• Le titre de la pièce annonce, comme protagoniste, un personnage exceptionnel dans le théâtre et la société d'alors : celui d'une femme qui a un métier. Mirandoline est la propriétaire d'un « hôtel garni » (c'est ainsi que Goldoni traduit locanda dans ses Mémoires) à Florence dont elle est originaire. Son père, mort six mois plus tôt, sans héritier mâle, lui a légué l'hôtel, en lui faisant promettre d'épouser au plus vite, Fabrice, le fidèle valet. Promesse qu'elle n'a pas encore honorée au moment où la pièce commence. Les prétendants affluent. Elle s'efforce de conquérir le Chevalier, qui est le seul à ne pas lui faire la cour et tient même des propos méprisants à propos des femmes. Elle y parvient mais retourne finalement à l'homme que lui destinait son père: le valet Fabrice.

  • A Venise, Arlequin se retrouve serviteur de deux maîtres, amoureux et en quête l'un de l'autre, à la suite d'une invraisemblable série de quiproquos.

  • Un des plus originaux et des plus grands auteurs comiques européens, Goldoni, devait figurer dans la Bibliothèque de la Pléiade. Le volume qui lui est consacré contient dix- huit pièces qui ont été choisies avec soin parmi les plus significatives et les plus représentatives des divers aspects de son talent, Le Valet de deux Maîtres, Le Café, La Locandiera, Les Amoureux, Les Rustres, la trilogie de La Villégiature, Barouf à Chioggia, L'Éventail, etc.

  • Truffaldino Son stuffo d'aspettar, che no posso più. Co sto me patron se manga poco, e quel poco el me lo fa suspirar... I alter subit che i arriva in qualche città, la prima cossa i va all'osteria. Lu ; sior no, el lassa i bauli in barca del corrier ; el va a far visite, e nol se recorda del povero servitor... Qua gh'è una locanda ; quasi quasi anderia a veder se ghe fuss da devertir el dente : ma se el padron me cerca ? So danno ; che l'abbia un poco de discrezion...
    Truffaldin J'en ai assez d'attendre, je n'en peux plus. Avec ce patron-là, on mange peu, et ce peu, il me fait soupirer après... Les autres, sitôt qu'ils arrivent dans une ville, première chose, ils vont à l'auberge. Lui, non monsieur, il laisse les malles dans le coche d'eau, il va faire des visites, et il ne se souvient pas de son pauvre serviteur... Là il y a une auberge ; pour un peu j'irais voir si je trouvais de quoi m'amuser les dents ; mais si le patron me cherche ? Tant pis pour lui, il faut qu'il ait un peu de jugeote. Je veux y aller, mais quand j'y pense, il y a une autre petite difficulté, que j'oubliais ; je n'ai même pas le premier sou. Oh, pauvre Truffaldin ! Plutôt que de faire le serviteur, cornes du diable, je veux me mettre à faire... mais quoi ? Grâce au ciel, je ne sais rien faire.

  • Selon toute vraisemblance, la pièce a été écrite à la demande de l'acteur Antonio Sacchi, connu pour l'excellence de son interprétation du rôle d'Arlequin. Goldoni travaillait alors comme avocat à Pise. Le sujet n'était pas nouveau, il faisait partie du répertoire de la commedia dell'arte traditionnelle, mais Goldoni, justement, essaya de surmonter le jeu artificiel auquel se livraient les troupes de l'époque. Goldoni admirait le réalisme des acteurs français et essaya de bannir les masques de ses pièces. Cette pièce montre bien la transition entre la vieille commedia, où l'improvisation l'emporte, et l'apparition de caractères plus nuancés.

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  • Carlo Goldoni (1707-1793), le « Molière italien », a écrit : « On ne peut nier que je sois né sous l'influence d'une étoile comique, puisque ma vie même a été une comédie. » Ses Mémoires, rédigés directement en français et publiés à Paris en 1787, relatent cette « comédie ». Son existence riche en épisodes picaresques fait entrer de plain-pied dans la folle et fascinante société vénitienne du XVIIIe siècle, puis à la cour de Louis XV et de Louis XVI. Homme curieux de tout, observateur avisé et malicieux, Goldoni évoque les coulisses des théâtres, les cabinets de diplomates ou les champs de bataille, pénètre chez les grands seigneurs comme chez les petites gens et rapporte, en passant, un entretien avec Vivaldi à Venise ou avec Rousseau à Paris.

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  • Une rue de Londres vers 1750, un café, une librairie et, à l'étage, l'appartement d'un riche négociant... Le jeune Jacob, adepte de la philosophie des Lumières est le précepteur de milord Wambert et de madame de Brindè. Or Milord tombe amoureux de Madame, mais Madame aime en secret Jacob qui ne veut aimer que la paix de l'âme et du coeur afin de rester un homme d'étude. Ajoutons deux artisans qui se disent philosophes, mais savent user surtout de la calomnie, une épouse spirituelle amoureuse du jeu, un chevalier servant qui pratique la satire : toutes ces forces s'allient à la passion déçue du jeune lord pour mettre en péril la vie même de Jacob... Quelles autres forces sont invitées à sauver le jeune philosophe en qui s'incarne, en 1754, un Goldoni en butte à Venise à des factions rivales ?...

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  • Italien Le cafe - les amoureux

    Carlo Goldoni

    Les deux comédies qui se trouvent ici réunies sont parmi les plus originales du théâtre si divers de Goldoni.
    Dans Le Café, pour la première fois, le dramaturge vénitien choisit de représenter, non pas <> comme il en a eu coutume jusque-là, mais un ambiente, un milieu. Ce sont donc moins les personnages qui sont mis en valeur, que les relations tissées entre eux par l'intrigue ; non leurs traits psychologiques et moraux, mais leur raison sociale et professionnelle.
    Dans Les Amoureux, tout au contraire, Goldoni renoue avec l'étude de caractères. Il analyse avec finesse les rapports tumultueux de deux personnages victimes d'un amour qui les met au bord de gestes irrémédiables. Certes, la passion n'est pas absente de ses autres pièces, mais nulle part elle n'a cette importance paradoxale d'un amour partagé et néanmoins autodestructeur ; jamais encore des amants n'ont été, aux dépens de tous les autres personnages, les deux sujets principaux de la comédie.

  • L'avare jaloux

    Carlo Goldoni

    À Naples, au milieu du XVIIIe siècle, que se passe-t-il dans la maison de Pantalon, devenue le refuge des extravagances ? Contrairement à la tradition, Pantalon a quarante ans à peine, et il n'est pas marchand, mais homme d'affaires. Marié depuis dix ans à Eufemia, il en est toujours amoureux, il en est même très jaloux et la fait vivre presqu'enfermée. Mais il aime l'or, aussi, et en plus de ses affaires, il fait le changeur en trichant sur la valeur des pièces et le prêteur avec des taux usuriers. Or voilà qu'un jeune seigneur s'obstine à vouloir, selon la mode, « servir » Eufemia qui s'y refuse absolument... Telle est la comédie shakespearienne par laquelle s'ouvre en 1753, la troisième phase de la carrière théâtrale de Carlo Goldoni, le réformateur du théâtre italien

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  • Des bourgeois de Livourne veulent à tout prix imiter les modes de la noblesse en s'adonnant aux migrations estivales de la villégiature, quitte à s'endetter de façon déraisonnable pour faire briller les apparences lors de ces quelques mois. Les préparatifs du voyage, le séjour à la campagne et le retour à la ville exacerbent les vanités et les rivalités amoureuses. Mais la désillusion guette bientôt ceux qui ont cédé à la frivolité de l'été.

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  • La bonne mere

    Carlo Goldoni

    • L'arche
    • 13 Juin 1997
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  • La villégiature

    Carlo Goldoni

    • L'arche
    • 13 Juin 1997

    Loin de n'être qu'une ébauche, cette pièce - jusque-là inédite en français - précède de cinq ans (1756) la célèbre « trilogie de la villégiature ». Goldoni dépeint, de manière presque impressionniste, les activités quotidiennes d'un groupe de nobles dans une maison de campagne. On joue, on lit, on se promène, les messieurs courtisent les paysannes du domaine, tandis que les dames, flanquées de leurs chevaliers servants, disputent de courtoisie et de servitude amoureuse.

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  • Truffaldino Son stuffo d'aspettar, che no posso più. Co sto me patron se manga poco, e quel poco el me lo fa suspirar... I alter subit che i arriva in qualche città, la prima cossa i va all'osteria. Lu ; sior no, el lassa i bauli in barca del corrier ; el va a far visite, e nol se recorda del povero servitor... Qua gh'è una locanda ; quasi quasi anderia a veder se ghe fuss da devertir el dente : ma se el padron me cerca ? So danno ; che l'abbia un poco de discrezion...
    Truffaldin J'en ai assez d'attendre, je n'en peux plus. Avec ce patron-là, on mange peu, et ce peu, il me fait soupirer après... Les autres, sitôt qu'ils arrivent dans une ville, première chose, ils vont à l'auberge. Lui, non monsieur, il laisse les malles dans le coche d'eau, il va faire des visites, et il ne se souvient pas de son pauvre serviteur... Là il y a une auberge ; pour un peu j'irais voir si je trouvais de quoi m'amuser les dents ; mais si le patron me cherche ? Tant pis pour lui, il faut qu'il ait un peu de jugeote. Je veux y aller, mais quand j'y pense, il y a une autre petite difficulté, que j'oubliais ; je n'ai même pas le premier sou. Oh, pauvre Truffaldin ! Plutôt que de faire le serviteur, cornes du diable, je veux me mettre à faire... mais quoi ? Grâce au ciel, je ne sais rien faire.

  • Dans un quartier de Venise entre Rialto et la Place Saint-Marc, Siora Giulia la femme de l'orfèvre, sa nièce, sa filleule et son amie la femme du drapier, enragent car leurs hommes semblent n'avoir d'yeux que pour la belle veuve Siora Lugrezia et fréquentent même chez elle. Illusions et désillusions, disputes familiales et affronts publics, tout finit par s'arranger grâce au hasard du jeu et du loto qui permet à chacun de se renflouer et à Lugrezia d'être un peu moins contrainte à mener, pour rester libre, une vie d'expédients.

  • Cette Locandiera tient une pension à Florence. Sa grâce piquante et son esprit vif gagnent tous les coeurs masculins. Des 3 étrangers qu'elle loge, deux sont transis. Le troisième affirme son immunité face aux femmes et à leurs charmes. Il la traite grossièrement et se moque des deux prétendants. Offensée, Mirandolina met toute son ingéniosité au service de son amour-propre, pour démontrer au goujat sa suffisance et sa faiblesse.

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  • Toni.
    " bon ! fais porter tes rougets au lustrissime si tu veux les lui faire porter. mais qu'est-ce que tu crois ? que si tu avais besoin de quelque chose, il bougerait seulement de sa chaise ? quand il te verra, il te mettra la main sur l'épaule : bravo, beppe, je te remercie, qu'est-ce que je peux faire pour toi ? mais si toi tu lui dis : lustrissime, j'aurais besoin de ci ou de ça, il a oublié tes rougets : ta figure ne lui dit rien ; il ne te connaît plus, ni comme son compère, ni comme son prochain, ni comme rien du tout en ce monde.
    " à chioggia, par un matin d'automne oú l'orage menace. le sirocco doit ramener du sud les pêcheurs qui sont en mer dix mois par an. assises devant leurs portes, épouses et promises les attendent en travaillant nerveusement à leur dentelle: les hommes auront-ils échappé aux dangers de la mer, la pêche aura-t-elle été bonne et se seront-ils pourvu à l'escale de provisions et de cadeaux ? et les promis, auront-ils acheté la bague qui les engagera définitivement à leur promise ? d'ordinaire, la période des fiançailles est le printemps; mais à chioggia, seule la fin de l'automne voir revenir les hommes, dans l'urgence de rattraper un printemps d'absence.
    Or voici que s'en mêle toffolo, orphelin et jeune homme en trop. une taquinerie, un malentendu grossi par des médisances, la jalousie des amoureux: disputes et bagarres explosent, entraînant dans leur mouvement le bienveillant isidoro, représentant de la justice vénitienne. la fête finale l'écartera pour célébrer les deux mariages prévus et un troisième inattendu, le quartier réconcilié et l'ordre renouvelé, la relève des générations et l'intégration au monde des pêcheurs du jeune homme en trop.

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  • Le campiello

    Carlo Goldoni

    • Circe
    • 23 Novembre 2006


    une mi-février un peu frisquette sur un campiello, ou petite place, de la venise pauvre.
    loin des palais et de la place saint-marc, loin des canaux et des gondoles, un jour de carnaval sans masques et sans confettis oú l'on travaille et oú l'on rêve, oú l'on se courtise et se bagarre, oú l'on rivalise et se fiance, oú l'on s'insulte et fait des projets, oú même on se marie : la belle lucietta épouse anzoletto le mercier ambulant et, par miracle, on fera la fête. car un jeune et noble voyageur napolitain, arrivé à venise pour y perdre ses derniers sous dans les plaisirs du carnaval, est descendu dans la modeste auberge de la place.
    il aime se retrouver en compagnie, il découvre avec bonheur les gens du campiello, et c'est lui qu'anzoletto prend pour témoin, c'est lui qui paie à midi le repas de noce et même, à tous, une nuit de fête car lui aussi se marie. il épouse gasparina, une autre belle enfant du campiello : elle a de la naissance et un rien de dot, elle rêvait de grandeurs. le lendemain, le chevalier partira pour naples avec elle, mais il a mis pour dix ans sa prodigalité sous la tutelle de l'oncle de la belle.
    le lendemain, la petite place reprendra le cours de sa vie ordinaire.

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  • L'adulateur

    Carlo Goldoni

    • L'arche
    • 13 Juin 1997
  • La femme fantasque

    Carlo Goldoni

    • L'arche
    • 13 Juin 1997

    Pour le personnage central de cette comédie de 1751 - traduite pour la première fois en français - Goldoni avoue dans ses Mémoires s'être inspiré de Teodora Medebach, une actrice de sa troupe. Cette grande comédienne était devenue insupportable. Perfide, l'auteur affirme qu'elle interprétait le rôle à la perfection.

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  • Dans un Avis au lecteur, Goldoni qualifiait le sort de la pièce, à laquelle il avait pourtant prédit un destin favorable, de « malheureux ». Elle n'avait pas eu le succès escompté. « Mais pourquoi donc ? », se demandait-il, et il donnait, avocat du diable, la réponse suivante : « Les caractères ne sont ni trop excessifs, ni trop appuyés, et ne sortent pas trop de l'ordinaire. » En même temps, Goldoni savait bien que cette réponse n'en était pas vraiment une, car son grand mérite réside justement dans l'abandon des caractères excessifs et des improbabilités d'intrigues de la commedia dell'arte d'antan. C'est d'ailleurs ce qui fait que ses pièces sont encore si intéressantes. En décrivant la complexité des rapports entre domestiques et maîtres, ainsi qu'à l'intérieur des différentes classes, il semble avoir anticipé les changements qui commencent à germer dans cette société de la seconde moitié du xviiie siècle, entre ceux qui possèdent et commandent, et ceux qui n'ont rien et doivent obéir.

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