• Il y a cent ans Myriam Harry obtenait le premier prix Fémina...
    Ce serait anecdotique si le personnage n'était hors du commun. Comment, née d'un père russe et d'une mère allemande, après une enfance fantasque à Jérusalem, le suicide de son père et le traumatisme d'une pension berlinoise, est-elle arrivée à Paris à 17 ans pour devenir une femme de lettres française, c'est ce que raconte cette première biographie d'un écrivain qui a enchanté ses lecteurs durant l'entre-deux-guerres.
    Son exotisme était en phase avec la vogue orientalisante liée à la colonisation, mais il était surtout pour elle une expérience de vie, une culture construite de façon un peu baroque dans une ville où se côtoyaient toutes les religions, tous les fanatismes, toutes les langues, où la Bible se mêlait aux récits des Bédouins, ou aux légendes d'Astarté, d'Adonis et de Baal. De ses nombreux séjours au Moyen-Orient surtout, mais aussi à Madagascar et en Extrême-Orient, elle rapporta de précieux reportages et toute une série de romans qui furent de grands succès de librairie.
    On y trouve l'écho de la présence française au Moyen-Orient et des rivalités franco-anglaises, des recompositions de l'Empire ottoman, de l'arrivée des premiers colons juifs en Palestine ainsi que des désirs d'émancipation des femmes, car elle était très attentive aux gens et aux lieux. Ses rêves, magnifiés par une langue aussi riche que la palette des peintres orientalistes, avaient rencontré le désir d'Orient des Français.

  • Comptant parmi les premières grandes reporters, Myriam Harry dévoile à ses lecteurs, au gré de nombreux articles et romans, le Moyen-Orient de l'entre-deux-guerres. Ses écrits témoignent des rivalités franco-anglaises, de la recomposition de l'Empire ottoman, de l'arrivée des colons en Palestine, du désir d'émancipation des femmes... et font écho à la situation actuelle. Née à Jérusalem en 1869 d'une mère allemande et d'un père juif ukrainien converti à l'anglicanisme, elle y vit heureuse jusqu'au suicide de ce dernier en 1884. Après sa scolarité à Berlin, à 18 ans, elle réalise son rêve : vivre à Paris. Douze ans plus tard, ses premiers récits paraîtront dans le journal féministe « La Fronde ». Depuis son premier recueil de nouvelles orientales en 1899 jusqu'à la fin des années 1930, son succès ne cessera pas. En 1904, avec « La Conquête de Jérusalem », elle devient la première lauréate du prix Femina, créé par des femmes écrivaines scandalisées par le refus du jury Goncourt d'attribuer son prix à un « jupon ». Elle siégera en tant que juré du prix Femina pendant près de cinquante ans.

    Sur commande
  • Montreux kaléidoscope ! Telles les facettes colorées et mouvantes d'un kaléidoscope, textes et images font voir Montreux sous des lumières multiples. Les textes réunis se lisent comme un portrait de la ville : ville où les visiteurs ont d'abord recherché les traces de Rousseau et Byron, puis sont venus pour les charmes de son hospitalité et la splendeur de son panorama, où certains ont trouvé refuge pour se soigner, ou pour fuir leur pays d'origine. Si les lieux avaient une mémoire longue, on pourrait y lire cet extraordinaire cosmopolitisme. La frontière entre fiction et réalité y semble poreuse: Courbet devient un personnage de roman, Tartarin se penche sur la tombe d'un anarchiste russe. Montreux se prête merveilleusement à cette confusion entre réel et imaginaire. L'histoire se mêle aux histoires.

    Cécile Chombard-Gaudin arpente Montreux et ses environs depuis plus de trente ans. Après avoir publié Bâtisseurs de palaces. Entrepreneurs et magiciens (2009), elle a prolongé ses promenades et ses enquêtes par des lectures de guides anciens, romans, reportages, articles de journaux, correspondances. Elle en livre ici la synthèse.

    Sur commande
  • Les grands hôteliers créateurs de palaces ont su être, au XIXe siècle, à la fois des entrepreneurs réalistes et des magiciens. Des entrepreneurs, certes, pour réunir des capitaux considérables, bâtir des bâtiments parfois gigantesques et même aménager des quartiers entiers, tout en sachant mobiliser les dernières innovations techniques du moment. Des faiseurs de rêves, aussi, pour donner à leurs clients le sentiment d'être des princes, et les accueillir avec les signes exubérants du luxe et de la fête. C'est ce double visage des initiateurs des grands palaces qu'on découvre ici à travers plusieurs générations d'une même famille, les Emery, qui s'est illustrée notamment à Montreux, en Suisse, mais aussi dans différentes capitales internationales du voyage et du tourisme.

    Sur commande
empty