ptolémée, accomplit des progrès décisifs tandis que la philosophie procède à de vastes synthèses prétendant rendre compte de l'ordre du cosmos.
    Enfin l'époque hellénistique accueille avec ferveur les cultes orientaux, qui viennent s'unir aux traditions locales pour créer des formes syncrétiques de religiosité nouvelle. La principale de ces religions est le christianisme, qui use du grec pour propager son message dans tout le bassin méditerranéen. La façon dont il se mêle à l'héritage culturel hellénique, notamment à sa philosophie néoplatonicienne, est déterminante pour toute la civilisation ultérieure.
    Cette vaste aventure de l'esprit est dépeinte dans un récit qui, alliant la richesse à la clarté, révèle les racines de l'Occident moderne.

  • A la lumière de l'expérience de l'édition en cinq langues de son essai La Démocratie, histoire d'une idéologie, Luciano Canfora soulève une question essentielle : l'usage de l'histoire et sa réécriture en fonction du présent, surtout lorsqu'il s'agit de sujets sensibles comme le stalinisme ou le nazisme.

  • Auréolée de légende, la bibliothèque d'Alexandrie a réussi à incarner le mythe surréel qui voulait rassembler en un lieu clos les livres du monde entier.
    Ce fragile monument de la pensée humaine prétendait en symboliser l'immortalité, pourtant ses livres

  • Que lit-on, et surtout qui lit-on lorsqu'on lit les textes de l'Antiquité classique ? On fait trop souvent l'économie des siècles qui séparent leur fabrique du moment de la lecture. Ce sont pourtant les produits d'une histoire tempétueuse : transmission orale et copies, remaniements et réorganisations, corruptions et pertes, corrections, restitutions et récritures.
    Entre l'auteur antique et nous, oeuvre le copiste, ce chaînon indispensable et insupportable (c'est en définitive lui qui écrit les textes classiques) dont les philologues s'emploient à gommer toute trace.
    Telle est la figure singulière que Canfora remet ici au centre de l'histoire des textes, substituant la quête métaphysique toujours insatisfaite de l'original de l'auteur l'étude historique et jouissive de l'écriture du copiste.

  • « La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d'un politique », dit Robespierre, « est de croire qu'il suffise à un peuple d'entrer à main armée chez un peuple étranger pour lui faire adopter ses lois et sa constitution. Personne n'aime les missionnaires armés et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c'est de les repousser comme ennemis.» Depuis toujours, les gouvernements ont masqué sous des motifs vertueux les vraies raisons qui les faisaient entrer en guerre.
    À partir d'exemples empruntés de l'Antiquité à nos jours, Luciano Canfora dénonce cette « perversion morale, culturelle et politique » qui permet à un État de poursuivre une politique d'hégémonie tout en se drapant du titre de défenseur de la liberté.

  • « Bien que l'égalité, dans son degré le plus extrême, se confonde avec la liberté », dans la réalité - disait Tocqueville - « le goût que les hommes ont pour la liberté et celui qu'ils ressentent pour l'égalité sont deux choses inégales » ; « la liberté donne, de temps en temps, à un certain nombre de citoyens de sublimes plaisirs ; l'égalité fournit chaque jour une multitude de petites jouissances à chaque homme ».
    C'est justement le tableau que l'auteur anonyme de la Constitution d'Athènes a esquissé à propos de la cité démocratique par excellence, Athènes. Là, à son avis, les jouissances de l'égalité ont tué, grâce à la démocratie, le plaisir sublime de la liberté.
    S'appuyant sur une relecture de ce texte, Luciano Canfora déroule le fil conducteur qui relie les républiques antiques aux démocraties modernes et constate l'antinomie toujours renaissante entre élan démocratique et désir de liberté.
    Y a-t-il donc entre les deux idées dominantes de la pensée politique occidentale une opposition inconciliable ?

  • Somme de nos connaissances actuelles dans ce domaine, l'Histoire de la littérature grecque de Luciano Canfora fait, en tant qu'ouvrage de référence, autorité.Nous ne connaissons de la littérature grecque que ce qui nous en a été légué. Après avoir examiné comment les oeuvres de la Grèce antique sont parvenues jusqu'à nous, l'auteur envisage ce qui peut être connu ou reconstitué des lettres grecques.Par quels hommes, pour quels hommes ces oeuvres furent-t-elles écrites ? Pourquoi traitèrent-elles ces sujets et revêtirent-elles ces formes ? À ces questions, Luciano Canfora tente de répondre en restituant, au terme d'enquêtes minutieuses, nourries des recherches les plus récentes, ces oeuvres dans le monde culturel, les circonstances historiques et les conditions politiques qui les viennent naître et qu'elles influencèrent en retour.Le développement de la littérature grecque est retracé selon la chronologie et selon les genres. Les deux critères se confondent d'ailleurs à l'origine, les époques successives privilégiant des genres précis : ainsi la poésie épique cède-t-elle la place à la poésie lyrique, qui s'efface elle-même devant le théâtre. Avec le temps, ces lettres se diversifient : théâtre, historiographie, art oratoire et philosophie en sont les grands phénomènes simultanés.Véritable reconstitution archéologique de la genèse et de l'épanouissement de la littérature hellénique classique, l'Histoire s'achève avec Aristote, qui, tant par ses rapports privilégiés avec la monarchie d'Alexandre que par son organisation encyclopédique du savoir, inaugure la période alexandrine, où l'hellénisme, et avec lui les lettres grecques, changent de nature.Cette étude, aux dimensions considérables mais à la clarté constante, fait renaître la littérature grecque comme un phénomène vivant, expression des croyances, des moeurs, des passions et des goûts d'une société qui a déterminé les destins de la culture européenne.

  • This history traces the development of democracy in Europe from its origins in ancient Greece up to the present day.
    Considers all the major watersheds in the development of democracy in modern Europe.
    Describes the rediscovery of Ancient Greek political ideals by intellectuals at the end of the eighteenth century.
    Examines the twenty-year crisis from 1789 to 1815, when the repercussions of revolution in France were felt across the European continent.
    Explains how events in France led to the explosion of democratic movements between 1830 and 1848.
    Compares the different manifestations of democracy within Eastern and Western Europe during the latter half of the nineteenth century.
    Considers fascism and its consequences for democracy in Europe during the twentieth century.
    /> Demonstrates how in the recent past democracy itself has become the object of ideological battles.

  • Y a-t-il des locomotives dans l'histoire ?« Un effet de la Terreur, écrivait en 1797 Adrien Lezay, fut de détruire les anciennes habitudes, et de donner aux nouvelles coutumes autant de force que l'habitude eût pu le faire. Dix-huit mois de Terreur suffirent pour enlever au peuple des usages de plusieurs siècles, et pour lui en donner que plusieurs siècles auraient eu peine à établir. Sa violence en fit un peuple neuf. »« Rien de plus évidemment faux, répliquait Benjamin Constant ; les ennemis de la république s'emparent habilement de la réaction que la Terreur a causée. C'est de la mémoire de Robespierre que l'on se sert pour insulter aux mânes de Condorcet. La Terreur a préparé le peuple à subir un joug quelconque ; elle l'a rendu indifférent, peut-être impropre à la liberté. »Est-il possible de contraindre à la « vertu », comme le croyaient Platon et Saint-Just ? En revanche, la « tolérance » est-elle justifiée en soi, ou bien serait-elle une forme subtile d'acceptation de l'ordre établi ? Voilà le dilemme indiscret que ce livre un peu à contre-courant voudrait esquisser.

  • Socrate fut condamné à mort par ses concitoyens. L'événement est si célèbre qu'il masque les autres tragédies qui frappèrent les philosophes grecs. Faire profession de penser, c'est-à-dire de remettre en cause l'ordre de la cité et celui du monde, exposait à des périls extrêmes. À la suite de Socrate, Xénophon banni, Platon vendu comme esclave, Callisthène assassiné, Aristote menacé, Lucrèce disgracié sont autant d'illustrations de cette destinée. Au terme de l' Antiquité, dans l'Égypte hellénistique, la néoplatonicienne Hypatie périt déchirée par une foule fanatisée par l'évêque d'Alexandrie : la cité chrétienne n'était pas plus tendre aux penseurs que la cité païenne.
    Ces rapports difficiles entre philosophie et politique dans la société antique, préfigure tous leurs conflits ultérieurs dans la civilisation occidentale. Les voici retracés dans un essai qui, dévoilant en outre les mystères de la transmission des oeuvres d'Aristote ou de la doctrine d'Épicure, est mené de part en part avec une rigueur extrême et tout l'art de restituer au passé une intense présence.

  • Il est des livres dont l'histoire est éminemment romanesque et si complexe que le temps s'est chargé de l'ensevelir. Mais il arrive qu'un chercheur découvre, voile après voile, les péripéties qu'a connues cet ouvrage.
    C'est le cas de la fameuse Bibliothèque du patriarche Photius, mine exceptionnelle de renseignements sur l'Antiquité, mais à la Renaissance tenue en suspicion par Rome, qui voyait en son auteur un dangereux hérétique. En suivant les vicissitudes de cette oeuvre et des hommes qui ont aspiré et travaillé à sa publication, Luciano Canfora nous mène dans un voyage à travers le temps et l'espace, du Concile de Trente à la veille de la guerre de Trente Ans, de Venise à Rome, de Tolède à Augsbourg, de la cour pontificale aux geôles de l'Inquisition.
    On rencontre ainsi Diego Hurtado de Mendoza, ambassadeur de Charles-Quint à Venise, le grand savant protestant Isaac Casaubon, et surtout les jésuites Juan de Mariana et André Schott, unis dans une complicité extraordinaire pour parvenir à leurs fins et déjouer les interdits de l'Inquisition.
    Luciano Canfora réussit à transformer la philologie en roman d'espionnage et l'histoire de la culture en un récit passionnant.

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