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  • Onze heures du soir, quand les lumières vacillent, plus proche du réel.
    Il est nécessaire de saluer les domaines limitrophes, les concepts hasardeux; sans les épuiser. respecter le cours du temps, suivre le fil des choses, les arborisations; même par ces temps d'étiage, bien loin des déluges mystiques. la borde, un lieu-dit oú quelque chose peut encore se dire : seule condition pour pouvoir entendre, pour pouvoir s'entendre, par respect d'oubli, au plus proche de ce qu'on peut exciper de l'existence psychotique, tout à fait étrangère à quelque "psychose littéraire".

    Essais de psychothérapie institutionnelle.
    C'est beaucoup dire. essai de cerner, de délimiter un champ spécifique de ce qui est là, à fleur de peau, à la limite d'une phobie.

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  • Un extrait de quelques mois, de ce que l'on nomme ici " Séminaires de La Borde ".
    Quelques mois, de septembre 1996 à mai 1997. Un échantillon prélevé sur 28 années (à raison d'un par semaine) !
    Depuis février 1971. Une date peut-être décisive ? A voir. Il s'agit d'un exercice hebdomadaire d'improvisation. Arriver là, sans note, à de rares exceptions. Devant un public varié, hétérogène, qui pour la majorité n'est pas de La Borde. Question à débattre, bien que depuis quelques années, je constate quelques infiltrations locales.
    De quoi moduler la formule " Nul n'est prophète... etc. " En dehors de l'exercice personnel, pour que la machine pensante ne se rouille pas, il y a peut-être, non pas un but, mais une justification à cet exercice régulier.
    Sensibiliser le public à une forme d'appréhension des choses ? Quel public ? Quelles choses ? Témoigner d'une nécessité pragmatique, éthico-existentielle ? Traduite, à ma façon, ce qui se passe dans le champ psychiatrique afin d'en préserver la densité, la couleur.
    Parti-pris éthique ? Illustration de ce fait, quotidien, qui veut que dans toute rencontre (psychiatrique, psychothérapique,...) il est nécessaire que l'on soit seul, sans doublure, en prise directe, sans référence ; façon d'appliquer cet aphorisme de Lacan : " il n'y a pas d'Autre de l'Autre. "

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  • Jean Oury, est-il besoin de le rappeler, est actuellement un des psychiatres qui connaît le mieux au monde la problématique de la psychose, à la fois sur les plans clinique, psychopathologique, et surtout thérapeutique.
    La création de la clinique de La Borde a été un des actes les plus significatifs de la psychothérapie institutionnelle, et le travail qui continue de s'y dérouler cinquante ans après sa fondation, sert de référence dans un nombre considérable de pays pour les équipes psychiatriques qui ont décidé de prendre en charge au long cours les patients psychotiques. L'intérêt de republier un tel corpus tient à sa structure de constellation : il rassemble en 24 textes à peu près tous les outils conceptuels que Oury a développés et développe encore aujourd'hui.
    Il part à l'aventure sur l'océan de la folie en abordant dans les principaux ports de la psychose et de l'institution, et, tel un découvreur de contrées nouvelles, il enrichit les espaces connus de nouvelles dimensions, de pistes novatrices, d'horizons inapprochés.

  • Le collectif

    Jean Oury

    Depuis l'élaboration improvisée, comme à l'accoutumée, de ce texte (1984-85) et sa première édition (1986), jean oury continue à bâtir des amers pour le " chemin qui se fait en marchant " au cours de ses séminaires mensuels de sainte-anne.
    Ces soirées sont d'une rare densité, comme le texte qui suit en témoigne, mais tout se lit aisément, tout se lie, se lisse, glisse. pourtant " rome brûle " ; mais parce que, comme le dit le poète, " elle brûle tout l'temps ", il faut bien continuer à penser, parler, écrire, témoigner, tout cela parfois dans la honte ; le rouge au front - au front de la folie - comme notre cher tosquelles empoignant celle-ci au plus près des affrontements sanglants de la guerre civile d'espagne.
    Car c'est là, des leçons de cette guerre, qu'il a bien fallu penser les rapports entre l'etat et ses institutions d'etat, ses " établissements ", et le tissu d'institutions, les associations, amicales, clubs, syndicats, mutuelles, que dire encore !, créées pour être près du " singulier ", de l'être cheminant. c'est précisément là que l'ouvrage, où le lecteur va déambuler, jette une vive lumière. saisissant une première articulation, celle de l'établissement et des institutions de cet établissement, puis une deuxième, celle entre ces institutions et un-chacun (comme le dit tosquelles), cet opérateur qu'est le collectif permet le jeu de cette double articulation.
    Une vraie relation triadique, donc d'un registre conceptuel. c'est là que jean oury, à l'instar de lacan, de peirce, propose d'identifier cet opérateur à ce que permet la double articulation dans le langage. quel bonheur de rendre possible par cette nouvelle édition la continuité de la diffusion de cette parole, de cette pensée ! michel balat.

  • « Quand, d'outre-Atlantique, nous reviennent les onze symptômes de premier rang de Kurt Schneider sous forme de liste de onze définitions qui passent à la machine, cela donne le DSM-III. À tel point qu'on est capable, de plus en plus, de faire un diagnostic d'après la liste, en cochant les «plus», «moins», «zéro» d'un questionnaire... Cela ne coûte pas cher - mais alors là, c'est de la «science»?: on n'en est plus à faire de la phénoménologie ou je ne sais quelle psychanalysette... On fait des scanners et on répond aux questions de l'Internationale nosographique...
    Ceci pour aller non pas à contre-courant, mais pour continuer une sorte de chemin, comme ça, un peu comme les vendeurs de salades et de citrons qu'il y avait dans les rues de Paris, avec une petite charrette que je continue de pousser, où il y a des «symptômes primaires», soi-disant. Bien sûr qu'il faut fouiller au fond?: on ne les trouve pas, comme ça, en surface?! Alors, je me posais la question de savoir de quel lieu, de quel belvédère, si je peux dire, à partir de quoi on peut «voir» des symptômes primaires. Et la réponse, il me semble, est qu'on aura beau chercher des sites et des belvédères, explorer le monde entier... On ne verra rien du tout. Autrement dit, cela ne se voit pas. Et à la limite, cela ne s'entend pas non plus. Est-ce pour autant une abstraction??? » (Mai 1985).

  • " la mort, coupure, accident ; jamais prévue, toujours en trop ".
    L'abord de la psychose - " passion éthique " - nécessite une lutte constante, à travers les pièges du bureaucratisme (tissé de transparence et d'homogénéité), pour sauver le " singulier " et son statut aléatoire. dans ce texte dense et grave, jean oury dénonce cette forclusion du deuil, affirmant la distinction entre pulsion de destruction et pulsion de mort, la " pulsion par excellence " (todestrieb, de freud).
    " le travail du deuil est un travail d'écriture lointaine ", base d'une civilisation et de toute culture.

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  • Préfaces

    Jean Oury

    Ce livre rassemble l´ensemble des préfaces écrites par Jean Oury.Tout en articulant la question de l´aliénation dans des registres habituellement clivés (psychique, social, institutionnel), ces textes touchent au coeur de la problématique de l´écriture, précisément là où " la dimension inventive de la psychose nous oblige à un déchiffrement permanent ".

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  • Abords de la psychose

    Jean Oury

    • Eres
    • 14 Mai 2009

    Ce numéro sur la psychose se propose de prendre pour point d'ouverture la prodigieuse expérience de Jean Oury, médecin, psychiatre, psychanalyste qui a radicalement changé et humanisé l'approche de la folie en France durant le siècle dernier et dont les effets se sont fait sentir bien au-delà de nos frontières. Son long travail avec Lacan, une belle rencontre de la psychiatrie avec la psychanalyse ont ouvert un parcours aussi innovant que passionnant. La clinique La Borde, fondée par Jean Oury en 1953 est devenue un des lieux forts et incontournables de la réflexion sur le psychisme humain, repère d'intellectuels et de praticiens, lieu où les philosophes, les écrivains, les comédiens, les poètes, les psychanalystes ont côtoyé les infirmiers et les médecins. Comment assurer l'imprévu de la rencontre avec ce qu'on nomme un psychotique? Comment soigner ceux dont les gouffres rappellent nos propres failles sans perdre pied? Comment mieux reconnaître les folies ambiantes de notre quotidien?

  • L'alienation

    Jean Oury

    • Galilee
    • 3 Novembre 1992
  • Si la question de la formation se présente comme une problématique complexe, c'est qu'elle fait appel à une disposition fondamentale, celle d'apprendre à apprendre.
    Au fil des quatre mouvements qui composent ce texte, jean oury porte inlassablement la question de l'engagement en psychiatrie, incitant le lecteur à cet exercice jamais fini, à ce travail permanent de modification.

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  • Premier matin

    Fleur Oury

    Aujourd'hui, c'est le jour de la rentrée des classes, et Petit Ours refuse de se lever.
    Petit Ours a peur. Et s'il oubliait son cartable ? Et si la maitresse le grondait ? Et si il perdait tout ses copains ? Sur le chemin de l'école, à travers la luxuriante forêt peuplée d'animaux, Grand Ours rassure son petit. L'école, ce sera aussi l'endroit où apprendre à peindre, à jouer, à lire, et à grandir...
    Pour son premier album destiné à la jeunesse Fleur Oury décrit, avec une grande tendresse, les appréhensions de l'enfant lors du « premier jour ». Fondus dans un paysage dense, les animaux de la forêt prennent vie sous les feutres colorés de l'artiste. Un album tout en douceur d'une grande force graphique.

  • Dimanche

    Fleur Oury

    Aujourd'hui c'est dimanche.
    Clémentine passe la journée chez Mamie avec ses parents. Elle s'ennuie un peu.
    Jusqu'au moment où, dans le jardin, elle découvre un trou dans la haie et passe de l'autre côté. Elle partagera alors avec sa grand-mère un secret extraordinaire...

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  • Le 1er novembre 1700 s'éteint le roi Charles II d'Espagne, souverain d'un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. À la surprise générale, il désigne comme héritier le jeune Philippe, duc d'Anjou, petit-fils du Roi-Soleil. Cette décision arrime le royaume d'Espagne, immense mais à bout de souffle, à celui de France, première puissance du continent. Pour les autres États d'Europe, cette alliance est inacceptable. Le conflit qui s'ensuit représente la plus longue et la plus difficile épreuve du règne de Louis XIV.
    La guerre de Succession d'Espagne oppose, de 1701 à 1714, les deux rois de la Maison de Bourbon à une vaste coalition dirigée par l'Angleterre, la Hollande et l'Empereur. La France dispose alors de la plus forte armée d'Europe, invaincue depuis plus d'un demi-siècle, et d'une direction stratégique unifiée. Elle va pourtant subir une série de désastres sans précédent face aux troupes alliées commandées par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie. La ceinture de fer érigée par Vauban est entamée, les frontières du royaume occupées.
    C'est à l'étude de cette catastrophe que se consacre Clément Oury. Dans la lignée d'une histoire militaire renouvelée, il étudie la conduite des opérations depuis Versailles ou La Haye, dans les cabinets des ministres ou sur le champ de bataille. Il s'intéresse au quotidien du soldat comme à son expérience du combat aux souffrances des populations dans les zones de conflit aux réactions des opinions publiques qui, sidérées ou enthousiastes, voient s'effondrer l'image d'un Roi-Soleil invincible et menaçant.
    Il analyse enfin les ressorts de la résilience du royaume. Alors que le désastre paraît consommé, les dissensions entre Alliés permettent d'obtenir une paix de compromis. Celle-ci bouleverse l'agencement des pouvoirs en Europe, avec l'affirmation de la Grande-Bretagne et de la Maison d'Autriche. On ne craint plus que le royaume de Louis XIV ne prétende à l'hégémonie. Des décombres du conflit s'impose un principe diplomatique nouveau : l'équilibre des puissances.

  • Un matin de printemps, la maison de cette petite famille de blaireau se met tout doucement à grandir, à pousser, à bourgeonner. Des petits changements d'abord imperceptibles puis un peu perturbants. Drôles de moments que ceux où on a l'impression d'être la seule à ne pas changer. Le ventre de maman s'arrondit, celui de papa aussi.
    Il faudra beaucoup de tendresse, des mots qui éclairent et qui rassurent la nuit, et du temps pour que voilà, un matin,... on se retrouve grande soeur, le coeur gonflé d'amour...

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  • Alors que Roger Gentis et Jean Oury nous ont maintenant quittés, Patrick Faugeras a redécouvert le texte d'une rencontre qui les a rassemblés à La Borde en 2005. Leur objectif de départ était de dialoguer sur la naissance du mouvement de psychothérapie institutionnelle, son importance quant au traitement des pathologies mentales dans un cadre institutionnel mais aussi de revenir sur la nature d'une pensée et d'une clinique qui, au-delà des particularités et dissemblances générées ici et là selon les contextes, font encore communauté.
    Assez tôt, cet échange prit l'allure d'un vagabondage où chacun sut mêler et entrelacer ses souvenirs personnels avec l'histoire d'un mouvement qui produisit une véritable révolution dans le champ de la psychiatrie.
    Tout au long de cet entretien, ces acteurs de premier plan d'une psychiatrie qui se voulait profondément à l'écoute d'êtres en souffrance psychique soulignent à l'usage des générations à venir combien l'engagement dans cette clinique ne peut se concevoir sans le souci de la singularité du sujet et un certain sens du collectif soignant. Leurs témoignages prennent, dans le contexte actuel, des allures de manifeste pour une « psychiatrie à visage humain ».

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  • Créateur de la clinique de La Borde, Jean Oury a consacré sa vie à prendre soin de personnes psychotiques. Il livre ici avec humilité et pertinence son cheminement, à la fois professionnel et personnel, et les fondements de sa pratique. Cet ouvrage historique, épistémologique et clinique n'échappe jamais, par la forme choisie du dialogue, à une intention didactique. Jean Oury fournit au lecteur les outils nécessaires pour échafauder et développer par lui-même une conception du soin en institution, en lui donnant accès à des théorisations psychanalytiques et philosophiques d'une grande complexité.

    « La question fondamentale, à toujours se poser, dit Jean Oury - "Qu'est-ce que je fous là ?" - n'attend pas une réponse qui serait uniquement circonstancielle, conjoncturelle, mais touche à des dimensions existentielle et ontologique. En s'exposant ainsi à ce travail permanent de reconstruction, de création, Jean Oury nous indique une voie à suivre afin, cliniquement, de pouvoir se tenir, au sens fort du terme, à côté de ces existences que la psychose a défaites.
    Des concepts ou des notions reviennent avec insistance dans ses propos et constituent ce qu'il appelle sa boîte à outils. Ceux-ci et les problématiques qui les enserrent, dans leur précision et quelquefois leur tranchant, ont pour fonction de protéger, de maintenir, de défendre la condition de possibilité de la pensée contre toute tentative d'arraisonnement. En leur découvrant une profondeur inattendue ou une parenté encore inavouée, parfois même insoupçonnable, Jean Oury les rend à leur fraîcheur initiale, avant même que ne s'use leur fil sur le banc des écoles ou qu'ils ne soient soumis au seul règne de l'utile. » Patrick Faugeras

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  • Le jeudi 5 mai, par une matinée de printemps, nous nous retrouvons à quinze mille métallos regroupés sur le terre-plein de Penhoët. Juché sur la plate-forme d'un wagon, je reste sidéré pendant quelques instants par l'impression de puissance que donnent quinze mille hommes rassemblés pour un motif commun, pour un combat vital. Ce potentiel de violence m'effraie un peu, bien que je me sente solidaire de mes camarades. Quinze mille mâles qui domptent la matière à longueur d'année, et se déclarent ouvertement prêts à pendre par les couilles le directeur et ses adjoints si ces derniers ne leur donnent pas les moyens de vivre décemment, cela me fait l'effet d'une douche glacée. D'autant plus que mes leçons de catéchisme sont toujours aussi vives dans ma mémoire, notamment « ...
    Panem nostrum quotidianum de nobis hodie ». Le pain quotidien ? À vrai dire les ouvriers ne tiennent pas à ce qu'on le leur donne, ils veulent l'arracher, l'obtenir par la force, pour une simple question de dignité, pour « ne pas avoir à baisser leur froc devant le patron ».
    Les Prolos est un témoignage d'apprentissage comme il en existe des romans. On y suit un très jeune apprenti, issu du monde agricole des régions rurales de la Loire, pour qui le passage par la condition ouvrière est une étape dans un parcours de promotion sociale.
    C'est à Saint-Nazaire, dans les chantiers navals, que le chaudronnier se rapproche d'une classe ouvrière nullement enchantée, dans une progression dramatique qui culmine avec la grande grève de 1955. Le monde des Prolos, immédiatement postérieur à la reconstruction, est celui de la guerre froide, d'écarts et d'affrontements sociaux qu'on peine aujourd'hui à se représenter. C'est un monde presque entièrement disparu, qui a inspiré à Louis Oury un des classiques majeurs du témoignage ouvrier.

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  • Cet ouvrage propose une structure : étape par étape allant de l'organisation des révisions, à la découverte des 5 épreuves qui rythme le concours de l'ÉNA , à l'examen lui-même, en passant par les incontournables de chaque matière.

  • L'aliénation

    Jacques Oury

    Depuis mes premiers pas dans le champ psychiatrique, en 1947, il m'a paru nécessaire de mieux cerner le sens du concept d'aliénation. En effet, ses acceptions étaient souvent approximatives - sans parler de l'interdit prononcé à son égard en 1932 par l'idéologie stalinienne. Depuis 1948 - au moment de la condamnation de la psychanalyse par le « jdanovisme » - j'ai insisté sur la distinction entre « aliénation sociale » et « aliénation psycho pathologique ». Prise de position fondamentale, d'autant plus qu'une vingtaine d'années plus tard les « antipsychiatres » considérèrent les « maladies mentales » comme simples effets des problèmes de société : thèse qui constitue l'un des facteurs de la confusion actuelle entre resocialisation et soins. Il est nécessaire de proposer quelques jalons pour lutter contre un processus de « déspécification » du fait psychiatrique. En effet, sur la base d'une idéologie médicale rudimentaire, cette attitude conduit à une hyperségrégation sous le couvert d'une technique « moderniste » taillée dans le « bon sens » médiatique et le consensus des bien-pensants. Le mot « aliénation », d'origine latine, apparaît dans plusieurs domaines : juridiques, métaphysiques, esthétiques, religieux. Mais nous nous appuyons surtout sur les expressions germaniques, celles reprises par Hegel, puis Marx. L'étude des processus, des contextes sociaux qui sont en jeu dans cette sorte de « sémiose », est d'autant plus importante que l'analyse de l'aliénation sociale est la base même de toute « analyse institutionnelle » Reprise du séminaire de Sainte-Anne (1990-1991), L'Aliénation se propose comme une introduction au problème, traditionnel, des rapports de l'homme et de son milieu. Ici, la pertinence des élaborations métapsychologiques de Freud et l'approfondissement logique de Lacan permettent de saisir le processus « aliénatoire », lequel ne peut se dialectiser que dans son articulation avec la « séparation ». Ainsi s'éclaire la relation paradoxale entre le « socius » et le « singulier », et ses conséquences dans le champ de la psychopathologie.

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  • Jean Oury travaille à la clinique de La Borde, qu'il a créée en 1953, à maintenir une pensée de la psychiatrie, menacée de destruction.


    Marie Depussé, écrivain, professeur de littérature à Paris-VII-Jussieu, s'est associée très jeune au travail fait à La Borde. Elle a notamment publié, en 1993, Dieu gît dans les détails.
    La Borde, un asile (POL).


    D'où ce très singulier dialogue, où la théorie se prolonge en des scènes poétiques, souvent drôles. Marie Depussé écrit, parfois dans ses mots à lui, ou dans sa langue à elle, sa pensée à lui. Il y a dans ce duo beckettien une tendresse distante, son insolence à elle, son rire à lui.

    "Ils sont assis sur les marches en pierre un peu sales du château, par toutes les saisons. Ils attendent. Tu dis que les psychotiques sont comme des colis en souffrance, oubliés dans une gare de campagne. Quand ton maître en psychiatrie, le catalan François Tosquelles, est venu à la clinique de La Borde, il a regardé les marches et il a posé une seule question : "à quelle heure passe le train ?" Tu es psychiatre, un grand psychiatre comme on dit dans les romans...
    Pas moi. Si nous sommes là, à parler, et si nous partageons quelque chose, ce n'est pas un savoir, mais une obstination, un amour... Ce mot-là, il faut le dire dans la marge, sans accent, en douce. Nous aimons passer nos jours avec les fous." M.D.

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