• Voltaire

    Ghislain Waterlot

    « Aucun philosophe n'a seulement influé sur les moeurs de la rue où il demeurait ». Voltaire.

    Il prônera inlassablement la tolérance comme seul remède au fanatisme dans un monde divisé par la multiplicité des sectes et des croyances. Surtout il saluera en l'oeuvre de Beccaria l'aurore d'une justice profondément renouvelée selon les principes de la philosophie.

  • " Aucun philosophe n'a seulement influé sur les moeurs de la rue où il demeurait ".
    Ce propos que Voltaire se plaît à répéter ne s'applique pas à lui-même, qui influence non seulement la vie de Ferney mais celle de l'Europe entière. C'est que Voltaire, avant d'être philosophe, est un homme ouvert à l'action. A cette vertu, les Calas, doivent leur salut et la justice sa révolution. Hanté par l'injustice, le patriarche de Ferney ne cessera, à partir de l'affaire Calas, de répéter que la justice et ses institutions doit être indépendante de la religion.
    Il prônera inlassablement la tolérance comme seul remède au fanatisme dans un monde divisé par la multiplicité des sectes et des croyances. Surtout il saluera en l'oeuvre de Beccaria l'aurore d'une justice profondément renouvelée selon les principes de la philosophie. Voltaire se veut donc le héraut d'une révolution qui se prépare. Comme il le dit lui-même. Il n'aura pas le plaisir d'en être le témoin.
    Mais sa grande ombre est présente aux débats de la Constituante débouchant sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et sur un nouveau Code pénal. A l'heure où les démocrates doutent de leur justice, la voix de ce procureur des Lumières peut encore nous instruire.

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  • S'il est très diffusé et lu lors de sa parution en 1932, le livre intitulé les deux sources de la morale et de la religion est moins commenté et discuté que les précédents ouvrages de bergson, en particulier l'evolution créatrice.
    Comme il ouvrait des perspectives très audacieuses et inattendues à l'époque, la majorité des philosophes, des sociologues ou des théologiens ont été, pour des raisons différentes, soit mal à l'aise, soit hostiles. la situation a changé. la théologie accepte aujourd'hui les questions provocantes. il est devenu légitime d'interroger le champ religieux, en particulier l'expérience mystique, en philosophe ; et le débat sociologique sur les religions a gagné en sérénité.
    Dans un horizon de nouveau ouvert, cet ouvrage collectif réunit de grands spécialistes de bergson et de jeunes chercheurs prometteurs. il compte aussi la présence de plusieurs théologiens, réputés pour leur connaissance du catholicisme, du protestantisme et du judaïsme. enfin, des philosophes spécialisés dans le champ de la sociologie ont apporté leur contribution. doté d'une longue introduction qui rappelle les enjeux des deux sources, il comprend aussi une bibliographie très complète et détaillée qui constitue un excellent instrument de travail.
    Centré sur la religion, cet ouvrage interroge pourtant l'ensemble des deux sources, car morale et religion ne sont jamais radicalement séparées chez bergson. au terme, on s'aperçoit que l'oeuvre recèle des perspectives de questionnement très riches et encore peu explorées. avec d'autres publications toutes récentes, parmi lesquelles on compte l'édition critique des deux sources, ce livre est une invitation à reprendre la lecture d'une oeuvre philosophique majeure qui a conservé sa fraîcheur et une grande actualité.

  • Jeanne-Marie Bouvier de La Motte (1648-1717), mieux connue sous le nom de Madame Guyon, demeure encore aujourd'hui l'une des figures parmi les plus singulières de l'histoire religieuse. Femme, laïque, écrivaine et mystique sous le règne du Roi Soleil, cette «  célèbre inconnue  » a fait preuve d'une indépendance intellectuelle inouïe pour l'époque, revendiquant avec passion une liberté d'expression à plusieurs niveaux, autant dans sa vie littéraire et spirituelle que dans sa vie publique et sociale, voire «  politique  ». À l'occasion de la célébration du tricentenaire de la mort de Madame Guyon, ce livre réunissant des historiens, théologiens, littéraires et philosophes, pose à nouveaux frais la question de l'oeuvre mystique de cette figure parfois déroutante du Grand Siècle et débat sur les implications sociales, éthiques et politiques de sa pensée et de son action.

  • La relation entre les guerres mondiales et cette forme particulière de
    spiritualité qu'est la mystique a rarement été étudiée. Ce livre apporte une
    contribution à une telle étude. Il s'interroge sur les formes de vie mystique
    suscitées par ces guerres aux caractéristiques nouvelles, guerres industrielles
    qui changent le rapport des hommes au combat ou à eux-mêmes et qui sont plus
    meurtrières qu'aucune guerre ne l'a été auparavant. Mais si des formes de
    mystiques peuvent naître de la guerre, de quelles mystiques s'agit-il ? Il
    apparaît que les guerres mondiales donnent lieu non seulement à des mystiques
    nouvelles, mais aussi à de nouvelles compréhensions de l'expérience mystique.
    Elles sont aussi des guerres dont le paroxysme énigmatique mobilise parfois la
    mystique comme une sorte de paradigme à la lumière duquel ce qui se passe
    devient compréhensible, ou tout simplement supportable. Ce livre est consacré à
    explorer ces horizons. Dominique de Courcelles est directrice de recherche au
    Centre National de la Recherche Scientifique (Centre d'Études en Rhétorique,
    Philosophie et Histoire des Idées - ENS), directrice de programme au Collège
    International de Philosophie, membre correspondant de la Reial Acadèmia de
    Bones Lletres de Barcelona. Ghislain Waterlot enseigne la philosophie et
    l'éthique à l'Université de Genève. Directeur de l'Institut Romand de
    Systématique et d'Éthique, il est l'auteur de Rousseau. Religion et politique
    (PUF, 2004) et a dirigé le volume Bergson et la religion (PUF, 2008). Il
    prépare un ouvrage sur la question de la mystique chez Bergson.

  • Ce livre traite d'une des questions les plus délicates et les plus controversées de la pensée de Rousseau : la relation entre religion et politique.
    Il réunit six contributions de spécialistes et entretient l'ambition de participer au renouvellement de l'enquête sur la dimension politique du religieux chez l'auteur du Contrat social et de l'Emile. La guerre, l'apostasie, l'athéisme y sont étudiés. La religion civile surtout est l'objet d'une attention particulière, avec la volonté bien arrêtée de ne pas présenter une interprétation unifiée et donc univoque ou consensuelle de cet élément clé de la théologie politique de Rousseau, mais bien plutôt de montrer à quel point cette construction conceptuelle originale et singulière suscite des discussions et des compréhensions contradictoires.
    Ce n'est pas simplement une question de passion. Sans doute, l'articulation du religieux et du politique a toujours suscité les passions et n'a jamais été un sujet irénique, mais c'est surtout parce qu'elle comporte d'actuel que la religion civile fait problème. Une partie de son opacité vient de là : elle est en rapport direct avec l'héritage lourd, qui pèse encore aujourd'hui, des nations européennes et américaines.
    Que faire du christianisme en politique ? En a-t-on jamais fini avec la question du religieux en politique ? Est-il possible, ou au contraire impossible, d'en finir ? Et pourquoi ? Comment un Etat fondé sur les principes du droit doit-il se rapporter au religieux ? Toutes ces questions sont encore les nôtres, même là où l'on croit qu'elles sont définitivement réglées, et c'est pourquoi la proposition de religion civile faite à la fin du Contrat social doit toujours être réinterrogée.

  • La collection "Philosophies" dirigée par Ali Benmakhlouf, Jean-Pierre Lefebvre, maître de conférences à l'École normale supérieure, Yves Vargas, professeur au Lycée d'Arras et Pierre-François Moreau, professeur à l'École normale supérieure de Fontenay St-Cloud, se propose d'élargir le domaine des textes et des questions philosophiques pour en ouvrir l'accès à un public plus large. Chaque volume facilite la lecture d'une oeuvre ou la découverte d'un thème par une présentation appropriée au matériau philosophique.

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  • Qu'est-ce que la tolérance ? Cette question renvoie immédiatement à la dimension historique. Ce livre apporte les premiers éléments d'une réponse, dans une perspective généalogique. L'angle retenu est celui du rapport entre tolérance et Réforme aux XVIe et XVIIe siècles. Certes, la Réforme à elle seule n'a pas fait naître l'exigence de tolérance, mais quelque chose d'essentiel se joue en son surgissement et son affirmation.

  • « La mort de la chrétienté en tant que phénomène socio-culturel dominant peut être l'occasion, pour une communauté de foi numériquement minoritaire, de regagner en densité ce qu'elle aurait perdu en extension. Il dépend des membres de cette communauté qu'il en soit ainsi. » (Paul Ricoeur) Problématiser et affronter la crise : une chance pour la pensée et pour l'action ? Nous sommes confrontés à une crise protéiforme : tout à la fois politique, économique, écologique, philosophique, théologique et plus largement crise de civilisation...

    La notion même de crise comporte des niveaux de signification et d'interprétation très divers qui conduisent non pas à la paralysie mais à la stimulation de la pensée et de l'activité humaines contre les routines porteuses de répétition stérile et finalement de la torpeur. L'origine médicale et plus particulièrement clinique du concept, fortement relevée dans plusieurs contributions de cet ouvrage collectif, tend à concentrer le regard sur le corps même de la personne, du groupe ou de la société dont on suppose, affirme ou prétend qu'elle serait « en crise » ; ainsi se manifeste la singularité événementielle de la « krisis ». D'autre part, les liens entre l'événement de la crise et la nécessité d'une réflexion et d'une reprise critiques ont également fait l'objet d'observations et de remarques, qui nous paraissent pouvoir conduire à l'idée que l'usage du vocabulaire de la crise, loin de nourrir une ambiance délétère de dénigrement ou de résignation, porte plutôt à relancer et à vivifier une herméneutique différenciée et responsable des secousses, des mises en question et des éventuelles ruptures qui caractérisent la situation actuelle de nos sociétés et de nos modes théoriques et pratiques d'en rendre compte. Comme le montrent plusieurs contributions de cet ouvrage, la réflexivité suscitée et nécessitée par la « krisis » touche, concerne et féconde tout autant l'éthique théologique que la théologie elle-même.

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