• " Le Colloque pluridisciplinaire et international, " l'Esclavage de l'Africain en Amérique du 16"me au 19"me siècle : les Héritages " a été organisé par l'Association Dodine les 19, 20 et 21 avril 2011 à Fort de France.
    Ce n'était pas, comme d'aucuns pouvaient d'emblée le penser, un colloque de plus eu égard aux multiples rencontres antérieures relatives à l'Esclavage vu du continent européen. La visée ici était tout autre. L'objet assigné se voulait différent, novateur : un colloque axé sur " Les Héritages ", à savoir, " les créations des peuples nègres issus des abolitions de l'esclavage au 19e siècle en Amérique.
    " D'où la définition et la délimitation d'un champ d'interrogations et d'investigations ouvert sur les domaines de l'activité humaine. La manifestation, labellisée " 2011 Année des Outre-Mer Français " a vu ses travaux se dérouler dans d'excellentes conditions. La trentaine de communications fut déclinée en six sessions de demi-journées, animées par des modérateurs avertis. Elles reçurent un écho très favorable d'un public attentif, curieux, de plus en plus nombreux et motivé dans l'échange.
    En relation avec le colloque, le Vernissage de l'exposition " Prismes d'Artistes ". à l'initiative des Artistes Peintres de l'Association Martiniquaise PABE (Plastik Art Band Experimental ", " Quel grand honneur que celui d'avoir participé à ce colloque de très haut niveau et de penser qu'il est une graine qui va fertiliser de futurs projets entre nous tous! ", " Je ne connais pas une seule personne qui n'ait parlé de sa satisfaction totale à la fin de la conférence.
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  • Man Dlo

    Emile Eadie

    • Meo
    • 28 Avril 2014

    De la source à l'embouchure, l'eau de la rivière jaillit, fait du bruit en sautant entre les roches volcaniques dures et noires, élabore sa mélodie pour flûte avant de changer de bassin et se lasse en s'étalant dans les terres plates qui mènent à la mer.
    L'eau de la rivière c'est la vie qui surgit, creuse un chemin dans la pierre et la terre, cisaille et sculpte le morne pour s'éteindre après l'ouvrage dans les eaux de l'océan. L'eau de la rivière excite la joie de l'enfant, lave le linge que lui offre la femme, féconde le jardin de l'homme.
    L'eau de la rivière n'est pas que douceur, une bête facile à apprivoiser, elle contient la soudaineté sauvage et brutale des forces naturelles. Regardez comme elle dévale les mornes lors des grosses pluies, des tempêtes tropicales, des cyclones(...) Man Dlo voit tout et a déjà tout vu, le jour, la nuit. Les nuits et les jours qui se succèdent sur la terre depuis bien avant les ancêtres de nos ancêtres. Elle a vu s'écouler les temps comme les vies. Elle a vu les transformations de l'endroit et de tous les endroits de la terre. Les transformations de tous les pays de la terre. Elle a vu les souffrances, les joies, les crimes des hommes à toutes les échelles du monde (...) Man Dlo voit passer son ami le temps sous ses déguisements aussi riches et différents du pôle Nord au pôle Sud. Les déguisements de cet ami sont appelés par les hommes hiver, automne, été, printemps, carême, hivernage.

    Dans la mythologie des Antilles, dans ce sacré recomposé où bestiaire fantastique et figures tutélaires des Ancêtres se côtoient, le mythème de Man Dlo occupe une place à part. Héritées des Afriques originelles, génies des forêts et des eaux, êtres surnaturels protecteurs et pourvoyeurs de grandes consciences, les Man Dlo sont Femmes. Cette féminité les rend mères, non seulement de l'ensemble de la communauté, si longue à trouver la densité heureuse de son rassemblement, mais aussi de chaque morceau, chaque arbuste, chaque puissance aquatique - faune ou flore - qui vit au coeur des règnes humides où commence l'immémoriale Vie.
    Émile Eadie, physicien mais aussi historien, spécialiste de l'Histoire des Antilles, ouvre ici la Porte des Allégories et rend un hommage constant, inquiet, questionnant et curieux, au mythe féminin qui sous-tend l'Homme. L'invention verbale, la constante vigilance à dire qu'il existe une visibilité - et une lisibilité - nègre du monde, mais aussi la confrontation de cette visibilité, cette lisibilité avec d'autres - Man Dlo ne rencontre-t-elle pas Gandhi ? - font de ce livre à la fois poétique et mythologique une puissante introduction créole au monde.

    Sur commande
  • De nombreux chercheurs ayant apporté leur contribution à l´histoire de la canne à sucre, donc à la connaissance de la route du sucre, ont permis d´établir que cette plante a fait l´objet d´une culture irriguée tant en inde, qu´en Perse et dans la Méditerranée. La première dissémination de la plante qui nous intéresse dans ces Actes coïncide avec l´installation de l´empire arabo-musulman.

    Les étapes de la Sicile, de Chypre et de Madère assurent une transition puisque la plante dans cette dernière est introduite dans un écosystème où elle n´a plus besoin d´être irriguée. Il convient également de noter que c´est la nation catholique portugaise qui organise la production de sucre de canne dans l´île de Madère au XIVe siècle.
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    A partir du XVIe siècle, l´extension de la religion catholique et l´implantation de la canne en Amérique vont de pair. Cette implantation détermine un ébranlement multidirectionnel avec comme résultat l´introduction de peuplements nègres et indiens dans les colonies à sucre des nations européennes (Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande voire Danemark) régies par le Code noir, matrices des sociétés américaines actuelles.

    L´un des participants note : « un trait fondamental demeure : le rôle considérable joué par les juifs dans le développement de l´industrie sucrière dans le Nouveau Monde (Brésil, Antilles) et du commerce lointain aux XVIe et XVIIe siècles. Sans eux, les premiers colons européens ne seraient pas capables de fabriquer du sucre pour l´exportation et organiser leurs habitations. Il s´agit donc d´ouvrir un véritable débat gravitant autour de ces questions essentielles en restituant tout l´arrière-plan historique resté dans l´ombre ».

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