• à gauche de l'impossible Nouv.

    À gauche de l'impossible est un plaidoyer contre les raccourcis qui, faisant miroiter des succès électoraux immédiats, épousent la culture politique dominante, celle-là même qu'une gauche émancipatrice devrait mettre en cause : verticalité du pouvoir, césarisme présidentiel, intolérance au pluralisme, absence de culture démocratique, mépris des mobilisations populaires, rejet des causes communes de l'égalité, incompréhension des nouvelles luttes écologistes, antiracistes et féministes.
    La catastrophe ne se conjugue pas au futur, elle est dans le présent : un présent d'aliénation et de domination où s'entremêlent les désastres sécuritaires, sanitaires, écologiques, sociaux et démocratiques. Il ne s'agit plus de l'éviter, mais de l'affronter en cessant de s'illusionner : la réponse ne viendra pas d'en haut, d'experts prétendus ou de gouvernants discrédités, mais du sursaut de la société, de ses inventions et de ses mobilisations.
    Si la gauche politique est en peine, c'est parce qu'elle s'est détachée de la société qui la légitimait pour s'identifier à l'État dont elle revendique la gestion. Or être de gauche, sur la durée, ce n'est pas vouloir absolument le pouvoir, c'est d'abord défendre la société contre les abus des pouvoirs, qu'ils soient étatiques, politiques ou économiques, sociaux ou culturels, entremêlant domination sociale, discrimination raciste et oppression patriarcale.
    Alors que l'effondrement menace, dans un mélange de destruction du vivant et de déshumanisation du monde favorable aux fuites en avant autoritaires et identitaires, la porte étroite du salut est dans ce pari sur l'impossible.

  • Le président de trop ; la question française Nouv.

    Le présidentialisme est au régime présidentiel ce que l'intégrisme est aux religions, ce que l'absolutisme est aux monarchies, ce que le sectarisme est aux convictions. Le problème n'est pas l'existence d'une présidence de la République mais l'accaparement de cette fonction par un seul homme, véritable monarque sans couronne. Legs du bonapartisme français, notre présidentialisme est un régime d'exception devenu la norme. Une norme dont l'excès n'a cessé de s'étendre depuis le long règne de François Mitterrand.
    Avec Emmanuel Macron aujourd'hui, mais dans le droit fil des ambitions de Nicolas Sarkozy et des renoncements de François Hollande hier, le présidentialisme français ne cesse de s'affirmer comme l'ennemi foncier d'une République démocratique et sociale. Cette confiscation de la volonté de tous par le pouvoir d'un seul la mine de l'intérieur, la corrompt et l'affaiblit, creusant la dépression citoyenne et accroissant la démobilisation électorale. En nos temps incertains et imprévisibles, elle pose les bases d'un régime autoritaire au service d'intérêts sociaux minoritaires.
    Face à ce danger, Le Président de trop plaide pour une radicalité démocratique. Celle d'une République garantissant l'expression, la mobilisation et l'invention de la société contre les inégalités, injustices, corruptions et mensonges qu'enfantent, inévitablement, pouvoir et domination en place dans leur éternelle volonté de se succéder à eux-mêmes.

  • Aborder la politique par le cinéma. Ne pas seulement se divertir mais s'impliquer. Ne pas rester spectateur d'une histoire étrangère mais devenir acteur de son propre destin. Chercher dans l'obscurité des salles de projection les lumières d'un imaginaire commun. Le jour de 1969 où Z, le film de Costa-Gavras, est sorti en salles, la politique comme imaginaire démocratique a fait irruption dans le cinéma, la politique comme lieu de partage.

    E. P.

  • « "Il y a un problème de l'islam en France", n'hésite pas à proclamer un académicien, regrettant même "que l'on abandonne ce souci de civilisation au Front national". À cette banalisation intellectuelle d'un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l'existence d'un "problème juif" en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. L'enjeu n'est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l'on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France.» Edwy Plenel

  • Ce livre est une enquête sur une phrase perdue. Elle fut énoncée à Paris le 13 août 1789 par Jean-Sylvain Bailly, nom aujourd'hui oublié. Il venait d'être proclamé maire de la Commune de Paris, le premier dans l'histoire de la capitale après avoir été le premier président du tiers état et de l'Assemblée nationale. « La publicité est la sauvegarde du peuple », af?rmait-elle. Autrement dit, tout ce qui est d'intérêt public doit être rendu public : tout ce qui concerne le sort du peuple, tout ce qui est fait en son nom, tout ce qui relève de sa souveraineté.
    À peine proclamée, cette sentence devint l'emblème de la liberté de la presse naissante durant ce qui fut aussi une révolution du journalisme. Or, alors même qu'elle fut la première expression, dans une formulation résolument moderne, d'un droit fondamental plus que jamais actuel - le droit de savoir contre l'opacité des pouvoirs -, cette phrase est oubliée par l'histoire française. Pourquoi ?
    Enquête sur cet oubli, ses mystères et ses détours, ce livre est une ré?exion sur la dimension prophétique de la proclamation de Bailly. On y comprendra que les combats des journalistes d'enquête et des lanceurs d'alerte, face à des pouvoirs arc-boutés sur les privilèges du secret, illustrent la portée toujours révolutionnaire de cette proclamation démocratique.

  • À travers une réflexion sur la valeur de l'information, aujourd'hui mise à mal, Edwy Plenel retrace les grandes affaires révélées par Mediapart et revient sur ses principes fondamentaux. Son but ? Imposer dans l'espace public les sujets délaissés et contestés, de la fraude fiscale au harcèlement sexuel, en passant par la corruption et les discriminations. Une fois de plus, Edwy Plenel affirme son engagement en faveur du journalisme et défend les valeurs d'une presse libre et indépendante.

  • « Un jour, on se souviendra avec honte qu'en France, au début du XXIe siècle, une démocratie, son État, ses gouvernants et ses juges, ont criminalisé ce geste élémentaire d'humanité : la solidarité. Et qu'ils l'ont fait alors que notre continent, face à un défi humanitaire sans précédent depuis les catastrophes européennes du siècle passé, avait rendez-vous avec son âme... ».
    Ce court texte sincère et brulant est un véritable « J'accuse » contemporain qui dénonce l'injustice de criminaliser celles et ceux qui se portent au secours des migrants partout en Europe. Rédigé dans l'urgence, diffusé dans une première version sur le Net, il a rencontré un très grand intérêt dans toute l'Europe.Edwy Plenel a voulu proposer un petit livre accessible au plus grand nombre, très argumenté et précis, pour réveiller les consciences endormies et ou hypocrites de notre continent. Ils rappellent les valeurs républicaines et européennes de la solidarité du « vivre ensemble », d'une « même exigence d'humanisme » toutes trahies par les agissements des politiques.Criminaliser le « secours à autrui », comme dans le cas de Cédric Herrou, c'est s'opposer aux « droits imprescriptibles et naturels de l'Homme » (Déclaration des droits de l'Homme.)Notre devoir est de « jeter des ponts » et d'accueillir l'autre homme, si nous ne voulons pas perdre notre âme et notre histoire.

    Sur commande
  • La révolte des gilets jaunes est un événement inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations, bouscule les commentateurs, affole les gouvernants. Comme toute lutte collective, elle s'invente dans une création politique autonome où l'auto-organisation est maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France dans sa diversité, avec ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs, ses beautés et ses laideurs.
    Prenant le contrepied de la morgue sociale qui s'est déchaînée face à un peuple rabaissé au rang de foule, cet essai veut en déchiffrer l'énigme en mêlant l'histoire immédiate et la longue durée. Né d'un refus de l'injustice fiscale et d'une exigence sociale d'égalité, ce mouvement s'est emparé de la question démocratique centrale, celle du pouvoir présidentiel qui confisque la volonté de tous. C'est cette audace républicaine qu'une répression policière sans équivalent lui fait payer.
    L'avenir n'est pas écrit, et le cours des événements dépendra de l'action de celles et ceux qu'ils convoquent. Aussi ce livre est-il une alarme face à la fuite en avant d'un pouvoir affolé qui, pour se légitimer, a choisi de jeter les gilets jaunes dans les bras de l'extrême droite. Si cette catastrophe advenait, en seraient aussi responsables tous les tenants d'une République démocratique et sociale qui auront préféré tenir à distance cet inédit, plutôt que de mener la bataille de l'égalité auprès des gilets jaunes.

    Sur commande
  • Dire nous. Pour inventer un nouvel imaginaire qui nous extirpe du marécage où macèrent nos divisions. Pour enchanter le quotidien par la beauté et la bonté, contre la laideur et la méchanceté. Pour inventer tous ensemble le Oui qui nous manque, celui d'un peuple réuni dans sa diversité et sa pluralité autour de l'urgence de l'essentiel : la dignité de l'Homme, le souci du monde, la survie de la Terre.

    Sur commande
  • Dire non

    Edwy Plenel

    Ce livre, dédié à Stéphane Hessel, s'adresse à tous ceux que la politique déçoit et que la crise effraye. Anthropologues, philosophes, politiques, poètes. Tous, avec l'auteur, réinventent le non. Le non à l'abaissement de la France par ceux qui la défigurent en ne l'aimant pas telle qu'elle est; le non pour élever ce pays en élevant son langage ; le non pour inventer le oui. Au nom d'une France urbaine et métissée, il prône une laïcité ouverte, une liberté étendue, une refonte des institutions et une valorisation de la diversité qui provoqueraient un sursaut démocratique.

    Sur commande
  • « Ce voyage est une invitation à se promener sur le continent des obscurs. À partir à la recherche de celles et ceux dont le souvenir est effacé par les puissants et les dominants, qui réquisitionnent l'Histoire à leur profit. Bref, à aller à la rencontre de tous ces militant-e-s de l'égalité sans lesquels nos idéaux démocratiques et sociaux n'auraient jamais vu le jour. Or seul le Maitron, cet immense dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, avec ses milliers de héros inconnus ou méconnus, donne librement accès à ces territoires oubliés, sur une longue durée qui va de 1789 à 1968.
    J'ai voulu donner envie d'aller y voir. Car, en nos temps obscurs d'incertitude et de doute, visiter le Maitron, c'est reprendre force et courage. Cette péré-grination propose de s'approprier cet héritage sans testament, comme une promesse que nous nous ferions à nous-mêmes. À la manière des traces qui, dans notre langue, sont aussi bien des signes d'un passé effacé que des sentiers menant à l'inconnu, l'espoir porté par les centaines de milliers de vies qui en sont la matière est un chemin inédit, qu'il nous revient d'inventer en marchant sur leurs pas. Pour cette exploration, nulle carte préétablie qui donnerait des assurances, transformant le paysage en certitude. Mais, plus essentiellement, la quête d'une hauteur qui nous élève et nous relève, en vue d'une ligne de crête où se laisse approcher, de nouveau, l'horizon d'une espérance : l'émancipation.
    Acte de fidélité et geste de survie, ce livre interroge dans un premier temps le sort des vaincus dans l'Histoire puis part «à sauts et à gambades» dans un voyage qui commence près des bureaux de Mediapart, à la rencontre du député Baudin, pour se terminer sur un sentier de randonnée dans les Pyrénées, en compagnie de Walter Benjamin. La solennité des cimetières pas plus que la froideur des tombeaux ne sont ici de mise. Plurielle et multiple, l'Histoire maillée d'histoires que nous raconte le Maitron est un récit sensible, celui d'une réalité à portée d'utopie, tout comme un choeur antique serait à portée de voix. » Edwy Plenel

    Sur commande
  • Calomnie, manque de professionnalisme, diffamation. en décembre 2012, l'article de Mediapart intitulé « Le compte suisse du ministre du budget » est très mal reçu, mais le journal en ligne maintient sa position. On connaît la suite.
    Comme il le fait dans la pratique de son métier, le directeur de Mediapart défend dans ce livre un journalisme d'investigation qui ose prendre le parti de la démocratie et s'applique à pousser les affaires publiques vers cette transparence qui dérange les dirigeants politiques de tous bords.

    Sur commande
  • La découverte du monde

    Edwy Plenel

    • Folio
    • 13 Mai 2004

    «Contre les fouilleurs d'origines et les dévots de l'immédiat, s'entêter à imbriquer connaissance du passé et savoir du présent : c'est ce qui, en 1991, m'avait conduit à suivre les traces de Christophe Colomb, arpentant les terres qu'il avait accostées et visitant les siècles qu'il avait inaugurés. C'est ce qui, dix ans après, sous le choc de l'événement du 11 septembre 2001, m'amène à exhumer ce voyage et à réemprunter les traces qu'il m'avait paru ouvrir.
    Des périples transatlantiques du Grand Amiral de la mer océane à l'attentat contre le World Trade Center, le tourbillon de dates et d'époques dans lequel ce livre entraîne ses lecteurs est une invite au déplacement de la pensée. À regarder de biais, de côté et de loin, nos propres temps d'ouverture et de fermeture, entre mélange des cultures et clôtures des identités. À combattre l'obsession des origines, le refoulé colonial, la peur de l'autre. Bref à suivre la trace métisse où s'invente un nouvel humanisme cosmopolite.» Edwy Plenel.

    Sur commande
  • Dans le Dorian Gray d'Oscar Wilde, un gentleman distingué se fait faire son portrait. Et voilà que le portrait se décompose, lui révélant sa propre corruption. Le sarkozysme et les mécanismes de pouvoir qu'il convoque, sa violence sociale, politique et symbolique, nous renvoie à notre responsabilité : comment avons-nous permis qu'un personnage si excessif multiplie les dérives - dont certaines préexistaient à son avènement : abus de pouvoir et bons plaisirs, passe-droits et conflits d'intérêts, confiscation oligarchique et privatisation partisane ?Ce livre veut faire le portrait du sarkozysme : le pouvoir de nomination du président de la République ; l'extension du domaine du secret ; la logique verticale du pouvoir exécutif ; la corruption du milieu journalistique ; les courtisans ; la façon, au fond, de ne pas aimer l'irruption de l'information irrévérencieuse, du désordre, de l'événement ; la corruption des interlocuteurs syndicaux que l'on flatte pour qu'ils rentrent dans l'agenda du pouvoir... Ces mécanismes qui existaient avant lui, Nicolas Sarkozy les exacerbe, aggravant les vices du présidentialisme français : il en ressort un pouvoir sans équilibre, portant en lui le risque d'un absolutisme.En cette époque troublée, il est urgent d'ouvrir les yeux sur la fragilité de notre République. Nous traversons une crise historique du capitalisme, vivons par le numérique une nouvelle révolution industrielle, voyons finir un cycle de domination de notre culture occidentale sur le monde. L'histoire du siècle précédent nous a appris combien ces périodes incertaines pouvaient mal tourner.Derrière le réquisitoire se posent des questions fondamentales : quel est le sens de ce pouvoir qui demande au peuple de sortir de sa servitude tous les cinq ans pour choisir son maître et, entre-temps, le contraint au silence et à la peur ? Le sarkozysme porte en germe le refus de la démocratie.

    Sur commande
  • Le 10 juillet 1985, le Rainbow Warrior, navire de Greenpeace qui protestait contre les essais nucléaires de la France, est coulé par les services secrets français, coûtant la vie à un photographe. Cet attentat fut un scandale mondial et une affaire d'État. Journaliste au Monde, Edwy Plenel fut à l'origine des révélations qui provoquèrent la démission du ministre de la Défense et du patron de la DGSE.

    Journaliste, Edwy Plenel est cofondateur et président de Mediapart, journal en ligne indépendant et participatif. Ses ouvrages Le Droit de savoir et Dire non sont disponibles en Points.

    Sur commande
  • Face aux trois crises - démocratique, économique, morale - qui minent l'information en France, sa qualité et son utilité, son honnêteté et sa liberté, et à des mesures sous tutelle politique qui ne font que renforcer un rapport clientéliste des médias à l'État, Edwy Plenel, président et fondateur du journal d'information numérique, indépendant et participatif Mediapart, lance un Manifeste pour une presse libre et indépendante, profondément repensée et refondée.
    « Imaginons un pays doté d'un acte fondateur sur la liberté de l'information, imposant à tout détenteur d'une parcelle d'autorité publique de répondre aux curiosités des citoyens, aux questions des journalistes, aux investigations des médias, et les contraignant à dévoiler tout document administratif nécessaire à l'information du public. Imaginons un président et une majorité qui, loin de s'effrayer d'un tel libéralisme politique, décident de l'accentuer, en proclamant que "la transparence est prioritaire". »

  • Secrets de jeunesse

    Edwy Plenel

    De Trotsky à Malraux, aller et retour, en passant par Jospin, via Freud, Adler, Fraenkel, Sperber.
    M'autorisant ces échappées belles, promenades et flâneries, je ne voudrais pas laisser croire que tout se tient. C'est plutôt que les vies nous disent aussi ce qui circule, souterrainement, des uns aux autres, l'inconscient des parcours et des pensées, les liens obscurs des époques et des individus, la magie des idées surtout. Entre fleuves et ruisseaux, je m'efforce de suivre ces courants-là qui, d'ordinaire, ne se donnent pas à voir.

    Sur commande
  • Procès

    Edwy Plenel

    " c'était un lundi de fin novembre 2004 et le tribunal faisait relâche.
    assidu au procès des écoutes de l'elysée, qui entrait dans sa troisième semaine, j'avais décidé de mon moment : un jour de pause, pas de presse, pas de curieux. c'était un choix esthétique. je tenais à vérifier une intuition qui n'était pas forcément à mon avantage : ma démission volontaire de la direction de la rédaction mettrait fin au feuilleton médiatique dont le monde avait été le héros malgré lui.
    il n'y aurait pas de questions, guère de curiosités, encore moins d'enquêtes. et c'est bien ce qui s'est passé. tout rentrait dans l'ordre, l'objectif était atteint, le contrat enfin rempli, pas besoin de chercher à comprendre, c'était écrit, prévu, annoncé. " ce procès est une réflexion subtile sur la presse, le journalisme et le pouvoir ; c'est aussi le témoignage d'une démarche exigeante et lucide.

    Sur commande
  • Jamais dans l'histoire de la Ve République, un président élu n'aura renoncé si vite, sans combat et sans explication, aux engagements qui l'avaient fait élire : combattre son adversaire la finance, instaurer une présidence normale, réorienter l'Union européenne. Au lieu de quoi, la finance dérégulée est installée à demeure à l'Élysée, le pouvoir personnel gouverne selon son bon plaisir, et l'Europe n'est pas sortie d'un cycle catastrophique où les marchés sont courtisés et les peuples ignorés.
    Attachée aux exigences démocratiques et sociales d'une République vivante, la rédaction de Mediapart ne se résigne pas à une politique avilie où les promesses électorales seraient toujours démenties par l'exercice présidentiel. C'est pourquoi elle a choisi de documenter au plus près ce renoncement stupéfiant, pavé de véritables reniements.
    Afin, tout à la fois, d'en prendre la mesure et de tenter de le comprendre. Car, sans cet effort de lucidité, il sera impossible d'inventer une suite qui appartienne à un peuple redevenu souverain, libéré des tentations de la peur et du repli, voire de la haine.

    Sur commande
  • Une présidence entachée par les affaires politico-financières : l'affaire Bettencourt (évasion fiscale, dons illicites aux politiques) ou l'affaire Lagarde/Tapie (une justice qui s'efface pour permettre à l'homme d'affaires d'empocher plus de 400 millions d'euros).Une présidence entachée par les scandales de ses ministres : les conflits d'intérêts d'Éric Woerth, les condamnations pour racisme de Brice Hortefeux, les libertés prises avec l'argent public par Alain Joyandet et Christian Blanc. Une présidence qui a révélé sa vraie nature idéologique avec l'indécent débat sur l'identité nationale, suivi de l'ignoble discours de Grenoble stigmatisant les Roms et les Français d'origine étrangère.Autant d'indignants épisodes qui ne doivent pas cacher la faillite économique du pays : la dette abyssale de la France n'est pas la conséquence de la crise financière, mais bien plus le fruit d'une politique de gaspillage engendrée par le bouclier fiscal, la multiplication des niches et autres abaissements d'impôts. La Cour des comptes elle-même en a fait le constat. Et pourtant. C'est pour éponger ce gaspillage que les services publics sont démantelés, que 50 % des fonctionnaires partant à la retraite ne sont pas remplacés, que plus de 50 000 postes ont été supprimés dans l'Education nationale, que les mutuelles santé seront surtaxées. Cette présidence est aussi celle de la casse sociale.Sous le titre N'oubliez pas !, le 1er volume de Mediapart dressait le bilan de la présidence Sarkozy de la nuit au Fouquet's au lancement du grand emprunt national. La suite de l'inventaire se poursuit dans ce 2nd volume : du débat sur l'identité nationale au budget d'austérité, ce livre recense les changements intervenus dans les dossiers tels que l'emploi, la justice, la constitution, l'environnement, la politique étrangère, la politique en matière d'immigration, la réponse à la crise financière. Sans oublier les affaires qui ont éclaté durant ce quinquennat et ont éclaboussé nombre de proches du Président.

    Sur commande
  • Un temps de chien

    Edwy Plenel

    • Folio
    • 13 Septembre 1996

    Il était une fois, en France, un président de la République qui crut bon de dénoncer, non loin du cercueil d'un de ses Premiers ministres qui s'était suicidé, les " chiens " médiatiques auxquels aurait été " livré l'honneur d'un homme ".
    Par-delà l'épisode qui annonçait alors une fin de règne crépusculaire, la réalité demeure : la vie publique tombe à la rubrique des chiens écrasés, le débat d'idées cède la place à la chronique des prévarications, les grandes ambitions affichées dévoilent des secrets de fabrication peu honorables.
    Cette réalité encombre et dérange ceux qui font profession de journaliste. On peut choisir de faire l'autruche, refuser de se salir les mains et de prendre des coups.
    On peut aussi penser que si nous voulons remplir notre mission, qui est de rendre intelligible le présent pour maîtriser l'avenir, il nous faut bien visiter les coulisses du spectable.
    Ce choix est le sujet de ce livre, réflexion paradoxale sur le journalisme, Quand la République se résigne à être scandaleuse, quand la démocratie ne se veut plus vertueuse, quand l'éthique laisse place au cynisme, quand la marchandise dicte la loi, on ne peut prétendre à la neutralité.
    Acteur autant que spectateur, le journaliste doit choisir son camp.

    Sur commande
  • Les mots voles

    Edwy Plenel

    • Folio
    • 14 Avril 1999

    Il était une fois un président qui avait plus d'un secret.
    A ceux qu'il avait accumulés durant sa longue carrière politique, il avait choisi d'en ajouter deux autres, encore plus lourds. a peine élu, il avait appris qu'il était atteint d'un cancer incurable, et il se refusait à le faire savoir de peur de devoir écourter son règne. il avait également pris le parti de cacher l'existence de sa fille, née hors mariage. de ses secrets intimes, de santé et de famille, il fit donc des secrets d'etat.
    Aussi décida-t-il, pour les protéger des indiscrets, de s'entourer d'une garde fidèle et puissante. il installa au coeur de la présidence une mystérieuse " équipe " qui s'organisa comme un véritable service secret avec ses écoutes téléphoniques. durant plusieurs années, la présidence eut ainsi son " cabinet noir " privé, espionnant à loisir les conversations de ceux et celles qu'elle supposait être ses ennemis.
    Cela ne s'était jamais vu. jamais fait.

    Indisponible
  • La part d'ombre

    Edwy Plenel

    • Stock
    • 12 Mars 2003

    La part d'ombre ce livre navigue entre confession et colère. confession d'un journaliste qui rend des comptes, livre ses doutes et ses contradictions, dit ce que, jusqu'ici, il n'avait pas écrit. colère d'un citoyen qui, explorant les coulisses d'un règne présidentiel, ses secrets et ses mensonges, se surprend à affronter des valeurs étrangères à la gauche.
    Il ne s'agit pas ici de l'homme mitterrand, qui vaut mieux que son oeuvre, mais d'un système, le mitterrandisme, où les courtisans devancent les militants, où les fidélités priment l'éthique, où l'engagement s'efface devant l'arrangement, où la mémoire a ses absences, l'argent ses jeux et la basse police ses cabinets noirs. sans en démentir la part de vérité, cette part d'ombre éclaire la cohérence d'une politique convenablement bourgeoise mais, à coup sûr, rien moins que socialiste.
    L'identification de la gauche au mitterrandisme est le chemin assuré de son déclin, celui sur lequel s'avance la longue cohorte des déceptions devenues rancoeurs, des désespoirs livrés aux haines lepénistes, des tragédies amères prenant leur revanche sur d'illusoires consensus. c'est de cette fascination que la gauche doit se déprendre si elle veut, demain, se reconstruire et se refonder dans ce paysage d'espérances égarées ou trahies que nous lèguent la débâcle d'un communisme d'imposture et le discrédit d'un socialisme d'occasion.
    Edwy plenel est journaliste au monde.

  • Le journaliste et président réunit trois ouvrages - La part d'ombre (1992), Un temps de chien (1994), Les mots volés (1997) dans lesquels Edwy Plenel, journaliste au Monde, explorait les coulisses du mitterrandisme, ses secrets et ses mensonges : l'affaire des Irlandais de Vincennes, la relation complexe de François Mitterrand au régime de Vichy, les suicides de Pierre Bérégovoy et de François de Grossouvre et, enfin, les écoutes téléphoniques clandestines organisées pour protéger la vie intime d'un président qui confondait secrets de famille et secrets d'État. Placé sur écoute d'avril 1985 à mars 1986 parce que ses articles dérangeaient, Edwy Plenel engage une réflexion sur le pouvoir et la démocratie. Il s'interroge aussi sur les pièges et les contradictions de son métier. Journaliste exigeant, il répond à ses détracteurs et revendique la « liberté indocile de l'information dissidente ». Citoyen en colère, il dénonce les trahisons d'une gauche dont l'identification au mitterrandisme a assuré le déclin. Depuis la parution chez Stock de ces trois ouvrages, le procès des écoutes de l'Élysée s'est finalement ouvert en novembre 2004, et cette nouvelle édition est augmentée d'une préface inédite, Grand Deuil.

    Sur commande
empty