• Histoire intellectuelle de la France (XIXe-XXe siècles) Nouv.

    Si, en France, le XIXe fut le siècle des questionnements, notamment sur le rôle de la religion dans les sociétés modernes, le XXe aura été celui de l'organisation de la vie scientifique et de la politisation massive des débats intellectuels, notamment au travers des religions séculières que furent le communisme et le fascisme. Mais, en dépit des changements, des oppositions philosophiques et morales intenses, un facteur de continuité joue un rôle central d'unification des moeurs et des sensibilités de la société et de la vie intellectuelle française : la littérature.
    Celle-ci a en effet incarné une forme de synthèse de toutes les particularités idéologiques et morales propres à la société française. La France ? Le pays qui aime autant l'esprit que les lettres !

  • Parler de l'Europe intellectuelle, c'est d'abord suivre les voyages d'écrivains et de savants, d'éditeurs et de traducteurs, d'universitaires et de conférenciers qui ont sillonné le continent, soit pour se former, soit pour enseigner, soit pour se rencontrer. Là, plus que partout ailleurs, les hommes, les textes et les idées ont circulé.
    De ces entrecroisements incessants, en temps de paix comme en temps de guerre, découle l'intensité de grands débats politico-intellectuels. En Europe, si l'unité vient du questionnement, la diversité, sans conteste, vient des réponses qui y sont apportées.
    Attentif aux mobilités intellectuelles, François Chaubet revient sur ce génie de l'Europe, qui n'est autre que sa dimension « polyphonique ».

  • Regarder CNN, faire ses études en Espagne, accomplir des voyages lointains, apprécier localement des artistes qui oeuvrent et exposent partout dans le monde, regarder la coupe du monde de football, telles sont quelques-unes des pratiques culturelles courantes aujourd'hui. Elles sont l'expression d'une mondialisation qui se déploie depuis le XIXe siècle.
    Ce nouveau monde issu de la globalisation inquiète. Certains dénoncent la « cocacolonisation » de la planète ou la naissance d'un « Mcworld » qui contracte les deux entités Mac Donald et Macintosh (Apple) quand d'autres pointent les phénomènes de replis identitaires que cette mondialisation génère.
    D'autres encore chantent les louanges de ce monde en voie de métissage.
    Cet ouvrage invite à comprendre les origines et les mécanismes actuels de ces circulations culturelles. Il interroge surtout les lectures faites de ce phénomène :
    S'agit-il de convergence culturelle ? d'impérialisme ? de « Choc des civilisations », ou plus finement d'hybridation et de « glocalisation » ?

  • Créée en 1883, l'Alliance Française est une association privée qui a eu le mérite décisif d'avoir inventé la diplomatie culturelle française moderne. L'Alliance fonda la plupart des méthodes propres à l'action culturelle extérieure, des tournées de conférenciers à la création de bibliothèques en passant par l'ouverture d'écoles. Première multinationale laïque de l'esprit, elle apparaît comme l'un des acteurs majeurs au coeur du processus d'internationalisation de la culture au XXe siècle.

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  • Ce livre est l'histoire d'un parcours scientifique, intellectuel et politique d'un des plus grands sociologues internationaux de l'après-guerre, capable d'assumer le choix d'une sociologie qui fut savante afin d'être utile. Cette trajectoire se trouve ici enchâssée dans une plus large évocation, à la fois celle du milieu sociologique français et celle du contexte politique et intellectuel général des années 1950-1990.
    Deux axes directeurs ont guidé cette biographie. Le premier touche à l'histoire intellectuelle de la discipline sociologique après 1945 et entend évoquer la façon dont Crozier (1922-2013) et son équipe de chercheurs ont bâti une oeuvre scientifique durable dans le domaine de la sociologie des organisations. Il s'est agi de reconstituer les conditions concrètes du travail du sociologue et d'en mesurer la part d'innovation. Le travail sur archives a permis ainsi de restituer le cadre pratique et théorique de l'invention sociologique croziérienne dans les années 1950-1960 qui lui permirent de s'imposer scientifiquement vis-àvis de ses pairs mais surtout aussi auprès de ses différents commanditaires (entreprises et administrations). Le second axe concerne en effet une histoire politique de la réforme de l'État entre 1960 et 1990. Les travaux de Michel Crozier et de son équipe ont constitué une réflexion capitale pour tout un courant politique et intellectuel libéral, divers et complexe dans sa composition, engagé dans la réforme du système administratif français. En vertu d'une réflexion aiguë sur les moyens de penser le changement « pas à pas », Michel Crozier fut même l'un des très rares sociologues au XXe siècle à s'engager aussi systématiquement dans la voie de la sociologie pour l'action politique.
    La page sur l'histoire de la sociologie française après 1945 demeure presque entièrement vierge.
    Et ce travail est vraiment l'une des premières tentatives sérieuses de la remplir.

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  • civilisations " désormais mortelles " (p valéry), " glissement soudain des masses mises en place depuis des siècles " (v woolf) le sentiment de crise domine l'après-guerre.
    pourtant les réponses des intellectuels diffèrent selon les pays: révolution en urss, réaction en italie, oscillation chaotique en allemagne. en france, réussite occultée par une dramatique défaite, l'entre-deux-guerres voit le maintien du régime parlementaire ainsi que du civisme politico-culturel. ce livre entend relier ces succès au rôle positif joué par les intellectuels démocrates d'alors qui résistèrent à la fois au cynisme de l'apolitisme et aux attaques menées par les intellectuels ultra-conservateurs, autour de maurras par exemple.
    capables de réévaluer de façon critique leur héritage culturel, ces hommes des lumières firent également preuve d'inventivité en recourant à un engagement multiforme. cet ouvrage offre ainsi la première synthèse problématisée sur une époque qui voulut conjuguer modernité et tradition, et qui reste un moment-clé de l'histoire intellectuelle et culturelle de la france.

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  • Si l'histoire des décades de Pontigny nous restitue le rassemblement annuel, dans une abbaye bourguignonne redevenue laïque, des plus grands esprits européens, de Paul Valéry à Heinrich Mann, de Max Scheler à Paul Langevin, d'Alberto Moravia à André Malraux, elle révèle surtout les multiples facettes de ce lieu singulier, à mi-chemin d'un salon héritier des Lumières et d'un congrès scientifique tributaire des réseaux de l'Internationale Scientifique propre au XXe siècle.
    A la fois subtile université auprès de la jeunesse normalienne, refuge aristocratique réservé longtemps aux proches d'André Gide et de la NRF, cellule collective de réflexions consacrées à l'avenir de la SDN ou de l'école par des publicistes et des hommes politiques, les Décades, loin de tourner le dos au monde, tentèrent de le déchiffrer, guidées le plus souvent par la boussole du riche passé humaniste européen et de ses vertus de tolérance et d'esprit critique.
    Au carrefour de quelques-uns des dialogues essentiels où se nouait la question des relations entre catholiques et non-catholiques, entre Allemands et Français, entre Occident et Orient, Pontigny fut une des rares institutions intellectuelles médiatrices dans une époque traversée de conflits. Peut-être parce qu'en France, depuis Montaigne, le culte de la littérature, si bien organisé par les Décades, eut pour fonction non négligeable d'apaiser les esprits et d'exprimer le meilleur de la civilisation.

  • Si l'on perçoit d'ordinaire le xixe siècle comme un siècle en voie de sécularisation, il reste aussi celui d'une recherche constante du sens.
    Bien qu'épris des méthodes critiques de la science, sa coloration morale n'en demeure pas moins profondément religieuse. s'expliquent ainsi la complexité et l'intensité des débats entre la modernité intellectuelle, qui promeut les droits de la libre critique, tout en aspirant parfois (renan, michelet) à préserver un élan spirituel, et un catholicisme français qui tente de s'adapter au nouveau cours du temps.
    Au tournant des années 1900, la querelle du modernisme, inspirée par la critique biblique de l'abbé loisy, marqua finalement l'échec de ce projet et la rupture entre l'eglise et les praticiens de la libre recherche intellectuelle. cependant, au-delà du modernisme, ce livre explore les ambiguïtés entre le monde moderne et le catholicisme, révélant ainsi des phénomènes d'hybridation intellectuelle et morale.
    A travers notamment des portraits (péguy, l'abbé bremond), des courants artistiques comme l'art sacré autour de maurice denis ou des tendances politico-intellectuelles telle l'historiographie catholique, cet ouvrage nous montre non pas un "stupide xixe siècle" (léon daudet), mais un grand moment de recherche intellectuelle et spirituelle.

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  • Depuis 1870, de nombreux acteurs publics et privés ont élaboré un dispositif de diffusion de la langue et de la culture françaises assez exceptionnel. Aujourd'hui, la mondialisation paraît affaiblir ce rayonnement hexagonal, menacé à la fois par la fragmentation culturelle accrue et l'homogénéisation linguistique au profit de l'anglais. Ce livre apporte des éléments d'évaluation sur les forces et faiblesses de l'action culturelle française dans le monde et analyse certaines de ses institutions (Alliance française, Agence Universitaires de la Francophonie, EduFrance, CampusFrance...).

  • Claude Durand

    François Chaubet

    Avec Bernard Grasset, René Julliard ou Jérôme Lindon, Claude Durand (1938-2015) fait partie de ces éditeurs colossaux qui ont renouvelé le paysage littéraire du xxe siècle. Que ce soit au Seuil, chez Grasset ou chez Fayard, dont il fut le P.-D.G. durant presque trente ans, cet acharné de travail, toujours entouré de mille manuscrits, avait toutes les audaces. Il fut le premier traducteur de Gabriel García Márquez. Il publia contre l'avis de tous La face cachée du « Monde ». Il lança Kadaré. Et puis il y eut la tempête Soljenitsyne... Dans ces pages très documentées, nourries d'entretiens et de chiffres, se dessine le portrait captivant d'un homme amoureux des livres. C'est aussi le tableau d'une époque féroce et sans remords, d'un milieu éditorial où tous les coups sont permis, où les amis sont des ennemis, où l'on se bagarre à coups d'à-valoir et de dîners en ville. Pourquoi ? Pour publier le nouveau livre de Michel Houellebecq... Pour choisir son camp lors de « L'affaire Renaud Camus »... Pour intriguer et obtenir un prix littéraire... Une enquête inédite et surprenante, qui rend hommage à un éditeur hors du commun, mais qui le révèle également sous toutes ses facettes.

  • Le 20e siècle a connu une intensification prodigieuse des échanges culturels internationaux, aussi bien dans le domaine artistique qu'intellectuel ou touristique. Cette synthèse inédite traite du sujet en trois points forts : les échanges culturels, la politique et la diplomatie culturelles, les nouveaux enjeux des relations culturelles internationales depuis les années 1980. Assiste-t-on à l'uniformisation du monde ou à sa fragmentation ? Est-il question de dépasser l'Etat-nation ou de maintenir un système international avec la montée de nouvelles puissances culturelles?

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