• C'est l'histoire d'une fratrie, issue d'une famille pour le moins originale, qui, au début du XXe siècle, a semé le désordre et la folie dans une Amérique bien-pensante et dont les membres sont les plus grands comédiens du cinéma burlesque parlant : Chico (Leonard), l'aîné, reconnaissable à sa technique du « doigt revolver », Harpo (Adolph), muet comme Harpocrate, le dieu grec du silence, et toujours vêtu d'un manteau bourré d'ustensiles de cuisine, Groucho (Julius), le plus célèbre, obsédé sexuel et textuel (autobiographie, correspondance, etc.), Gummo (Milton), imprésario de ses frères, et Zeppo (Herbert), qui était « comme tout le monde ».
    Dans cet ouvrage, Chantal Knecht, qui a consacré aux Marx une grande partie de son existence, s'attache à relater leur fabuleuse vie artistique. On y trouvera tous les éléments biographiques expliquant la genèse de leur carrière fulgurante après leur triomphe sur la scène à Broadway en 1924 et des révélations désopilantes, tant sur leur vie personnelle que sur les coulisses d'Hollywood, où ils étaient aussi bien admirés par Charlie Chaplin ou Bob Hope que célébrés par l'intelligentsia, Fitzgerald ou Gershwin.
    Enfin, cet ensemble naturellement hilarant fait une large part à la façon dont les Marx ont su exploiter leurs nombreux talents à la radio puis à la télévision, et surtout au cinéma à travers leurs treize films, avec une mention spéciale pour La Soupe au canard où l'on voit Margaret Dumont accueillir Groucho « à bras ouverts » et celui-ci lui répondre : « À quelle heure fermez-vous ? »

  • Une truie normande tueuse d'enfants, un perroquet ch'ti contre-révolutionnaire trop bavard, un chien parisien royaliste, une brebis auvergnate pleine de charmes, une jument moulinoise boiteuse, des chats maudits, des dauphins marseillais trop envahisseurs, des fourmis brésiliennes si gourmandes, un âne parisien bien têtu et de gloutons charançons savoyards ! Tous ces animaux, dans le prétoire, celui des hommes !
    Les causes ? Infanticides, délits d'opinion, ravages de récoltes, zoophilie. Voilà les « crimes » commis par ces animaux en France et, plus généralement, dans l'Europe chrétienne et rurale, qui nous instruisent sur l'histoire des mentalités de différentes époques (Moyen-Age au XVIIIe siècle principalement).
    Les peines subies par les animaux ? L'excommunication, l'emprisonnement, la torture ou la mise à mort en place publique, selon des cas bien établis. Plus d'une centaine de procès ont été recensés.
    Ce que nous apprennent aujourd'hui ces procès d'animaux, c'est la tendance irrésistible de l'homme à « humaniser » l'animal et à lui faire subir les pires souffrances.

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