• Le noir est une couleur naît avec les années 60. Une jeune mère s'enfuit en Allemagne avec ses enfants et Bill, son amant noir américain, arraché à un asile psychiatrique genevois. Au terme de leur cavale, l'étrange famille va échouer à Munich, ville a priori hostile à leur mauvais genre. Petit à petit, pour survivre et échapper à l'inertie psychique de son compagnon, la narratrice va, sans souteneur ni tabou, se livrer à la prostitution. Loin du témoignage misérabiliste d'une déchéance, le récit s'éclaire d'une passion parallèle, celle de Grisélidis pour Rodwell, un soldat noir américain rencontré dans un bordel. Cet amour fait basculer le livre qui irradie alors un parfum de marijuana et de réalisme halluciné. On y découvrira l'envers du miracle de la reconstruction de l'Allemagne, celle des boîtes de jazz pour GI's, des petits trafiquants de came et des campements de rescapés tziganes. La force documentaire, l'énergie stylistique et l'anticonformisme de ce destin féminin forment un cocktail détonnant.


  • grisélidis réal, prostituée genevoise, a tenu un carnet noir de 1977 à 1995, petit répertoire téléphonique oú elle consignait par ordre alphabétique les prénoms de ses clients, agrémentés de leurs us, coutumes et petites manies ainsi que du prix de la passe.
    outre ce document exceptionnel, carnet de bal d'une courtisane comprend un choix de textes de grisélidis réal en " courtisane révolutionnaire " qui mettent en lumière son engagement dans les mouvements de prostituées initiés à partir des années 70. " que tous les hommes qui viennent à nous, "fatigués et chargés", comme il est dit dans la bible - ceux que nous sauvons du suicide et de la solitude, ceux qui retrouvent dans nos bras et dans nos vagins l'élan vital dont on les frustre ailleurs, ceux qui repartent, les couilles légères et le soleil au coeur - cessent de nous emmerder, de nous juger, de nous renier, de nous taxer, de nous matraquer, de nous enfermer, de nous prendre nos gosses pour les mettre à l'assistance publique, d'enfermer nos amants et nos hommes de coeur.
    " g. r.

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  • « Voici les lettres intimes que j'ai reçues, en dix ans, d'une des femmes les plus rares que j'aie eu à connaître. Ces lettres racontent sa vie du jour et de la nuit, ses clients (immigrés turcs ou arabes, pour la plupart), ses rêveries de vieillesse, ses amants imaginaires, ses coups de gueule, ses imprécations contre Dieu, ses verres de royal-kadir, ses maladies à répétition, ses usures. Même si Grisélidis se dit encore prête à tout pour les hommes, prête à tout pour l'amour. Et surtout si elle rit de tout. Férocement. Grisélidis a peut-être le bonheur de la désespérance. C'est en tout cas sa dignité. » Jean-Luc Hennig.
    Oeuvre maîtresse de Grisélidis Réal, La Passe imaginaire est le fruit d'une correspondance entretenue de l'été 1980 à l'hiver 1991 avec Jean-Luc Hennig. Ce document sur la prostitution au quotidien dévoile le panorama secret de la misère sexuelle masculine avec rage, crudité et tendresse. Au fil des lettres, l'autoportrait de cette P... irrespectueuse met à jour les autres femmes qui vivent en elle : la grande voyageuse, la lectrice éclectique, l'amoureuse passionnée, la sociologue amateur, l'altruiste libertaire et l'épicurienne raffinée.

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  • " La vie en prison continue. Dehors un merveilleux printemps, éblouissant, juteux, se déverse et nous n'en apercevons qu'une goutte à l'intérieur des cellules. Parfois un avion passe dans le carré de ciel et semble briser l'épine dorsale de la maison. " En février 1963, Grisélidis Réal est incarcérée à la prison pour femmes de Munich où elle demeure sept longs mois. Elle y tient son journal, entre peinture d'une âme en peine et chronique de captivité. Ce document brut, découvert peu après sa mort, constitue le premier texte d'une jeune prostituée se révélant écrivain. Il ajoute un dernier épisode saisissant au récit autobiographique Le noir est une couleur.

  • Ce recueil rassemble des textes inédits, retrouvés après la mort de Grisélidis Réal en 2005. Outre quelques précieux manuscrits et projets d'articles, la majeure partie de l'ouvrage puise dans l'abondante correspondance de l'auteur, conservée à la Bibliothèque Nationale de Berne. Parmi les destinataires retenus, quelques écrivains vaudois, dont son ami et protecteur Maurice Chappaz, le peintre et journaliste Henri Noverraz, l'éditeur André Balland, le fondateur de la revue Le Fou Parle Jacques Vallet, le photographe Jacques Dominique Rouiller, sa soeur cadette Corinne Réal, plusieurs amants mémorables, une consoeur prostituée, « Tania », un directeur de prison, les agents de la Police des moeurs genevoise. La masse de ces documents compose un ouvrage de près de 360 pages, organisé de manière strictement chronologique. En effet, en véritable écrivain épistolaire, Grisélidis Réal a pris très tôt l'habitude d'élire parmi ses proches un ou deux confidents auxquels elle réserve un épisode exclusif de sa tumultueuse existence. Au fur et à mesure des lettres se dessine ainsi une sorte de récit autobiographique en pointillés. Le livre rassemble également d'autres textes méconnus des années 1980, où l'on voit, notamment, la « catin révolutionnaire » nuancer son lyrisme scandaleux pour rendre un hommage ciselé aux putains et travestis qui peuplent désormais sa mémoire de femme publique. Cet ouvrage panoramique dévoile les recoins obscurs d'une existence riche en événements et en contradictions intimes. On y voit une artiste toujours en devenir, une mère aussi aimante que fuyante, une amoureuse jamais rassasiée, une pessimiste toujours prête au combat, une iconoclaste au plus près de son miroir brisé. La sortie de cet ouvrage est accompagnée par la réédition du livre de Jean-Luc Hennig, Grisélidis, courtisane, initialement publié par Albin Michel en 1981

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