• "Partout, le temps s'est accéléré : des soleils trop forts ont crevé le ciel, les vents incessants ont décapé les corps et les eaux mauvaises tordu les ventres.".

    Dans une France au bord de la guerre civile, où les ressources se font rares, Étienne décide de tout quitter pour se réfugier avec sa fille Manon dans la ferme familiale, au milieu des forêts d'épineux.
    Il y retrouve de vieux amis mais son rêve d'autarcie s'écroule rapidement : la vie est rude dans la vallée cernée d'imposantes montagnes où plus personne n'ose s'aventurer. Les pouvoirs publics ont déserté la région, au profit de la mystérieuse Fonderie qui semble tenir le village et les alentours sous son joug. Ici aussi, peur et violence règnent.
    Bientôt, Étienne apprend que plusieurs jeunes filles ont disparu et que des corps d'hommes déchiquetés sont régulièrement retrouvés à la fonte des neiges.
    Chaque jour, les vents se déchaînent, chaque jour, les habitants se terrent... Et les peurs ancestrales resurgissent.

  • « Quelque chose les enveloppait. Un écho, un murmure de rage, qui démangeait les âmes, les épluchait, réduisait les corps au sang. ».

    Ludo et David enchaînent les nuits à damer les pistes de ski pour un salaire de misère. Au coeur des montagnes qui les ont vus naître, le petit fûté et le géant naïf ont toujours veillé l'un sur l'autre.
    Lorsque David trouve un corps dans les bois, à moitié dévoré, Ludo décide de le cacher pour leur éviter des ennuis.
    Bientôt le géant prend l'habitude de se confier au cadavre, enfoui au fond de son étable sous une épaisse couche de glace.
    Avec la sécheresse exceptionnelle qui sévit cet hiver-là, un mal étrange rode dans la forêt. Dans la commune, la colère gronde : quelle est cette rage qui transforme les animaux les plus paisibles en fauves ? Comment la station produit-elle encore de la neige artificielle alors que l'eau manque au robinet ?
    Le géant le sent : un fil se tend qui enserre les bêtes et les hommes et leur fait perdre la tête.

  • Noyé vif

    Johann Guillaud-Bachet

    Si on ne peut pas sauver tout le monde, comment doit-on choisir ?
    Un roman vigoureux et fin qui fait se rencontrer préjugés et réalité, et nous interroge sur la valeur d'une vie.

    Le soleil brille haut, la mer est calme. Six apprentis marins de l'école de voile quittent le port de Sète, dans une joyeuse anarchie encadrée par un moniteur. Parmi eux, le narrateur porte sur cette bande hétéroclite un regard doux-amer. Il a une raison intime d'être sur ce bateau, sur cette Méditerranée qui l'a recraché, lui, l'immigré syrien, des années auparavant sur les plages françaises.
    Et, tandis que la vie s'organise en mer, rythmée par les quarts et les manoeuvres, les six personnes se confrontent les unes aux autres - dévoilant origines, horizons, idéaux et préjugés - et à elles-mêmes. Un concentré de comédie humaine.
    Mais le jour où se lève la plus effroyable des tempêtes, la traversée vire à la tragédie.
    Une déferlante emporte le moniteur. Ils sont maintenant six néophytes sur ce bateau, dont un blessé. Les secours contactés les rassurent : un patrouilleur de la marine va se dérouter vers eux, il faut tenir bon. C'est alors que le canal d'urgence de la radio grésille à nouveau. Une voix très jeune. L'enfant supplie, en anglais : « S'il vous plaît, nous sommes nombreux, le bateau est cassé, il prend l'eau. » Le patrouilleur en route vers la zone annonce qu'il va les secourir aussi.
    Dans le voilier, le dilemme surgit aussitôt. Qui doit être sauvé en premier par la marine française ? Six Français sur un voilier qui ne tiendra peut-être pas jusqu'au bout, ou un bateau de migrants ? Tandis que les éléments continuent à s'acharner sur eux, les six s'affrontent sur la marche à suivre et la valeur des vies à sauver.

    Le ton est vif et l'humour noir. Johann Guillaud-Bachet ébranle nos certitudes, bouscule les idées reçues, et les interrogations qu'il soulève sans jamais juger nous trottent longtemps dans la tête.

  • Hector a renoncé à ses costumes de chef d'entreprise pour partir à l'aventure cent jours, seul, en pleine montagne. Mais à son retour, rien ne se passe comme prévu. Qui sont ces deux fermiers patibulaires propriétaires d'une moufette nommée Arielle? Pourquoi font-ils collection de rouleaux de papier toilette? Un récit drôle et sous haute-tension où toute ressemblance avec la réalité n'est pas fortuite. 

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