• La crise du subprime a couté au gouvernement américain 11'000 milliards de dollars en 2009... ce n'est rien comparé à la crise que nous réservent les dérivés. Un monde parallèle domine le monde financier réglementé. La finance de l'ombre, ou « shadow banking », acteurs financiers non réglementés, et leur instrument favori, les dérivés, règnent sans partage depuis plus de 10 ans. Personne, à commencer par le monde politique, ne mesure la montagne de risques que cela représente.

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  • Que s'est-il passé depuis la fin de la crise des subprime ? La finance s'est-elle réformée ? Bien au contraire : jamais le risque n'a été aussi élevé. Cette fois, tout s'est passé dans l'ombre. Les courtiers, gérants de fonds, traders et négociants de la finance sophistiquée s'emparent des activités bancaires, tout en opérant en dehors des règles bancaires. Ces dernières se sont durcies, alors le monde de la spéculation s'est échappé dans un univers parallèle : la finance de l'ombre fait crédit aux entreprises et les « dark pools », ces bourses secrètes, redéfinissent les règles du jeu sans consulter les gouvernants.
    Le shadow banking, c'est 80'000 milliards d'actifs à haut risque qui ont pris les banques centrales en otage : la moindre hausse de taux d'intérêt, et c'est le krach.
    Ce monstre qui prospère dans l'obscurité est pourtant bien la création des banques centrales. La finance de l'ombre reste solvable uniquement parce que les taux sont à zéro. Si la Fed veut enrayer le risque systémique, elle doit relever les taux, mais si elle le fait, la montagne spéculative explosera, emportant avec elle des pans de l'économie réelle. 

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