• Lacan

    Hervé Castanet

    L'influence de Lacan ne s'est jamais démentie, alors qu'on a fêté en 2011 les 30 ans de sa disparition. L'enseignement de Lacan, orateur mémorable à la voix fascinante, est toujours audible et ses idées ont fait de lui plus qu'un psychanalyste : pour beaucoup il est un philosophe. Il a redéfini l'absolu, la jouissance, le désir, l'identité, l'altérité et ses paradoxes ont fait couler beaucoup d'encre, car il avait aussi le sens de la formule : "L'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas." ; "La psychanalyse est un remède contre l'ignorance, elle est sans effet sur la connerie." ; Ou encore : "Si vous avez compris, vous avez sûrement tort".
    Le personnage, souvent caricaturé, a parfois risqué de recouvrir l'oeuvre, et ses positions politiques mal comprises ont fait qu'une certaine jeunesse s'est détournée de lui dans les années 70, avant d'y revenir dans les années 90. Il n'a pas craint d'inventer des concepts nouveaux aux définitions précises (l'inconscient structuré comme un langage, l'objet (a), l'Autre, la forclusion, le sujet supposé savoir, la passe, les non-dupes-errent, etc.) et a permis, parfois par son seul sens du verbe et de sérieux jeux de mots, une avancée pour la psychanalyse là où Freud butait sur le Père. On posant un au-delà de l'Oedipe et du Père, en relisant Kant ou Sade, ou Heidegger avec les Grecs, Lacan a su préparer l'invention de la psychanalyse du XXI° siècle.

  • Quand tout s'effondre et que le corps se défait, où trouver ancrage ? Comment contrer la dérive, quand le symbolique n'ordonne plus notre monde ? Un psychanalyste présente quatre cas - plus un, célèbre, celui d'Antonin Artaud.
    Il démontre en quoi s'orienter du dernier enseignement de Lacan a des effets radicaux pour la clinique, spécialement appliquée aux psychoses. L'interprétation freudienne visait la vérité ; l'orientation par le réel vise la jouissance qui trouve son lieu d'écriture dans le corps. Aujourd'hui, la pratique analytique a nouvelle boussole.
    Dans l'expérience d'une psychanalyse, se tisse un nouage du réel, du symbolique et de l'imaginaire où se puise matière à inventer. Quand le réel cogne, loin des solutions supposées valoir pour tous, les inventions, ainsi élaborées et soutenues sous transfert, sont des réponses inédites et singulières pour tenir dans la vie.

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  • Destins du desir

    Hervé Castanet

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  • Le débat sur le mariage pour tous exacerbe les passions. La famille, la filiation, la civilisation seraient en péril. L'homosexualité, car c'est elle dont il s'agit malgré les dénégations des anti, mettrait en cause nos fondements naturels. L'argument est lancé : il y a une Loi naturelle et, sauf à sortir de l'humain, il faut s'y conformer et la défendre. À rebours, la psychanalyse répond, avec Jacques Lacan, que la nature (comme toute réalité pré-discursive) n'existe pas, et fait ce constat : le XXIe siècle voit le Nom-du--Père (et ses corrélats : l'Oedipe, l'Autre, la Loi, le surmoi, la castration) perdre de ses prérogatives pour assurer un ordre amoureux.
    Si certains s'en désolent, d'autres s'essayent aux bricolages pour y suppléer. Quelles sont les nouvelles formes des rencontres contingentes entre les sexes ? Quels sont les nouveaux partenaires de jouissance ? Ce livre interroge l'homosexualité masculine à partir de la clinique psychanalytique, celle déposée jour après jour dans le cabinet de l'analyste. Aucun des analysants présentés n'est venu en analyse pour se débrouiller avec son homosexualité en tant que telle, autrement dit, pour y renoncer, choisir le sexe féminin, oser la faire savoir... Honte ou gêne ou remords coupables sont dépassés.
    Le désir, par contre, avec ses embrouilles actuelles, leur fait question, il affole, rend malheureux, angoisse, fait vaciller, hésiter, partir, quitter, revenir, refuser ou multiplier les partenaires... Ils doivent inventer leur vie quant à leurs choix de jouissance. Ces inventions ouvrent à une clinique de la rencontre, toujours contingente. Il questionne également l'homosexualité du poète Jean Genet, en un temps où un tel choix faisait scandale.
    Dans ses romans (interdits), il glorifie cette homosexualité humiliée et masochiste où il se fait enfant puni. Son oeuvre théâtrale, jouée sur les scènes nationales, y fera réponse par une chute de cet érotisme des mots. Il écrira désormais à partir de cet "objet invisible", cette "blessure", qui décline l'être comme manque. Qu'est-ce qui a rendu ce changement radical, dans sa vie, dans sa création littéraire ? Le Père n'est plus ce qu'il était.
    Les inventions singulières de ces homoanalysants d'aujourd'hui, nous obligent, comme pour Genet, à repenser notre savoir psychanalytique sur le sexuel et l'homosexualité masculine.

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  • Macha Makeïeff a créé début 2018 une Installation minuscule et l'a aussitôt placée dans le hall du théâtre de La Criée qu'elle dirige. À s'approcher, on découvre, coincée entre deux piliers, une lourde et vieille cabine téléphonique des années 1930 transformée en reliquaire. Pourquoi y montrer, enchâssée dans une valise, une figurine de Macha petite fille qui regarde ? En quoi la comédie fantastique de Mikhaïl Boulgakov, La Fuite, y est-elle impliquée? Quel spectacle immobile se joue? Menons l'enquête en suivant ce fil de l'artiste : « J'avais besoin de cagibi, d'appentis, d'alcôve où emmurer un secret. » Le nouveau Sherlock devra savoir que l'artiste, avec son secret, toujours précède le psychanalyste puisqu'il livre l'accès à « la place de ce qui ne saurait se voir » (Jacques Lacan).

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  • Macha Makeïeff, en 2015, crée Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière dont elle réalise également le décor et les costumes. Depuis, la pièce tourne régulièrement, rencontrant un succès public et critique. Pourquoi y revenir ? Parce que le travail de Macha Makeïeff, radical et inventif, fait surgir un autre Molière. Il donne un coup de pied dans le carcan qui fige, depuis longtemps, cette comédie de génie. Une phrase de l'artiste fait boussole : "Plus que la misogynie, c'est cette terreur que provoque chez les hommes l'illimité du désir féminin qui m'a intriguée et, plus encore, le désarroi masculin qui en découle." Au passage, Lacan sera sollicité - lui déclarait : " toutes les femmes sont folles, qu'on dit. C'est même pourquoi elles ne sont pas toutes, c'est-à-dire pas folles-du-tout".

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  • Élève de Louis Althusser, Roland Barthes, Michel Foucault, Jacques Derrida, Georges Canguilhem, il commence à exercer la psychanalyse après la mort de Lacan en 1981. Il rédigera le Séminaire de Lacan (vingt-six livres) dont la version sténographique ne peut être considérée comme l'original. Lacan voulut qu'il en soit co-auteur.
    « Réveiller, secouer, fendre les carapaces, culbuter les idoles, apostropher les patapoufs, dégonfler les baudruches, dissiper les brouillards, souffler sur le feu, scanériser les idées, les passer au fil du rasoir d'Occam, être vrai, «vivre trois secondes en une», argumenter («tout bon raisonnement offense»), être conséquent, mettre au clair, mettre à nu, transpercer, percer jusqu'à l'os, s'incliner devant le réel, servir plus grand que soi » pouvait-on lire sur la quatrième de couverture de son livre Un début dans la vie (2002).
    Ce Comprendre Jacques-Alain Miller se propose de démontrer les enjeux d'une telle orientation de vie et de déplier ses apports nombreux à la théorie et à la pratique analytiques. Passionnant.

  • Jean Genet voit le jour en 1910, de père inconnu. Sa mère, Gabrielle, sept mois après, l'abandonne. Très tôt Genet rencontra ainsi l'abjection. Entre 1942 et 1947, il écrit tous ses romans, tous ses poèmes, et deux pièces de théâtre : Haute surveillance, Les Bonnes. Puis, pendant une longue période de six ans, Genet se tait (ou presque). Il traverse une « crise grave », comme disent ses biogra­phes. C'est seulement en 1955 qu'il retrouve sa créativité. En l'espace de deux ans, il écrit ses trois longues pièces : Le Balcon, Les Nègres, son chef-d'oeuvre : Les Paravents et ses deux plus percutants essais : L'Atelier d'Alberto Giacometti et Le funambule. En 1961, seront disponibles pour le public Les Paravents lon­guement repris et modifiés. Ils seront la dernière oeuvre publiée par Genet de son vivant. Il mourra, vingt-cinq ans plus tard, en avril 1986. De façon posthume sera publié Le Captif amoureux.
    Le théâtre de Genet n'est pas un ; il y a les pièces d'avant sa crise grave et celles d'après. Tous les biographes et commentateurs de Genet sont d'accord : ce silence des années 1949-1955 est essentiel. C'est la fin du premier Genet - le Genet des fictions autobiographiques, le Genet esthète et dandy - et le début d'un autre : le Genet dra­maturge et théoricien (de l'art, du théâtre) - c'est le Genet « clochard supérieur », le Genet anéanti dans son travail et requérant le strict anonymat, le Genet défenseur des causes perdues.
    C'est ce Genet multiple que ce livre, voulu bref et vif, a vocation à faire surgir derrière les imageries trop souvent attachées à sa personne.

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  • La mise en perspective de ces quatre écrivains : Artaud, Jouhandeau, Genet,
    Klossowski, rapportée à des enjeux internes à la littérature peut surprendre.
    Elle est pour nous pertinente d'une autre manière et le titre choisi pour cet
    ouvrage apporte un élément de réponse : pourquoi écrire et comment, pour chacun
    de ces écrivains, cette question s'est-elle trouvée posée ? Comment Artaud
    transforme-t-il sa pratique artistique après son agression à Dublin en 1937 ?
    Quels fantasmes et terreurs originels hantent l'oeuvre de Jouhandeau ? Comment
    Genet se délivrera-t-il de son masochisme pervers ? Et comment Klossowski
    articule-t-il théologie et pornographie ? Hervé Castanet est né en 1950.
    Professeur des universités, il est membre de l'École de la Cause freudienne et
    psychanalyste à Marseille. Il a publié une douzaine de livres, notamment sur
    Pierre Klossowski et les liens entre l'art, la littérature et la psychanalyse.
    Il a créé la revue Il Particolare - art, littérature, théorie critique en 1999.
    Alain Merlet est enseignant à la section clinique de Bordeaux, psychiatre,
    psychanalyste, membre de l'École de la Cause freudienne.

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  • ÉCRITS-CRIÉE est une revue semestrielle produite par le Théâtre national de Marseille, La Criée. Son nom : CRI-CRI. Ses textes, ses mots, ses images sont les témoins inventifs d une rencontre entre deux mondes : celui des artistes et des universitaires, des chercheurs. Joyeuse, imparfaite et malicieuse cette revue fait place à leurs paroles, leurs réflexions, leurs désaccords, leurs nouages. Elle récuse les états de fait. CRI-CRI dissidente ? Non, délicieusement créative ! CRI-CRI comme désir et jouissance de la pensée souriante, voilà la fabrique en papier et encre de Macha Makeïeff, Directrice de La Criée. La revue ÉCRITS-CRIÉE joue sa partie sur le seuil où un réel nouveau émerge. et avec lui personne ne fait ami-ami. Il ne se laisse pas dompter. Faire de la création une formidable machine critique et des concepts des balançoires aléatoires ? Voilà le pari que relève le rédacteur en chef de la revue, Hervé Castanet, car, oui, il y a urgence à les faire se rencontrer.

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  • Le nom de Freud, toujours vivace, est inséparable de sa découverte : l'inconscient, et des conséquences qu'il en tire : la psychanalyse.
    Ce livre reprend avec force et limpidité les enjeux dégagés par Freud pour en éclairer les points cruciaux. Il démontre en quoi et comment la vexation que la psychanalyse fait subir à l'amour propre de l'humanité est toujours actuelle. Comprendre Freud, c'est entrer sur la scène de l'altérité : nous ne sommes ni notre seul cerveau, ni notre seul corps, ni notre seule famille... Notre spécificité est d'être des sujets qui parlent, assujettis au langage que le désir libère.

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  • Cet ouvrage aborde l'oeuvre de Pierre Klossowski (1905-2001) dans tout son long. Reconnu et admiré par ses pairs (Bataille, Blanchot, Parain, Gide, Foucault, Deleuze, Lyotard, Lacan.), c'est un grand écrivain, un grand théoricien, un grand peintre. C'est aussi un grand traducteur du latin et de l'allemand. Cette oeuvre tourne autour du regard porté à son incandescence, métamorphosant ceux qui le rencontrent. Le destin d'Actéon, auquel l'écrivain et ses héros masculins sont identifiés, est toujours en point de mire. Comment voir l'invisible divinité ? Voilà la question qui harcèle Klossowski et qu'il déplacera dans des rituels pornographiques inlassablement répétés. Il y a ce moment systématiquement traqué où, dans la conversation intime entre un homme et une femme (l'époux - l'épouse), les mots échangés s'interrompent. La scène, ouvrant à la rencontre sexuelle des corps, se fige dans le silence. Le corps, pris par le désir - Klossowski dit les démons -, devient le lieu d'une singulière rencontre. L'âme de l'épouse fait l'expérience que Dieu est le mal déclinant ce nouage du corps désirant et de la théologie dogmatique. Un spectacle se déplie sous le regard de l'époux, nouvel Actéon : la vérité de la théologie est la pornographie. Le corps de l'épouse, Roberte (à laquelle Denise, la propre épouse de Pierre, prête sa physionomie), inscrit cette vérité devenue conjointement spectacle pornographique et preuve logique de l'existence de ce nouvel être-suprême-en-méchanceté (selon l'expression de Sade) qu'est le Dieu klossowskien. L'oeuvre fictionnelle, plastique et conceptuelle de Klossowski célèbre ces noces toujours renouvelées des corps théologiques et des exercices pornographiques.

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  • Pierre Klossowski (1905-2001) cesse d'écrire des récits fictionnels et des essais théoriques à partir de l'année 1972.
    Il abandonne l'écriture, débutée quarante ans auparavant et dans laquelle il avait acquis une réputation incontestée, pour se consacrer à ce qu'il nomme son " mutisme ", soit sa peinture faite de dessins coloriés. Ce passage exclusif à la peinture fit " rupture absolue avec l'écriture ". Pour aborder l'oeuvre plastique de Pierre Klossowski, tout à la fois théoricien de la création picturale et peintre, Hervé Castanet passe par le dépliage des méandres d'une manipulation des images où se nouent et se dénouent corps et représentations, théologie dogmatique et travaux pratiques sexuels.

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  • S.K. beau

    Hervé Castanet

    Le mot " S.K.beau " est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l'esthétique de l'écrivain James Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la fois faire surgir le réel auquel l'artiste se confronte : au coeur du beau, ce S.K. énigmatique, hors sens.
    Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L'image fait voir - elle montre en particulier ; le mot désigne - il est porteur d'universel.
    Hervé Castanet indique une autre direction : l'image se construit, nous dit-il, à partir d'une faille, d'une béance, d'une rupture. C'est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu'il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l'écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. À ce titre, ils touchent au corps.
    À travers les exemples d'écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l'art, tels Constant, Jorn, Debord, d'un théologien comme Origène, Castanet s'attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S.K.beau, chaque artiste dénoue et renoue l'image ou le mot pour y forger un " trou réel ".

  • J. Lacan, en 1955-1956, définit la psychose comme une modalité de dire non à la castration - c'est la la Verwerfung (forclusion) du signifiant du Nom-du Père dans l'Autre du langage. S'en déduit une clinique discontinuiste : les concepts structuraux - présence ou absence du Nom-du-Père - permettent d'élaborer des classes et de répondre dans le registre du certain. La fin de son enseignement (années 1970-1980) ouvre une autre perspective : " Si l'Autre existe, on peut trancher par oui ou non (...) quand l'Autre n'existe pas, on n'est pas simplement dans le oui-ou-non, mais dans le plus-ou-moins (...) " (J.-A. Miller - 1998). Cette clinique nouvelle de l'à-peu-près, de l'approximation, est continuiste. Elle n'exclut ni la rigueur ni la postulation du mathème. La psychose y devient un concept étendu, nullement épuisé par les seules formes des psychoses psychiatrisées. Il y a des sujets sans phénomènes élémentaires, sans troubles du langage, sans délire, sans errance, etc. Ils relèvent de la psychose ordinaire. Quelle clinique pour ces sujets ? Quelle place pour le psychanalyste ? Ce court essai rassemble deux séries de cas. Dans la première, des sujets psychotiques s'adressent à un analyste - au cabinet pour certains, dans le cadre hospitalier d'une présentation de malades pour d'autres. Quels " bricolages " vont-ils trouver - ou ne pas trouver - grâce au dispositif analytique ? Dans la seconde, trois cas de psychoses extraordinaires (J.-J. Rousseau, D.P. Schreber, A. Artaud) trouvent leur issue dans un passage à l'écriture. Chaque cas démontrera qu'effectivement " ne devient pas fou qui veut " (J. Lacan - 1946) !

  • L'abbé de Choisy, favori de Louis XIV, auteur de vies des saints, s'habillait en femme pour séduire les jeunes filles. Un psychanalyste nous raconte ses péripéties et démontre en quoi elles éclairent notre époque. Déguisé en femme, sa passion était de séduire des jeunes filles, et uniquement elles ! Ce qui le distingue d'un travesti au sens contemporain du terme. Il eut même une fille de ses amours tumultueuses. Mais ce n'était pas son seul vice, déguisé en homme du monde, il perdit des sommes considérables au jeu. Ce qui ne l'empêcha pas de consacrer plus de 8000 pages à l'histoire des Saints et des ecclésiastiques, devenant ainsi l'un des premiers vulgarisateurs de la pensée chrétienne. L'abbé fut ambassadeur au Siam (ancien nom de la Thaïlande). Il en rapporta un Journal, plusieurs fois réédité et qui passa à la postérité. Il fut aussi hagiographe du Roi et finit sa vie à l'Académie française toujours vêtu comme une marquise. D'Alembert, auteur de la célèbre Encyclopédie des Lumières, se plaît à nous le décrire : " [...] [représentons-nous] un moment ce prêtre septuagénaire sous un habit si peu fait pour son âge et pour son état, travaillant à l'histoire des martyrs et des anachorètes, et se mettant des ajustements de la même main dont il écrivait les décisions des conciles. " Jusqu'ici, seuls les Mémoires de l'abbé de Choisy (1644-1724) étaient disponibles. Hervé Castanet a cherché et trouvé la quasi-totalité des références existant sur le personnage : des textes du 18ème, du 19ème et des années 1930-1940. Dans un livre court et une jolie édition, l'auteur nous offre une brillante biographie, drôle et érudite où se mêlent histoire et psychanalyse, et où l'on découvrira comment et pourquoi l'abbé de Choisy est devenu une des références majeures de Lacan en matière de perversion. Une affaire où l'expression jouir de la robe trouve sa pleine vérité.

  • This book examines the many facets of the work of Pierre Klossowski (1905-2001). Klossowski first established himself as a writer and was known and admired by peers such as Bataille, Blanchot, Gide, Foucault, Deleuze and Lacan. But in 1972 he gave up writing to devote himself to his `mutism': painting made up of large coloured drawings. In time he became as famous a painter as he had been a writer and theorist. Klossowski now has two separate groups of commentators: those concerned with his writings and those with his painting, with little overlap between the two. Here, this separation is explicitly removed. Klossowski's entire oeuvre revolved around the concept of the gaze. Rarely has the gaze been so radically interpreted - as an active, mobile, evanescent object that breaks down the connections between representation and the visible. How is one to see the invisible divinity? This question plagued Klossowski, and he displaced it onto pornographic rituals. The pantomime of spirits is the scene, fixed in silence, where bodies meet - a knotting of desiring body and dogmatic theology. A creator of simulacra, Klossowski attempted to exorcise the `obsessive constraint of the phantasm' that subjugated him in all these scenes. Translated from the French by Adrian Price in collaboration with Pamela King.

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