• La fragilité, la mémoire et la nécessité du témoignage sont les thèmes centraux de la démarche commune d'Anne et Patrick Poirier.
    Des installations de maquettes de sites archéologiques ruinés, de gigantesques sculptures-écroulements, des dizaines de journaux-herbiers, des centaines d'empreintes et de photographies instaurent des fictions paradoxales qui valent à ces artistes, depuis le début des années 1970, une reconnaissance internationale. Ce livre propose un "retour" aux oeuvres, afin de dissiper ambiguïtés et malentendus ayant pu laisser penser qu'Anne et Patrick Poirier s'adonnaient à la nostalgie d'un mythique passé, alors que l'axe central de leur travail est l'actualité du monde, l'affirmation post-exotique de la nécessité d'opposer l'intelligence à la violence, la culture à l'intolérance, la mémoire à l'amnésie.

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  • " Le matériau qu'utilise Jean-Philippe Roubaud pour construire ses jeux de langage et d'images est inépuisable. L'histoire de l'art, fonctionnant comme les bandes de Buren, en tant qu'outil visuel, fournira le vocabulaire. Quant à la grammaire, elle relèvera du witz, du mot d'esprit, dans le télescopage d'idées hétéroclites et la condensation de sens multiples. Mêlant références et autoréférence, valeur iconique et signes plastiques, chaîne de signifiants flottants et signifiés plus ou moins repérables. Dès lors un certain nombre de définitions conceptuelles qui donnent par ailleurs lieu à débats (réalité-fiction, abstraction-figuration, réel-symbolique-imaginaire, etc.) sont ici reconsidérées. Pour y gagner en humour. "

  • Catalogue de l'exposition présentée à la Vieille Église Saint-Vincent de Mérignac du 17 avril au 13 juin 2010.
    Rassemblant à la fois des séries anciennes et récentes, cet ouvrage consacré au travail photographique de Luc Chery couvre une production s'échelonnant sur plus de vingt ans, de 1985 à nos jours. Le regard rétrospectif permet d'apprécier, au-delà de la diversité des sujets abordés (faune noctambule dans les années 1980, flore de Taravao, dépouilles d'animaux, Jérusalem, habitats précaires...), les permanences et la trés grande cohérence qui s'en dégagent. Contrairement à l'instantanéité que réclame la photographie de reportage, Luc Chery ne vole pas un sujet au débotté, mais l'ausculte longuement, l'apprivoise et s'en infuse au terme d'une longue maturation afin d'établir un rapport de confiance, une sorte de contrat tacite entre son motif et lui-même. Ainsi, plantes exotiques, dépouilles d'animaux, habitations précaires sont méticuleusement observées, recomposées, ordonnées, selon un cérémonial quasi rituel.
    D'une indéniable picturalité, ses photographies semblent emprunter au langage du peintre ses effets de composition, de chromatisme, de matière et surtout de lumière. Reflets, transparences, clairs obscurs contribuent à renforcer plastiquement l'impression d'errance entre deux médiums, comme si l'artiste refusait l'arrêt sur image. Car c'est aussi un travail sur le temps et hors du temps, qui constitue une seule et même oeuvre. In fine, les photographies de Luc Chery ne se placent pas tant du côté de la démonstration que de celui de la révélation.

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  • L'oeuvre de Marcel Duchamp se présente comme une mythologie en marche, son destin d'homme obéit à la même loi. Tout ce qu'il entreprend est baigné par le mystère et placé dans la distance d'une ironie. Il est évident que la surprise est constante pour celui qui le découvre et que toute la lumière n'est pas toujours faite sur cet itinéraire hors-norme.
    L'un des points parmi les moins explorés de son histoire correspond à son séjour à la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Il y est resté pendant une assez longue période, très exactement deux ans, de 1913 à 1915. C'est le seul lieu où il entreprit de s'astreindre à un travail, fuyant le statut d'artiste pour se protéger sous le masque du bibliothécaire. Duchamp aura toujours la plus grande nostalgie de ce passage.
    Situé entre son voyage à Munich qui marque la fin de sa pratique de la peinture et son séjour à New York qui le voit élaborer une oeuvre sans précédent, son temps à la Bibliothèque Sainte-Geneviève est marqué par un intense effort de réflexion à partir de textes et d'images qu'il découvre dans des livres consacrés à la perspective et à la géométrie. La Boîte verte et une large partie des notes seront l'expression de cette quête. Duchamp cherche du nouveau et il le trouve dans des volumes qui vont du XVIe au XIXe siècle. Il lit, lève des dessins et retient des citations. Tout cela forme le réservoir inépuisable qui permettra à ses chefs d'oeuvre de s'élancer, Le Grand Verre ou Étant donnés, comme aussi à ses productions en marge.
    Ce temps intermédiaire qui explique la large explosion Duchamp aux États-Unis n'a jamais été considéré à sa vraie mesure. C'est une prise en compte complète de ce phénomène qu'Évelyne Toussaint et Yves Peyré ont souhaité réaliser, la première au gré d'une approche analytique, le second par le biais d'un regard synthétique. Une part du voile se lève sur les énigmes qui s'attachent à la trajectoire Duchamp, la réponse se tenait entre la richesse des collections de la Bibliothèque, son ambiance apaisante et le plaisir que Duchamp prit à s'y mouvoir et à s'y refonder par l'exercice patient de la lecture qui l'imprégna durablement, qu'il laissa lentement infuser en lui.
    Le volume Marcel Duchamp à la Bibliothèque Sainte-Geneviève donne ainsi un aperçu nouveau de la création selon Marcel Duchamp tout en révélant l'une des sources les plus fécondes de son oeuvre.

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