• Adieu chers dinosaures

    Jean-Louis Roure

    • Acme
    • 21 Octobre 2013

    Adieu chers dinosaures de Jean-Louis Roure est un livre inscrit dans la tradition du roman picaresque, avec un ton parfois humoristique, qui est plus rabelaisien dans les situations qu'ibérique, le tout sur fond de description très caricaturale d'une grande famille catalane, telle qu'on pouvait en rencontrer au milieu du siècle passé (1930-1960). L'histoire suit l'évolution du narrateur, de son enfance à l'âge adulte, au sein de cette famille, avec beaucoup d'humour, d'émotions, et un certain décalage. Beaucoup de décès, d'enterrements, et d'anecdotes rocambolesques, traités avec une vision enfantine. On rit parfois, on sourit souvent. Tante Agathe, Oncle Eustache, Grand'mère Agnès, Sophocle, . toute une famille, une série de portraits, par toujours flatteurs, constituent ce roman. Du décès de l'un aux catastrophes de l'autre, l'auteur nous décrit la société, les moeurs, et tout simplement la vie de famille comme elle n'existe plus.
    Une époque révolue, mais extrêmement proche à la fois.

  • Dans un paysage urbain, la fontaine est magique et l´eau qui coule un rêve. Elle est lieu de passage, de rencontre, de repos, de complot amoureux, de nostalgie du promeneur solitaire, de rassemblement des colères ou des joies populaires ; elle est dans l´histoire de la ville alternant bruits et silences, canalise, apaise, témoigne... elle est jardin, coin de rue, utilitaire, orgueil d´une cité... elle peut être bassin somptueux ou flottent des navires et dresser son orgue statuaire, ses cascades, ses jets sur des statues de pierre ou de bronze. Elle peut se cacher dans des cours ou dans quelques chemins de bouts de ville à la campagne.

    Reflet du temps, elle nourrie l´âme de soleil ou de pluie, de flots en goutte à goutte. Simple, sortie de terre, margelle de cailloux ou de briques, elle peut exploser en lyrisme gothique, en marbre classique, en floraisonbaroque, en rigide principe de béton, en pierre ou en céramique... simple ou multiple jet ou robinet, elle semble parfois oubliée par les projets urbains, elle cède au parking ; elle se dit jeu d´eau souvent elle se fait rare. Pourtant, expressive, un peu ostentatoire elle sait trouver sa place, s´imposer en se faisant discrète, utile au spectacle de la place. Massive ou svelte, elle dispense filets et résurgences, sauts et cascades ou des bouquets de girandoles. Economie ou abondance : elle sait passer les gorges tuyautées venues des fonds de terre, des talus et même rester sèche... Fontaine magique et rêve à Perpignan comme ailleurs, la ville est là, la vie aussi où est fontaine.

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  • le 20 juin 1907, le mythe voulant que ce soit en réplique vengeresse des morts de narbonne, la préfecture de perpignan brûlait vers 22 heures et l'incendie ne fut parfaitement contrôlé que vers les 2 heures du matin, le 21 juin.
    cette nuit-là, le prétexte des morts de narbonne groupa devant la préfecture de perpignan tout au plus 500 à 600 personnes habitant la ville. cette nuit-là, dans les rues proches de la préfecture, il n'y avait pas de viticulteurs, et dans les actions qui suivirent, policières et judiciaires, il n'y en eut aucun d'inquiété. l'auteur pense qu'il y a de fortes présomptions pour pouvoir affirmer, même s'il n y a ni aveu ni écrit, que cet incendie, occasion fournie par le mouvement viticole, s'inscrit dans une lutte entre les droites légitimistes catholiques excédées par la laïcisation forcée du département, et de l'autre côté par les socialistes révolutionnaires syndicalistes ou anarchistes, décidés à faire une conduite de grenoble à un préfet qui avait su se rendre très impopulaire.
    le préfet a tenté de faire de sa préfecture un piège, il a échoué et a payé son excès de zèle en sachant très bien que les viticulteurs n'étaient pas ses ennemis. ii a cependant permis cette conjonction des extrêmes, en tout cas c'est ce que l'auteur estime, et a tout fait pour qu'elle se produise. il fut entraîné par l'échec de son coup mal monté à une paranoïa défensive frisant le ridicule, exacerbée par la stratégie des responsables de la commune dont le seul souci fut d'éviter la révélation de l'amalgame des extrêmes dans cette action criminelle

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  • La Belle Époque à Perpignan, du temps où les dames en robe longue et en chapeau, donnant le bras à de beaux messieurs, allaient aux Platanes où des enfants, les enfants pauvres, ceux qui n'avaient pas de cerceaux, jouaient à s'affronter à coups de pierres au cours de pedregades mémorables, dans les rues de la ville et sur les glacis des remparts. La Belle Epoque du temps des maisons de tolérance et des lieux où les jeux étaient tolérés : cercles, tripots et autres claquedents. On jouait beaucoup à Perpignan, en particulier à la loterie la rifle qui opérait la même fascination à cette époque qu'aujourd'hui les bandits manchots. On y fumait aussi des substances exotiques et on y buvait de l'absinthe. C'était le temps des cafés concerts et des théâtres de variétés, des bals de la saison mondaine, et, à partir de 1895, le nouvel âge du carnaval. Toute une jeunesse qui s'ouvrait sur un monde qui commençait à changer, de plus en plus vite, toute une jeunesse qui voulait se divertir, montrer son luxe, affirmer son existence et ses prétentions sociales, dans des lieux publics et mêlés, à l'occasion des tètes et à carnaval en particulier. Dans ce deuxième volume de Perpignan à la Belle Époque (1880-1914) ce sont donc Les saisons, les jeux et les plaisirs que Jean-Louis Roure nous livre avec une jubilation stylistique qui n'a d'égale que l'acuité et la rigueur de ses analyses sociales et historiques. Car l'anecdote ultra-locale, le détail croustillant y sont toujours contextualisés dans la grande Histoire. celle d'une époque qui. bien que qualifiée de belle. ne le fut pas toujours et pour tout le monde.

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  • Voici enfin un livre sur la naissance du rugby à Perpignan! Le rugby est, en Pays catalan, une religion, porteur de valeurs et d'identité. Jean-Louis Roure, en historien et chercheur avisé, venant lui-même d'une famille pour qui le rugby fut aussi une religion, nous propose un ouvrage sur ses origines dans sa ville de prédilection. Dans Le Grand Jeu il revient sur les origines du rugby à Perpignan, allant de 1891, date de la création de l'équipe de rugby de l'Union Athlétique du Collège de Perpignan, jusqu'en 1914, année funeste mais année du sacre de l'Association Sportive Perpignanaise et de la reconnaissance fondatrice du rugby catalan au plan national. Le Grand Jeu est né d'une recherche intellectuelle fouillée, minutieuse, basée sur une documentation sérieuse, diversifiée (archives, livres, témoignages). Jean-Louis Roure réussit avec brio à recréer l'atmosphère dans laquelle, au début du XXe siècle, vivait la ville de Perpignan, les jeunes qui y résidaient et plus particulièrement les jeunes du Collège de Perpignan, tournés vers l'avenir, la modernité et fondateurs du rugby catalan. Esprit libre, curieux, explorant de nouveaux chemins, l'auteur bat en brèche les approximations chronologiques, historiques de ceux qui ont écrit sur le rugby et le milieu roussillonnais. Albert Bausil, lui-même, qu'il apprécie par ailleurs pour son talent littéraire, n'échappe pas à la sagacité de son esprit critique.

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  • Ce livre aurait pu s'intituler la boxe dans la ville. Il est une chronique de la vie perpignanaise dans ses rapports avec le noble art de 1885, date à laquelle la boxe anglaise fait son apparition, à la fin du XXe où elle peut fêter plus d'un siècle d'existence. Cet ouvrage est tout à la fois une histoire des boxeurs, des clubs et des prévôts, des dirigeants mais aussi des quartiers, des rues, des cafés... car cette vie sportive s'est inscrite dans des lieux familiers encore visibles qui ne sont plus que hantés par les gants de cuir rouge, les coups de gong et des hommes sur des rings parfois improvisés.
    L'ancien Alcazar, devenu cinéma Familia et son parc ont disparu, mais l'ancien hôpital militaire avec ce qui fut le siège du Foyer Léo-Lagrange est toujours là, gardien des souvenirs, des sons, des odeurs... aujourd'hui encore en longeant ses hauts murs on voit passer les ombres des cogneurs, des stylistes, des encaisseurs tragiques de coups fabuleux, des k.o.
    Techniques. Dans une soirée, le drame pouvait côtoyer la comédie et le tragique avoir sa part de ridicule devant un public le plus souvent féroce.
    Le Casal Catala et le Théâtre de Verdure aux Platanes, le Nouveau Théâtre, le Vélodrome ont aussi rejoint le Paradis des constructions festives perdues mais le Centro Espagnol est encore là même si depuis bien longtemps, il n'accueille plus les puncheurs venus de Barcelone et il n'y a plus de combat au Théâtre Municipal.... Il reste les bars, les cafés et il existe le Palais des Congrès.
    Ce livre fait revivre dans le contexte urbain des figures tutélaires presque mythiques du sport roussillonnais, de la boxe catalane, les héros oubliés :
    Ils sont tous dans ce livre... petits ou grands, amateurs ou professionels... Admirable carrière de Biosca, des salles parisiennes à celles de Madrid, Barcelone, Milan, Alger...
    Nos boxeurs voyageaient et l'Indépendant donnait parfois de leurs nouvelles.
    Il sont tous ou presque dans ce livre avec leurs clubs, leurs dirigeants emblématiques et souvent pittoresques, toujours passionnés : " Napoleon Orliac ", Gaetano, on ne peut les citer... Les petits clubs, les groupements éphémères, ont eux aussi droit au chapitre au même titre que les grands, les omni-sports : l'U.S.A.P. et le Foyer Léo-Lagrange qui eurent encore, vers les années 1960 de formidables équipes de boxeurs. Cette chronique n'oublie pas combien la boxe et le rugby furent proches. Les villes et villages du département, où il y eut des clubs (Rivesaltes, Port-Vendres, Ille sur Têt, Bages...) qui défendaient les couleurs de leur coin de Roussillon.
    Les jours heureux et les jours noirs, dans la ville qui bouge avant guerre, après guerre qui s'agrandit... L'histoire de la boxe se mélange avec une chronique des grands jours de joies, de fêtes.
    Chronique contemporaine de ceux qui montent sur un ring pour échanger des coups avec un inconnu et n'ont que quelques minutes pour montrer leur courage et souvent leur limites tant physiques que morales, ceux qui le lendemain reprenaient leur travail à l'usine, aux abattoirs, au nettoiement des rues, aux écuries du faubourg, à la gare, employés, ouvriers, ceux qui après défaite ou victoire, reprenaient l'entraînement amenaient femmes et enfants le dimanche, voir Lord Jim au cinéma ; leurs pères étaient allés voir le cirque Pinder où Carpentier rejouait avec application son match contre Dempsey... ceux là aussi méritaient quelques pages.
    Perpignan a ses " rugby ", son Castillet, la Sardane, et, grâce à Dalí, le centre du monde.... avec ce livre les Perpignanais n'oublieront pas que des coups de gong ont accompagné son histoire.

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  • " Je suis née sous un pont...
    " Paroles, écrits et silences de Mme T... est un texte issu de la rencontre entre une vieille dame dont le nom ne sera pas révélé, et Jean-Louis Roure. Ce dernier a eu connaissance d'un récit de vie dicté par Mme T..., et après quelques entretiens, admiratif, il a voulu porter ce témoignage à la connaissance du public. Il a contextualisé le propos et apporté quelques commentaires toujours judicieux et éclairants.
    Mais le coeur du livre reste le texte de Mme T..., un texte savoureux, direct, une course à travers le temps, à travers la vie avec ses interrogations et son quotidien de misère du corps, de l'âme, du portefeuille. Elle est née d'un père gitan et d'une mère " paia " sous un pont, titre de fierté porté comme un blason. Le pont du Faussat à Perpignan, en limite du quartier Saint-Jacques qui constituera, avec le Faubourg l'épicentre d'une existence faite de labeur et de courage, toute vouée à sa famille (et quelle famille !).
    Un document exceptionnel sur une population, sur un milieu, sur une époque. Le récit commence par l'évocation des grands-parents fin XIXe siècle, couvre tout le XXe, avec en particulier les années 40 et 50 et s'arrête quand la vieille dame ne veut plus rien dire. Vient alors le temps du silence, le temps d'un destin accompli.

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