• "Les lecteurs rompus au commerce des hommes reconnaîtront la justesse de mes propos ; tous les autres les trouveront excessifs, jusqu'au jour où l'expérience, s'ils ont jamais l'occasion de faire réellement l'expérience de la société humaine, leur ouvrira les yeux à leur tour. J'affirme que le monde n'est que l'association des coquins contre les gens de bien, des plus vils contre les plus nobles." Publiées de façon posthume en 1845, ces Pensées sur le caractère des hommes et leur conduite dans la société présentent, sous forme d'aphorismes, d'anecdotes significatives ou de sentences lapidaires, l'essentiel des conclusions léopardiennes sur la morale.

  • Zibaldone

    Giacomo Leopardi

    • Allia
    • 17 Octobre 2019

    Ce journal, Leopardi ne le quittait jamais, y consignant toutes ses réflexions. La diversité des sujets abordés est saisissante, que ce soit en matière de littérature, de politique, d'histoire, de religion ou encore de philologie. Mais Leopardi nous entretient aussi des effets du tabac, des moeurs des Patagons, des vertus de l'odorat ou encore de Copernic. De Platon à Rousseau, en passant par Dante, la liste des auteurs que cet esprit fertile et tourmenté analyse est vertigineuse. Cet immense réservoir d'idées fondamentales, auquel Nietzsche a rendu hommage, nous happe dans les méandres d'une pensée aussi labyrinthique que prodigieuse par sa force d'intuition et la modernité de son projet et de son enjeu. Il donne l'occasion inouïe de pénétrer dans le laboratoire de l'oeuvre qui advient.

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  • Il y a exactement deux cents ans, Giacomo Leopardi (1798-1837) concevait le projet des Petites oeuvres morales, un singulier ensemble de textes courts où l'on peut croiser nombre de personnages, comme Le Tasse et son démon, un gnome et son follet, la mode et la mort...
    On y retrouve toute l'obsession de Leopardi à scruter le néant de toute chose, cette volonté délibérée de représenter de manière vive la nullité des choses et faire sentir l'inévitable malheur de la vie, comme il l'écrit ailleurs, dans son Zibaldone. Parmi ces Petites oeuvres, deux merveilles : Éloge des oiseaux et Chant du coq sauvage, où l'on s'étonne une nouvelle fois de découvrir ce lyrisme lumineux au service du pessimisme le plus sombre. Giacomo Leopardi lui-même l'avait constaté :
    Ma philosophie n'est pas du genre qui plaît à ce siècle. Reste à savoir s'il se peut qu'elle puisse plaire au nôtre.

  • Vers 1816, au fin fond d'une province pontificale d'Italie du Nord, un jeune homme mélancolique, pétri de lectures érudites, s'apprête sans espoir à l'« oeuvre de sa vie ». Ce jeune homme, c'est Giacomo Leopardi. Il écrit des poèmes renouant avec la plus haute tradition italienne, celle qui remonte à Pétrarque et au Tasse. En 1831 paraît la première édition des Canti.
    De la véhémence des premières canzones (À Angelo Mai, Brutus) aux méditations nocturnes des idylles (L'Infini, Le Soir du jour de fête, À la lune), en passant par les grands poèmes philosophiques (Le Genêt), le poète chante la solitude et l'exclusion, le temps répétitif et destructeur, le destin et la perte.
    Tour à tour élégiaque et révolté, nihiliste et exalté, Leopardi inaugure une forme nouvelle de lyrisme : du moi au nous, sa voix déplore au nom de tous la souffrance d'être. Ce recueil d'une noire beauté inspira des esprits aussi divers que Schopenhauer, Musset, Nietzsche et Giuseppe Ungaretti.

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  • Giacomo Leopardi (1798-1837) est le grand poète du malheur humain. Dans ses lettres, il analyse les raisons de ce malheur, mais il apprend aussi à l'affronter et à le supporter. Pessimiste, il est tout sauf fataliste. L'art de ne pas souffrir tient au paradoxe suivant : si le bonheur n'existe pas, s'il est une illusion, cette illusion est néanmoins source de bonheur. À ses correspondants, il enseigne à faire renaître les fleurs de l'espoir sur les cendres du monde. La présente édition propose la traduction inédite d'un choix de lettres de la correspondance du poète, qui révèlent l'aspect plus personnel, plus vivant, de sa sagesse pratique.

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  • C'est un siècle d'or, ô gino, que déroulent à présent les fuseaux des parques.
    L'amour universel, les chemins de fer, l'extension du commerce, la vapeur, l'imprimerie et le choléra vont relier les peuples et les pays les plus éloignés les uns des autres ; et il ne faudra pas s'étonner si le pin ou le chêne viennent à produire du lait ou du miel ou même à danser à l'air d'une valse.

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  • Écrivain, poète, philosophe, Leopardi (1798-1837) est avec Dante le plus grand écrivain italien. Avec l'Allemand Novalis (1772-1801), l'Anglais Keats (1795- 1821) et le Français Nerval (1808-1855), il est un des grands météores du romantisme européen.
    Nietzsche voyait en lui «?le plus grand styliste de son siècle?». Pour Elio Germano, interprète du rôle de l'écrivain dans l'admirable film qui lui a été consacré en 2014 par Mario Martone, Leopardi : Il giovane favoloso (« le jeune homme fabuleux », expression empruntée à un poème d'Anna Maria Ortese), « Leopardi est punk, il est grunge. Schopenhauer et Nietzsche se sont formés avec Zibaldone.
    L'existentialisme nait de lui aussi. Pour moi c'est un Pasolini de son temps. Détaché et dérangeant. » Mort à 39 ans, Leopardi a laissé une masse de textes considérable et désordonnée. Les fragments ici recueillis dans l'ordre chronologique de leur date de publication renvoient à l'ensemble de ce corpus comprenant les célèbres Canti, le Zibaldone (près de 5000 pages dans l'édition italienne), les essais et l'abondante correspondance du reclus de Recanati.
    « Sans la musique, écrivait Nietzsche, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil. » Il en est de même pour Leopardi qui écrit en 1820 à un ami le chef d'orchestre Pietro Brighenti : « La musique, est certainement l'une de mes grandes passions, et elle doit l'être pour toutes les âmes capables d'enthousiasme. » Des Canti au Zibaldone, l'univers sonore est partout prédominant dans son oeuvre et fait la marque inoubliable de sa sensibilité.

  • Petites oeuvres morales

    Giacomo Leopardi

    • Allia
    • 27 Septembre 2007

    je suis né pour aimer, et j'ai aimé peut-être avec autant d'amour qu'en peut montrer une âme humaine.
    aujourd'hui, bien que je ne sois pas encore à l'âge où les passions se glacent, ni même s'attiédissent, je ne rougis pas de dire que je n'aime personne, excepté moi-même, par nécessité naturelle, et encore le moins possible.

  • Correspondance générale

    Giacomo Leopardi

    • Allia
    • 27 Septembre 2007

    quant à des nouvelles de moi, je ne pense pas que vous en attendiez.
    sachez que je déteste la politique, parce que je crois, et même je vois, que les individus sont malheureux sous toutes les formes de gouvernement : à cause de la nature qui a fait les hommes pour leur malheur ; et je ris du bonheur des masses, parce que mon petit cerveau ne conçoit pas une masse heureuse composée d'individus malheureux. et je pourrais encore moins vous parler de nouveautés littéraires, parce que je vous avoue que j'ai l'impression de ne plus savoir les lettres de l'alphabet, faute de lire et d'écrire.
    mes amis sont scandalisés, et ils ont raison de rechercher la gloire et de rendre service aux hommes, mais moi qui n'ai pas l'intention de rendre service aux hommes et qui n'aspire point à la gloire, je n'ai pas tort de passer ma journée étendu sur un sofa, sans lever les paupières. et je trouve fort raisonnable l'habitude des turcs et autres orientaux qui se contentent de s'asseoir toute la journée les jambes croisées, et de regarder stupidement en face notre ridicule existence.

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  • Pour leopardi la réalisation de ce qui est juste dans ce monde exécrable n'est pas seulement quelque chose d'héroïque, mais requiert conscience et sagacité, habileté et curiosité.
    Ce sont ces expériences intrépides, avec le " monde " explosif, qui rendent sa pensée si attachante. elle prendra la forme d'un oracle manuel, un art de prudence pour rebelles. en effet son moralisme strident et destructif fait penser à gracian plus qu'à tout autre. mais ce que leopardi a su tirer de lui-même dans la solitude de recanati et de florence n'a pas le calme et la plénitude que gracian doit à la vie de cour.
    Certaines de ces pensées conservent l'accent d'une maturité précoce. mais en contrepartie, elles sont émaillées de lueurs de cette jeunesse solitaire et de citations tristes d'auteurs anciens, souvent les seules compagnes du poète. dans un célèbre passage, sainte-beuve a comparé l'intelligence-miroir et l'intelligence-glaive. l'épée est parfois tombée des mains de cet adolescent. mais il a résisté, bardé de sa cuirasse.
    Dans cette armure se reflète le monde, bouleversé et doré.

  • L'infini

    Giacomo Leopardi

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  • Bien qu'ils aient été, par le passé, plusieurs fois traduits en français, Les Chants de Giacomo Leopardi (1798-1837) n'ont pas encore obtenu en France le statut de classique qu'ils ont en Italie où les écoliers apprennent par coeur très tôt L'infini, Le Samedi du village, Le ressouvenir, Le genêt. Contemporain de Victor Hugo et de tous les poètes romantiques français (Vigny, Lamartine, Musset), il est davantage rapproché des poètes anglais (Keats, Byron, Shelley), comme lui morts en pleine jeunesse. Il appartient, en tout cas, au grand mouvement romantique européen. Stendhal était allé le voir à Florence. Sa renommée avait traversé les frontières. Mais la santé fragile de Leopardi, ses difficultés relationnelles inextricables avec sa famille, ses prises de position politiques qui le rendaient suspect en Italie interdisaient de longs déplacements. Admiré et même vénéré par ses contemporains, il publia peu de son vivant. Il mourut avant la publication intégrale de ses poèmes qui parurent dans plusieurs éditions partielles, avant que son compagnon, Antonio Ranieri, n'assure une édition posthume. Connu comme philologue et comme philosophe, Leopardi ne gagna sa véritable stature de génie poétique qu'après sa mort. Ses poèmes ont des tonalités diverses, qui vont du pamphlet politique, chargé d'ironie et d'insolence, contre une Italie que les guerres napoléoniennes ont épuisée et qui s'étiole dans sa conquête d'unité, à l'élégie amoureuse et nostalgique, en passant par la fable allégorique, la description de la vie quotidienne des humbles, l'apologue antique, l'épigramme politique et la rêverie métaphysique. Rédigés dans un style extraordinairement concis et fort, ils portent la marque d'une pensée philosophique intense et ramassée. Jamais mièvres, même dans la nostalgie, ils manifestent une conscience aiguë de la fonction poétique et font preuve d'une force d'évocation unique dans la poésie italienne. Il faudra attendre Pier Paolo Pasolini pour retrouver la même liberté d'esprit et la même émotion.
    Cette nouvelle traduction tente de respecter la prosodie du poète, parfois libre, parfois contraignante, parfois archaïsante, parfois moderne, mais toujours naturelle. En même temps que sa traduction, René de Ceccatty (qui a déjà publié chez Rivages Philosophie pratique, une sélection du Zibaldone de Leopardi) fait paraître, aux éditions Flammarion, Noir souci, Giacomo Leopardi et son ami, récit de l'amitié passionnée du poète pour Antonio Ranieri, de la genèse de son oeuvre poétique et de ses derniers jours, à Naples, pendant l'épidémie de choléra. La vie trop brève de Giacomo, l'importance de son oeuvre dans les champs philosophique, politique et poétique ont suscité en Italie un culte de Leopardi égal à celui de Rimbaud ou Mallarmé en France.

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  • Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples.
    Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré à la fin du XIXème, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon; d'autres suivront celui du Désir.
    Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.

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  • Ces textes n'avaient pas été retenus par Leopardi dans l'édition définitive des vingt-quatre Petites oeuvres morales. Il s'agit le plus souvent de dialogues à l'humour féroce comme celui entre un cheval et un taureau ou celui entre Xénophon et Machiavel. L'ouvrage se clôt par un magnifique «Fragment sur le suicide».

  • Dans cette universelle dissolution des principes sociaux, dans ce chaos qui véritablement épouvante le coeur d'un philosophe en suscitant chez lui les plus grands doutes sur le destin futur des sociétés civilisées, et en le jetant dans une incertitude profonde quant aux moyens qu'elles auront de perdurer et de subsister dans l'avenir, les autres nations civilisées, c'est-à-dire essentiellement la France, l'Angleterre et l'Allemagne, possèdent un principe conservateur de la morale et donc de la société qui, bien qu'il paraisse étroit et presque grossier par rapport aux principes moraux et aux grandes illusions qui se sont perdus, n'en est pas moins d'un grand effet. Ce principe, c'est la société elle-même.

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  • 'So my mind sinks in this immensity:

    And foundering is sweet in such a sea' Leopardi's Canti is one of the most influential poetic works of the nineteenth century, and a landmark achievement in Italian verse. Revisited and reorganized over his lifetime, this extraordinary work was described by Leopardi as a 'reliquary' for his ideas, feelings and deepest preoccupations. It encompasses drastic shifts in tone and material, and includes early personal elegies and idylls; radical public poems on history and politics; philosophical satires; his great, dark, despairing odes such as 'To Silvia'; and later masterworks such as 'The Setting of the Moon', written not long before Leopardi's death. Infused with classical allusion and nostalgia, yet disarmingly modern in their spare, meditative style and their sense of alienation and scepticism, the Canti influenced the following two centuries of Western lyric poetry, and inspired thinkers and writers from Schopenhauer and Nietzsche to Beckett and Lowell.


    Jonathan Galassi's direct new translation sensitively responds to the musicality of the Canti, while his introduction discusses the paradoxes of Leopardi's life and work.

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    Épuisé
  • Poésies et oeuvres morales de Leopardi. précédée d'un essai sur Leopardi. T1 / première traduction complète... par F.-A. Aulard,... ; par F.-A. Aulard,... http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k414739r

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  • Emmanuel Tugny pratique la langue italienne depuis toujours avec finesse et doigté. Récemment traducteur de Pirandello, il redonne ici vie aux textes philosophiques de Giacomo Leopardi, chantre notoire du pessimisme, Schopenhauer, Kafka, Cioran, Corbière ou Thomas Bernhard des Marches, « amant de la mort », à en croire Musset, en restituant pour la première fois au plus près de son étrange et ample prosodie rhapsodique la saisissante musicalité de l'art de l'austère natif de Recanati. L'on verra ici défiler les oiseaux, le genre humain, la mort, la lune, la mode, Prométhée, l'âme, Colomb, la nature (pas moins et l'on en passe) au coeur d'une forme où mélancolie et déspesoir rencontrent leur curieuse rédemption dans une sorte d'entrain ironiste et dans une aspiration énergétique à l'aventure, à la fréquentation d'un lointain sidéral. C'est l'énergie formidable, c'est le rire jaune qui triomphe ici de l'abandon au lamento. La poigne tutti frutti du philosophe fait feu de tout bois stylistique pour que du rictus du sage sourde l'appel au grand galop et au grand éclat de rire. « Allez voir ailleurs si j'y suis : vous m'y trouverez volant et riant haut ! La vie, vraiment, pour indécrottable qu'elle soit, vaut le détour. » Woody Allen ? Un peu. Prométhée : Mais dis, au lieu de tuer ces malheureux gosses, il n'aurait pas pu les confier à un ami, à un parent ? Le domestique : Oui, il aurait pu. Il aurait pu le faire notamment à un proche, auprès de qui il a placé son chien. Tugny est poly, Tugny est multi. Et qui mieux que l'auteur-traducteur-musicien-poète-philosophe pour rendre avec le génie et la rigueur voulus ce désespoir inclassablement polymorphe, rigolard et viril ? Voici venir le trop rare et le très grand Leopardi, celui de Tugny, piétinant, hilare, tapis volant sous le bras, les ruines d'ici-bas !

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