• La zigzagure

    Henri-Pierre Jeudy

    Ce nouveau livre d'Henri-Pierre Jeudy, s'il se situe dans les tonalités de ses récits antérieurs, a ceci de singulier, et de plus marquant encore, c'est que l'expérience personnelle y est relatée avec une force d'écriture où le réel s'engage dans l'imaginaire. Aucune concession n'est faite à ses états d'âme. Tout est passé au peigne fin. À commencer par le regard posé sur son propre corps lorsque la santé est compromise par des métastases. Qu'elles soient réelles ou imaginaires, les métastases changent nos représentations de l'existence. Les idées folles, celles qui s'emparent alors de notre corps sans que nous ayons l'envie de les chasser, nous incitent à construire un autre monde. Comme dans un jeu d'illusions d'optique, porté par le vertige des images, nous nous dédoublons au rythme de ce que nous regardons, de ce que nous appréhendons. C'est dans ce « théâtre vivant », en trompe-l'oeil de la réalité, que naît le personnage d'Adélaïde chanterelle. En écho à un amour insensé, elle joue, tel un clown ou un automate, la parodie de la vie. Et c'est au coeur de cette simulation de la mort que jaillit, comme son revers, le désir de vivre.

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  • Que les croyances auxquelles nous tenons comme à la prunelle de nos yeux deviennent des « raisons de vivre », nul ne pourrait en douter. Et peu importe que celles-ci soient ou non des illusions. On peut considérer que les représentations que nous avons du monde, de la vie, de notre propre existence sont toutes des illusions, ce qui nous inciterait à penser que notre rapport à la réalité serait réglé par des constructions mentales constitutives de nos croyances. Mais savoir que nous vivons avec des illusions ne modifie en rien le pouvoir que nous leur accordons. Le désir d'illusion défie la réalité qui nous insupporte.

    Ce livre présente une analyse des modalités d'émergence et de construction des illusions dans la vie quotidienne et dans l'imaginaire du devenir de notre corps. L'auteur tente de montrer aussi comment les modèles médiatiques d'interprétation de la société et du monde bouclent par anticipation le sens de ce qui advient.

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  • Qu'elle soit désignée comme naïve, primitive ou brute, toute pratique de création en marge des critères usuels de l'art est présentée comme un signe de notre archéologie mentale. Les lieux des habitants paysagistes, mais aussi les bricolages esthétiques en tout genre exprimeraient l'aspect énigmatique, incontournable de la création dans sa primitivité. Leur sauvegarde a-t-elle pour but de constituer un patrimoine des fous et des primitifs ? L'Art Brut n'est-il qu'un label ?
    À Saint-Dizier, en Haute-Marne, le Petit Paris de Marcel Dhièvre représente-t-il une utopie urbaine ? Son auteur incitait ses voisins à décorer les façades des maisons pour créer une légende populaire de la ville.

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  • Comment les architectes sont-ils en mesure de penser le futur d'une ville ?
    La légende raconte que Lucio Costa, le célèbre architecte brésilien, a dessiné sur un bout de papier le projet de Brasilia, devenue capitale du Brésil. Un avion tracé sur un simple papier... Il est vrai qu'il semble plus aisé de partir de rien pour ériger une cité. Imaginer le futur ex nihilo permet de ne point se heurter à la présence de ce qui est déjà là. Et ce n'est pas comparable à la tabula rasa qui, elle aussi, reste un moyen d'envisager l'avenir sur les décombres d'un passé anéanti. Quand on sait aujourd'hui combien la puissance des patrimoines gouverne la métamorphose urbaine, force est de constater que l'imaginaire des architectes se mesure plutôt à la fiction du vide et que celle-ci leur est essentielle pour augurer du possible. La fameuse assertion « le futur n'est plus ce qu'il était » laisse espérer combien l'éventualité de ce qui sera ne dépend pas toujours de ce qui a été. Ce qui semble compter, c'est de continuer à croire au génie de l'architecte, génie dont les effets réels peuvent faire peur, parce qu'il engage le destin des habitants d'une ville, ce qui n'est pas le cas de l'artiste. Est-ce le coup de génie qui prouve combien le pouvoir de l'imagination se surpasse en échappant aux cheminements trop incertains de la pensée? Quand se manifeste-t-il ? N'est-il qu'un leurre?
    Confronté aux impératifs d'un cahier des charges, l'imaginaire de l'architecte est limité par des nécessités qui lui imposent les figures incontournables de la réalité, ou tout du moins d'une certaine réalité. Ce sont les règles du jeu à partir desquelles s'exercera sa liberté de création. Prenant toutes les précautions techniques pour l'accomplissement de son oeuvre, l'architecte anticipe l'avenir, et tente d'affirmer ses intentions de visionnaire.
    Est-ce sa capacité singulière d'anticipation qui lui donne l'assurance de sa griffe internationale? Plus que jamais, il faut que l'architecte représente à lui seul, par ses interventions sur la ville, une idée du futur, de ce que pourrait être « la cité de demain ».

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  • Impossible de rêver le futur ; le seul futur est celui de l'expectative d'un désastre. Le nouveau moralisme ambiant est fondé sur une constante anticipation du pire. Se développe alors une « éthique des responsabilités » fondée sur une heuristique de la peur. C'est parce qu'on a peur, qu'on doit être éco-responsable. À l'encontre de l'obsession trop individuelle de la sécurité dans la vie quotidienne, le discours écologique se veut avant tout communautaire. Il fait consensus parce qu'il s'évertue à poser les problèmes de l'avenir à une échelle planétaire et qu'en ce sens, il s'oppose à l'individualisme contemporain.

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  • La machine patrimoniale

    Henri-Pierre Jeudy

    • Circe
    • 28 Février 2008

    La conservation patrimoniale aurait-elle pour finalité secrète de nous préparer à des situations post-catastrophiques ? des japonais ont construit le plus grand musée de la copie.
    La plupart des oeuvres du louvre y sont rassemblées : la culture occidentale est prise en otage pour la protéger d'un péril possible. rien n'échappe plus au contrôle mondial du patrimoine. la transmission est si bien organisée qu'elle ne peut plus être imprévisible ou accidentelle. le destin de toute société est-il de se contempler dans le miroir d'un passé toujours revisité ? le devoir de mémoire nous impose la chasse à l'oubli.
    En ne se mesurant plus qu'à elle-même, la logique de la conservation patrimoniale ne risque-t-elle pas d'actualiser un passé si présent qu'il ria déjà plus de futur ?

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  • Que faut-il conserver ? Quel est le sens d'un héritage ? Comment s'accomplit la transmission, et au nom de quoi ? C'est l'éclatement de l'idée de patrimoine.
    A la charnière entre l'individu, la famille et la collectivité, le patrimoine reste l'objet de représentations et d'intérêts les plus divers, et sa gestion met en jeu l'avenir des sociétés. Les formes de représentation des symboles culturels, le gel des territoires, la protection des espèces menacées, entraînent des stratégies qui appellent la nécessité d'une éthique. Tenu au Collège international de Philosophie, le séminaire Patrimoines, dirigé par HP Jeudy a présenté dans des domaines aussi différents que la génétique animale, la gestion des ressources naturelles, l'économie, l'art, le traitement des paysages, l'ethnologie urbaine, l'héritage politique.
    Des conférences.

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  • Quelle est donc cette "manie d'interdire" qui envahit aussi bien l'espace public que l'espace privé ? Qu'implique la prolifération des interdits dans notre vie de tous les jours et quelles conséquences a-t-elle sur nos liens sociaux et nos comportements individuels et intimes ? Imposent-ils une norme nécessaire pour "bien vivre ensemble" ou génèrent-ils une tentation libératrice ? Henri-Pierre Jeudy redéfinit l'interdit sous tous ses aspects, de l'enfant qui doit obéir à la censure aux politiques environnementales ou de santé publique.
    Un livre d'anthropologue, de philosophe, de sociologue et de poète, un regard précis et humoristique sur le monde contemporain.

  • Devenant des thérapeutes du social, les sociologues imposent leur conception de la réalité objective.
    Jamais la société n'a été autant conceptualisée à des fins pragmatiques et gestionnaires. malgré le renouveau apparent des théories, impulsé par la philosophie analytique et par les sciences cognitives, les sciences sociales naviguent entre un réalisme social et un nominalisme conceptuel. mais c'est le discours théorique qui finit par façonner la réalité. qu'en est-il alors de la souveraineté du sujet ? lorsque la tyrannie des " savoirs experts " l'emporte, que devient l'idée du monde comme un jeu des possibles ?.

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  • Fragments d'une philosophie hybride qui se nourrit des images de la vie et de la mort. La tranquillité d'un ordre enfanté par la confusion des temps. C'est la jubilation enfantine de l'insensé qui demeure la négation la plus radicale du consensus dans lequel nous vivons. L'élégance irrévérencieuse de l'arbitraire du sens. Ou, en hommage à Maurice Blanchot, « la souveraineté sans emploi » du sujet.

  • La culture en trompe-l'oeil.
    La réalité ne dépasserait plus la fiction mais se ferait trompe-l'oeil par l'effet de l'exhibitionnisme culturel contemporain. tandis que nous perdons cette sensation que les choses nous regardent, la liberté de notre regard devient l'illusion de notre puissance critique subjective. a l'impératif de visibilité propre à la société du spectacle, henri-pierre jeudy oppose un regard sans qualité qui se laisserait porter par la vision des choses et séduire par l'indifférenciation souveraine.
    Ce regard des choses que manifestent l'art, l'émotion du paysage ou le cinéma de jacques tati, l'auteur le confronte à un certain nombre de dispositifs de vision - et de mémoire, du musée des arts premiers au " trou " des halles de paris, des chantiers de berlin au ground zero de new york.

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  • Le mouvement des sentiments.
    Le sentiment d'être là et de n pas être là. le sentiment d'être anormal. les sentiments contraires. peur de soi, peur de l'autre. les idées qui filent. le sentimentalisme social et politique. la perte du sentiment de liberté. l'équivalence des sentiments. de la compassion à la réparation. l'esthetisme sentimental. de l'émotion à la pacification. la prolifération des mémoriaux. mémoires débridées. le sentiment du beau et le chiasme.

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  • Aux prétentions scientifiques d'une certaine sociologie qui, dans un souci de rationalisation toujours plus systématique de la société, voudrait voir coïncider ses modèles théoriques avec les comportements humains, ce livre oppose une tout autre conception: la théorie comme productrice de fictions.
    Ici, la réflexion, au lieu de prendre pour objet une supposée réalité sociale cachée derrière l'apparence des faits, s'élabore avec ce qui advient comme réel et qui se donne à voir comme tel. Sans chercher à la juger ni à la corriger, elle se fait accompagnatrice de la vitalité de l'existence collective; elle en devient la forme exubérante, l'exploratrice scrupuleuse et enjouée de ses ruses comme de ses excès.
    Étrangères à tout moralisme et à toute finalité utilitaire ou gestionnaire, ces fictions théoriques ouvrent une voie inhabituelle à la connaissance et à la reconnaissance de ce qui passe aux yeux des experts pour une «incongruité», qu'elle soit celle des événements ou celle du sens commun.

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  • Le lit, je ne l'ai jamais refait.
    Le corps imprimé dans les replis des draps, ses sursauts qui ont laissé des traces, la beauté de ses formes, le creux de son dos, la poussière sur la couverture de velours vert sombre. La tête noire derrière la fenêtre, à l'aube, les lèvres encore pleines de terre, elle n'entrera pas dans la maison ; le soleil rouge l'emportera. Elle reviendra. Elle n'aura pas de mal à m'emmener un jour, les yeux fermés, sous la terre âcre jetée à la pelle.
    Dans le silence du dimanche matin, l'oiseau qui pousse son sifflement de tous les temps, l'ivresse de la vie que le ciel n'enferme pas. Premier bruit de moteur, un homme sort de chez lui pour aller en forêt. Ici, rien n'a changé, même la guerre aura été inutile. Les poumons se contractent, le vent de l'intérieur s'est levé, la tranquillité ne viendra qu'après, lorsque la brûlure s'amenuisera, qu'elle se transformera en douleur lancinante.

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  • Victor Hugo, en écrivant "L'art d'être grand-père", a montré comment il n'était pas aisé de l'être au regard du rôle familial qui est attendu de son comportement moral. Aujourd'hui ce statut de grand-père correspond à une fonction assignée dont l'exercice dépend de règles sociales et de croyances pour le moins contraignantes. Appartenant à une classe d'âge destinée à des
    traitements gériatriques de plus en plus précoces, le grand-père qui ne serait pas le gardien transmetteur de l'esprit de sérieux, devient une figure menaçante de la régression et du désordre psychique. Il lui faut beaucoup de ténacité pour ne point se soumettre aux conventions morales et psychologiques qui déterminent sa place avant sa disparition. Heureusement, les petits enfants découvrent parfois avec lui une connivence impromptue qui, bouleversant les divisions instituées, s'épanouit dans le partage d'une enfance
    toujours retardée.

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  • L'intimité existe-t-elle vraiment oe Ou n'est-elle qu'une manière de présupposer que ce que nous ne disons pas aux autres reste le secret de nous-mêmes oe Il est vrai que l'étalage du Moi est devenu une pratique contemporaine à la mode. L'exhibition des choses intimes semble donner la preuve de notre singularité. Si la distinction entre vie privée et vie publique est repérable, l'intimité n'est pourtant pas visible, elle est notre intérieur, notre "espace du dedans". C'est par opposition à ce qui est public que nous l'invoquons, comme une protection de nous-mêmes que nous organisons en posant des limites fictives aux autres, afin d'afficher notre liberté d'exister en dehors d'eux. Mais notre intimité, telle que nous l'imaginons, nous échappe, nous intrigue parce qu'elle est aussi l'autre de nous-même. Et si les expressions de notre corps la dévoile, souvent à notre insu, elle demeure un mystère.

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  • Fumer tue ? Mais vivre aussi, alors pourquoi s'en faire ? C'est que l'esprit du temps est à l'hygiène de soi, aux corps immaculés, à l'extermination des mauvaises habitudes. Le narrateur se donne donc trois jours pour arrêter de fumer. Mais on ne se défait pas facilement d'une pratique devenue une seconde nature.
    L'auteur, écrivain, philosophe, sociologue, a publié, entre autres, Le Corps comme objet d'art (Armand Colin), Fictions théoriques (Léo Scheer), La Panique (Galilée). Il répond dans ce récit littéraire brillant de drôlerie et de finesse à la question pressante : pourquoi fume-t-on oe

  • Un sociologue dans un Voltaire : journal à contretemps Nouv.

    Le sociologue Henri-Pierre Jeudy (né en 1945) n'a cessé de chercher une perspective critique et une pensée indépendante, en particulier à propos de nos rapports collectifs au passé - via la mémoire, le patrimoine, la culture et les arts. Dans cet essai au style aussi libre que maîtrisé, la précision de ses observations de terrain et de ses réflexions personnelles lui permet d'ébaucher, au fil de chapitres ramassés, une série d'enquêtes dans les lieux habités. Tout ce qu'il rencontre semble l'intéresser et nourrir son désir d'interprétation, comme le montre le leitmotiv inquiet de la métamorphose des paysages humains.
    Entre villes sous pression et campagnes au ralenti, que deviennent en effet les territoires où nous vivons ? Que révèle la place hésitante du passé dans notre présent ? De quoi nos sentiments d'attachement, d'appartenance ou de solitude sont-ils le signe ? La résistance discrète des habitants du village isolé de la Haute-Marne où il réside la moitié de l'année intrigue autant le sociologue que les attitudes des jeunes gens dans les quartiers profondément transformés de la capitale où il retourne pour l'hiver. Sous le regard attentif et critique de Henri-Pierre Jeudy, la sensation d'exil intérieur, la perception du paysage ou les souvenirs d'enfance ne sont plus des faits privés mais des réalités sociales partagées.
    Qu'elle se nourrisse de lectures très variées (Eduardo Kohn, Rainer Maria Rilke, Jakob von Uexküll mais aussi Jorge Luis Borges, Jacques Lacan ou Fernando Pessoa, et bien d'autres), de séjours ou de souvenirs plus ou moins éloignés (à Berlin, à Rio, mais aussi en Équateur et au Japon), ou de considérations plus philosophiques (sur la mémoire, la mort, l'effacement des traces), la pensée d'Henri-Pierre Jeudy explore toujours des situations concrètes. L'auteur replace ainsi l'actualité immédiate et ses événements (Gilets jaunes, pandémie) dans des lieux et des moments précis. La fragmentation de la vie sociale devient un objet de questionnement et invite à poursuivre l'enquête à son tour, en accordant une attention renouvelée à ses contemporains. Une salutaire tentative d'histoire du temps présent à l'échelle locale.

    À paraître
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