• Né à Moscou en 1929 au sein d´une famille ouvrière, Lev Yachine est considéré comme l´un des plus grands gardiens de but de l´histoire du football, « ballon d´or » en 1963, le point d´arrivée de ce joueur d´exception, qui forgea la légende du Dynamo Moscou et fit briller la sélection nationale d´URSS, est connu. Orphelin de mère à six ans, ouvrier à treize ans, fumeur et souffrant d´un ulcère à l´estomac, il dégringola dans une grave dépression. Essoré, il voulut tout arrêter. et c´est alors que tout commença. Au-delà du destin sportif de Lev Yachine, l´auteur nous immerge dans la société soviétique et dans les cercles du pouvoir, il nous entraîne dans les quartiers de Moscou, et en filigrane le football devient alors une métaphore pour raconter ce pays de « l´illimité ». Au final, une magnifique chanson de geste qui s´attache à décrire comment un enfant du peuple mal embarqué, plus tolstoïen que communiste, a pu s´élever au rang de légende.

  • Poète, peintre, romancier, scénariste, chroniqueur et cinéaste, Pier Paolo Pasolini (1922-­-1975) fut un créateur protéiforme et un esprit libre, une sorte de Socrate enragé contre la perte du sacré de la société de consommation, Marxiste hérétique, ailier gauche d'instinct, il fut aussi un enfiévré de football qu'il pratiqua tout au long de sa vie.
    Si dès sa jeunesse le sport devint sa « consolation la plus pure, la plus constante, la plus spontanée », la pratique du ballon représenta surtout une sorte d'Eden rédempteur et sacré puisant à la même source que le mysticisme qui habite ses films.
    Tifoso du Bologne FC, spectateur passionné des matchs au Stadio Olimpico de Rome, le romancier repris les mots de volée pour évoquer le langage du football des banlieues pauvres puis pour établir un distinguo entre football de « prose » et football de « poésie », ce dernier étant incarné par les Brésiliens lors de la Coupe du monde 1970 à laquelle il assista au Mexique.
    Souvent sifflé hors jeu pour ses prises de position iconoclastes, il contribua à changer le regard des intellectuels italiens sur le sens et la portée du football.
    Deux ans avant de mourir, il révéla la dimension qu'aurait pu prendre cette passion d'enfance qui brûlait en lui comme le feu sacré :
    « Si vous n'aviez pas eu le cinéma, l'écriture, qu'auriez-­vous aimé devenir ?
    -­ Un bon footballeur. Après l'éros, le football est l'un des plus grands plaisirs. »

    Sur commande
  • De la naissance du parti socialiste en 1905 jusqu'au sulfureux congrès de Rennes de 1990, les socialistes filèrent le mauvais coton du mythe de la révolution. C'est avec discrétion qu'ils abandonnèrent cette identité révolutionnaire pour y substituer une nouvelle « déclaration de principes », une pensée molle et des querelles de personnes à foison.
    Pendant près d'un siècle, l'autre tradition, celle d'un socialisme républicain forgé par les « socialistes utopistes », puis par Jaurès, féconda les valeurs solidaires de l'économie sociale (coopératives, mutuelles et associations). Nées au mitan du XIXe siècle au sein des populations ouvrières, en riposte à l'individualisme libéral de la Révolution de 1789 et au système de production capitaliste, ce socialisme coopératif et mutualliste fut d'abord considéré comme un vecteur d'émancipation exemplaire avant d'être rapidement escamoté par les imprécateurs marxistes tout en gueule pour en dénoncer « la voie mensongère ».
    Le Traité d'économie sociale à l'usage des malentendants rappelle l'itinéraire historique de cette tradition socialiste, républicaine et libérale. Ce livre dévoile l'enchantement de Michel Rocard pour l'économie sociale, le scepticisme de Martine Aubry, l'intérêt militant des Verts pour l'économie sociale et solidaire, mais aussi l'indifférence du candidat Lionel Jospin qui n'en souffla mot dans son programme présidentiel en 2002.
    Après la pantalonnade du congrès de Reims et les querelles de leadership entre la « dame du chabichou » et celle « des 35 heures », l'indigence doctrinale sert toujours de fond de sauce à la pensée socialiste. Martine Aubry, qui vient de conquérir la chefferie du parti, s'est égosillée à rappeler que les socialistes sont de retour. De retour peut-être, mais pour quoi faire ?

    Sur commande
  • A la veille de la coupe du monde, FOOTBALL BRESILIEN l'invention d'un style, relate l'épatante singularité du jeu brésilien ennobli par des va-nu-pieds qui devinrent des seigneurs en pratiquant un « football art » et en inventant un style moins destiné à vaincre qu'à enchanter.
    Le triomphe obtenu en Suède en 1958 ouvre une « ère dorée » qui atteint son apogée en 1970 avec le troisième titre obtenu par la Seleção au Mexique. Le football brésilien est un football de poésie, écrira le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini.
    Inspiré par la samba et la capoeira, leur jeu s'identifia à un style métissé surprenant et voluptueux aux antipodes du football européen fondé sur la rigueur des systèmes tactiques et l'entraînement méthodique.
    Ces versificateurs du dribble et de la feinte de corps engendrèrent un chaos esthétique admiré et parfois incompris.
    Egrener leurs noms, c'est réciter la liste des dieux de l'Olympe : Friedenreich, Léônidas, Zizinho, Didi, Garrincha, Pelé, Tostão, Sócrates...
    Au cours des années 1980, Telê Santana fut le dernier sélectionneur à incarner les spécificités de cette culture populaire du football et à pousser aussi loin les feux de la créativité avant de passer la main aux pragmatiques. Depuis lors le « jeu à la brésilienne » ne se survit que comme parodie.
    En singeant l'expression stylistique des Européens, les Auriverde ont renoncé à ce qu'ils sont. Cette dévitalisation coïncide avec la disparition de leur démesure dionysiaque et de cette grâce collective qui leur conférait un supplément d'âme. De cette alchimie lumineuse qui nous a tant feintés, il ne reste qu'un souvenir, tout en haut de l'air...
    A la fois essai passionné et testament amoureux, ce livre retourne aux sources de l'identité insouciante et fantasque du foot dansé brésilien.

    Sur commande
  • Usant de l'image allégorique du sac de Rome par Alaric pour se définir, les barbares actuels, qui ont l'oreille du pouvoir, fanfaronnent sur leur site (« Les barbares attaquent ! »). Ils expliquent que start-ups et plateformes numériques transforment à toute blinde les filières de l'économie et que, pour comprendre ces mutations, il « faut accéder à cette nouvelle culture qui émane de la Silicon Valley »... Celle qui a produit les Airbnb, Uber, Google, etc.
    Or ce modèle mono-culturel opère une captation commerciale de la valeur produite par les internautes transformés en fournisseurs de data, organise la précarité et joue de tous les leviers, y compris de l'optimisation fiscale, pour étouffer toute forme de concurrence. Ces nouveaux évangélistes annoncent aussi que tout sera résolu demain par les « technologies de l'exponentiel ». Plus besoin de solidarité sociale ni de décisions politiques : bienvenue sur les marches de l'avenir radieux de l'ubérisation de la société.
    Face à l'ubérisation et aux contrefaçons de l'économie collaborative est-il envisageable de modifier la sphère marchande pour faire en sorte qu'elle serve le bien commun ? Partout dans le monde, des chercheurs, des villes, des régions, des artistes, des entrepreneurs, des réseaux transnationaux explorent de nouveaux modèles collaboratifs inspirés par la voie coopérative en réplique à cette « économie de la prédation ».
    S'ils parviennent à créer les conditions d'une bifurcation radicale au profit d'un système de création et de redistribution de la valeur fondé sur les communs, alors, comme l'a écrit le théoricien du pair à pair Michel Bauwens, il en résultera un changement profond de la nature même de notre civilisation.

    Sur commande
  • Sur commande
  • Taxis paris solidaires

    Laurent Lasne

    Sur commande
  • Sur commande
  • Lors de la Première Guerre mondiale, les taxis parisiens, en raison de leur mobilité et de leur disponibilité, de jour comme de nuit, ont été mobilisés pour accomplir de multiples missions :
    Ravitaillement, transport de troupes, évacuation de blessés.
    Ils se révélèrent si indispensables qu'un service quotidien de taxis fut mis à la disposition de l'autorité militaire afin d'acheminer les officiers vers leurs unités.
    En 1916, lors de la bataille de Verdun, ils jouèrent encore un rôle de première importance en alimentant le front en hommes et en munitions.
    Mais de toutes ces missions menées avec bravoure, seule l'opération imaginée par l'anticonformiste général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris, est encore scellée dans la mémoire nationale sous le nom des taxis de la Marne dont la réquisition permit de projeter sur le front quelque 5 000 hommes de troupe le 7 septembre 1914.
    L'épisode héroïque des taxis de la Marne, c'est à la fois l'épopée d'un peuple rassemblé pour résister à l'oppression et l'union sacrée entre militaires et civils.
    Issus de milieux modestes, les chauffeurs de taxi parisiens ont été les interprètes de cette noblesse populaire lorsqu'elle refuse la soumission et l'abandon.
    Ces jours--?là, ils furent les messagers du courage et de l'unité nationale...

    Sur commande
  • Pre´dateur, adj. et n. (lat. praedator), employe´ au figure´ a` propos d'un homme rapace, d'un se´ducteur.
    (Source : Dictionnaire historique de la langue franc¸aise, Robert, 1995, p. 1612.) En engageant une guerre totale contre les taxis, Travis Kalanick, le fondateur d'Uber, a de´signe´ sa proie... Soutenue par le Saint-Empire de la finance, l'ambition he´ge´monique de la multinationale ame´ricaine est plane´taire.

    Partout ou` elle s'implante, les recours en justice sont nombreux : concurrence de´loyale, pratiques trompeuses, non-respect du droit social, traitement ille´gal de donne´es informatiques... Lourdement condamne´e par le tribunal correctionnel de Paris pour son application UberPop (16 octobre 2014), les juges ont souligne´ l'intention manifeste d'Uber de contourner la le´gislation et sa mauvaise foi.

    /> Apre`s avoir rappele´ le contexte historique de l'univers du taxi, ce livre s'attache a` de´monter les rouages ide´ologiques sur lesquels Uber construit son de´veloppement. Au-dela` de la re´sistance des taxis, son nom symbolise de´sormais le lien entre le fe´tichisme technologique et la pre´carisation qui augure d'une «e´conomie de la re´gression».

    Seules les digues juridiques et la volonte´ des dirigeants politiques peuvent enrayer le maraboutage ge´ne´ralise´ de la socie´te´ par l'Uber-e´conomie. Les premie`res sont-elles assez solides ? Les seconds assez de´termine´s?

    Sur commande
  • Depuis que de Gaulle a quitté le pouvoir en avril 1969, le personnel politique, gauche et droite confondues, s'est empressé de l'installer dans la statue de pierre de l'homme du 18 Juin. Une volonté commune de passer sous silence ou d'édulcorer la «vaste mutation» qu'il souhaitait accomplir en mettant en oeuvre la participation, thème essentiel du gaullisme.

    Le livre de Laurent Lasne publié par les éditions le Tiers Livre raconte comment ce général hors norme et singulier, qui considérait que la bourgeoisie a fait son temps, voulut associer la classe ouvrière au progrès économique et social. Du discours d'Oxford en 1941 à la fondation du RPF, des ordonnances de 1959-1967 au référendum de 1969, c'est toujours la participation qui scande sa philosophie sociale contre les réticences du patronat, contre l'immobilisme de sa propre majorité, contre les frilosités de Georges Pompidou, contre la gauche qui qualifia de "gadgets" les ordonnances sur l'intéressement et l'actionnariat des salariés.

  • Une finale du championnat de France de rugby opposant deux villes d'un même département, on n'avait pas cela depuis 1934...
    C'est dire que celle du 2 juin 1963 qui mit aux prises Dax à Mont-­-de-­-Marsan dans l'antre du stade municipal de Bordeaux fut l'événement attendu en pays landais depuis que les premières beuchigues avaient fait leur apparition dans les villages et les préaux d'école.
    Cinquante ans plus tard, au-­-delà de l'apothéose finale, ce livre se propose de faire le récit de la fantastique épopée du rugby landais depuis ses origines.
    L'ouvrage, qui se dévore comme un roman historique, nous replonge, à la croisée du XIXe et XXe siècles, dans l'atmosphère du milieu des commerçants et courtiers maritimes britanniques, férus de rugby, installés à Bordeaux, lieu de diffusion de l'ovale dans le Sud-­-Ouest grâce à la création d'une Ligue girondine d'éducation physique dissidente qui assura la promotion du rugby dans les collèges de toute la région.
    L'auteur nous rappelle aussi le rôle crucial des instituteurs radicaux dans l'implantation de ce sport en réaction aux patronages catholiques, promoteurs du football...
    Au fil de cette passionnante enquête, l'auteur convoque aussi l'esprit gascon, Alexandre Dumas et ses mousquetaires, évoque l'analogie troublante entre les gestes de l'écarteur de vaches landaises et ceux des rugbymen, rappelle les trésors de la cuisine landaise, soeur de sang du rugby par la troisième mi-­- temps, autant de particularismes qui révèlent comment le pays landais est devenu une terre d'élection de l'ovale...

  • Et maintenant ?

    Laurent Lasne

  • Ce livre retrace le fabuleux itinéraire d'Antoine Cohadon, maçon limousin, né en terre de Creuse le 23 avril 1823.Agé de dix-sept ans lorsqu'il déboule à Paris, Antoine n'est encore qu'un apprenti, un « goujat » dans la langue des métiers du bâtiment.Mais en deux temps trois mouvements, il découvre dans le regard des bien-pensants que les ouvriers migrants sont assimilés à des sauvages, des pue-la-sueur, des soutiers de révolte, des types sans manière. des goujats pour tout dire.C'est là que tout bascule ! Puisque ce monde les tient en lisière, ils se mettent à rêver de république égalitaire, d'association et de justice sociale. Crénom ! Il n'y a pas de fatalité au malheur et à la misère.Désormais, ils veulent vivre libres et de face ! Ne recherchant ni les honneurs ni le pouvoir, républicain et socialiste, Antoine Cohadon sera poursuivi sous le second Empire et au début de la IIIe République. Jusqu'au bout et sans relâche, il cherchera à conjuguer les valeurs républicaines avec un socialisme inspiré par les principes solidaires de l'économie sociale.Dans un style tonique et passionné, contre l'oubli, l'auteur nous offre un magistral exercice de réhabilitation d'une des principales figures ouvrières du XIXe siècle que l'histoire avait fini par rendre invisible.

  • Au début de l'histoire, de Gaulle est un officier rebelle de sensibilité catholique qui se déclare soldat avant tout, mais dans le contexte de la montée en puissance des totalitarismes et de l'impuissance de la IIIe République, voilà qu'il s'interroge : la crise n'est-elle pas dans l'homme au coeur d'une civilisation matérielle, obsédée par l'argent et le bien-être, qui uniformise à tout-va ?
    Sous les cendres de Vichy nous plonge au coeur des méditations d'un de Gaulle, pragmatique et visionnaire, à la recherche d'une troisième voie inédite entre le libéralisme et les Soviets.
    Quelles furent ses sources d'inspiration ? Son tempérament d'officier rebelle le prédisposait-il à emprunter une voie sociale disruptive ? Sa philosophie sociale est-elle encore d'actualité ?
    C'est à ces questions que ce livre tente d'apporter un éclairage neuf tout en donnant à voir une facette peu connue et étonnante du personnage, celle du réformateur social !

    Sur commande
  • Le roman de Jaurès

    Laurent Lasne

    • Rocher
    • 27 Mai 2014

    Biographie de cette figure emblématique de la gauche et du socialisme. L'auteur éclaire sa pensée du mouvement, liée au concept d'unité et fondatrice de l'acte politique, qui doit tenir ensemble l'autonomie individuelle et l'unité sociale, le matérialisme et l'idéalisme.

    Sur commande
empty