• La convocation

    Herta Müller

    Roumanie années Ceausescu : la dictature pèse sur le pays comme une chape de plomb. Le pouvoir surveille les moindres gestes, contrôle toute activité culturelle ou toute forme d'expression artistique, jusqu'à rendre fous aussi bien les surveillés que les surveillants. La narratrice, ouvrière dans une usine qui travaille pour l'Italie, a été convoquée par la Securitate. Depuis son passage à l'usine de confection où elle a glissé un SOS dans la doublure d'un vêtement de luxe qu'elle cousait pour une maison italienne, ils ne la lâchent plus. Chaque semaine, chaque jour, leur rendre des comptes, élaborer des scénarios pour répondre à leurs questions, se justifier, s'entraîner à supporter la douleur, ne pas perdre la tête. Dans le tramway, elle lutte contre l'angoisse qui la submerge et le sentiment d'humiliation mentale que son tortionnaire va s'ingénier à provoquer. Pendant le trajet, elle voit en flash-back les principaux épisodes de sa vie. Elle doit résister. Elle regarde aussi les passagers autour d'elle et décide de ne pas se rendre à la convocation. L'écriture serrée d'Herta Müller et la force de son langage font de son roman un témoignage et un poème nerveux et inquiétant. Une forme esthétique de la résistance, celle de la dernière génération d'écrivains roumains de langue allemande, confrontés à l'isolement de la dictature et à l'abîme de l'exil.

    2 Autres éditions :

  • Dans la Roumanie de Ceausescu, Adina s'aperçoit que des inconnus découpent jour après jour, en son absence, la fourrure de renard qui décore son appartement. A cause de cette menace, la jeune enseignante proche d'auteurs-compositeurs dissidents se sait espionnée par les services secrets et découvre qu'une de ses amies fréquente justement un officier de la securitate. Le renard est le chasseur. Les victimes se rapprochent de leurs bourreaux, les amis disparaissent ou se trahissent, et la chute du dictateur n'y changera pas grand-chose.
    Herta Müller réussit magistralement à nous faire vivre les difficultés matérielles et existentielles qu'elle a bien connues dans un contexte totalitaire où l'expression ne pouvait guère échapper à l'oppression.
    Rarement l'expérience de la dictature a atteint une telle intensité poétique.
    Rythmée comme un coeur qui bat, sa prose aux métaphores concises évoque la grandeur et la misère d'un être humain dont les choix sont dictés par la peur et l'humiliation.

  • Dépressions

    Herta Müller

    «Cinq heures et demie du matin. Le réveil sonne.
    Je me lève, enlève ma robe, la pose sur l'oreiller, mets mon pyjama, vais à la cuisine, monte dans la baignoire, saisis une serviette, lave mon visage, prends le peigne, me sèche avec, prends ma brosse à dents, me coiffe avec, prends l'éponge, me lave les dents avec. Ensuite je vais à la salle de bain, mange une tranche de thé et bois une tartine de pain.
    J'enlève ma montre et mes bagues.
    Je quitte mes chaussures.
    Je vais dans l'escalier, j'ouvre la porte de l'appartement. Avec l'ascenseur je vais du cinquième au premier étage.
    Puis je monte les neuf étages et je suis dans la rue.
    À l'épicerie je m'achète un journal, ensuite je vais à l'arrêt du bus, m'achète un croissant et arrivée au kiosque à journaux je monte dans le tram.
    Trois stations avant d'y être montée je descends.
    Je réponds au salut du portier avant qu'il me salue, c'est une fois de plus lundi et encore une fois une semaine qui s'achève.
    J'entre dans le bureau, je dis au revoir, accroche ma veste à la table, m'assieds sur le porte-manteau et me mets à travailler. Je travaille huit heures.»

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    1 autre édition :

  • Essais choisis

    Herta Müller

    « Ma patrie, c'est le langage » : c'est sous le patronage de cette formule de Jorge Semprún, citée et analysée par Herta Mu¨ller dans le premier des textes de ce volume, que l'on peut placer les onze textes ici réunis.
    Extraits de trois recueils publiés entre 1995 et 2011, et choisis pour la résonance qu'ils créent entre eux, ces essais relèvent à la fois de l'étude linguistique - notamment entre le roumain et l'allemand -, de la réflexion poétique - au moyen de mots qui condensent les signifiants et peuvent les déployer quand on s'y attend le moins - et du témoignage historique d'une exilée politique.
    Les lecteurs de Herta Mu¨ller y découvriront un ton parfois très personnel, où le récit de la Roumanie des années Ceausescu s'appuie sur certains événements privés bouleversants ; mais ce recueil peut également se lire comme une formidable entrée dans l'oeuvre du Prix Nobel de Littérature, tant il présente en un seul livre le terrible tableau d'une société explorée par la romancière notamment dans Animal du coeur, le rapport au langage singulier de la poétesse découpant des mots dans le journal, et la pensée analytique fulgurante de la théoricienne.

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  • Nous sommes en Roumanie, en janvier 1945 : la population germanophone de Transylvanie vit dans la peur de la déportation exigée par le nouvel allié soviétique de Bucarest.
    Le jeune Léopold sait qu'il est sur la liste. Il prépare sa petite valise, des affaires chaudes, quelques livres, quand la police roumaine vient le chercher à trois heures du matin. L'usine de charbon, la tuilerie, la cimenterie, une ration de pain et deux rations de soupe par jour, les diarrhées et les poux : tel sera le quotidien de Léopold pendant cinq ans. La Bascule du souffle nous invite à lire la chronique terrifiante de ces années de froid, de faim et de découragement.
    Mais la singularité du livre de Herta Müller réside dans sa faculté incomparable de transcender le réel. Sous sa plume, le camp devient un conte cruel, une fable sur la condition humaine. Ici les arbres parlent, le ciment boit, la pendule a mal à son ressort cassé, la faim voyage dans le corps d'un ange, et le coeur, dans une pelle. Prix Nobel de littérature 2009.

    1 autre édition :

  • Roumanie.
    Depuis que le meunier Windisch veut émigrer, il voit la fin partout dans le village. Peut-être n'a-t-il pas tort. Les chants sont tristes, on voit la mort au fond des tasses et chacun doit faire la putain pour vivre, a fortiori pour émigrer. Windisch a beau livrer des sacs de farine et payer, le passeport promis se fait toujours attendre.Sa fille Amélie se donne au milicien et au pasteur, dans le même but.
    Un jour, ils partiront par l'ornière grise et lézardée que Windisch empruntait pour rentrer du moulin. Plus tard, ils reviendront, un jour d'été, en visite, revêtus des vêtements qu'on porte à l'ouest, les chaussures qui les mettent en déséquilibre dans l'ornière de leur village, avec des objets de l'ouest, signe de leur réussite sociale, et " sur la joue de Windisch, une larme de verre ".

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  • Animal du coeur

    Herta Müller

    Lola a quitté sa province pour échapper à la misère et faire ses études à Timisoara. Un jour, on la retrouve pendue dans son placard. A cette mort misérable s'ajoute son exclusion infamante, à titre posthume, du Parti communiste. La narratrice, ancienne camarade de chambre de Lola, ne croit pas à la thèse du suicide, pas plus qu'Edgar, Kurt et Georg. Mais l'amitié qui se noue entre elle et les trois garçons, puis avec Tereza, est menacée par cette société qui broie les individus.
    Animal du coeur dépeint le régime de terreur de Ceausescu et ses conséquences sur de très jeunes vies. L'auteur y interroge, dans une langue d'une richesse poétique inouïe, la capacité de l'homme à sauver son humanité profonde.

    1 autre édition :

  • «Ma trajectoire est bizarre, de la petite gardienne de vaches dans sa vallée jusqu'à l'hôtel de ville de Stockholm. Comme bien souvent, je me sens à côté de moi-même.» Cest par ces mots, illustrant son origine et l'itinéraire d'une vie consacrée à la littérature, que Herta Müller a commencé son discours de réception du prix Nobel de Littérature en 2009. Un parcours qu'elle retrace dans ce long entretien en évoquant pour la première fois ce qui inspire son écriture : ses expériences, le langage, et la violence d'un quotidien sombre et oppressant sous la dictature roumaine.
    À travers des images inoubliables, Herta Müller mesure de façon inédite l'impact sur l'individu d'un système coercitif emblématique du siècle dernier.

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  • POUR INFO :Fiche de promotion rédigée en sept 1996 pour publication de janvier 1997Herta Mà¼ller n'est plus une inconnue. Son parcours, de la Roumanie germanophone à  Berlin, est bien connu. L'oeuvre qui l'a fait connaïtre (L'Homme est un grand faisan sur terre) a été publiée en France, elle est même ressortie en livre de poche.Si le premier roman était celui de la campagne (le Banat), celui-ci prend pour cadre la ville (Timisoara probablement), plus précisément cette zone intermédiaire qui n'est plus tout à  fait la ville et pas encore la campagne, la banlieue où l'on peut à  la fois jouer du regard avec les peupliers, observer des pêcheurs, suivre certains animaux et respirer les fumées d'usine. C'est par des images chargées de ce qu'il faut bien appeler, par cliché, réalisme poétique (on pense à  Chagall, aux photos de Doisneau), par flashes parfois très brefs, des instants de vie volés au temps, que Herta Mà¼ller recrée l'atmosphère (encore un cliché, mais il est nécessaire) de son pays à  la veille de l'effondrement du régime. Le mot de communisme n'est jamais prononcé, celui de socialisme une seule fois, celui de Ceausescu deux ou trois fois.
    Celui de dictateur l'est en revanche fréquemment. La mèche qui orne son front fait la une des journaux tous les jours. Même le vent a peur lorsqu'il s'engouffre dans les à¢Â€Âoerues des directeurs, inspecteurs, agents secrets et officiers. Les rues silencieuses du pouvoir ...à¢Â€Â. Herta Mà¼ller semble nous dire que ce n'est pas l'idéologie qui compte, mais le résultat.Une trame romanesque relie l'ensemble, centrée sur quelques jeunes gens que l'on suit d'un chapitre à  l'autre, en alternance : deux amies, Adina, institutrice, et Clara qui travaille à  l'usine ; Paul, médecin, qui a été l'ami d'Adina, Abi, musicien à¢Â€Âoerockà¢Â€Â, Liviu, instituteur dans le Sud.
    Survient Pavel, l'à¢ge mà»r conquérant, costume, cravate à  pois rouges et bleus. Il se dit avocat, séduit Clara. On s'aperçoit qu'il est bien autre chose dans le régime. Adina rompt avec Clara. Un matin, celle-ci prévient son amie que des arrestations sont imminentes. Paul et Adina vont se cacher chez Liviu. C'est à  la télévision qu'ils découvrent les premières grandes manifestations qui entraïneront la chute de Ceausescu. A leur retour, à  l'usine comme à  l'école, on a joué aux chaises musicales, certains sont montés en grade, d'autres sont redescendus d'un échelon, mais globalement, ce sont les mêmes qui dirigent (ce qui explique le titre).Il faudrait encore citer une foule de personnages secondaires dessinés en quelques traits d'une assurance remarquable. Ce qu'il faut surtout dire, c'est la caractéristique essentielle de l'art de Herta Mà¼ller, c'est qu'il n'y a pas de scène qui ne soit située dans son cadre naturel. Et tous ces éléments concourent au même titre à  l'élaboration du récit.
    Résultat : une étrange et envâtante poésie qui se dégage de la prose de Herta Mà¼ller.On a dit de Kafka que la force de son style provenait du fait que, dans le contexte tchèque, la langue allemande s'était appauvrie, mais que chaque mot prenait d'autant plus de poids. S'est-il passé la même chose pour les germanophones de Roumanie ? On serait tenté de le croire, tant la prose de Herta Mà¼ller, avec les moyens les plus simples, atteint d'expressivité.Le tragique de la situation peut rester discret, il ne fait souvent qu'affleurer. Si, malgré la dictature et le modernisme effréné des technocrates du parti, les Roumains survivent, c'est qu'ils ne sont pas coupés de leur environnement et vivent en symbiose avec tout ce qui les entoure. C'est ce qu'exprime magnifiquement le roman de Herta Mà¼ller. à¢Â€Â¢ Herta Mà¼ller, née en 1953, originaire de la minorité germanophone du Banat en Roumanie, s'est réfugiée en Allemagne en 1988. Son oeuvre romanesque qui décrit la vie sous le régime totalitaire de Ceausescu compte trois ouvrages traduits en français, L'Homme est un grand faisan sur terre, 1988, Le renard était déjà  le chasseur, 1997, et La convocation, 2001. L'Académie suédoise l'a récompensée en 2009 du prix Nobel pour avoir «avec la densité de la poésie et l'objectivité de la prose, dessiné les paysages de l'abandon. »

  • Allemand Atemschaukel

    Herta Müller

    Grand format 14.50 €
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    Indisponible
  • Allemand Niederungen

    Herta Müller

    In eindringlichen Szenen beschreibt Herta Müller das Leben der Banater Schwaben, einer deutschsprachigen Minderheit im kommunistischen Rumänien - eine Anti-Idylle, in der Angst und Hass herrschen, Intoleranz und Stillstand. Herta Müller schildert in ihrer einzigartig poetischen Sprache eine Heimat, die nichts Heimeliges hat und ein Dorf, das kein Zuhause ist. Es ist die Chronik einer untergehenden Welt. Von der Autorin durchgesehene, um bisher gestrichene Passagen ergänzte endgültige Fassung.

    Grand format 15.50 €
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  • Hatsaren kulunka

    Herta Müller

    • Elkar
    • 25 Novembre 2010
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