• Corne de lune

    Christian Dupré

    Eh bien, dis donc, elle ne s'est pas gênée ! Elle a tout raflé.
    C'est normal, tout lui appartenait. Qui es-tu ? David. Ton cohabitant du dessous. Au début, je me disais que j'allais rester une heure ou deux. Mais comme personne ne descendait... C'est incroyable tout ce qu'il y a à bouffer là en dessous. Un vrai régal. Je me suis servi comme un prince. Il y a même le pommier d'en face pour les desserts. Tu m'as sûrement vu monter dedans. Ah, c'est toi ! Oui, c'est moi. Dis donc, ça t'arrive jamais de changer d'endroit ? Il regarde tout autour dans la pièce.
    Il ne reste même pas un cadre ! Il y a des photos en bas. Si tu veux, on pourrait en accrocher quelques-unes. Si tu veux. Bon, d'accord. Au prochain voyage, j'en ramènerai quelques-unes. Histoire de donner un petit peu de vie au décor.

    Sur commande
  • Avant-première

    Christian Dupré

    Vu le succès de la scène de Corne de Lune, les Editions du Cosmogone ont décidé de poursuivre la publication des pièces de Christian Dupré.
    Après Corne de Lune, Paravents chinois, Les Soeurs Julia et Le Vol des hirondelles russes, quatre de ses huit autres pièces sont ici proposées. Les couleurs de la neige, où Marie rêve d'un idéal dans la prière et le désarroi. Apone Prime, où un homme rencontre son double dans un décor apocalyptique. Le jardin des papillons, où les aventures d'un facteur amoureux de Kafka. Il était une fois dans un théâtre, comédie au sein d'une troupe de théâtre.

    Sur commande
  • Yelena ! Quoi ? Yelena.
    Je ne veux pas... Je ne veux pas que tu m'embrasses. Je ne veux pas ! Mais qu'est-ce que tu as ? Je ne veux pas que tu m'embrasses, c'est tout. Mais Lila, c'est moi. Yelena. Justement, je ne veux pas. Je suis désolée, ça me dégoûte. Pourquoi tu l'as fait vraiment ? Je faisais Maksim. Pourquoi tu passes la langue ? Je te l'ai dit, je faisais Maksim. Tu ne vas tout de même pas commencer une crise pour si peu.
    Et puis une langue, c'est une langue. Une langue en vaut bien une autre. Ca n'a pas de sexe une langue. Je la découpe et je la mets sur la table et je te défie de reconnaître son sexe. Vraiment, n'importe quoi ! Silence. En plus, je croyais que nous étions amies.

    Sur commande
  • Paravents chinois

    Christian Dupré

    Bruno, tu vas me rendre folle ! Comme la Blanche de Tennessee Williams que nous aimions tant.
    Te rappelles-tu que tu écrivais "désir" sur tous les trams que nous prenions ? Et les amendes, tu les payais volontiers. Parce que tu m'aimais et parce que les trams semblaient plus jolis comme ça. J'aimerais tant que tu m'emmènes encore dans un tramway nommé désir, Bruno ! J'aimerais tant ça ! Avec Esther, ce ne sera pas la même chose. Je crois qu'elle préférera les métros. Elle est ce qui est caché.
    Elle préférera les métros, c'est sûr ! Un métro nommé désir, ça ne donne rien. Les désirs sont réservés aux tramways, seulement aux tramways !

    Sur commande
empty