• La vie in extremis

    Claire Kebers

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  • Appréhender le lien et la distance, entrer dans le labyrinthe de nos émotions, s'essayer à cerner ce qui nous tient éloigné ou rapproché de nous-même, seule clé qui ouvre ou ferme le chemin vers autrui, n'est-ce pas l'entreprise de chacun de nous? C'est dire que le lien et la distance s'interposent dans toutes les facettes de notre existence, comme une oscillation tantôt rassurante tantôt déstabilisante, toujours interpellante. Dans toutes les phases heureuses et malheureuses de notre vie, à la manière d'un balancier qui frappe les heures du lien et celles de la distance, afin que le temps venu soit celui de la reconnaissance de soi et d'autrui. C'est-à-dire la reconnaissance d'un lien qui ne craigne pas la distance et celle d'une distance qui ne se prémunisse pas du lien. Il est significatif que le thème du lien et de la distance revienne sous forme de questionnement dans toutes les formations à l'écoute. À l'écoute en général, car, faut-il le dire, l'écoute est inhérente à la vie relationnelle sous toutes ses formes et dans toutes ses dimensions. À l'écoute en particulier quand les personnes en formation, dans le cadre de leur engagement professionnel ou bénévole auprès des malades, ont le souci de se rendre proche de la vie et de la mort de leur patient, mais sans s'y perdre. Le lien et la distance, c'est une question de savoir être. Les propos tenus ici voudraient avoir cette qualité d'humanité qui donne au lien et à la distance leur titre de dignité, de liberté et de tendresse.

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