• « Auschwitz a mis la littérature en suspens », écrivait Imre Kertész. La première partie du livre analyse les théories qui ont d'abord soumis la littérature de témoignage à un interdit ; puis l'auteur interroge le « quiproquo du genre » (le témoignage comme genre littéraire). La seconde partie aborde les oeuvres, en commençant par les poétiques de trois déportés politiques français, D. Rousset, Ch. Delbo, J. Cayrol. Elle analyse ensuite les oeuvres de J. Améry, I. Kertész, P. Rawicz et E.
    Hillesum, dans le rapport complexe qu'ils ont créé à leurs traditions culturelles et littéraires.
    Le livre s'achève par un chapitre consacré à G.-A. Goldschmidt et A. Appelfeld et à l'idée d'une « langue des enfants », qui désignerait le véritable chemin de la mémoire et de la poésie.

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  • Après une longue période d'amnésie, l'État français semblait entrer au début des années 2000 dans une phase de pacification avec son histoire coloniale. Mais à la faveur d'un texte de loi qui voulait contraindre les enseignants d'histoire à « enseigner de manière positive la présence de la France dans ses colonies » puis d'un discours régressif du président Sarkozy en juillet 2007 à l'université de Dakar, nous constatons un retour aux heures noires de l'idéologie coloniale. Ouvrage ambitieux, au sens où il n'hésite pas à s'attarder sur les figures les plus complexes du fait colonial et de ses suites, Retours du colonial ? met en perspective la politique de l'État français à l'égard des territoires et des populations issues de ses anciens territoires coloniaux, les analyses et recherches consacrées à ces questions et les idées qui circulent à ce sujet dans l'opinion.

  • L histoire trouee

    Catherine Coquio

    Issu de l'important colloque tenu à la Sorbonne en septembre 2002, L'Histoire trouée propose une réflexion collective sur la mémoire, la connaissance et la visibilité des catastrophes historiques, génocides et crimes contre l'humanité. Universitaires-chercheurs, artistes (littérature, cinéma, photographie), juristes et cliniciens se sont associés dans ce livre pour visiter le couple maudit négation-témoignage, dans une approche résolument humaniste et plurielle qui envisage ces catastrophes à l'échelle du monde (Europe bien sûr, mais aussi Rwanda, Afrique, Cambodge, Argentine, Maghreb, Kurdistan, Arménie, Amériques, etc.).
    La variété des lieux d'histoire mobilisés par la quarantaine d'auteurs fait ainsi écho à la diversité du questionnement, à l'ampleur de la réflexion :
    Sommes nous entrés dans une ère de la négation ?
    Comment disparaît-on de l'histoire ? Qu'est-ce qui rend impensable le crime ?
    Quels sont les agents institués ou non de la négation, leurs modalités d'actionoe De quoi et comment peut-on se faire le témoin ?
    Quelle est la place de la fiction et de l'imaginaire dans le témoignage ?
    Quelles sont les temporalités propres à toutes ces questions ?

  • Mémoire, témoignage, catharsis : ces mots ne cessent de revenir au sujet des grandes catastrophes politiques du 20e siècle, comme s'ils nous aidaient à les assimiler. La hantise d'un effondrement a donné lieu à une religion de la transmission. Mais en réalité nul ne sait quoi faire d'un si monstrueux héritage, qui nous barre l'accès au présent et obstrue notre avenir. De ce non-savoir vient le mot « mémoire » sous lequel s'agitent le chaos des chagrins individuels et celui des luttes pour la reconnaissance, un nouveau vocabulaire politique, un marché culturel, et à présent un champ académique : bref une culture. Mais cette culture semble aujourd'hui toucher ses limites en se désamarrant du réel au point de faire écran à ce dont elle se réclame : la réalité passée et sa mémoire. L'auteur prend le parti de changer de perspective en voyant s'exprimer, dans cette impasse, une angoisse de la vérité. Au-delà du refus d'oublier, ce qui déchire l'espèce et détruit un monde produit pour certains un mal de vérité particulier, qui s'accompagne d'une crise de la vérité inédite. Sous un fatras d'époque, l'auteure dessine les contours d'une étrange utopie. En dressant la physionomie critique de cette culture de la mémoire elle tente un autre usage des textes témoins, pour penser avec eux le mal de vérité qui travaille notre rapport au passé, et trouver un nouveau rapport politique au présent.

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  • Cet ouvrage observe les comportements de l'Etat français vis-à-vis des crimes de masse qui se sont déroulés en Europe et en Afrique, sur fond d'une montée en puissance du "devoir de mémoire" et de l'éthique "humanitaire". Cette période a vu d'un côté la laborieuse digestion du passé vichyste, la reconnaissance litigieuse du génocide arménien, et le lent désenfouissement du passé colonial ; elle a vu, de l'autre, les menées de l'Etat français en ex-Yougoslavie, en Algérie, au Rwanda... Certains vont jusqu'à parler d'une tradition française de déni, voire de "complicité de génocide".

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  • Comment parler des camps ? Peut-on penser les génocides aujourd'hui ? L'institution des "devoirs de mémoire" cache une culture polémique qui dénie ou hiérarchise les souffrances, pendant que se succèdent de nouveaux crimes de masse. Mais quelle place ces destructions laissent-elles à l'imagination de l'humain, là où le réalisme montre sa déroute ? Peuvent-elles s'inscrire dans la "culture" sans nouvelle "barbarie", et faire l'objet d'une vivante transmission ?
    Pour tenter de répondre à ces questions, trente-trois chercheurs - aussi différents que Janine Altounian, Omer Bartov, Jean Bollack, Alain Brossat, Muhamedin Kullashi, Véronique Nahoum-Grappe, Myriam Revault d'Allonnes, Tzvetan Todorov, Enzo Traverso, Irving Wohlfarth... - se sont prêtés à un échange intercommunautaire et transdisciplinaire lors d'un colloque qui s'est tenu à la Sorbonne en mai 1997.
    Né de la volonté de mettre en présence les champs cloisonnés de l'historiographie et du témoignage littéraire, la conscience européenne et ses points aveugles, et d'échapper ainsi à la logique binaire qui oppose l'Universel au Particulier, le "savoir" objectif à "l'expérience" subjective, le présent recueil met en relation le décryptage d'événements récents (Rwanda, ex-Yougoslavie, Algérie) ou mal connus (génocide cambodgien, famine planifiée en Ukraine) avec l'héritage d'événements plus anciens (génocide arménien, génocide juif). La phénoménologie des violences politiques y conduit à une interrogation sur l'humain.

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  • Le Mur de Lisa Pomnenka, suivi de « Le leurre et l'espoir. De Theresienstadt au block des enfants de Birkenau » se présente sous la forme d'un diptyque.
    Le premier texte est un roman publié en 1995 en Israël sous le titre The Painted Wall, traduit de l'anglais par Stéphane et Nathalie Gailly : il évoque le « camp des familles de Theresienstadt » à Birkenau du point de vue d'un survivant tchèque, Otto B. Kraus.
    « Le leurre et l'espoir », l'essai de Catherine Coquio qui accompagne ce récit est plus qu'une postface : par son ampleur, par l'élargissement du cadre historique qui place les modalités d'existence du Kinderblock dans la continuité de celles du ghetto de Theresienstadt, et par la résonance donnée à la pensée qui sous-tend la fiction d'Otto B. Kraus.

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  • Évènement éditorial en1935, l'ouvrage de Carrel est cité au procès des médecins nazis à Nuremberg. Privilégiant une approche culturelle et littéraire, l'étude de l'essai du prix Nobel éclaire les débats éthiques contemporains, ou leur absence, notamment en matière d'eugénisme et d'euthanasie.

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  • Alors que les études sur la traduction littéraire n'ont cessé de s'enrichir ces dernières années, ce livre n'entend pas se positionner dans les débats théoriques les plus récents, mais propose plutôt de les accompagner en faisant un pas de côté. Il laisse en effet la parole aux traducteurs et à ceux qui enseignent ou promeuvent la traduction littéraire, lesquels offrent ici des textes portant sur leurs pratiques. C'est donc à partir de cet ancrage concret que se déploie une réflexion collective sur ce que peut signifier aujourd'hui la « tâche du traducteur », selon l'expression de Walter Benjamin. Si l'essentiel d'une oeuvre d'art n'est pas « communication », sa traduction exige d'inventer une poétique se confrontant à l'illisible, à l'agonique, à l'étrange, afin de faire entendre une langue singulière, qui ne soit pas celle de la nation, et qui puisse alors contribuer à faire monde.

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  • Une rétrospective de l'oeuvre graphique d' A. Rouveyre, accompagnée d'un choix de textes de ce dessinateur et écrivain, .

  • Né en 1928, Georges-Arthur Goldschmidt a été confronté à des limites et frontières de plusieurs sortes, et il les a traversées tout au long de sa vie. Après celles du cercle familial, celles de son pays natal et de sa langue maternelle comme auteur de récits, de romans et d'essais, mais aussi traducteur et auto-traducteur. Celles aussi de l'histoire, comme témoin de la Shoah et avertisseur, attentif aux relations franco-allemandes, à l'héritage juif de la culture allemande, à la responsabilité des écrivains et philosophes face aux catastrophes du XXe siècle. Passeur et penseur des langues et des mondes, il a répondu à la destruction politique en multipliant les passerelles entre littérature, philosophie et psychanalyse.
    Pour la première fois, ce volume réunit des études « croisées » de chercheurs français et allemands, qui ouvrent un dialogue à partir de ces traversées des limites. Quatre perspectives sont au centre de ces études : l'entre-deux des mémoires - l'exil et la Shoah, la libération par la langue et la culture française ; les questions des deux langues, de la traduction et de l'auto-traduction ; la présence, les liens et les traces du corps et de l'Histoire ; les livres comme « songes » et récits par « sautes d'images » et « rebonds perpétuels » (Peter Handke).

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  • Pour connaître, faut-il feindre ? Quelles vérités disent les fictions ? Que sait la littérature ? Que raconte le savant ? Théorie littéraire, poésie, histoire, mais aussi biologie, ethnologie, sociologie, esthétique, font ici alliance pour suivre la fiction à la trace dans sa traversée des savoirs et saisir son intelligence.
    Ce volume invite à lire ensemble les débats de Stengers et Sokal, les contes sociologiques de Goffman, les fables darwiniennes, les fictions savantes de Balzac, Flaubert, Carroll, Joyce, Kundera, les sciences intimes de Malinowski et Bataille, l'imagination des possibles de Lyotard, Goodman et Agamben, l'érotique du savoir de Montaigne, Armand-Gette, De Certeau, Adorno, Blumenberg...

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