• Depuis Astolphe de Custine, le "voyage en Russie" a été élevé, en France, au rang de genre littéraire. De l'Empire des tsars à l'URSS, de Dumas à Gide, chaque écrivain voyageur, même thuriféraire, a toujours tenté de passer derrière le miroir, de dire sa vérité sur ce pays qui confine à Dieu, comme l'écrivit Rilke. Après de nombreux séjours professionnels, Dominique Bromberger a décidé de s'immerger dans la Russie profonde, de Saint-Pétersbourg à Sotchi en passant pas Irkoutsk et Groznyï, passant la nuit chez l'habitant, partant à la rencontre des Russes d'aujourd'hui. C'est ça la Russie est le journal de ce périple effectué au printemps 2009. "Voyage qui m'a permis de voir ou de revoir une quinzaine de villes et de m'attarder dans quelques campagnes que je n'avais jamais visitées... Souvent, en ville ou dans le train, j'ai croisé des hommes ou des paysages qui avivaient les souvenirs de mes précédentes visites au "pays des soviets", effectuées à l'occasion de reportages dans les années 1980 et 1990, et surtout ceux d'une extraordinaire virée familiale opérée au cours de l'été 1966 parla route, en voiture de Paris à Moscou et Leningrad... En quittant le pays, je me jurai d'y retourner bientôt. Pour y rencontrer de nouveau son aimable peuple et pour voir, un jour, s'y accomplir enfin l'Histoire, une Histoire qui ne fut, jusqu'à ce jour, que succession incohérente de glorieuses conquêtes sombrant dans de longs cauchemars, de monstrueuses violences et d'enfantins balbutiements". Cette fois encore, Dominique Bromberger a su regarder et écouter : "Dans un monde où tous les autres pays courent après le changement, la Russie serait-elle le seul à ne pas changer ?"

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  • Le 1er mars 2001, le journaliste Dominique Bromberger était victime d'un terrible accident de scooter.
    Heurté de plein fouet par un poids lourd, opéré une douzaine de fois, il est resté plus de trois semaines dans le coma. Il nous rapporte aujourd'hui le récit de son séjour dans les limbes puis de son retour à la vie. De cet aller-retour jusqu'aux frontières d'un autre monde, Dominique Bromberger a acquis la conviction que le coma n'est en aucun cas une absence de conscience comme on l'a souvent affirmé.
    Il a gardé et écrit le souvenir précis et poétique de rêves et d'hallucinations qui l'ont accompagné. D'un tel voyage il n'est bien entendu pas revenu le même. Un document sincère, où se mêlent les éléments autobiographiques et les récits de ceux qui l'ont entouré.

  • Cette histoire a commencé par un appel, celui d'un inconnu, dont je n'ai pas compris d'abord comment il pouvait avoir le numéro de mon téléphone portable. Depuis quelques semaines, j'étais rentré d'un voyage aux lisières de la Russie, sur les terres des Républiques issues de l'ex-URSS. J'avais traversé des pays aux noms imprononçables, frôlé quelques dangers, je m'étais perdu dans des villes inconnues, j'avais pris le soleil au bord d'un lac dominé par des sommets himalayens, j'avais côtoyé le souvenir de Tamerlan et celui d'Alexandre, et voilà que cet inconnu venait me proposer de publier le dialogue que je devais tenir avec un maire de banlieue ! Ce n'est pas qu'en d'autres temps l'idée, telle qu'elle était présentée, ne m'eût pas séduit. L'interlocuteur que l'on me proposait gérait une ville aux soixante nationalités, qui était, à ses dires, ce qu'on pouvait faire en France de plus exotique. Et le fait que je ne parvenais pas à la situer sur une carte alors qu'elle
    était si proche de Paris redoublait mon intérêt. Par politesse plus qu'autre chose, j'acceptai pourtant un rendez-vous à trois semaines de là, dans un café qui eut son heure de gloire à Saint-Germain-des-Prés. Le surlendemain de cette rencontre, les banlieues s'enflammaient. Le feu s'était déclenché dans la ville dont on m'avait proposé de rencontrer le maire : Clichy-sous-Bois. Dans cette ville devenue le symbole de l'«embrasement des banlieues», Dominique Bromberger s'est installé pour plusieurs semaines (dans un hôtel Formule 1). Grâce à son expérience et à son professionnalisme, et grâce surtout à une humilité qui l'a conduit à remettre en question nombre de ses propres certitudes et beaucoup de lieux communs sur «les banlieues», il a réussi à nouer des contacts avec tous les milieux, toutes les générations, toutes les nationalités, ethnies, religions. Le témoignage qu'il rapporte après cette immersion est unique, sans concession, riche d'enseignements et souvent surprenant.

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