• Après les blessures faites à la terre dans «La Malchimie», Gisèle Bienne élargit le cercle creusé dans la plaine foudroyée autour de sa famille désunie par un héritage inéquitable et dévoile les blessures que les «hommes-frères» se font au nom du droit au salaire différé.

  • Récit d'un empoisonnement, «La malchimie» témoigne de l'affection d'une soeur ayant perdu son frère, ouvrier agricole mort de la nocivité des produits phytosanitaires qu'il a manipulés pendant des décennies sans protection, autant que de l'urgence à combattre le tout-chimique. Un récit emporté par la force incandescente d'une romancière qui a su bâtir de livre en livre un univers rare et complexe.

  • Les aventurières, les mal-aimées, les délaissées, Ingrid les repère au premier regard. Leurs visages lui parlent. Leur attitude l'appelle. Leur solitude lui serre le coeur. En un clin d'oeil, Ingrid sait. Elle comprend qu'elles ne sont pas heureuses là où elles sont. Alors elle agit. Tantôt elle patiente, mûrit son coup?; tantôt elle saisit l'occasion immédiatement. Ses préférées, ce sont les joueuses et les cabossées de la vie. Elle les prend. Les enlève. Les emporte avec elle. Ensuite, bien sûr, elle est obligée de les cacher. Si ses parents savaient.Ils auraient honte d'elle. Ou peur. Leur enfant, une menteuse, une voleuse, une kidnappeuse ? Impossible pour ce couple modèle de ne pas avoir une fille parfaite. Certes, il ne s'agit que de poupées, mais pour Ingrid elles sont des personnes, des personnes muettes et belles, vivantes. Les voler ? Pas du tout, elle les sauve, de l'oubli et de la négligence. Mentir ? Mais d'abord, qui a commencé à mentir, dans cette histoire ?

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  • Katherine Mansfield perd son jeune frère Leslie durant la guerre, en 1915. Désormais hantée par son souvenir et le tendre écho de leur enfance en Nouvelle-Zélande, elle se sent appelée par le sud solaire, ne supporte plus l'Angleterre : avec John Middleton Murry, son amant, elle part vivre quelques mois de parfait bonheur à Bandol. Eclairant «sa véritable autobiographie, celle de son moi intérieur», que l'on découvre dans son journal, ce récit retrace le périple vécu par Katherine Mansfield de 1915 à sa mort en 1923 : elle a alors trente-quatre ans. Aimantée par le sud, syndrome de son île natale, l'écrivain néo-zélandais tente durant ces huit années de trouver le havre de paix qui lui manque tant. Ses perpétuels allers-retours sont autant d'espoirs satisfaits puis déçus, de soubresauts de la maladie, d'attentes malmenées par son époux. Pourtant fière et libre, Katherine est enchaînée à cet amour idéalisé, qui ne survit que par l'absence sans cesse renouvelée. En parallèle, la mort rôde, l'incite à apprécier chaque seconde et chaque paysage, à poursuivre encore la route.A l'image de Katherine Mansfield et de son écriture, le récit adopte les méandres de celle qu'il observe : tours et détours, foi et désespérance, amour-haine, la palette est infinie et les contrastes sont saisissants. Gisèle Bienne compose son portrait avec sobriété, navigue dans le temps au plus près des états d'âme de Katherine Mansfield, soit entre rêverie et réminiscence, révélant la tragique partition d'un personnage condamné, et provoque l'irrésistible envie d'aller à la rencontre des oeuvres de l'écrivain.

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  • sa femme l'a quitté à cause de ses colères spectaculaires.
    les gens le traitent de mécréant, de comédien, d'alcoolique, de dépressif, d'illuminé. lucile, elle, pense que son grand-père est peut-être un génie. on lui a dit qu'elle avait le même caractère que lui. elle se demande s'il se sent aussi seul qu'elle. un soir, après le lycée, elle prend son courage à deux mains et pousse la porte du café où il retrouve tous les jours ses amis, des gueules cassées de la guerre de 1914.
    il est là, le corps intact, l'esprit inguérissable. ici, entre les vapeurs d'alcool et la fumée des cigarettes, règne une liberté de parole comme lucile n'en a jamais connue. nous sommes le 19 novembre 1964. les foyers français se modernisent. une jeune fille s'apprête à partir, à travers les villages disparus de l'argonne, à la rencontre du passé de son grand-père.

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  • Au long d'un été intense et brûlant, secoué par les ondes sismiques de la Seconde Guerre mondiale et du rapport à l'Allemagne, les identités complexes de Manfred, ancien prisonnier allemand resté en France après la Libération, et Hélène, jeune bachelière, s'éclairent l'une l'autre, dévoilant les fractures du passé et la part de solitude irréductible de chacun.

  • Dans le silence envoûtant d'une mansarde rémoise, une dernière soirée d'adieu et de mémoire autour des fantômes de la narratrice : des proches, des anonymes ou des écrivains combattants jamais revenus des tranchées. Un roman qui dessine l'implacable sacrifice d'une génération. Et la plaie béante ouverte dans l'histoire de la littérature par la guerre et son héritage.

  • Un jour, il y a longtemps, les parents se sont mariés. Ils ont fait le serment de s'aimer toujours, de rester fidèles, de se prêter secours. Aujourd'hui, rien ne va plus. Plus de rires ni de chatouilles entre eux, plus de danse, plus de feu dans l'âtre. À table, maman avale de travers. Papa prend des chemins de traverse. Elle se plaint. Il se tait. Camille et son petit frère Matthieu s'en tirent comme ils peuvent. Elle rêve qu'elle vole comme un oiseau, s'évade dans son jardin chéri. Lui s'enferme dans de brusques colères, des crises de somnambulisme. Ne t'en fais pas, a dit le père. Camille s'en fait. Du souci, du mouron, de l'inquiétude. Il faut qu'ils restent ensemble, et que personne ne sache ce qui les divise. Ce pacte-là, ce sont les enfants qui l'ont scellé. Ils vont le respecter. Coûte que coûte.

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  • « Je suis toujours dans le département de la Marne et je cherche la ferme de Navarin.
    Les croix des cimetières convergent au loin sur le ciel vide. Des champs de croix, plusieurs champs. Ici, nous sommes presque à mi-distance de la Somme et de Verdun. Je gare la voiture le long d'un champ sous un cerisier et, après avoir à nouveau consulté la carte, je franchis des talus et coupe au court pendant que Blaise me souffle à l'oreille : "N'aie pas peur de marcher dans les ténèbres ou de glisser dans du sang. /On ne sait jamais ce que l'on fait, on ne sait jamais où l'on va. /La vie est dangereuse. »

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  • « J'attirerai tous les regards, je rendrai les gens heureux. Je serai digne de l'estime de mon public et de celle de mon entraîneur. Je serai un champion. » Sa passion pour le football, Boris ne sait pas d'où elle vient. Pour tâcher de l'apprendre, il lit en cachette les carnets intimes de sa soeur et marraine. Éléonore a tout noté, depuis l'enfance, avec tact. Le tact, Boris adore ça. Se sentir aimé, ça aide à grandir et à défendre les buts. Cette passion, Boris ne sait pas non plus où elle va le mener. Il sait seulement qu'il s'entraîne partout où il peut, sur les terrains vagues et aussi au fond du couloir de l'appartement, avec des joueurs miniatures en allumettes dont il commente les exploits à haute voix. S'il ne devient pas champion, il sera peut-être reporter sportif ? Il sait que le ballon est pour lui un soleil qui brille même quand le soleil manque. Et une passion pareille mène forcément très loin.

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  • Ludovic a tout accepté, tout subi jusqu'à aujourd'hui.
    Escrime le lundi, séances de documentaires le mardi, piscine le mercredi matin, piano le mercredi soir, expression théâtrale le jeudi, visites aux musées le week-end. pour être un garçon accompli. les séjours enfermé dans le garage, deux ou trois heures à chaque fois, sans lumière, quand il avait déçu son père. pour être un garçon réfléchi et corrigé. les projets des autres pour lui, projet parental d'enfant parfait, projet professoral d'élève modèle, grand projet de classe sur la ville idéale.
    Aujourd'hui, ludovic a dit stop. il sera comme il est : ni accompli, ni réfléchi, ni parfait. il est lent, il est mou, il est trop gros, il est réfractaire. il n'est plus le projet de personne. il est devenu un étranger pour ses parents et pour sa sueur. il n'a plus qu'un seul ami : son oreiller. il a le trac en permanence. comme il aime la vie, pourtant ! caresser les bêtes, goûter les gâteaux, jouer, rêver.
    Alors, ce matin, c'est décidé. ludovic veut que tout s'arrête. tout, sauf le sommeil et la douceur.

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  • Comme elles en ont l'habitude, Emma et sa soeur Sophie vont promener leur petit frère le long de la route, vers l'étang et la forêt. « On va voir les canards, lui disent-elles, on revient dans cinq minutes. » Mais à leur retour, elles ne trouvent qu'une poussette vide. Et une seule chaussure de leur frère. Où est-il passé ? Que s'est-il passé ? Les questions se bousculent dans la tête d'Emma. Mais les recherches, les appels à témoins, les invocations ne donnent rien. Les certitudes d'Emma se fissurent et le doute s'insinue en chacun : ses amies, ses parents, sa soeur. Comment se construire alors et traverser les jours, les mois, les années, au-delà de cette disparition ? Contre l'oubli, contre le silence et contre les soupçons, Emma fait tout pour préserver le dialogue avec celui qui n'est plus là, animée par l'espoir, fou peut-être, de le retrouver.

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  • La nuit, au fond de son lit-cage dans la chambre de ses grands-parents, lina rêve de fuite.
    Elle s'accroche à son pouce, elle se retourne, elle se réveille, parfois même elle pleure dans son sommeil et dit " non, non " à voix haute.
    Il y a plus d'un an qu'on l'a retirée de sa famille pour la confier à ses grands-parents qui élèvent des poules et des coqs. elle a entendu une expression, un jour, à la radio " démesurément seule. " elle se dit que c'est ce qu'elle est. démesurément seule, avec un secret trop lourd à porter, trop lourd à confier.

    Tout a commencé doucement, insensiblement. un matin, la maîtresse lui a demandé de la remplacer quelques instants, le temps de monter à son appartement préparer la bouillie de son bébé. puis ç'a été trois, quatre fois par semaine. et maintenant, c'est tout le temps. la maîtresse y prend goût. elle monte fumer, cuisiner, ne rien faire. lina, elle, ne se reconnaît plus. elle est perdue, fatiguée, enfermée dans le silence.
    Elle a des pensées bizarres. elle devient folle.
    - qu'est-ce qui ne va pas, lina ? demande sa grand-mère.
    Pas question de parler. plutôt mourir.


  • mylène a croisé marco à 2000 mètres d'altitude, au milieu des fleurs et des rochers de la vallée de la haute-tarentaise.
    il lui a tout de suite plu avec son regard étrange, ses cicatrices, ses sabots fissurés et son mystère. d'oú venait ce cheval noir ? quelles aventures avaient pu le mener jusqu'à la prairie aux poneys de son oncle ? là oú mylène imagine un fougueux destrier à la retraite, son oncle ne voit qu'un cheval vieux et fatigué, une bouche à nourrir de trop. et le dur montagnard est bien capable d'appeler les gens de l'abattoir pour s'en débarrasser.
    afin de mettre marco à l'abri, mylène se sent capable de braver l'autorité de son oncle, d'affronter la montagne et les éléments déchaînés. comme si sauver ce cheval, c'était sauver une partie d'elle-même.

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  • Le blues du tram

    Gisèle Bienne

    Si de nombreux auteurs ont écrit sur le train, rares sont ceux qui ont accordé au tramway un livre entier. C'est ce que fait Gisèle Bienne dans Le blues du tram. Les rails de la rue retrouvent droit de cité. Des villes voient leur paysage se transformer avec l'arrivée du tramway entre leurs murs. Dans ce livre au rythme captivant, Gisèle Bienne nous invite à un double voyage : voyage dans Reims et voyage dans la littérature qui ne connaît pas de frontière...

  • « Je porte en mon coeur toute l'enfance des campagnes, toute l'ignorance du sexe, toute la magie du rêve. J'aime cette cour qui tourne inlassablement sur elle-même, comme un vivant tableau. Je suis muette d'émotion. Des mains se touchent, des corps se rapprochent, des billets s'échangent, vite, très vite. Les yeux brillent. » « Agnès, quatre années, ça compte. Quatre années là-bas, de nos douze ans à nos seize ans... Toutes les lettres que je t'ai écrites étaient d'amour, mais je ne le savais pas. Toi, ma très chère, tu n'y as jamais répondu. » Gisèle Bienne

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  • Rose enfance

    Gisèle Bienne

    « Fin d'hiver splendide. Petite chérie. Une histoire n'est pas forcément belle parce qu'elle est triste. Enfance inouïe, luxuriante, foudroyante, au coeur des choses et des êtres. Se glisser. Se blottir. S'enfoncer. Et déjà pressentir toute une vie. Percer la nuit, sur son perchoir, l'oeil brillant.
    Attendre que tous soient là au rendez-vous de la nuit dans le grand corps de ferme, même brisés, mais là, ensemble, recollés. Au moins maman n'aura pas froid. » G.B.

  • Une voix qui brise l'enfermement des lycées de province, dit l'angoisse des débuts dans son métier, l'isolement, son amour de la vie, ses luttes, le poids de l'institution, la machine répressive d'hier et d'aujourd'hui, dix années passées avec les adolescents, à échanger dans l'espace créé ensemble, les pensées, les mots, le travail qui libèrent.

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  • Aurore écoute, fascinée, les pas, les conversations, la musique, les bouchons de champagne qui sautent dans l'appartement en soupente, juste au-dessus de sa chambre, au dernier étage de l immeuble. Depuis que Tatiana s'y est installée, sa vie a changé. Grâce à elle, Aurore s'évade, elle oublie son petit frère tyrannique, ses parents dépassés. Tatiana est actrice. Elle est belle, élégante, avec ses yeux noirs, son allure de gazelle. Elle rit souvent, avec ses amis, avec son amant. Les voisins disent qu'elle est fêlée. Les parents disent qu'elle vit dans sa bulle. Aurore se demande si elle lui ressemble, si elle aura, un jour, la même vie que Tatiana. Une vie d'artiste. Une vie pas comme les autres, difficile et passionnée, qui déroute et dérange les conformistes...
    Un jour qu'Aurore a oublié sa clé, Tatiana l'invite à entrer chez elle...

  • En 1976, Marie-Salope paraît dans une première édition. Presque quarante ans plus tard, l'auteur revient dans La Brûlure sur la réaction de sa famille à la publication de cette oeuvre de jeunesse. Réunis en un seul volume, ces deux textes proposent le portrait d'une romancière, à la fois fille, femme et auteur, dont chaque épisode éclaire de sa violence une quête de soi.

  • La vie est souvent compliquée. Pour pouvoir entrer en primaire, Mathilde a dû apprendre à se servir de sa main droite alors que la gauche était parfaite. Maintenant, c'est au tour de son petit frère Thomas d'aller au CP et c'est un choc pour lui. Il ne comprend pas pourquoi il ne peut plus jouer toute la journée. Alors il s'accroche à sa soeur comme un ourson à sa mère. Heureusement, à l'école, il y a aussi Samuel, que Mathilde épousera un jour, et le maître, qu'elle aimerait tant impressionner. Et puis il y a les mots, qu'elle adore. Sur sa planète, il y a des phrases, des poèmes et des histoires illustrées. En revanche, avec le calcul, ça cloche. Mathilde a beau faire des efforts, les chiffres sont un mystère pour elle. Pourquoi est-ce si difficile de régner sur la planète maths ?

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  • "Longtemps, Jack a fui. Il ne s'est pas présenté à un examen, il est descendu d'un train, il a quitté sa famille de gens bien, il s'est évadé d'un internat, d'une maison de correction, d'une caserne, il a passé une frontière. Il a fui les questions, les étiquettes, les brimades et les embrigadements.
    Il a fini par trouver refuge au coeur de la nature. Il est devenu berger. Taiseux, solitaire et attentif comme les bergers. Respectable comme eux. Il a rebâti une maison, construit ses meubles. Il élève des abeilles. Il veille sur le petit garçon de ses voisins. Il aime les fleurs, les livres et Natacha, une femme douce et rieuse. Tout est bien qui finit bien. Mais les voilà qui le rattrapent. Ils ont lancé un détective privé à ses trousses."

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  • La Sibérie, c'est le nom de la ferme où Fanny et Quentin passent l'été le plus étrange de leur vie. Ils sont en pension chez Gilles et Jeanne, pour un temps indéterminé, pendant que quelque part, dans un hôpital de la région parisienne, leur mère doit être opérée du coeur. Leur père leur a demandé de ne pas téléphoner, et de rester optimistes. Et voilà que Gilles et Jeanne les laissent seuls, le temps d'un long week-end.
    Est-ce l'attente qui devient soudain trop dure à supporter ?
    Dans le garage, il y a un tracteur. Dans la tête de Quentin souffl e un vent de liberté. À une journée de route, il y a les Ardennes, le pays où leur mère a grandi.
    En pleine nuit, Fanny et Quentin mettent quelques aff aires dans la remorque du tracteur et prennent la poudre d'escampette.
    Quentin appelle cela des vacances. Cela s'appelle aussi une fugue.

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