• Marie Mancini fut-elle une intrigante, le jouet des visées égoïstes de son oncle Mazarin, ou l'objet d'un amour sincère de la part du jeune Roi-Soleil? Pour l'histoire, ce destin éphémère et tumultueux, aux incidences politiques incertaines, reste un épisode mal élucidé de la vie sentimentale de Louis XIV.
    À l'aube du règne, la rencontre fortuite du jeune roi et de la nièce du cardinal, Italienne sensible, tourmentée et fière, se révèle le prélude à plusieurs années d'intrigues et à une passion brisée par la raison d'État. Pour Marie, éloignée de la Cour, à jamais déchirée par l'abandon du roi qui lui avait promis le mariage, commence alors une cruelle et incessante errance: une vie de souffrances en dépit du bref et brûlant intermède d'un fol amour qu'elle éprouve pour un noble italien devenu son mari, mais que bientôt elle rejette et fuit, irrémédiablement déçue.
    Plus que jamais frondeuse et solitaire, esclave de ses chimères, très longtemps menacée du couvent ou de l'emprisonnement, elle va poursuivre ses pérégrinations à travers l'Europe jusqu'à sa mort en Italie. C'est ce périple tortueux et pathétique, mais aussi le bouleversant voyage intérieur d'une femme dévorée par l'amour et l'ambition trahie, que fait revivre Françoise Mallet-joris avec une sobriété et un pouvoir d'évocation exemplaires.

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  • Pris entre ses affaires et sa maîtresse, René Noris n'a guère de temps à consacrer à sa fille Hélène. La ville jase de sa liaison avec Tamara Soulerr, mais les 15 ans d'Hélène ne s'en choquent pas. Au contraire, ce nom de Tamara l'intrigue, l'attire, lui donne à rêver. Elle saisit le premier prétexte pour la rencontrer et subit aussitôt l'emprise de cette femme possessive et dure qui représente à ses yeux l'aventure, le bonheur. Elle connaît des heures exaltantes dans la maison aux cariatides du Rempart des Béguines jusqu'au jour où elle voit Tamara faire passer son intérêt avant ses amours... comme n'importe quel bourgeois de la petite ville flamande de Gers. Ainsi s'achève sur un mariage cette curieuse éducation sentimentale.

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  • Dans une grande maison bourgeoise des Flandres françaises, vivent deux enfants, Christophe et Clara. Ils ne sont pas jumeaux, mais tout comme. Christophe peint pour lui-même et pour Clara, en construisant un espace magique au sein duquel il n'y a ni vieillissement ni péché.
    Et les lecteurs de ce roman de feu resteront à jamais hantés par la fresque que Christophe avait peinte dans l'escalier de la tour, La tristesse du Cerf-Volant: de petits bonhommes essayant d'attraper la ficelle d'un cerf-volant invisible qui, peut-être, n'existe pas.
    Fresque inachevée jusqu'aux derniers jours du peintre. Fresque jamais déchiffrée. Danse macabre? Danse de joie? L'étoile au bout du chemin est-elle salut ou maléfice?

    Comme un incendie mal éteint, les flammes reprendront sous des formes diverses sur trois générations, dans cette famille dévastée par l'irruption de l'art, de la passion, de Dieu même.
    Françoise Mallet-Joris, incisant la poche des songes et des fantasmagories flamandes qui l'habitent, nous raconte cette histoire en un réalisme éclaté et, plus intense que jamais, a su atteindre au mythe.

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  • Trois frissons, trois beautés troublantes, trois sorcières.
    Anne, Elizabeth et Jeanne. Trois femmes qui, plus que le supplice du bûcher, ont en commun la particularité de s'être consumées de leur vivant déjà. Trois destins peu ordinaires pour trois nouvelles d'une rare beauté. En toile de fond, une Renaissance insoupçonnée se dessine, aussi barbare et superstitieuse, sinon plus à certains égards que le Moyen Age.

  • Aux yeux de ses parents, de ses soeurs, allegra passe pour " jolie, parfaite, un peu indifférente ". elle vient de se marier : on lui prédit un avenir à son image, calme et souriant. en vérité, qui est allegra derrière cette douceur limpide ? il suffira d'un gosse de quatre ans, un petit garçon arabe, muet, abandonné des jours entiers dans la cour de son immeuble, pour changer bientôt son existence. entre cet enfant qui se tait et cette jeune femme qui se cherche, il naît une passion merveilleuse. leurs après-midi silencieux sont des aveux, leurs promenades des chansons et des aventures. ils sont hors du monde.

    Autour d'eux, pourtant, tout s'écroule et change. la famille d'allegra, que troublent d'étranges révolutions intérieures, organise une véritable conspiration à son propos ; on en découvre peu à peu les rebondissements qui rendent passionnant ce livre au dénouement soudain, et imprévisible. car à quoi rêvaient donc le petit rachid et allegra, toujours souriante, " si jolie, un peu indifférente " ?...

    Jamais françoise mallet-joris n'avait cerné à ce point un personnage tout en lui laissant le flou de son énigmatique vérité. le tour de force et la maîtrise d'une romancière exceptionnelle s'imposent à l'évidence une fois encore. on dirait que cette oeuvre dense a fixé quelque chose de plus qu'une histoire : le désarroi d'une société à la dérive dont allegra et les siens seraient les saisissants reflets.

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  • Les larmes

    Françoise Mallet-Joris

    Les Larmes : un buste de cire sculpté par la jeune Catherine, l'héroïne, dont l'énergie joyeuse triomphera de toutes les vicissitudes d'un temps troublé, la Régence.
    Antoinette, le modèle, éveille la passion de deux hommes : Sanson, le bourreau de Paris,

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  • Que fera Violette, jeune employée intérimaire à la Préfecture de Police sous les ordres du célèbre Bertillon, en découvrant dans un dossier En attente , les photographies de l'appartement qu'elle vient de louer ?
    Elle sera bouleversée sans doute. Elle s'interrogera sur l'innocence de son propriétaire, jeune peintre séduisant mais secret, - vivant seul avec un chien au comportement étrange -, qui est, ou a été, soupçonné d'un crime. Mais surtout, elle qui, jeune novice dans un couvent, s'est trouvée obligée de le quitter, accusée d'un manque de vocation dont elle n'a pas conscience, elle s'identifiera à ce malheureux qu'entoure une hostilité peut-être injustifiée. Elle va tenter de démontrer son innocence, LEUR innocence, à travers les remous et intrigues de ce début de siècle agité par les controverses que suscitent l'affaire Dreyfus et le gouvernement Combes.

    Mais qu'est-ce que l'innocence ? Existe-t-elle, seulement ? N'est-elle pas, plus qu'une vertu, un danger ?

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  • Divine

    Françoise Mallet-Joris

    Un incident fait prendre conscience à Jeanne des lourdeurs de sa chair. Elle va s'astreindre à un régime dont l'enjeu est de replacer, par la spiritualité, ces désordres que sont la faim, le désir et l'amour. Par l'auteur de«Adriana Sposa».

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  • De la jeune Hélène du Rempart des béguines au petit enfant muet d'Allegra, tous les héros de Françoise Mallet-Joris ont laissé dans notre mémoire un souvenir qu'elle a su rendre inoubliable. Ici, c'est tout un monde qu'elle nous peint, le monde du show-business qui reste pour beaucoup d'entre nous si mystérieux.
    Qui est Dickie-Roi ? "L'Archange de la chanson, celui qui chante l'amour ", annoncent les affiches. Cheveux blonds saupoudrés d'argent, visage angélique, à peine apparaît-il sur scène que la salle tout entière lui adresse des cris qui sont comme des prières. Tout de suite un mystère s'accomplit et la cérémonie sacrée commence.
    De chapiteaux en théâtres municipaux, d'arènes en théâtres de verdure, la tournée de Dickie est marquée par mille épisodes burlesques ou dramatiques, pitoyables ou attendrissants, et n'est pas sans rappeler l'équipée du Capitaine Fracasse. Autour de ces nouveaux comédiens ambulants, directeurs artistiques, régisseurs, musiciens, etc., nous faisons connaissance avec le petit monde si mal connu des fans : jeunes ou moins jeunes, riches ou pauvres, et parfois presque enfants comme cette petite Pauline qui vit là à sa première grande aventure. Mais derrière Dickie-Roi il y a Frédéric Roy, le fils d'une commerçante de province, qui va se découvrir à nous, à travers les feux de la rampe et les bravos, avec ses doutes, ses nostalgies, ses ivresses, ses regrets, son innocence, et quand, victime d'une campagne de presse, l'idole en lui se sent menacée, la rupture s'accomplit et Frédéric ne supporte plus l'image de Dickie. Réfugié dans un château qui abrite une secte dirigée par un étrange personnage, Dickie n'arrive pas à assumer son destin, il est broyé par lui. Mais l'espoir est là, avec la petite Pauline, la jeune fan de seize ans qui, au cours de cet été tragi-comique, aura commencé à découvrir le monde.
    Aux couleurs de la tendresse, de l'humour et de la lucidité, le roman laisse un sillage tragique : comment ne pas craindre pour une société où le besoin d'amour ne peut s'assouvir qu'auprès des idoles ?
    Il fallait être une femme de coeur doublée d'un grand écrivain pour saisir, derrière des manifestations qui pourraient paraître puériles, la détresse des hommes et des femmes d'aujourd'hui, l'angoisse des jeunes qui, tentant de fuir un monde glacé, veulent encore aimer...

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  • Une fois, déjà, Françoise Mallet-Joris a fait une pause dans son oeuvre romanesque : ce fut la Lettre à moi-même. Elle y démontrait qu'elle pouvait aussi exceller dans l'art difficile de la confidence sans complaisance. Voici à présent un ouvrage de la même veine, mais celui-ci est composé autour d'un lieu commun, d'un décor : c'est " la maison de papier ", ainsi baptisée parce que la demeure de Françoise Mallet-Joris et des siens ressemble à ces " maisons japonaises si mal fermées ", où chacun peut entrer à sa guise, foyer, refuge, abri pour tous ceux qui s'y plaisent.Ce livre est donc un tableau de l'existence quotidienne dans un ménage d'artistes. Le mari est peintre, la femme est écrivain et lectrice dans une maison d'édition. Ils ont deux garçons et deux filles. Des « employées de maison » se succèdent. Beaucoup d'amis - ceux des enfants aussi bien que des parents - vont et viennent, certains que l'on invite et d'autres que l'on accepte. Il y a aussi les visiteurs imprévus, quelques voisins. N'oublions pas les animaux : chien, chat, pigeon, merle, poisson rouge. Cela fait déjà beaucoup de monde, mais Françoise Mallet-Joris ajoute les personnages qu'elle voit régulièrement au-dehors, comme Mme Josette, la déconcertante coiffeuse rationaliste.Les enfants tiennent la première place. L'auteur utilise le dialogue comme moyen d'éducation, et elle avoue trouver là le moyen de clarifier ses propres idées sur les grands problèmes de base. La vie professionnelle n'est pas oubliée, ni les préoccupations religieuses et sociales, qui transforment peu à peu ce livre en une critique des moeurs actuelles et, mieux encore, en une enquête sur la justice et la vérité, l'amour de Dieu et l'amour du prochain, le bonheur et la joie. On ne verse jamais dans l'abstraction : tout repose sur des expériences directes.Beaucoup de lecteurs, sans doute, auront l'impression de se trouver chez eux dans " la maison de papier ", comme s'ils faisaient partie de cette famille. C'est que Françoise Mallet-Joris a le don de préserver, avec une sincérité jamais en défaut, le frémissement de ses émotions, de ses doutes, la fraîcheur de ses étonnements, l'ironie du regard qu'elle pose sur ses semblables, aussi bien que la gravité de sa foi. Rare talent qui sait traduire, sans avoir l'air d'y toucher, le naturel de la vie.

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  • Françoise Mallet-Joris a été un jour intriguée des remous suscités parmi ses contemporains par Jeanne Guyon, écrivain passionné et vagabond de la fin du XVIIe siècle. Enfant turbulente et vive, jeune fille d'une grande beauté, épouse d'un inconnu avare et bourru, mère de cinq enfants, Jeanne, veuve, mystique, haranguera les foules avec un succès qui inquiétera les prédicateurs. Elle préconise l'abandon total à la volonté de Dieu.
    Forte de sa foi et de sa flamme, en marge de la Cour, des cabales, de l'Eglise, de la politique et des partis, Mme Guyon écrira une quarantaine d'ouvrages, connaîtra la persécution et passera dix ans à la Bastille.
    Françoise Mallet-Joris a lu cette oeuvre inégale et torrentueuse et s'est sentie concernée par cette femme si moderne avant l'heure, indépendante, scandaleusement transparente. Jeanne Guyon a suscité tant de haines, de calomnies et d'incompréhensions encore vivaces!
    Le courant de pensée qui est le sien ne s'est jamais tari ; on en trouvera des équivalences étonnantes dans la pensée hindoue, chez les surréalistes, dans toutes les expériences intellectuelles où la poésie et le sacré se confondent.

  • Françoise Mallet-Joris n'est pas de la race de ceux qui écrivent éternellement le même livre. Au contraire, dans son oeuvre, c'est la diversité qui frappe. Le roman glacé, classique, le roman proche du réalisme balzacien, le roman historique, la confession..., en dix ans, elle semble avoir tout abordé, avec la s-reté d'un écrivain qui domine facilement son sujet.

    Il y a pourtant, à travers tous ses ouvrages, un courant qui ne varie pas, une sorte d'inquiétude souterraine, mais constante et forte. Avec Les signes et les prodiges, pour la première fois, Françoise Mallet-Joris se " découvre ", comme on le dit des lutteurs. Elle livre une part de ses secrets : ceux d'une âme tourmentée qui ressemble peut-être un peu à la sienne.

    Certes, ce nouveau livre est un roman, composé avec un soin d'orfèvre par une artiste qui connaît admirablement son métier ; c'est dire qu'il se lit d'une traite, et qu'on vit avec ses personnages, nombreux, typés, proches de nous. Mais, au-delà du roman lui-même, on se pose des questions. Pourquoi Nicolas quitte-t-il une situation confortable pour s'engager dans une folle histoire de reportage hypothétique ? Pourquoi entraîne-t-il dans son aventure une jeune femme qu'il ne croit pas aimer ? Pourquoi ce pari avec lui-même, cette gageure ? Fuit-il un passé qui lui pèse ? Obéit-il au seul go-t du renouveau, ou de l'inconnu ? Se laisse-t-il porter par les " prodiges " du hasard, ou répond-il, au contraire, à quelque " signe " dont il comprend mal le sens ? Est-ce bien lui qui est appelé, ou n'est-il destiné qu'à servir lui-même de " signe " pour d'autres ?

    Autant de points d'interrogation qui resteraient sans réponse si l'on ne devinait ici une nécessité, derrière l'absurde des apparences, des contradictions ; si l'on ne reconnaissait dans ce livre envo-tant et passionné, les exigences d'une foi.

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  • Dans un village du Contentin, un homme creuse un trou depuis des années, à la recherche d'un trésor. C'est un fait divers, une curiosité, une aventure, un exemple aussi. Ce " sujet " tout trouvé ranime soudain l'imagination de Robert, écrivain dispersé qui se laisse aller aux besognes quotidiennes, à la facilité de l'article de commande, du cachet, de l'émission, de tous les services à rendre qui finissent par ronger le temps d'un romancier, surtout quand il doute de lui. Entre sa femme Catherine et Reine, sa maîtresse, pour laquelle il écrit des chansons, Robert s'était bâti une petite vie tranquille, au jour le jour du hasard et de la démission heureuse. Et voici que la découverte fortuite de ce personnage inconnu vient bouleverser son existence. Pour écrire son nouveau roman, après un si long silence, il envoie paître les amis, les parasites, les employeurs. Il va même fuir sa famille, rompre avec sa maîtresse et tenter de se retrouver devant le papier nu, presque seul, soutenu par une vieille fille un peu folle qui s'est instituée sa " documentaliste " vigilante, caricature de muse.

    Délaissée, Catherine croit qu'elle n'aime plus son mari, et leurs intimes, sans se l'avouer, ne lui pardonnent pas de leur échapper, de n'être plus conforme à l'idée qu'ils se formaient de lui et de son échec. Mais peut-on ruser longtemps avec le destin et soi-même ? Qui sait s'il y a un trésor au fond du souterrain ? Qui sait si Robert pourra mener à bien le livre qui s'embourbe déjà, le jeu qui ne l'amuse plus ? L'existence, trop souvent, n'est qu'une " longue remise au lendemain des choses importantes ", et tout finit par rentrer dans l'ordre rassurant de la banalité. Catherine, infidèle par dépit, revient à son époux ; la famille se ressoude, le bonheur n'aime pas les situations exceptionnelles. Là-bas, au village, on comblera les galeries sans doute et Robert, s'il va jamais rendre visite à son modèle d'un moment, n'en fera plus que le but d'une promenade et le terme d'un rêve impossible.

    Sur ce thème d'une ingénieuse richesse - qui lui permet de nous confier, chemin faisant, ses idées sur la création, la littérature aujourd'hui, le métier d'écrivain, l'espoir, l'illusion, l'amour, les renoncements et les joies - Françoise Mallet-Joris a construit un roman à facettes, tout en nuances de tendresse et d'ironie. Les personnages foisonnent, pittoresques, attachants, pitoyables, les histoires se mêlent, les portraits se succèdent et, derrière l'écran d'un réalisme familier, sans cesse éclairé par l'humour et la satire, on devine l'ombre d'une sagesse, d'une réflexion, dont la gravité souriante n'étonnera pas les innombrables lecteurs de la Maison de papier.

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